jeudi 15 septembre 2016



J'avais commencé Limonov d'Emmanuel Carrére, il est intéressant mais je n'arrivais pas à me concentrer en lisant et ce livre demande de la concentration, j'ai acheté "Moka", il vient de sortir en poche. Je vais reprendre Limonov.
Il faisait très chaud, il fallait un bouquin facile à lire, captivant, bien écrit, il est tout ça. Je l'ai lu en quelques heures sur deux jours, il ne faut quand même pas oublier que nous sommes en vacances, nous bullons, nous prenons notre temps, pas du tout les mêmes horaires qu'à la maison.

J'ai déjà lu Tatiana de Rosnay, j'aime bien, là j'ai aimé aussi malgré la gravité du sujet qui peut émouvoir les lecteurs qui ont peut être vécu une tragédie dans leur vie.
Malcolm, 13 ans, mercredi jour des enfants, le cours de musique, le jeune garçon traverse au feu rouge sur le passage piéton, un bus qui attend, une voiture de couleur moka de marque Mercedes qui ne s'arrête pas, l'enfant ne la voit pas, il est percuté, le chauffard fuit. Des témoins relèvent quelques numéros mais pas tous, le département 84, 64, 34 ? Ils ont aussi eu le temps de voir une femme blonde au volant et un homme passager.
Il y a un fichier informatisé qui s'appelle le STIC, il faudra vérifier toutes les cartes grises page par page. Ce sera long.
Justine la maman ne pourra pas supporter l'attente, son fils est dans un coma profond, elle ne pourra admettre qu'une femme continue de vivre normalement après avoir renversé son enfant, elle veut la retrouver. 
Mariée à Andrew, un anglais, qui lui ne réagira pas du tout de la même façon malgré son chagrin, elle fera tout pour  retrouver la conductrice criminelle presque seule. Un flic finira par comprendre sa douleur.

J'ai aimé l'analyse des réactions de chaque personnage du roman.
Nous avons tous des émotions différentes, les uns pleurent, les autres se murent dans leur douleur, les uns ont besoin des autres, certains s'évadent dans leur travail, dans le sommeil, Justine ne peut pas dormir, Andrew dort, leurs différences surgiront au grand jour, ils pensaient former un couple solide, dans leur grand malheur ils se rendront compte qu'ils n'arriveront plus à se parler, à se toucher, à s'épancher sur l'épaule de l'autre, elle se bloque, ne cherche pas d'aide, s'isole, elle trouvera ses parents insupportables, geignards, elle voudrait qu'ils la comprennent, seule sa belle-mère anglaise saura trouver le chemin pour la consoler.
Cette histoire pourrait arriver à chacun de nous, nous nous levons le matin, il fait beau, tout va bien et un coup de téléphone peut déranger toute cette harmonie, notre vie peut s'effondrer. Quelle serait notre réaction ?
J'étais indignée en lisant les mots très bien trouvés qui décrivent l'homme, lâche, fuyant, cela me rappelait douloureusement une journée de ma vie qui est et qui restera toujours gravée dans ma mémoire, je l'ai sans doute racontée, une petite fille écrasée par un camion de T.P, un témoin avait fait monter la maman et la fillette dans ma voiture pour les amener à l'hôpital, je n'avais pas réfléchi, il fallait attendre, je l'avais fait, la fillette était morte dans ma voiture et à l'accueil de l'hôpital était arrivé le directeur de la société de T.P, j'étais effondrée et je disais "Mais, elle est morte." il me rabrouait, ne voulait pas reconnaître la responsabilité du camion " Vous racontez n'importe quoi, vous n'avez rien vu, elle n'est pas morte." Lâche, brutal, le chauffeur était responsable. Certains hommes sont lâches devant le malheur, prêts à tout pour ne pas être déclarés coupables du séisme provoqué dans une famille. 
J'ai lu il n'y a pas très longtemps "Le cercle des tricoteuses", une histoire de couple qui perd un enfant, c'était aussi très bien analysé,
Dans "Moka" je peux dire que la vie vaincra le malheur, cela arrive dans les drames, le coma peut être temporaire, le couple devrait surmonter, sortir plus fort de ce moment tragique. Ce n'est pas toujours le cas.
J'ai aussi aimé découvrir ce couple Franglais.

L'écriture est un peu sèche, mais elle colle parfaitement à l'état d'esprit de Justine.
Le livre a été adapté au cinéma avec Emmanuel Devos et Nathalie Baye.
Un livre que vous devriez aimer. En poche.

Bye MClaire.










mercredi 7 septembre 2016



Gérard Collard trouve ce livre sublime, un des cinq livres de l'année. Je l'ai cru comme toujours, il a une critique très sûre. J'ai eu raison de le croire, un livre vraiment sublime.

Il faut se laisser bercer par l'écriture, mais elle ne vous endort jamais, de toutes les façons vous ne pourriez pas vous assoupir, trop de vent, c'est un livre sur le vent, sur les sentiments conjugaux et filiaux et surtout sur l'Antarctique, sur la Tasmanie, sur Bruny île de Tasmanie, au sud de l'Australie. Attention, je n'écris pas que tous les lecteurs aimeront, vous pouvez ne pas apprécier ce genre de roman, vous ennuyez, c'est possible. Je n'ai pas sauté une seule ligne.

L'histoire :

Mary Mason a été l'épouse d'un gardien de phare, Jack.
Elle a eu trois enfants, Jan, Gary et Tom, elle a élevé ses gamins sur l'île de Bruny, loin de tout, dans le vent qui souffle sans arrêt, au milieu des oiseaux, d'une nature intacte.
Elle a des relations plus étroites avec Tom, son dernier, enfant qui adore la solitude, étudie les oiseaux, se balade seul sur les plages, les deux aînés sont partis en pension pour poursuivre leurs études, Tom reste seul avec ses parents, un père taiseux avec qui il ne partagera pas grand chose, une mère aimante avec qui il partagera toujours l'amour de cette île sauvage.
Plus tard, Tom partira en Artarctique pour trois saisons, il est diéséliste et marié avec Debbie, pour améliorer leurs finances il faut qu'il aille là-bas, loin de tout, une maison à payer.
Elle ne supportera pas cette absence si longue et le quittera pour un autre, elle a attendu que le dernier bateau quitte l'Antarctique pour lui annoncer la rupture, ensuite aucune possibilité de naviguer dans les glaces, il ne pourra pas la voir pour la supplier de rester.

Il reviendra à Hubart à la fin de son contrat, fou de chagrin, se murera dans la solitude, mais restera toujours près de sa mère qui est malade, cardiaque, son cas est grave.
Mary ne veut pas terminer sa vie en maison de retraite, elle décide de repartir sur l'île de Bruny, dans un petit cottage, seule, Léon le garde-forestier passera tous les jours prendre de ses nouvelles, un début de relation houleux et peu à peu le jeune homme se prendra d'amitié pour cette vieille dame qui vit ses derniers mois, elle veut revoir tous les endroits où elle a eu tant de bonheur et tant de chagrin, elle comptera bien sur lui pour la balader. Tom lui rendra visite souvent, un ferry fait la navette, il n'a qu'une crainte, ne pas assister aux derniers instants de sa mère, son père est mort pendant son séjour en  Antarctique, il n'a pas assisté à ses funérailles, le remords ne le quittera pas.

Il y a un secret dans la vie de Mary, j'ai très vite deviné quoi, mais cela n'enlève rien à la suite du roman, il reste toujours aussi captivant. Une lettre qu'elle n'arrivera jamais à brûler.

J'ai aimé et même adoré la description de la nature, un endroit que nous ne verrons jamais, je savais à peine qu'il existait. Les oiseaux, les tempêtes, la vie du phare.
J'ai aimé Mary, une femme forte et fragile à la fois, ses failles, son désir ardent de sauver un couple qui ne fonctionne plus. Jack ne la regarde plus.

"Du haut de son grand âge, elle distinguait la maille qui avait sauté dans le tricot de leur vie commune. Elle avait mis des années à comprendre que, si on ne les prononce pas à point nommé , les mots s'effacent pour toujours . Quand elle avait commencé à discerner ce qui n'allait pas dans sa relation avec Jack, le fil avait déjà été rompu. Le vent l'avait emporté et tout ce qui restait, c'était du vide."

J'ai beaucoup aimé Tom, un homme brisé qui porte en lui l'envie d'aimer et qui n'arrive pas à l'exprimer, seul Jess sa chienne a l'air de le comprendre. Dans une fratrie il arrive qu'il y en ait un qui soit plus fragile, les parents devinent et veulent tout faire pour qu'il soit heureux, qu'il ne s'égare pas, surtout la mère dans ce cas, ce n'est pas une préférence, c'est juste un devoir de protection, comme les puffins du roman envers leurs poussins.
J'ai détesté Jan la fille, Mary a tout fait pour que les choses aillent bien entre elles, mais ça n'a pas marché, Jan est autoritaire, directive. Mary veut mourir loin de ces mouroirs que sont les maisons de retraite, Jan veut qu'elle y aille, au point de ne jamais lui rendre visite sur l'île de Burny son dernier refuge. Elle la verra morte, pleurera, mais ce sera trop tard.

J'ai aimé découvrir la vie en Antarctique, les hommes et les femmes qui vivent dans un décor de glace magnifique mais qui se saoulent à la moindre occasion, on boit beaucoup dans les bases, on trompe aussi beaucoup celui qui est resté à la maison, l'hiver est long pour les "hivernants". L'auteure a une expérience d'un séjour dans une base. Le retour dans la vraie vie n'est pas toujours évident, tous les hommes et femmes qui vivent une expérience dans une base ont dans les yeux quelque chose de différent. L'Antarctique ne laisse pas intact, leur âme en est imprégnée, une seule envie, y retourner.
"...et cette sensation de liberté vous donnera des ailes En même temps, le germe d'une nostalgie éternelle a été planté en vous. Vous ne penserez plus qu'à y retourner. A vous glisser dans cette nouvelle peau qui est la vôtre sur la banquise, ce "moi" qui ne connaît plus de bornes conventionnelles. De retour dans votre ancien monde, parmi les blessures que vous a infligées le pôle Sud, le regret lancinant vous ronge. Votre âme est enchaînée. Vous ne guérirez pas avant des années."

Vous découvrirez ce livre et j'espère que vous l'aimerez.

Bye MClaire.









mardi 30 août 2016

Et tu n'es pas revenu.



J'ai lu ce livre en un peu plus d'une heure, 107 pages, c'est un document, pas un roman. Je ne l'ai pas posé une seule fois.

Je suis née fin 1942, en plein milieu de la guerre, mais évidemment je n'ai aucun souvenir, seuls ceux que ma mère racontait plus tard et ils étaient rares, mon père a fait la guerre mais il n'en parlait pas, comme souvent les hommes occultent cette période, la raison ? Je devine un peu. Il n'a jamais parlé des camps, mais est-ce qu'il savait lorsqu'il était au front ?
Il y a depuis eu des multiples témoignages, livres, films, documentaires, personne ne peut ignorer ce génocide, ce n'est pas "un détail de l'histoire" comme a dit un homme tristement célèbre.

Le livre de Marceline Loridan-Ivens est un témoignage absolument bouleversant, elle a été déportée en même temps que son père, elle est revenue, lui non.
Dans ce livre, elle s'adresse à son père. Elle avait quinze ans lorsque les nazis ou les collabos sont venus les chercher dans leur château de Bollène, seuls le père et la fille ont été capturés, les autres se sont cachés.
Auschwitz-Birkenau, Mauthausen, Gross-Rosen, des lieux sinistres. 76.500 juifs de France ont été déportés vers Auschwitz, 2.500 sont revenus.

Son père avait réussi à lui faire transmettre un petit mot, elle a tout oublié très vite, il devait la supplier de vivre, elle se souvient très bien de la tomate et de l'oignon qu'il lui avait glissé à la faveur d'une rencontre, ils s'étaient croisés en allant travailler, manger était plus important que les mots.
Là-bas elle se fera une amie, Simone, on devine vite qu'il s'agit de Simone Veil, cette femme qui sera ministre et qui même plus tard continuera à chiper les petites cuillères dans les cafés, un réflexe pour ne pas avoir à laper sa soupe comme dans les camps.

Le retour en France sera douloureux, comment faire comprendre aux autres qui  la plupart du temps ne veulent pas écouter, toutes les souffrances subies. Comment se reconstruire ? Le camp est dans leur tête jusqu'à la mort.
"J'ai en horreur la chair et son élasticité. J'ai vu là-bas s'affaisser les peaux, les seins, les ventres, j'ai vu se plier, se friper les femmes, le délabrement des corps en accéléré, jusqu'au décharnement, au dégoût et jusqu'au crématoire..."

Marceline se mariera deux fois, son deuxième mari s'appellera Joris Ivens, un cinéaste avec qui elle travaillera jusqu'à la mort de ce dernier, un grand amour, un membre de sa famille lui avait dit un jour "Finalement, tu avais épousé ton père." Ce n'était pas tout à fait vrai, il avait l'âge de son père.

Je suis née fin 1942, ma génération a eu la chance de pas connaître une grande guerre, mais l'angoisse me saisit souvent depuis quelques mois, une autre guerre se profile.
Marceline écrit :
"Aujourd'hui, j'ai la gorge serrée. Je m'emporte souvent.Je ne sais pas me détacher du monde extérieur, il m'a enlevée lorsque j'avais quinze ans. C'est une mosaïque hideuse de communautés et de religions poussées à l'extrême. Et plus il s'échauffe, plus l'obscurantisme avance, plus il est question de nous, les juifs. Je sais maintenant que l'antisémitisme est une donnée fixe, qui vient par vagues avec les tempêtes du monde, les mots, les monstres et les moyens de chaque époque....."

Nous ne devrions jamais oublier, Il faut absolument lire ce témoignage. C'est un texte magnifique, douloureux, 
Ce n'est pas facile de trouver des mots pour vous inciter à lire ce document, les mots ne sont que des mots, ils peuvent transmettre de l'émotion ou pas.

Bye MClaire.




jeudi 25 août 2016

"Le nouveau nom" Elena Ferrante



Je l'ai terminé aujourd'hui, avec regret, 554 pages dévorées par tranche de 100, je ne voulais pas en lire  plus chaque jour, c'était une limite, sinon je risquais de ne pas le quitter, là j'ai savouré ce roman magnifique, j'ai pris mon temps.
Si vous n'avez jamais lu "L'amie prodigieuse." n'attaquez pas celui-ci, vous risquez de ne rien comprendre, il faut déjà être imprégné des prénoms et des noms des personnages napolitains. Il y aura un troisième volume, je suis impatiente.
Il paraît qu'il est déjà sorti en Angleterre, nous devons attendre la traduction en français.

L'histoire : Lila qui a seulement 16 ans s'est mariée avec Stephano. Fantasque Lila, elle découvre le jour même de ses noces qu'elle ne l'aime pas, elle a fait une énorme bêtise à choisissant cet homme un peu rustre mais à l'aise financièrement. Elle la cérébrale est enchaînée pour la vie à un homme qui va la battre parce qu'elle se rebelle, résiste, toujours insolente, capricieuse et  observant de loin Elena qui poursuit ses études, des études qu'elle aurait tant voulu faire. Lila avance dans la vie qu'elle s'est choisie, sans épargner personne, détestée par toutes les filles de son quartier, désirée par les hommes. En toile de fond, il y a toujours l'amitié dévorante des deux femmes, Elena qui veut se débarrasser de l'emprise de Lila  sans pour autant pouvoir l'ignorer.
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En me relisant ce matin, j'ai failli effacer tout ce que j'avais écrit , il me semble que mes mots sont anodins, sans force, j'ai l'impression de ne pas trouver ceux qui vont vous inciter à lire les deux livres, écrite de cette façon l'histoire semble banale, une jeune femme qui se trompe et qui va tromper son mari épicier sans culture avec un intello qu'elle choisit, rien de plus courant de nos jours, mais dans les années 60, dans l'Italie de cette période ce n'était pas banal, les hommes possédaient le pouvoir, ils dominaient et gare à ceux qui résistaient, les coups pleuvaient.
Tout sentait la misère dans ces appartements, les murs suintaient la misère. 
il fallait travailler beaucoup pour gagner peu. Les enfants devaient reverser leur salaire aux parents, ne rien garder pour eux.
Mariée, Lina habite un bel appartement, elle s'est éloignée de ce quartier sans trouver le bonheur mais elle aura la force et surtout l'audace de quitter Stephano, retourner à ses origines ne l'effraie pas,
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L'indécise Elena finit pas imposer ses choix, elle réussit ses études, revient chez elle pour des courtes vacances, sans joie, elle n'a plus sa place, ses parents l'admirent mais ne comprennent pas, ils ne savent pas bien pourquoi
"A bien y regarder, je ne faisais que leur compliquer la vie, prenant de la place dans leur petit appartement déjà plein comme un oeuf, rendant encore plus compliquée l'installation des lits pour la nuit et dérangeant un train-train qui désormais ne me prévoyait plus.".
Il est aussi question de la différence de classe, cette société qui est très cloisonnée, la peur de paraître ignorante en présence de gens à l'aise, cultivés. Elena a obtenu des diplômes mais ses racines restent dans ce vieux quartier de Naples, et cela transparaît, elle essaie de tout gommer avec beaucoup de mal, l'accent, les manières. Elle a besoin d'échapper à ce qui était son quotidien par l'écriture, réussir enfin pour à son tour éblouir Lila, même si Lila est en position de faiblesse, elle domine toujours Elena, son ascendant ne faiblit pas.

J'ai trouvé l'écriture magistrale, nous nous identifions aux personnages, nous nous  les approprions et c'est la raison pour laquelle j'ai eu tant de peine à les laisser, j'ai aimé et détesté Lila, à la fin du livre j'ai versé quelques larmes en espérant la revoir triomphante, j'ai si peur que le pire arrive....
Mais entre Lila et Elena, laquelle est la plus forte ?
J'ai de la tendresse pour Enzo, le doux, le fidèle Enzo qui sait attendre Lila. 
"Il est bon et généreux, dit-elle, il n'a peur de rien, il est très intelligent et étudie toute la nuit, il sait un tas de choses!"...
"Tu aimes vivre avec lui ?" demande Elena.
"Oui."
"Vous voulez des enfants ?"
"Nous ne sommes pas ensemble."
"Ah bon ?"
"Non je n'ai pas envie."
"Et lui ?"
"Il attend."
Lila est vide, elle ne croit plus en rien. 

Et Nino Sarratore, ancien amant et père de l'enfant de Lila, que deviendra t-il ?

La fascination mutuelle des deux femmes sera t-elle encore le sujet du troisième tome ?

Bye MClaire.








dimanche 14 août 2016

"Désolée, je suis attendue" Agnés Martin-Lugand.



Il fait tellement chaud aujourd'hui, je suis mieux dans la maison, un peu de courant d'air, c'est supportable. Je n'ai même pas envie de lire, c'est rare mais le livre me tombe des mains. J'ai fini "Désolée je suis attendue", je l'avais commencé avant d'acheter la suite de "L'amie prodigieuse". Un prêt de Michelle qui a beaucoup aimé, personnellement je l'ai lu facilement, le livre parfait pour l'été, inutile de se creuser les méninges pour comprendre, c'est une histoire d'amour.
J'avais l'impression de relire du Janine Boissard en plus moderne, des scènes un peu plus "hard", enfin un peu, mais le style est le même, J.Boissard aurait pu écrire cette histoire d'amour; Lorsque mes enfants étaient petits, j'aimais bien la lire, je pouvais laisser le livre, le reprendre, je n'avais pas perdu le fil de l'histoire. Pas facile de lire lorsque nous sommes des jeunes mamans, maintenant plus personne ne me dérange.

L'histoire :

Yaël est une jeune fille qui a fini ses études, elle fréquente une petite troupe d'amis, sa soeur en fait partie, ils font la bringue, s'amusent, elle est le boute-en-train de la bande, des couples se forment et il y a le beau Marc qui est aussi célibataire. Yaël rêve de partir faire le tour du monde, sac sur le dos, elle parle parfaitement anglais et à la fin de ses études fait un stage dans une société comme interprète, pour gagner un peu d'argent, et là son destin basculera, travail et chagrin, Marc disparaît de son horizon sans prévenir, elle ne le reverra pas pendant dix ans et le retrouvera par hasard. Elle aimait Marc en silence, elle l'a beaucoup cherché, elle a beaucoup pleuré, et ils se rencontrent dans une brocante dix ans plus tard, elle était rentrée dans la boutique pour s'abriter de la pluie.
Pas de tour du monde, son rêve n'était vraiment qu'un rêve, Yaël est devenue une femme d'affaires pleine d'ambition, dure, sa vie privée est inexistante, elle bosse pour un patron exigeant et elle accepte cette autorité. Marc ne reconnaîtra pas cette Yaël, qui néglige sa famille, ses amis, entièrement tendue vers un seul objectif, réussir, toujours perchée sur ses escarpins Louboutin, habillée strictement, elle domine et elle aime ça.

Ce n'est pas trop difficile de deviner la suite mais je vous laisse découvrir.

J'ai aimé la fluidité de l'écriture, c'est un roman pour les femmes, un peu guimauve dans certains passages, j'ai aimé cette ambiance vacances, encore une fois cette bande d'amis réunis dans une maison de vacances à Lourmarin me faisait penser à un film de Claude Sautet, on discute, on parcourt les marchés, on prépare les repas ensemble, on se taquine, il fait chaud, siestes, piscine, j'aime beaucoup les récits de ces réunions d'amis. Nous avons eu une bande d'amis lorsque nous étions dans le Berry, c'était des moments agréables, nous nous étions connus jeunes et nos enfants grandissaient ensemble.

J'ai été beaucoup plus touchée par la Yaël fragile qui perd tous ses repères et qui finit par comprendre que dans la vie d'une femme il n'y a pas que la carrière. J'ai beaucoup aimé Marc et son flegme, sa sensibilité, allez, je cherche des acteurs pour un film tiré de ce roman, Léa Seydoux jouerait Yaël


Raphaël Personnaz jouerait Marc, je pensais à Guillaume Canet, mais il serait trop âgé, il aurait pourtant été parfait.

Si vous êtes en vacances, c'est le livre qui vous fera passer un bon moment, il ne sera pas inoubliable, c'est mon avis.
Je vais me plonger dans "Le nouveau nom" d'Elena Ferrante, une autre ambiance.

Bye MClaire


 

dimanche 7 août 2016


Pas de visage à mettre sous cette couverture de livre, Elena Ferrante est un ou une écrivain mystère, elle ne donne jamais d'interviews, elle serait née ou il serait né à Naples et vivrait en Grèce.
Je ne suis pas arrivée à deviner si l'écriture était celle d'un homme ou d'une femme, je penche pour la femme ou l'homme a une grande sensibilité féminine. Peu importe, le livre est réussi, j'avais du mal à le laisser sur un coin de table pendant plus d'une  heure, je lisais.
Dés les premières pages nous sommes plongés dans l'ambiance de Naples, les années 50, quartiers pauvres, immeubles bruyants, on parle fort, on s'interpelle, les enfants jouent dans la rue, deux petites filles s'observent, Lila et Heléna, elles vont dans la même école, deviennent amies et ne se quitteront plus, Héléna la plus timide est en admiration devant l'assurance de la maigrichonne Lila, Lila qui travaille bien à l'école, qui apprend vite, qui a une soif de savoir que lui envie Héléna, seule solution l'égaler pour ne pas souffrir de la supériorité de son amie, elle deviendra aussi une élève que les instituteurs félicitent, encouragent pour faire des études. Elle fera tout pour s'émanciper de l'emprise de son amie, c'est Lila qui provoque, Lila la frondeuse, Lila qui règne sur tout ce petit monde qui habite le quartier, Héléna suit mais souffre et pourtant cette amitié résiste, elles ne se perdent jamais très longtemps de vue.
La rivalité s'installera lorsque Lila qui aime tant apprendre sera obligée de quitter l'école pour aider sa famille alors qu'Héléna au prix de gros sacrifices continuera d'étudier et de brillante façon.
Elles grandissent, les garçons qui les entourent se transforment en petits mâles machos, il y a les rivalités entre ceux qui voudraient tant conquérir Lila, elle est à leurs yeux fascinante mais elle résiste.
Il y a les haines ancestrales entre les familles, la Camorra en toile de fond, ceux qui réussissent, ceux qui végètent, les jalousies et surtout Naples qui est toujours là présente.

Ce que j'ai aimé :

J'avais toujours des images du cinéma italien en tête, j'imaginais Sophia Loren, Anna Magnani enfants, enfants pauvres élevés dans les rues de Naples ou de Rome, tous les cinéastes de cette époque, ceux qui ont filmé l'Italie avec un immense talent, ce beau cinéma italien qui n'existe plus.

J'ai été élevée dans un pays méditerranéen, je retrouvais cette façon de vivre dans un milieu ouvert, les portes n'étaient pas closes, les familles se connaissaient, s'aimaient ou se détestaient, les enfants jouaient dans la rue, ils ne jouent plus dans les rues à notre époque. La photo de la couverture du livre est très parlante.

L'amitié si bien décrite, il y en a toujours une qui domine l'autre, une qui est prête à faire des bêtises pour éblouir l'autre, pour fasciner l'autre, des bêtises ou l'éblouir par son savoir, avec un brin de méchanceté, j'apprends, toi non, tu ne peux plus aller au lycée. Lila restera sur le bord de la route pendant qu'Héléna sera félicitée au lycée. Lila se vengera d'une autre façon, mais sera t-elle heureuse ?
La précocité des amours, Lila se marie à 16 ans, les filles se mariaient jeunes dans les pays méditerranéens. Les familles ne plaisantaient pas avec ces choses là, les frères surveillaient les soeurs, La sensualité est là, au fil des pages, les filles se transforment, les garçons aussi.
Il y avait de la violence dans les quartiers populaires de Naples. On se battait pour défendre l'honneur de la famille.

Un beau livre sur l'amitié, sur la condition des femmes, sur la société italienne,  sur le boum économique de cette époque,
Un bouquin très très attachant. 

Je vous incite à lire ce roman, il y a une suite que je vais m'empresser d'acheter. "L'amie prodigieuse" est en poche.

Bye MClaire.

mardi 2 août 2016

Yann Moix "Une simple lettre d'amour."



Je n'avais pas du tout l'intention d'acheter ce bouquin, je ne savais même pas qu'il existait. Je connais Yann Moix en tant que réalisateur, officiant chez Ruquier, sniper de service, le cerveau bien musclé, je savais qu'il écrivait.
Je suis allée à la Fnac pour acheter un livre de Maurice Pons "Les saisons" que je n'ai pas trouvé, il faut le commander et je n'aime pas commander un bouquin, l'envie de le lire peut me quitter avant qu'il arrive, c'est la raison pour laquelle je ne vais jamais à la Médiathéque, il faut souvent attendre, s'inscrire sur une liste, ce n'est pas pour moi, je ne suis pas patiente !
Je parcourais le rayon et la couverture du bouquin a fait mouche, je l'ai acheté, il est en poche. 
Il se lit très vite, deux heures sur le relax. Si vous n'aimez pas Yann Moix, passez votre chemin, il vous horripilera, il le sait très bien, il provoque et il dit peut être la vérité.
Personnellement, il m'intéresse, une énorme culture, la réponse à tout, le genre de type avec qui nous n'oserions pas nous colleter si nous ne possédons pas toutes ses références aux grands écrivains ou des réparties cinglantes.
Physiquement il plaît, il en joue, tantôt un regard tueur, tantôt un regard enjôleur, petit sourire en coin, il captive ses proies, comme un chat avec une souris, il joue et dévore ou la dépose comme un trophée, s'en désintéresse, il aime chasser, tout au long du livre il chasse.
Je suppose que ses proies ont tout fait pour qu'il change, les femmes pensent toujours qu'elles peuvent faire changer les hommes, pour l'instant c'est un fiasco, il reste le même, il est infidèle, il n'a pas envie d'être aimé..
Il adore choquer, c'est sa carte de visite, on l'invite sur les plateaux télé pour cette raison, je ne suis pas certaine qu'il soit aussi méchant dans la vraie vie, sale gosse oui.

"Dès qu'une femme aime un homme, elle fabrique un infidèle."Y. M. 

L'histoire du livre : Un homme de 27 ans, est-ce lui ? écrit une lettre d'amour à celle avec qui il a vécu pendant quelques mois. Je n'ai pas ressenti le texte comme un lettre d'amour, l'aveu des infidélités, très peu de tendresse, beaucoup de sexe, le rejet de la femme qui voudrait construire quelque chose, le rejet du désir d'enfant, il considère l'enfant qui arrive dans un couple comme une bouée de secours :
"Il n'est pas vrai que les gens procréent pour juguler l'ennui :
c'est pour que jaillisse, tel un gisement de pétrole, une source nouvelle de problématiques, de thématiques. C'est pour que le débat trouve une vitalité neuve. Avec l'enfant qui vient, des formulations jaillissent, inédites, fraîches : le dialogue est temporairement sauf. Cet artifice s'épuisera comme les autres, et régnera de nouveau un silence vitreux, jusqu'à l'échéance d'une autre naissance.."

"Je ne suis pas capable d'aimer ; figé dans la stupeur de donner."
"Un homme, quand il aime, aime toujours déjà ailleurs."

Les dernières pages sont différentes, un peu inattendues, presque dérangeantes après avoir lu ce bouquin.

J'ai aimé l'écriture, parfaite, pour le reste je n'ai pas envie de recommander ce livre à des personnes encore jeunes qui attendent tout de l'amour, de la vie à deux. J'ai 55 ans de mariage avec le même homme, je sais que la vie peut être très agréable avec un seul amour, sans regrets, mais mettre ce livre entre les mains d'une personne en plein désarroi amoureux, non.
En refermant le bouquin j'ai dit "Il écrit bien, il est intéressant lorsqu'il parle littérature, mais quel tordu dans sa vie amoureuse, amoureuse ? Même pas, le mot amour n'a pas sa place dans ce roman, il n'y a que du mépris, le mépris de la femme et ça je n'aime pas du tout."

Je vais quand même continuer à le regarder et à l'écouter chez Ruquier, j'aime sa façon de nous faire aimer ou pas aimer un livre, une chanson, un politique, il pose toujours les bonnes questions, il m'intéresse et ne pensez pas "Mais, elle est tordue."  C'est peut être le talent de Yann Moix, se faire aimer alors qu'il n'aime personne. Quel tordu talentueux.

Bye MClaire.