mardi 16 mai 2017



J'ai beaucoup lu E.E. Schmitt, presque jamais déçue, moins emballée en lisant "La nuit de feu." ce moment où il avait découvert la foi, j'avais aimé son dernier bouquin "L'homme qui voyait à travers les visages." J'ai aimé "Plus tard, je serai un enfant."
Ce n'est pas un roman, une suite de réflexions où il évoque son enfance, sa vie, ses passions, il se livre avec une grande sincérité, interrogé par Catherine Lalanne, rédactrice en chef de "Pèlerin.".

Ce livre attendait sur ma table de salon depuis deux ou trois semaines, je lisais autre chose, j'avais même entamé un bouquin que j'aimais et que j'ai laissé en attente pour dévorer celui d'E.E.Schmitt, j'ai lu une page et je me suis laissée embarquer, il se lit vite, pas épais, 158 pages, mais nous pouvons nous attarder sur certains passages, sans doute parce que nous nous sentons un peu concernés. L'enfance, l'optimisme, l'influence des parents, de la famille, le goût de découvrir et d'apprendre, l'amitié, la camaraderie si différente de l'amitié, le sens à donner à son existence.

"S'il réussit sa vie, l'adulte devient le fils de l'enfant qu'il fut."

L'auteur est un surdoué, il touche à tout avec bonheur, musique, théâtre, littérature, agrégé de philosophie, diplômé de l'Ecole Normale Supérieure. En découvrant enfant Cyrano, il décide non pas d'être acteur mais il veut être Edmond Rostand, plus tard il écrira des pièces de théâtre qui auront toujours beaucoup de succès.

Son père l'admirera toujours avec une grande pudeur, sa mère sera une admiratrice inconditionnelle, elle sera son guide pendant toute son enfance, sportive de haut niveau, elle a le goût de l'effort et le soutiendra pendant ses moments de doute. Elle vit toujours, quelques pages lui sont réservées à la fin du livre.

J'ai aimé les lignes sur l'optimisme.
"Connaissez-vous la phrase de Tristan Bernard ? "Le comble de l'optimisme ? Entrer au restaurant sans argent puis de commander des huîtres en espérant y trouver une perle pour régler l'addition !"
"Ne faites pas comme lui. Ne réduisez pas l'optimiste à un être béat qui estime que tout ira bien ! Au contraire, l'optimisme perçoit les défauts de la réalité, mais face à ce constat négatif, il ne conclut pas "ce sera pire demain." il déclare "qu'entreprendre pour que ça s'améliore ?" Il combat le monde, les autres et lui-même pour en corriger les insuffisances."

Sur le verre à moitié plein ou à moitié vide 
"Le pessimiste fixe ce qui n'est pas -le vide - plutôt que ce qui est -le plein. Nostalgique, passéiste, régressif, il pleure ce qui a disparu. L'optimiste observe ce qui existe -la quantité à boire - et ce qui s'annonce - le plaisir. Appétit , délectation et confiance définissent l'optimiste tandis que morosité, privations et plaintes gangrènent le pessimiste."

Nous devrions nous inspirer de ces lignes dans les moments que nous vivons. La Ligue de optimistes existe en Belgique, son créateur avait imprimé sur des parapluies "C'est un beau jour de pluie.". Pourquoi se plaindre parce qu'il pleut, autant danser sous la pluie.

J'oubliais, sa description de la ville de Lyon est une invitation à découvrir cette ville. Nous sommes allés à Lyon mais en passant, sans visiter la ville.

Je vous conseille ce bouquin, il vous fera découvrir un auteur que nous pensions bien connaître à travers ses romans.

Nous partons jouer le festival de scrabble à Vichy, j'amène de la lecture mais je suis optimiste, je ne sais pas si je vais avoir le temps de lire..Le scrabble va occuper mes journées.

Bye MClaire.

lundi 8 mai 2017

"La femme de l'Allemand." Marie Sizun.











Un grand merci à Géraldine et à Roland qui m'ont fait découvrir ce livre et son auteure et qui en prime ont mis un très gentil mot au début du livre qu'ils m'ont offert. Je vais le garder précieusement, ce mot sera peut être lu un jour par mes petits-enfants, ils sauront combien leur mamy aimait les livres et essayait de les faire aimer aux autres..

Le roman a été publié en 2007, il est en poche.

Marie Sizun n'est pas bretonne, elle a choisi le nom d'un cap célèbre dans le Finistère, elle aime la Bretagne.

Un livre qui ne peut que vous émouvoir, un roman douloureux, une très belle histoire entre une mère et sa fille, un grand roman sur la folie.

L'histoire :

La guerre est terminée, nous sommes dans les années 50.

Fanny est maniaco-dépressive, Marion sa fille vit avec elle, elles habitent un modeste appartement dans Paris, les parents de Fanny habitent avenue de Suffren dans les beaux quartiers, il n'y a aucune relation entre les parents et leur fille, les ponts sont coupés, seule la tante de Fanny entretient des liens avec la jeune femme, elle connaît sa fragilité. La faute de Fanny, avoir aimé un allemand pendant la guerre, enceinte de lui l'histoire s'est arrêtée, elle élève Marion seule avec des petits moyens et de fréquents séjours en hôpital psychiatrique.

La fillette assiste à ces bouffées délirantes, partagée entre l'amour qu'elle lui porte et sa peur. A chaque séjour de sa maman à l'hôpital elle vivra chez ses grands-parents dans l'atmosphère glacée de ce grand appartement, et pourtant il y a la tendresse de son grand-père, mal exprimée, maladroitement.
Adolescente elle éprouvera de l'amour et de la répulsion pour cette mère si particulière. Elle doit la protéger, mais une enfant n'est pas préparée à ce rôle, c'est trop lourd, pour survivre elle doit s'éloigner sous le poids de la culpabilité.
"Bonheur de la fuite et honte de la fuite."

Elle apprendra des bribes de l'histoire de Fanny, saura que son père est allemand, cherchera à se rapprocher de lui en apprenant l'allemand, fera un séjour dans une famille à Munich, sa mère lui a dit que son père était mort en Russie, est-ce la vérité ? 

Je m'arrête de raconter cette histoire, je vous laisse la découvrir.

J'ai aimé :

L'écriture à la deuxième personne, l'auteure a choisi le TU comme pour mettre une distance entre Marion adulte  et les moments terribles vécus en compagnie de cette mère folle.

Pas de sensiblerie, beaucoup d'émotion oui, des sentiments très bien décrits, amour et détestation, culpabilité, moments de joie lorsqu'elle se retrouve loin de ce petit appartement.

Personnellement, j'ai travaillé avec une collègue dans un bureau à Paris, sa mère était hospitalisée à Ste-Geneviève dans un hôpital psychiatrique, elle me racontait les moments qui avaient précédé son internement, terribles, la peur lorsque sa mère se levait la nuit et rentrait dans sa chambre pour lui dire qu'il y avait des lions dans l'appartement , ses cris, ses tentatives de suicide, la camisole chimique. Elle éprouvait les mêmes sentiments que Marion, j'ai tout reconnu. Elle continuait à lui rendre visite chaque week-end à l'hôpital.

Je vous encourage vivement à lire ce livre. Je vais sans doute lire d'autres romans de cette auteure, une belle découverte.

Bye MClaire.







mardi 25 avril 2017




Vous avez aimé "La liste de mes envies." "On ne voyait que le bonheur." "Les quatre saisons de l'été." sans hésiter vous achetez "Danser au bord de l'abîme.", je ne l'ai pas acheté, c'est un prêt.

Déception, petite déception, je n'ai pas trop aimé, je l'ai lu avec quelques moments d'ennui, je ne suis pas arrivée à comprendre cette histoire d'amour. Je ne me suis jamais identifiée à une héroïne de roman, cela voudrait dire que je ne suis pas satisfaite de ma vie réelle, j'aurais envie d'une autre vie et ce n'est pas du tout le cas, et à mon âge ce serait un peu tard !! je veux juste comprendre l'attitude des personnages des romans.

Comment saisir l'attitude de cette femme qui succombe à un homme sous prétexte qu'elle découvre un beau sourire, une jolie bouche lorsqu'il cesse de s'essuyer avec une serviette blanche de brasserie, elle fond de plaisir. Abandonner tout, enfants, mari, maison pour le suivre et vivre un deuil pendant des années parce que l'histoire s'est achevée trop tôt, rien ne s'est passé, regrets éternels..
La vie d'un couple peut ne pas être un long fleuve tranquille, elle peut être pleine d'aspérités, mais doit-on par égoïsme rendre malheureux nos enfants qui dans le bouquin ont encore un âge difficile, celui où ils ont le plus besoin de leurs parents. Tout détruire pour être heureuse sans aucune certitude, elle ne le connaît pas, un baiser volé c'est tout.
Emma (pas Bovary) n'est pas malheureuse, elle est juste mélancolique, Emmanuelle a des relations difficiles avec sa mère, son mari ne la satisfait pas au lit, elle voudrait le grand frisson et cet inconnu lui donne des sensations juste en la regardant, c'est lui qu'il lui faut..

Ce livre est aussi une vraie carte des grands vins, ils picolent à un point que vous ne pouvez pas imaginer.

Je ne vais pas tout jeter, il y a des beaux passages, des réflexions profondes mais elles ne sauvent pas le livre.

"La vie est la courte distance entre deux vides."
"Le deuil est un amour qui n a plus d endroit où se loger" 

J'ai trouvé l'histoire un peu mièvre, sans saveur, vraiment improbable, le voyage dans le sud avec son mari malade prêt à mourir ne m'a pas émue, trop, c'était trop. Si vous avez eu une chimio, vous devez connaître tous les effets secondaires, tout a un goût de fer, même un grand vin !!

La pire phrase lue, elle se met en pleurer en se baignant et c'est là qu'elle comprend pourquoi la mer est salée..
Ce n'est pas du grand Grégoire Delacourt.

En général, le style et l'écriture de l'auteur restent agréables, c'est sans doute ce qui m'a incité à lire le roman jusqu'au bout. Je n'ai pas aimé l'histoire..

Comme tous les auteurs qui écrivent de nombreux best-sellers, cet écrivain a raté son dernier livre, cela arrive très souvent. Mais comme toujours c'est mon avis, vous aimerez peut-être.

Bye MClaire.

jeudi 20 avril 2017

Gilles Legardinier "Quelqu'un pour qui trembler."







Je l'avais commencé avant de partir pour La Rochelle, il était dans la caravane mais je n'ai pas eu le temps de le finir, trop occupée, le scrabble, j'étais à La Rochelle pour jouer le Championnat de France, je révisais un peu. Je viens de le terminer.

Je suppose que tous les lecteurs connaissent cet auteur, la couverture de ses livres, un chat coiffé d'un bonnet péruvien, 
il ne l'a pas fait pour celui-ci, dommage.
J'ai lu quatre livres de Gilles Legardinier, ils sont toujours agréables à lire, pas de violence, si peu, ou la violence des sentiments, l'amour peut être violent dans le sens où l'on veut tout donner ? C'est plein de bons sentiments, un livre à lire après "Par amour." qui était très fort et qui pourrait être inoubliable.
Gilles Legardinier me fait penser à Barbara Constantine en homme, il a l'art de mêler les générations, enfants, jeunes, vieux, tout ce petit monde contribue à construire un roman.
L'auteur est un enfant adopté, il avait été abandonné au pied d'une chapelle à Paris, il a eu des parents adoptifs formidables qui lui ont sans doute communiqué cette douceur, le désir de faire du bien à ses lecteurs.
Il aime aussi le cinéma, je devine en le lisant l'ébauche d'un scénario..

L'histoire :

Thomas est médecin humanitaire en Inde, il vit dans une région reculée, un village peuplé de gens bienveillants qui ont besoin de lui. Il est là depuis des années et n'envisage pas de retourner en France, jusqu'au jour où Kishan son ami apprend à Thomas qu'il a une fille en France, Céline était enceinte lorsqu'il est parti, il ne le savait pas. Elle est adulte.
Comment va t-il réagir en apprenant cette nouvelle qui risque de bouleverser sa vie ?
Il rentrera en France, se transformera en directeur d'une petite maison de retraite bien sympathique, loin de celles que nous connaissons, cinq pensionnaires, fera la connaissance de Pauline et de Théo son fils, de Michaël, d'Attila son chien. 
Je n'en dis pas plus, vous lirez.

Mon avis :

Ce n'est pas le meilleur livre des quatre que j'ai lus. J'ai moins ri, il a des situations vraiment improbables, mais ce roman se lit avec facilité, il y a des belles réflexions sur la vie, sur la transmission des connaissances, sur nos relations avec notre entourage, sur la mort.
Evidemment, nous devinons très vite la suite, ce qui arrivera.

J'ai bien aimé les explications de l'auteur à la fin du livre, il livre un peu de sa vie privée, il tremble pour ses deux enfants, il ne tremblait pas lorsqu'il était seul.

"Le plus souvent, ce n'est pas là peur de mourir qui les fait réagir. Dans bon nombre de cas, c'est l'angoisse de ne plus être là pour ceux qui comptent sur vous.....en général, ce sentiment bouleversant se manifeste vis-à-vis des enfants, mais pas uniquement..."

"J'accepte très mal l'idée que ce que nous apprenons d'essentiel ne serve qu'une fois et meure avec nous. Quelqu'un possède forcément les réponses aux questions que vous vous posez. Trouvez-le."

En lisant ce livre je pensais à une conversation sur la mort,   une joueuse qui était à La Rochelle venait de perdre un être cher, elle était encore bouleversée par cette mort programmée, la crainte de perdre l'autre, est-ce que nous tremblons jusqu'à la fin pour ceux que nous aimons ? Est-ce que la grande vieillesse atténue ce sentiment ? Chacun de nous aura sa réponse.

Vous pouvez le lire même si à mon avis il ne sera pas inoubliable, voilà je viens de trouver à l'instant le sentiment qui me fait écrire ça, je n'ai pas été émue et j'aime être émue en lisant un bouquin. il est vendu en poche.
Je vais le prêter.

J'ai quatre livres qui attendent. Je n'ai pas fini le livre fantasy d'Antoine Papazian, je vais m'y remettre.

Bye MClaire



jeudi 6 avril 2017





Il va me falloir trouver les mots pour vous dire combien j'ai aimé ce livre bouleversant.
Par amour nous pouvons tout faire, aimer avec passion, pardonner, détester parce que justement nous avons beaucoup aimé, trop aimé, l'autre que vous adoriez, avec qui vous formiez un couple fusionnel, l'autre devient différent sans raison, apparemment sans raison, vous ne comprenez pas son attitude et pourtant, par amour il vous protège.
C'est ce qui arrive à Emélie, femme de Joffre, maman de Jean et de Lucie. Joffre est rentré chez lui après des mois passés loin de sa famille, il était au front et la capitulation a semé la honte et le déshonneur, il ne sera plus le même.

Muguette est la soeur d'Emélie, elle a aussi deux enfants, Joseph et Marline. Louis son mari a été réquisitionné par les Allemands, travail obligatoire. 

Ces deux familles vivent au Havre, ville côtière, dans la zone occupée. Pétain est à Vichy, les français sont divisés, géographiquement et dans leurs actes de résistance à l'ennemi, certains s'accommodent par nécessité, d'autres résistent.
Muguette admire Pétain, Emélie non. Emélie se pose en grande soeur, n'est pas toujours tendre avec Muguette qui a un caractère insouciant, gai, différent du sien, mais elle aime profondément sa soeur et ses enfants. Elle sera toujours là dans les moments difficiles et il y en aura.

L'auteure nous fait vivre d'une façon très réaliste les évacuations, les alertes, les bombardements sur la ville, les privations, la faim.
Le calvaire du petit enfant juif caché au milieu du charbon pendant plus d'un an, enfant martyr.
Le déchirement des parents qui envoient très loin leurs enfants pour les mettre à l'abri de la guerre. J'ai appris une chose que je ne savais pas, des centaines d'enfants normands ont été envoyés en Algérie dans des familles d'accueil, ils sont presque tous revenus, sauf ceux qui sont morts noyés dans le naufrage d'un bateau.
J'ai aussi appris que la ville avait beaucoup souffert des bombardements, surtout ceux des alliés, les Anglais voulaient repousser les Allemands pour faciliter le débarquement, des centaines de morts sous leurs bombes qui tombaient sur les maisons, les immeubles. La guerre n'a pas d'état d'âme, la victoire est son seul but. Nous le constatons encore aujourd'hui en Syrie.

Le Havre a été détruite à 80%, comme Lorient et Brest.

Comment la population faisait-elle pour résister à tous les maux de la guerre ? Il fallait beaucoup d'amour, de solidarité, mais attention dans les pires situations il y avait aussi de l'égoïsme, chacun pour soi lorsqu'il fallait sauver sa peau.

J'ai beaucoup aimé les deux garçons, Jean et Joseph, qui font preuve d'une grande maturité, ils sont jeunes mais se sentent responsables.

Comment ne pas penser aux migrants qui quittent leur pays en guerre. 

J'ai aimé les chapitres,un ou deux chapitres pour chaque personnage du roman, chacun raconte l'histoire à sa façon.
Les parents et les enfants décrivent leur ressenti.

A la fin du roman, il y a un passage qui m'a particulièrement émue, Marline doit quitter l'Algérie, sa famille d'accueil qu'elle adore et qu'elle appelle Pa et Ma, elle aime aussi Djaouida, Youssef, Yasmine.
"..Ma chambre, les eucalyptus, les ifs, les oliviers, les champs d'orangers et les citronniers, ceux d'absinthes et d'héliotropes, les nèfles et les bougainvillées, les cigognes perchées en haut des minarets, le bleu si particulier du ciel et celui si particulier de la mer, la terre sèche, brûlée, jaune et ocre, les colliers de piments rouges et les guirlandes de jasmin, les plaintes du muezzin, les bavardages des femmes qui étendaient leur linge de muret en muret, les vendeurs de bonbons et de gâteaux qui cassaient les blocs de nougat de leurs petits marteaux, les galettes de seigle parfumées au cumin, les joueurs de dominos, le thé à la menthe, la limonade, les jeux sur la place.."

Oui, c'était ça l'Algérie, les souvenirs de mon enfance, une énorme vague d'émotion m'a saisie, c'est si bien décrit.

Lisez ce livre qui déborde d'amour, vous ne pouvez que l'aimer.

Bye MClaire.






mercredi 29 mars 2017

Venise n'est pas en Italie -




Le livre est aussi malicieux que les yeux de l'auteur..

Une caravane et une voiture sur la couverture, ça ne pouvait que m'attirer, j'adore le camping. L'Italie comme destination, tout était parfait, je l'ai acheté.

C'est le premier roman de l'auteur, il a écrit pour le théâtre, une de ses pièces a été adaptée au cinéma, un hasard, nous avions vu quelques jours avant en DVD "L'étudiante et Monsieur Henri." et nous avions aussi aimé l'histoire.

J'ai adoré ce bouquin, il restera un de mes meilleurs souvenirs de lecture de ces dernières semaines, je pouvais passer du rire à l'émotion en quelques secondes. Il y avait longtemps que je n'avais pas éclaté de rire en lisant et je vous l'affirme, cela fait du bien.

L'auteur s'est mis dans la peau d'un adolescent de quinze ans Emile.

L'histoire :

Emile est le fils d'un couple ordinaire mais pas tout à fait, Emile aime ses parents, il n'aime pas leur façon d'être, le père parle fort, il est d'origine pied-noir, débite des citations à la chaîne, passe de la colère à la douceur, il est VRP, représentant de commerce, vend des alarmes, frappe aux portes à longueur de journée et ne rentre chez lui que le week-end, Emile n'aime pas parler du métier de son père.
Au lycée il est plutôt doué, deux ans d'avance, son père veut qu'il soit un génie des mathématiques.

En attendant que la maison de leur rêve sorte de terre, pour l'instant il n'y a qu'un trou, ils vivent dans leur caravane sur leur terrain. Pas facile d'inviter des copains et surtout Pauline la fille qui fait tourner la tête d'Emile, Pauline si raffinée, qui habite une belle maison, musicienne, pas facile de mettre face à face la mère d'Emile habillée d'un jogging et de vieilles baskets et Pauline, deux univers si différents. Emile est amoureux, mais pour l'instant il est seul à être amoureux !
La maman d'Emile lui trouve une beauté discrète, elle lui teint les cheveux en blond, elle pense que ça lui va bien, mais les racines finissent toujours par apparaître au grand désespoir d'Emile. Des parents imprévisibles, les ados ont quelquefois honte de leurs géniteurs....
Et un jour, Pauline annonce à Emile qu'elle va donner un concert sous la direction de son père qui est chef d'orchestre, le concert aura lieu à Venise à la Fenice, elle demande à Emile s'il veut bien se joindre à eux, des étoiles se mettent à briller et Emile finit par penser que son père a raison, il y a toujours une étoile qui nous protège.
Catastrophe, Pauline s'est trop avancée, il n'y a pas de chambre pour Emile dans l'appartement de location, mais qu'importe, il est bien décidé à y aller, il raconte des mensonges à Pauline, sa famille est italienne, il sera hébergé, ses parents sont prêts à payer le billet de train, l'amour parental, mais tout ne se passera pas comme prévu. Le pére d'Emile va lui faire une surprise, ils iront tous à Venise avec leur caravane...Ce n'est vraiment pas le souhait du jeune garçon...
Des parents qui ne sont pas vraiment discrets, un frère militaire qui surgit dans le pire moment de la vie d'Emile, tous les ingrédients sont rassemblés pour nous faire vivre un très bon moment de lecture, c'est vraiment un coup de coeur..

J'ai tout aimé, un passage qui m'a particulièrement fait rire, les gens se demandent souvent d'où vient le terme pied-noir,
le père d'Emile chante toujours à tue-tête "ASIM BONANGA..ASIM...BONA"  et Natacha, la copine passagère de son frère, demande :
"Il a des origines africaines ?"
"Une partie de sa famille est pied-noir, lui avouai-je à mi-voix, même si mon père n'aime pas qu'on en parle. Les pieds-noirs si j'ai bien compris, ce sont des gens qui viennent d'Afrique du Nord, mais dont la négritude s'est arrêtée aux chevilles. Moi, je savais pas que ce genre de choses, ça commençait par le bas. Mais je me suis dit que c'était naturel, au final, c'est comme les arbres, tout part des racines. Du coup, les pieds-noirs ne le sont pas du tout dans leur tête, si vous voyez ce que je veux dire, ça n'a pas eu le temps d'arriver jusqu'en haut. Sauf, apparemment, pour mon père, qui ne doit pas être câblé pareil que les autres, je pense que ça vous a pas échappé.."

Voilà, il a fallu que j'atteigne mon âge pour connaître le sens du mot pied-noir, j'ai beaucoup ri.
J'ai souvent été émue, ce livre n'est pas du tout superficiel, il raconte bien les tourments des ados, leurs espoirs, leur désespoir, les tourments de l'amour chez les jeunes. 
L'amour qui unit les parents aux enfants, l'incompréhension lorsqu'ils découvrent qu'Emile a voulu les faire passer pour des cousins "On ne te convient pas comme parents ?"

Pauline a aussi des parents qui ne lui conviennent pas, ils sont riches, le père est célèbre mais ils ne sont pas heureux.

Lisez ce livre, impossible de ne pas l'aimer. Il est publié en poche.

Bye MClaire.











jeudi 23 mars 2017






Ce livre est un prêt, je ne l'aurais pas acheté et j'aurais eu tort.
J'ai lu P.Djian, j'ai vu "37°2 le matin." et depuis quelques années plus rien lu de cet auteur un peu secret, qui ne s'expose pas, au style vraiment spécial. Il doit y avoir les lecteurs qui aiment et ceux qui n'aiment pas, on ne peut pas "aimer un peu."
J'ai lu qu'il disait "Je m'en fous des histoires, c'est la langue qui me donne envie d'écrire." rappelant ce que disait Céline "Si vous voulez des histoires, achetez les journaux."
Et pourtant, il y a une histoire dans ce livre, j'ai tourné les pages avec avidité, j'avais envie de connaître la suite, tout est bien ficelé, le filet est bien tendu, j'ai aimé. Je ne nie pas le fait que la lecture peut être un peu perturbante, il faut être très concentré, nous pouvons être obligés de retourner quelques lignes en arrière.

L'histoire :

Deux hommes, deux soldats rentrent de la guerre, le Yémen, l'Irak, l'Afghanistan, des guerres qui laissent des traces dans les âmes et sur le corps. Difficile de retrouver une vie normale, ceux qui les ont attendus ne comprennent pas toujours leur comportement.
Dan et Richard, réagissent chacun à leur manière, Dan est célibataire, il se reconstruit une vie bien rythmée, du sport, un boulot, une maison très rangée, des cachets pour dormir, il lui arrive de faire des cauchemars. C'est sa façon à lui de se réinsérer dans la vie.
Richard est son meilleur ami, il a une femme Nath, une fille Mona, une grande ado en crise, Richard boit, ne travaille pas, vit de petits trafics, Richard ne se réadapte pas à une vie tranquille, fait des petits séjours en prison et Nath prend un amant.
Surgit celle que personne n'attend Marlène, la soeur de Nath, elles sont fâchées depuis presque 20 ans, Marlène ange ou démon ? Marlène porte des lunettes qui ne lui vont pas, elle est un peu gauche, s'endort partout, mais Marlène sait fondre sur sa proie...
L'histoire se déroule dans un endroit qui n'est pas cité, aux Etats-Unis sans doute, dans le sud de la France ? mais rien n'est certain, endroit triste, l'atmosphère est glauque, des baraquements, des soldats et un bowling.
Je ne dis plus rien...

Ce livre est aussi une grande histoire d'amitié entre deux hommes, histoire qui ne souffre aucune trahison. Il y a un peu de sexe, de l'alcool, de la bagarre, ce n'est pas un roman pour midinette. La fin est brutale.

J'ai aimé lire ce livre. J'ai commencé un livre de poche "Venise n'est pas en Italie." et je me régale, complètement différent de Marlène, comme dit Gérard Collard "une pépite."
Je ris beaucoup, mais je suis aussi émue.
C'est la semaine de la lecture, alors n'hésitez pas, lisez, lisez encore, il ne faut jamais dire "Je n'ai pas le temps." il y a toujours un moment dans la journée où nous pouvons dévorer quelques pages.

Bye MClaire.