dimanche 19 mai 2019

Didier Van Cauwelaert "La personne de confiance."





Le dernier livre écrit par cet auteur, il vient de paraître et évidemment je l'ai lu, comme tous les autres. Il m'a rarement déçue, je ne dis pas qu'il est toujours génial mais en général nous ne nous ennuyons pas en sa compagnie.
Je l'ai rencontré au Salon du livre de Vannes, j'ai vu ses yeux bleus, un peu moins bleus que ceux de la photo. Sympathique.
Lisez "Un aller simple" il n'est pas récent mais il est formidablement bien écrit, il a eu le Goncourt, je vous mets le lien de ma Gazette ICI .
En relisant les gazettes écrites pour commenter ses livres j'ai l'impression de me répéter, que des compliments..

Mon seul regret, avoir lu "La personne de confiance." après avoir refermé le livre d'Arnaud Le Guilcher, j'ai tant aimé Le Guilcher, il aurait fallu que je lise autre chose entre les deux, deux livres qui sont un peu "barrés".

L'histoire :

Max qui habite la banlieue, le neuf trois, passe ses journées dans son 4x4, il travaille pour une fourrière, ce n'est pas un boulot passionnant mais il lui permet de gagner sa vie.
Il a beaucoup plu dans la vie de Maximilien, il a été retrouvé dans un local de poubelles, rue Robespierre, le jour de la St-Médard
Un jour il enlève Mamie Larmor, vous connaissez les gâteaux bretons, il ne l'enlève pas pour demander une rançon, il enlève sa Rolls qui est mal stationnée sans s'apercevoir que Mamie dort dans la voiture en attendant son chauffeur. Madeleine, la mamie semble sonnée, elle divague, manifestement elle n'a plus sa tête, oui mais..

Un gamin double en moto le véhicule de la fourrière et le prévient "T'as une yeuve dans la voiture." Malheur, il risque de perdre son boulot, il faut faire quelque chose et c'est la raison pour laquelle il se retrouve devant un commissaire de police qui veut connaître la vérité, Mamie Larmor a joué la fille de l'air, son neveu la cherche et pense que Max y est pour quelque chose...

Lisez l'histoire qui est construite comme un monologue, c'est original, l'auteur ou plutôt Max s'adresse à vous..

J'ai aimé cette histoire très humaine, une histoire d'amitié entre deux personnages qui n'étaient pas destinés à se rencontrer, il y a aussi l'amour entre Samira et Max, un amour qui était à sens unique, Max aimait Sam mais Sam ne se décidait pas à l'aimer, elle l'appelait Flanby, comment tomber amoureuse d'un flan ? 

Il y a aussi beaucoup d'humour, de la tendresse, des passages émouvants sur la vieillesse. Aucun risque de s'ennuyer.

Ce livre ne sera pas inoubliable mais il ne faut pas oublier que la lecture procure des petits moments de bonheur... 

Je l'ai lu presque d'une traite, allongée dans mon transat puisque le temps le permettait.

Bye MClaire.





mardi 14 mai 2019

"Pile entre deux" Arnaud Le Guilcher.

«  Le talentueux Monsieur Le Guilcher a récidivé. Imparable. La plume de ce Corlaysien de 38 ans, inconditionnel d'Audiard, évadé à Paris avant sa majorité, est toujours aussi rock'n'roll. » Le Télégramme.




J'ai récidivé et j'espère bien récidiver de nouveau, j'en ai lu deux, il en a écrit six.
Vous voulez rire, être ému, réfléchir à l'avenir de notre planète, écouter les oiseaux parler, faire connaissance des albatros, lire la déclaration d'amour d'une otarie, c'est le livre qu'il vous faut. J'ai passé des moments formidables en vous lisant Arnaud Le Guilcher.

Antoine est marié avec Judith, il ne travaille pas depuis que son entreprise est morte avant d'avoir vécue, Judith gagne largement sa vie, il peut s'occuper de Louis leur fils. Judith bosse à La Defense, elle est trader, jusqu'au jour où elle gifle son supérieur, virée, elle fait ses cartons et demande à Antoine de venir la chercher, il n'a pas le permis et demande à Fano un pote qui a un permis valide de l'amener jusqu'à La Défense, mais tout ne se passera pas comme prévu, la police est partout, en bas de l'immeuble, dans les escaliers, dans les bureaux, le monde est en train de régler ses comptes avec la finance. Tout le monde est embarqué, Antoine et Fano avec. Louis est chez ses grands-parents, il n'est pas en danger.
Parmi les milliers de personnes arrêtées il y a un homme qui nous rappelle quelqu'un, DSQ et son membre toujours actif. 
Ils seront tous débarqués sur une atoll inhospitalier "Midway atoll." Midway parce qu'il est au milieu de nulle part..
Il faut punir ces gens qui ont ruiné la planète.
Les albatros colonisent l'atoll, il faudra s'habituer, ils étaient là avant les hommes.
Antoine et Fano se lient d'amitié avec Wiki, un homme qui souffre d'exaltation de la mémoire, l'hypermnésie. C'est très fatigant de se souvenir de tout. "Veuillez taper votre recherche." Ils se réfugieront tous les trois dans un endroit loin des autres, la bibliothèque.
Et n'oublions pas Arrowhead, la petite bouteille en plastique tellement mignonne , le plastique est partout dans l'océan :
"Le courant décrit un flot tourbillonnant, un arc de cercle de plusieurs centaines de kilomètres qui nous emporte vers un centre dont nous ignorons tout...Au fur et à mesure de notre exode, notre troupeau se gonfle de nouveaux arrivants à qui nous souhaitons une sincère bienvenue. Ici, nous accueillons tous et toutes, sans égard pour les langues, les couleurs, les formats ou les formes..."
Un jour existera un nouveau continent.
Fano yogiste arrive à communiquer avec les animaux, ce sera très pratique pour dialoguer avec un albatros Albator ...

Lisez l'histoire, je ne vais pas tout vous raconter..vous saurez comment l'histoire de Judith et Antoine se termine..

Ce livre est délirant, déjanté, ce n'est pas un conte, c'est une fable. Une fable qui pourrait bien se transformer en réalité.
Oui, il faut vraiment se bouger, je n'ose même pas dire avant qu'il soit trop tard, nous en sommes où ? Un océan condamné par la loi des lobbys.

J'ai aimé, au prochain...

Bye MClaire.

lundi 6 mai 2019

Arnaud Le Guilcher "Du tout au tout."




Une découverte. Je ne connaissais pas du tout Arnaud Le Guilcher. Né à Guingamp, il travaille dans la musique et écrit pour le bien de tous ou pour le mien, une dose de bonne humeur, de rires mais aussi de réflexion. Six bouquins à son actif.

Le sujet du roman est d'actualité, le monde du travail, il y a un procès qui se déroule en ce moment, le harcèlement, le burn-out.

Nous faisons la connaissance de Pierre qui s'appelle Pierre, oui Pierre Pierre. Timide, hyper sensible, il pleure facilement devant ce qui est beau, un film, de la musique, un livre. Pierre rencontre César de la Mer, le grand patron de Poséidon, Pierre est assis sur un banc et il pleure en écoutant Jacques Rel, César aime aussi Jacques Rel et les hommes hypersensibles, il lui tend une carte et lui dit "Venez travailler chez moi, vous aurez une belle vie"
Poséidon
César de la Mer
Fondateur et président.

Un bâtiment tout en rondeur, tapissé de plantes vertes,
peuplé d'employés qui traversent le hall en se gondolant et chaussés de rollers. La réceptionniste est jolie, elle s'appelle Iris.
Le travail n'a jamais attiré Pierre mais il trouve là un endroit où il pourrait l'aimer .... Il pense pouvoir tomber amoureux.
Il fait aussi la découverte de Muriel, peintre en bâtiment et accessoirement merveilleuse chanteuse.

César n'est pas jeune, César est épuisé et Maïté son bras droit fait une énorme bourde, Poséidon sera vendu à Vulcain, le très méchant Vulcain. La vie du personnel ne sera plus jamais la même, c'est là que tout commence...
Vulcain a créé des algorithmes hyper-puissants, inspirés de ceux utilisés par Monsanto.
"Je le sentais bien, ce qui allait suivre...J'avais une passion pour Monsanto....Quand je suis face à des gens ultra sûrs d'eux, j'ai toujours envie de retourner chez moi douter un bon coup"?

J'ai aimé :

Le langage, l'humour, la tournure originale des phrases, les gags qui m'ont fait rire aux éclats, l'imagination débordante de l'auteur, cette histoire légèrement surréaliste et la voix de Muriel jamais entendue mais si présente;
L'auteur pointe aussi le doigt vers cette société capitaliste, et là j'ai pensé aux bouquins de Gérard Mordillat, plus particulièrement à "La tour abolie". 

« - T’en as parlé à Pérol ?
- Bien sûr. Il m’a dit qu’il comprenait mon claim et qu’il allait faire un benchmarking avec les autres filiales du groupe. S’il estimait que j’avais besoin d’helpers, il me ferait un feedback.
- Et donc ?

- J’attends de savoir ce que ça veut dire… » 


J'ai beaucoup appris, mon vocabulaire est plus riche !
J'ai aimé toute la bande, Iris, Muriel, Hervé, Maïté et n'oublions pas le chat transformiste Mohair.

Une belle découverte, je vous recommande cet auteur, je le dis toujours "Il peut ne pas vous plaire", personnellement j'ai adoré. J'ai à lire du même auteur "Pile entre deux" et comme dit très justement Gérard Collard pour un des bouquins :
"Une tornade d'humour ! Il fait pétiller les mots, rire les phrases, et fondre de tendresse."
Merci Michelle pour le prêt de ces bouquins, ils sont en poche.

Bye  MClaire.



dimanche 28 avril 2019

"David Foenkinos" Deux soeurs - Anne Percin "Comment (bien) rater ses vacances"



Je lis David Foenkinos depuis une dizaine d'années, je suis rarement déçue, ses bouquins ne sont pas tous sublimes mais j'ai toujours beaucoup de plaisir à le lire, je ne m'ennuie jamais.
Cela n'a pas été le cas du dernier publié "Deux soeurs", j'ai envie de dire heureusement il n'est pas épais 173 pages, des chapitres courts, vous pouvez le lire en deux heures. 
L'auteur s'est fourvoyé dans une histoire très banale, un homme quitte une femme pour une autre, elle ne s'y attendait pas du tout, ils prévoyaient même de se marier après cinq ans de vie commune. Le chagrin immense la mènera aux portes de la folie. Sa soeur Agathe est heureuse, elle a tout ce que Mathilde n'a pas, un mari aimant, un enfant, tout semble lui réussir..Agathe n'aurait pas dû la recevoir chez elle.
Le décor est planté, Mathilde acceptera de se réfugier chez sa soeur et la jalousie écrira le reste de l'histoire..
J'ai eu l'impression que les derniers chapitres de ce livre servaient à rattraper le vide des premiers, ceux où il ne se passait rien, tout était plat sans aucun intérêt. Vers la fin du bouquin nous retrouvons l'auteur que nous aimons, mais trop tard.
Je n'ai pas aimé. Je l'ai lu en deux heures, j'ai voulu connaître la fin et je n'aime pas abandonner une lecture.

Un autre bouquin attendait au dessus de la pile, un livre trouvé chez Easy-Cash pour un euro, je ne risquais rien, le prix est dérisoire par rapport au plaisir qu'il apporte, la joie, le rire, l'émotion :
"Comment (bien) rater ses vacances" Anne Percin

Dans les librairies ce livre doit être catalogué dans la littérature pour ado, nous pouvons tous le lire, ados et adultes. Je me suis régalée. La majorité d'entre nous a eu des ados à la maison ou des petits-enfants ados, ils nous ont fait rire ou pleurer quelquefois.
J'ai beaucoup ri, si j'avais lu ce bouquin dans un train ou chez le coiffeur, j'aurais eu des éclats de rire de la même façon, irrépressibles.
Maxime a 17 ans, l'âge du rejet des parents, il ne veut pas partir en Corse avec eux sur le GR20, des vacances avec sa petite soeur (elle aussi ne veut pas partir) et les parents ce n'est plus de son âge. Il ira passer un mois chez mamie qui habite pas loin, au Kremlin, là il pourra passer son temps devant l'ordi avec ses copines et copains virtuels. 
Tout ne se passera pas comme prévu, Mamie aura une crise cardiaque et Maxime connaîtra Bicêtre comme sa poche.
Une poche de plus en plus vide, il n'avait pas pensé qu'il allait être obligé de subvenir à ses besoins pour se nourrir. Les parents hors des réseaux téléphoniques, impossible de les joindre.

J'ai aimé Maxime, il provoque mais si tendre à la fois. Le parler des ados. Il passe deux heures à regarder "Sur la route de Madison" avec Clint Eastwood vieillissant et Meryl Streep qui ne se décide pas à quitter son mari pour cet homme qui vient d'entrer dans sa maison et dans sa vie.

J'ai beaucoup aimé ce film, tu as raison Maxime de l'aimer aussi.

Ces ados qui ont l'air si sûrs d'eux et si fragiles à la fois. 
Maxime s'occupe de la sortie de mamie, elle quitte l'hosto et il est seul :
-Au fait, Maxime. Je voulais te dire merci, pour tout ce que tu as fait.
-Moi ? Mais j'ai rien fait du tout. Enfin si, j'ai fait le 15.
-Merci d'avoir tenu le coup. Et d'avoir gardé tout ça pour toi. Ne te vexe pas, mais je n'aurais jamais cru ça de ta part...
En effet, il y avait de quoi se vexer. Mais je crois que je voyais ce qu'elle voulait dire. Après tout, je n'aurais pas cru ça de moi non plus.

Maxime amoureux, savoureux. Pika son amie virtuelle à qui il demande son sexe, garçon ou fille?
Pika : Si c'est si important pour toi, c'est que tu dois être puceau.
Petite phrase méchante, allégation gratuite, coup de griffe sous la ceinture, psychologie de magazine, raisonnement tordu : plus de doute, c'était une fille. Forcément, la suite de nos rapports (si j'ose appeler ça comme ça) a pris un tour plus musclé....

Précipitez vous pour trouver ce bouquin et d'autres du même auteure, je suis certaine d'aimer aussi, je pars à la recherche "Comment bien gérer sa love story"
"Comment devenir une rock star (ou pas)". Au scrabble vous pouvez jouer ROCKSTAR.

Bye MClaire.



lundi 22 avril 2019

Audur Jonsdottir "Tourner la page"








J'ai acheté ce livre chez Easy-Cash pour quelques euros, édité en 2015 aux Presses de la Cité. J'aime lire les écrivains des pays nordiques :
"Millenium" de Larsson - 
"Les chaussures italiennes" de Mankell 
"L'armoire des robes oubliées" de R.Pulkkinen - un très beau roman.
"Rosa Candida" de A.Olafsdottir. Du même auteure "ôr", je vous mets le lien d'une gazette
https://gazettemarieclaire.blogspot.com/2017/12/

"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" J.Jonasson, j'ai moyennement aimé.
J'ai même lu quelques polars de A.Indridason
Pour finir mes préférés, ceux de Katarina Mazetti
"Le mec de la tombe d'à côté" Formidable. D'autres aussi.

Et j'ai aimé "Tourner la page", attention ce roman n'est pas facile à lire, il exige une grande attention, des retours en arrière, les noms si peu familiers pour nous, j'ai appris que les Islandais ne possèdent pas à proprement parler de nom de famille, seulement un patronyme généralement composé du prénom du père suivi du suffixe -son pour les garçons ou -dottir pour les filles. Généralement ils s'appellent usuellement que par leur prénom.

Audur Jonsdottir est la petite fille du prix Nobel de littérature 1955 Halldor Laxness, de son vrai nom Halldor Guojosson, c'est important de le savoir.
Je me suis tout de suite posé la question "Comment peut-on oser écrire lorsqu'un membre de notre famille a obtenu cette prestigieuse récompense?"
J'ai eu la réponse en lisant, c'est long et douloureux.
La fille du prix Nobel a fait des tentatives, elle a renoncé très vite. Sa petite fille qui est l'auteure du roman a fini par publier dans sa langue maternelle, "Tourner la page" est son premier roman traduit en français.
Ce livre est je pense en grande partie autobiographique.

L'histoire se passe en Islande et en Suède,
Eyja se marie dans un petit village de pêcheurs islandais, son mari de vingt ans son aîné est un ivrogne, il ne pense qu'à boire, elle doit subvenir à leurs besoins. le Coup de Vent, c'est ainsi que tout le monde l'appelle rentre tard dans la nuit, il déambule, elle aussi boit facilement. Elle est consciente de la médiocrité de sa vie mais n'arrive pas à le quitter, on n'arrache pas facilement l'autre à ses démons, même si la relation est destructrice.
-Quitte le lui dit une amie.
-Je ne peux pas
 Elle écrit quelques articles pour un journal, comme sa maman qui a cessé de le faire, le prix Nobel pesait sur sa vie.
Eyra a une mère qui boit, des maris, des enfants, fille d'un père poète (le prix Nobel) et d'une mère parfaite. L'éternel conflit entre mère et fille "Ben..Maman. Elle peut être vraiment dure avec grand-mère. Je ne comprends pas pourquoi. Grand-mère fait de son mieux pour nous aider, tous autant que nous sommes".
"Peut-être qu'elle veut trop bien faire..."
Et grand-mère fera tout pour éloigner Eyra du Coup de Vent, elle lui donnera beaucoup d'argent pour aller s'installer en Suède chez Runa "la reine du ski", là elle sera tranquille pour écrire son roman..

Vous découvrirez la suite.

J'ai aimé :

L'Islande, cette île soumise aux caprices de la nature, sauvage, ses habitants qui ne se soumettent pas. Il y a eu la révolution des casseroles pour se débarrasser des corrompus et se sortir du marasme économique, ils y sont arrivés sans violence.
Les relations compliquées entre les membres de cette famille, ils s'aiment mais ne savent pas comment le dire.
"Maman, quant à elle, a changé de discours : Si seulement j'avais eu ton courage ma chère Dame Joliette de France (c'est Eyra) dit-elle en offrant à sa fille un regard impénétrable et fier.
Eyra la fixe -un instant, elles se regardent dans les yeux, elles qui ont connu tant de hauts et de bas. Soudain, Eyra se dit qu'on ne doit peut-être pas comprendre sa mère plus qu'on ne comprend Dieu.."
J'ai versé une larme en lisant le passage page 442, celui qui pourrait donner l'explication du besoin d'alcool qui empoisonnait la vie du Coup du Vent.
Ils boivent beaucoup en Islande dans ce roman, l'hiver sans fin? Le climat?

J'ai aimé ce livre, sensible, écrit avec une grande délicatesse, il y a beaucoup de pudeur dans l'écriture.
Il peut aussi donner l'envie de visiter l'Islande, fille du Sud j'aime les pays nordiques, la Norvège surtout, la Suède est très bien décrite dans le roman, c'est exactement ça, mais je ne me souviens pas des moustiques. Les baignades dans les lacs en été, les forêts à perte de vue, les chalets colorés et la discrétion des habitants..


Bye MClaire


samedi 13 avril 2019

Aurélie Valognes "La cerise sur le gâteau"




J'ai toujours lu les romans de cette auteure après avoir lu des livres forts, émouvants, tragiques, ses livres nous reposent, ils se lisent facilement, sont plein de bons sentiments, nous ramènent à des situations vécues, nous font sourire.
Je n'avais pas adoré "Minute papillon"https://gazettemarieclaire.blogspot.com/2018/03/minute-papillon-aurelie-valognes.html

Je viens de relire ma gazette, aimé lire "Mémé dans les orties", et pas trop aimé "La cerise sur le gâteau", il se lit c'est tout, j'ai presque envie de dire que je m'ennuyais un peu à la fin du livre. Aurélie Valognes devrait faire un break, elle a beaucoup vendu, elle peut attendre et retrouver son inspiration du début, les filons ne sont pas inépuisables.

L'histoire aurait pu être très amusante. Brigitte est déjà à la retraite, Bernard pas encore, il n'a pas du tout envie de s'y retrouver, il aime son travail mais son employeur ne l'aime plus, trop âgé sans doute, le préavis est donné, il doit partir. Il perd toute dignité, il supplie son supérieur, il ne peut pas s'arrêter, il a tant donné à son entreprise, ils ne pourront pas se passer de lui, mais si, personne n'est irremplaçable. Le face à face avec Brigitte pendant des journées entières aura lieu, il aime sa femme mais il aimait tant son boulot !!

Jusque là je souriais souvent, première partie du livre et puis tout s'est gâté, trop de lieux communs, Bernard finira par se tourner vers l'écologie, très à la mode en ce moment, des pages et des pages sur le zéro déchet, l'addiction aux objets technologiques, des voisins acariâtres, une famille où les enfants en bas âge parlent comme des adultes, je n'arrivais pas à y croire. Bernard m'agaçait. L'histoire du petit colibri nous la connaissons.  

Le livre refermé, j'ai pensé un instant que la cause de ce désamour était le fait que Christian n'avait eu aucun mal à se mettre dans la peau d'un retraité, dès la première semaine il m'a dit "J'ai l'impression de n'avoir jamais travaillé". Aucun état d'âme. Je n'ai pas compris Bernard !!

Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire sur ce bouquin, mais c'est mon avis, d'autres ont aimé ce livre.

Bye MClaire.




dimanche 7 avril 2019

Eric Plamondon "Taqawa"



A mon avis c'est aussi une pépite. Je l'ai lu d'une traite.

"Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

L'histoire de la race blanche qui a pénétré les territoires de pêche, de chasse des Amérindiens. Passionnante histoire, tragique conquête. Les relations difficiles entre le Canada et le Québec. Les francophones et les anglophones.

Taqawan en langage mi'gmaq est le nom du saumon qui remonte la rivière après deux ou trois ans passés en mer. 
Le saumon pêché par cette communauté à la belle saison et qui leur permet de survivre tout l'hiver. Les autorités ont établi des quotas de pêche. Le 11 juin 1981 la police s'en prend à la tribu mi'gmaq dans la réserve de Restigouche, elle veut  supprimer leurs filets de pêche jetés dans la rivière, sous les yeux des enfants qui rentrent de l'école. Océane et des garçons s'échappent du bus et tentent de regagner leur village, là où leurs parents tentent de sauver leurs filets dans le bruit des zodiacs, de l'hélicoptère qui tourne au-dessus du fleuve :
"Quand les chiens sont lâchés, quand on donne le feu vert à des sbires armés en leur expliquant qu'ils ont tous les droits face à des individus désobéissants, condamnables, délinquants, quand on fait entrer ces idées dans la tête de quelqu'un, on doit toujours s'attendre au pire. L'humanité se retire peu à peu. Dans le feu de l'action, la raison s'éteint. Il faut savoir répondre aux ordres sans penser.....Alors quand on lâche une bande de gars de Québec dans une réserve, ça finit avec des côtes cassées et des épaules luxées...au mieux".

J'ai aimé ce livre parce qu'il mêle la fiction et l'histoire, c'est aussi un roman noir, l'histoire d'Océane jeune fille amérindienne, celle d'une enseignante française dans une région hostile mais si belle, et de deux hommes, un blanc garde-chasse Yves Leclerc et le vieil indien solitaire William.
La lointaine ancêtre de William avait fait un rêve, l'arrivée d'une île avec des ours qui montaient le long des troncs qui touchaient le ciel. C'était Cartier vêtu de blanche hermine qui se tenait à la proue du navire et des hommes barbus se balançaient aux cordages. Légende, histoire...

L'histoire du saumon est aussi passionnante. J'ai beaucoup appris.
Parlons de la nature, des lacs et des forêts, des espaces infinis. Du langage "parce qu'icitte il n'y a pas gaz".
De la violence pour survivre.

Un roman d'une grande profondeur, une histoire qui m'a fait comprendre un peu plus les relations des anglophones et des francophones. Nous sommes allés au Québec, mon ex belle-soeur était une authentique Québécoise, paradoxe,  professeur d'anglais à Montréal, j'avais été sidérée de constater son attitude dans un bar tenu par un Anglais, elle ne lui répondait qu'à la condition qu'il parle français. 
Et nous sommes à 99% des descendants du singe.

Lisez ce livre qui est vendu en poche. Vous avez aimer London, Konrad, vous aimez Sylvain Tesson (je l'adore) tous les livres d'aventure, vous aimerez Toqawan. Vraiment fascinant.

Bye MClaire.