jeudi 14 septembre 2017

Au bout du chemin." Patricia Hespel




Une libraire s'est ouverte à Sene-Vannes, elle vend des livres qui sans cette filière se  seraient sans doute retrouvés au pilon, des prix très intéressants. J'ai acheté quatre livres pour vingt euros, il y a beaucoup de livres pour enfants, de bien-être, de cuisine. Est-ce que cela marchera ? Nous le saurons si elle ne disparaît pas comme de nombreuses librairies.
"Au bout du chemin." en fait partie, il a été publié en 2013.
J'ai aimé cette histoire, l'histoire de trois personnes qui n'auraient jamais dû se rencontrer, trois paumés qui ne savent plus où ils en sont, ils feront un bout de chemin ensemble.

Il y a Eve, jeune fille prête à s'engager auprès d'Antoine et qui fuit le jour de son mariage, laissant en plan le jeune homme et les invités qui attendent. Il faut un certain courage pour le faire. Fille de grands bourgeois, elle ne veut rien savoir du scandale provoqué, elle fuit. Elle veut élucider un mystère, celui de sa naissance, elle devine quelque chose, elle ne s'est jamais vraiment sentie aimée par une mère souvent absente. Eve deviendra Angie.

Il y a Emile, un routier qui se noie dans l'alcool pour oublier le départ de Marilou et l'enfant de sa compagne qu'il a aimé comme le sien. Emile travaille dur, des heures de route, jusqu'à une nuit où il sauve Eve d'un viol sur un parking, elle a fait du stop, son chauffeur a pensé qu'elle était une proie facile. Emile sent que quelque chose ne sonne pas vraie en lui, mais il refuse de comprendre.

Il y a Lucas - un jeune homme qui patine avec talent mais trop sûr de lui, jusqu'au jour où un coach italien lui dit qu'il ne gagnera jamais s'il continue de se croire invincible, il lui apprendra comment être le premier à force de travail, jusqu'au jour où....Lucas se cachera derrière un autre prénom : Azraël, Azraël et une cicatrice qui défigure la moitié de son visage. Il abordera Angie à la terrasse d'un bar, deux paumés se reconnaissent.

Emile sera celui qui fédérera le trio après avoir été mis en vacances par son employeur. Ils seront trois sur les routes, jusqu'en Toscane, là où Angie pense trouver la réponse à ses doutes.

Trouveront-ils une réponse à leurs interrogations ? Après quelques galères finiront-ils enfin par se reconstruire ?
S'accepter après cette quête d'identité ?

"Quand on ne maîtrise plus rien, le mieux c'est de se laisser porter par le courant."

Il y a aussi la destination finale, la Toscane, belle Toscane, douce Toscane, qui vous donne envie d'y aller ou d'y retourner. La maison d'Antony où se retrouve le trio.

J'ai aimé ce livre.

Bye MClaire

jeudi 31 août 2017

"La vraie vie de Virginia Fly." d'Angela Huth.



Angela Huth a écrit ce livre en 1972, il vient d'être édité et publié en France, elle est l'auteure de nombreux autres romans qui ont toujours eu un certain succès.
Michelle m'a prêté celui-ci en me disant "Bof! tu te feras ton opinion." J'ai aimé, pas adoré mais aimé tout simplement, je l'ai lu avec plaisir et j'ai souvent ri des situations bien observées. De l'humour, c'est souvent tendre, les liens familiaux sont bien analysés, les difficultés de vivre une vie un peu hors-norme aussi, là il s'agit de vivre sa virginité à l'âge de trente et un ans. Virginia est vierge, elle vit toujours chez ses parents, un père fin observateur et une mère disons le mot "emmerdante." qui s'occupe de tout, pose souvent des questions gênantes, voudrait enfin caser sa fille, elle ira jusqu'à proposer une émission de télé-réalité à sa fille "Comment vit-on vierge à notre époque ?" en passant à la télé sa fille trouvera peut-être l'âme soeur. Après une courte hésitation, Virginia acceptera que la télé envahisse sa maison et sa vie. 

Virginia est professeur, elle mène une vie terne à l'image de son habillement, on ne sait pas si elle est jolie puisqu'elle ne se met jamais en valeur. Elle entretient depuis douze ans une correspondance avec Charly, un américain, Virginia fonde beaucoup d'espoir sur cette relation et un jour Charly se décide enfin à faire le voyage entre l'Amérique et l'Angleterre, Charly et Virginia se rencontreront à Londres, elle l'avait idéalisé, ce ne sera que déception. Nous imaginons bien Charly vivant au fin fond du Texas ou de l'Alabama, quelle idée de vouloir embrasser avec un morceau de viande coincée dans les dents et vouloir aller au lit sans quitter les chaussettes tricotées en angora. 
Virginia rêvait d'autre chose, la chute sera dure, très dure..

Dans la vie de Virginia il y a aussi "le professeur" un monsieur beaucoup plus âgé qu'elle, avec lui elle fréquente les concerts, il est musicien, veuf et rêve de l'épouser.
Il y aura ou il y a eu aussi Ulick Brand, un homme charmant, très à l'aise financièrement qui l'amènera dans son lit, mais....
Décidément, Virginia qui rêve du grand amour et rêve aussi ses fantasmes, n'arrivera pas à concrétiser ce qui lui semble normal à son âge, une vie conjugale, un gentil mari, des enfants, même si ce que lui dit son amie Caroline pourrait la faire hésiter "Tu sais au bout de quelques années c'est plan-plan."

Est-ce que "le Professeur" sera sa planche de salut....?

J'ai trouvé émouvantes les hésitations de Virginia, elle a dit oui au Professeur et ne sait plus comment se sortir de cette situation et pourtant elle ira jusqu'au bout, un agneau qu'on sacrifie, jusqu'au bout elle hésitera, j'avais envie de lui dire "mais bon sang il faut dire non, dis non, pour une fois fais que ta vie t'appartienne, même si cela doit créer un scandale." Elle est restée sourde à mes recommandations...

Si ce livre vous tente, allez-y, j'ai souvent ri et j'ai souvent été émue par cette jeune femme des années 1970, la libération féminine venait juste de se produire.

Bye MClaire.






dimanche 20 août 2017




Après avoir lu "Le paquebot dans les arbres." il fallait que je lise un bouquin plus léger, moins perturbant, "De tes nouvelles" dégouline de bons sentiments, même trop à mon avis.
J'avais lu du même auteure "Marie d'en haut." et "Juste avant le bonheur.", les livres d'Agnès Ledig se lisent facilement, il y a de l'amour, beaucoup d'amour, peu de méchants, des gentils oui, ils sont pleins de sensibilité aussi.
Je n'ai pas lu "On regrettera plus tard.", j'aurais peut être dû, puisque "De tes nouvelles" est la suite, mais pas de regrets, on comprend très bien que Valentine a eu une aventure avec Eric papa de Anna-Nina, Valentine est instit et le couple papa-fille est arrivé dans sa vie un soir d'orage, ils vivent dans une roulotte traînée par des chevaux depuis qu'Hélène est morte en mettant au monde Anna-Nina. 
Fou de chagrin, Eric a tout plaqué pour parcourir les routes de France avec sa petite fille. Sept ans se sont écoulés mais le désespoir est toujours présent. Comment arriver à construire une relation durable avec une autre femme ?
Après l'orage et le bref moment d'amour qui a laissé de très bons souvenirs, ils repartent.

Ils refont leur apparition dans la vie de Valentine pendant l'été, Anna-Nina doit aller à l'école et Eric a visiblement besoin de revoir Valentine.

Dans cette grande maison vit Gustave grand-père adoptif de Valentine et plus loin vit Gaël, instit, ami depuis toujours du personnage principal de ce livre. Gaël est gros, mal dans sa peau, sa femme est partie avec une autre femme. 
Toute la petite troupe s'occupera de lui pour qu'il reprenne confiance en lui. Régime, sport, soutien moral.

Je vous avais prévenu, ça dégouline de bons sentiments...
Il y a tout de même un bûcheron (ça se passe dans les Vosges) qui risque de semer le trouble..
Les bûcherons ont le vent en poupe en ce moment dans les bouquins, il y en a aussi dans "Tout un été sans Facebook."
Ils représentent la virilité ?

Je ne vais pas tout dévoiler.

L'histoire est gentillette, nous devinons tout ce qui va arriver, pas de suspense, il y a beaucoup d'amour physique, des passages qui auraient pu ne pas être écrits et je suis loin d'être bégueule, mais combien de fois Valentine dit-elle qu'elle a des pincements ou des fourmis dans le ventre, qu'elle a très vite envie de satisfaire ce ventre ?

Et puis trop de bienveillance tue la bienveillance, nous finissons par ne plus y croire.

Un point positif, il peut nous donner envie d'habiter dans les Vosges, face au Donon. Agnès Ledig décrit bien cette région.

J'ai aimé le personnage de Gustave, plein de sagesse.

-" Ne prévois pas ta vie en fonction du risque qu'elle s'arrête.
Fais des projets comme si tu allais vivre jusqu'à cent ans et prends le temps de les réaliser. Quand on meurt, ce ne sont pas les objectifs qu'on n'a pas réalisés qui comptent, c'est d'avoir été heureux de tout ce qu'on a pu faire. "


Vous le lisez si vous en avez envie. Il m'a juste permis de faire un break entre un bouquin qui m'a beaucoup émue et un autre qui est sur ma table de salon, et comme dit Agatha Crispies dans "Tout un été sans Facebook." il 'n'y a pas de sous-littérature.

Bye MClaire.






samedi 12 août 2017

"Un paquebot dans les arbres." Valentine Goby








Un livre bouleversant qu'il ne me sera pas possible d'oublier.
J'avais des larmes qui coulaient sans que je puisse les retenir, je les essuyais furtivement, dans ce cas là nous avons toujours peur d'être un peu ridicule, un livre peut procurer les mêmes émotions qu'un film.

Une histoire vraie mâtinée de fiction, les années 50. L'histoire d'une famille confrontée aux vicissitudes de la vie, les pires.
Le paquebot est le sanatorium d'Aincourt construit à la lisière d'un bois.
Il y a Paulot le père, la mère Odile, trois enfants, Annie qui traverse le roman, l'émouvante Mathilde qui est présente tout au long du livre et le petit Jacques qui essaiera de grandir au milieu de cette famille saccagée.

Odile est tombée amoureuse de Paulot à cinq ans, elle a choisi cet homme depuis toujours, elle avait cassé la jambe de sa poupée alors qu'elle était sur la place du village, elle pleurait et Paulot était arrivé pour lui prouver que sa poupée pourrait toujours danser même cul-de-jatte et Paul Blanc fera danser les éclopés toute sa vie, enfin une grande partie de sa vie, dans le bistro le Balto qu'il tient avec Odile. Trente huit ans plus tard elle sera toujours là, appuyée à la porte du café et regardera Paulot jouer de l'harmonica pour ceux qui fréquentent le bistro et qui dansent le soir "Frou-frou, frou-frou, par son jupon la femme.." 

Annie la fille aînée danse avec son père sous l'oeil envieux de Mathilde, elle voudrait tant que son père la fasse danser, elle adore cet homme qui l'appelle "Mon p'tit gars." Mathilde est née après la mort d'un bébé qui était un garçon. Elle fera tout pour que Paulot la remarque, la regarde, un garçon manqué.
Une période heureuse pour la famille, une famille insouciante jusqu'à ce que le diagnostic tombe, Paul Blanc est tuberculeux, évidemment le café se vide, il faut fuir le tubard.
Sanatorium, problèmes financiers, plus d'amis les malheurs s'enchaînent, Odile est atteinte à son tour...Une vie brisée que même les gens courageux ne pourraient pas supporter.
Annie s'est mariée, attend un enfant, mais Mathilde est là,
Mathilde résiste, elle n'abandonne pas ses parents, son frère, fait front face aux services sociaux qui éparpille la famille,
""Plus de famille. Plus de travail. Plus de maison […] On démembrait cette famille, on la dispersait morceau par morceau vers autant de destins séparés."

Mathilde s'impose une très lourde charge qui un jour pèsera trop, elle aura envie de dormir, dormir longtemps, pour ne plus rien entendre, ne rien voir, je ne suis pas certaine qu'elle voulait mourir, juste dormir. En lisant, je percevais sa souffrance, elle est submergée, comment cette adolescente peut-elle endosser le rôle de mère, de père vis à vis de ses propres parents, de son petit frère ?

Je ne raconte plus, vous lirez cette histoire qui se passe à l'époque des Trente Glorieuses, la sécurité sociale existait mais tout le monde n'y avait pas droit, Odile et Paulot étaient commerçants et ne se souciaient pas de ce qui pour eux ne pouvait pas arriver. 


Évidemment j'ai aimé le personnage de Mathilde, elle est présente dès la première page, c'est elle qui montre le sanatorium délabré à l'auteure. Son père est mort cinquante ans plus tôt, son père, le grand amour de sa vie, mais il est difficile de se faire une place au milieu d'un couple fusionnel, son père et sa mère s'adoraient, il y avait très peu de place pour les autres sans qu'ils en soient vraiment conscients.
Mathilde est fascinante, fière, courageuse et fragile.

J'étais indignée en constatant la froideur des services sociaux de l'époque, l'inventaire du trousseau est significative. Ecoeurée de voir les "amis" s'éloigner, eux qui avaient tant profiter de la générosité de Paulot. Le manque d'humanité de la mairie de ce petit village, le refus d'une aide, une famille qui est rejetée comme un paria. Faut-il attendre un geste de ceux qui nous entourent lorsque tout va bien et qui tournent le dos lorsque le malheur s'invite ?

"La pauvreté est une prison." "Mieux vaut la liberté dans la pauvreté que la richesse dans l'esclavage."
Une seule personne la soutiendra d'une manière admirable, la directrice de son école à Mantes, là où Mathilde apprend la comptabilité, elle fera tout pour qu'elle s'en sorte. Elle lui prêtera des journaux pour qu'elle lise. Mathilde découvrira la guerre d'Algérie dans toute son horreur, découvrira le monde.
Mathilde obtiendra son diplôme, elle travaillera.

Les mots de l'auteure sont justes, nous pénètrent et ne nous quittent pas. L'histoire est triste mais l'amour illumine ce roman. 

Lisez ce livre plein d'amour et d'émotion. Vous l'aimerez.
Merci à Michelle pour le prêt de ce bouquin.

Je vais essayer de me procurer "Kinderzimmer" du même auteure.



Bye MClaire

samedi 5 août 2017

"Roland est mort." Nicolas Robin










Nicolas Robin, un auteur que je ne connaissais pas du tout, la quarantaine, dans une autre vie il a été steward, en se mettant à écrire, il a eu une riche idée. J'ai adoré son style.






Roland est mort dans l'indifférence générale, il travaillait au tri du courrier, ses collègues se sont inquiétés de ne plus le voir, au bout de quelques jours les pompiers l'ont découvert dans son appartement, mort, la tête dans la gamelle du chien, il était en train de lui servir ses croquettes..

Ses voisins ne le connaissent pas vraiment, bonjour, bonsoir, ils ne savent rien de sa vie, s'il a de la famille ou pas..
Son voisin de palier sait une chose de lui, il adorait Mireille Mathieu et l'écoutait à longueur de temps lorsqu'il était chez lui. Il l'aimait tellement qu'il avait appelé son caniche Mireille.
Le narrateur de l'histoire est le voisin de palier, 40 ans, au chômage, largué par sa compagne "Je ne t'aime plus.", il adore le Campari, les films pornos, faut bien combler la solitude !! Très égoïste, centré sur lui-même.

"Je bois pour oublier celle qui n'est plus là, celle qui ne veut plus de moi, celle qui ne me retrouvera pas si mon coeur fait défaut en pleine journée. Je bois pour oublier que demain, Roland c'est moi."

Et là commence une incroyable histoire, lui qui ne savait rien de Roland, se voit confier le caniche qui pue, Mireille, et l'urne de Roland. Que faire de cet héritage ? Il ira voir sa mère, mais elle ne veut pas, elle a déjà assez à faire avec la grand-mère qui a perdu la tête et son mari qui regarde le ciel toute la journée, il est dans son monde.

Roland est mort. Chaque chapitre commence par cette phrase. De multiples péripéties arriveront à l'urne de Roland.
Il y a des passages hilarants, je riais beaucoup.

Vous saurez tout en le lisant.

C'est évidemment de l'humour noir, mais pas que ça, ce livre est plein de tendresse, touchant. Un livre sur la solitude, sur l'indifférence. Sur la difficulté de se remettre d'un chagrin d'amour :
"Je l'aimais et je voulais faire ma vie avec elle..Je l'aimais, mais elle s'est lassée de moi..ça s'explique pas, c'est comme ça. Elle avait rencontré un autre mec. C'était la fin de quelque chose que je trouvais beau mais qui ne l'était pas pour elle. J'ai jamais su comment faire après. Elle m'a dit "Je ne t'aime plus." C'était fini. Elle en aimait un autre, alors je suis parti. Fallait pas insister, ni chercher une raison."

Alors, Roland est mort, mais sa mort sera t-elle inutile ? Il y a toujours de l'espoir.

Vous le saurez en le lisant.

J'insiste parce qu'il faut le lire. C'est écrit simplement, le livre n'est pas épais, parfait pour les vacances, il est en poche.

Bye MClaire.









samedi 29 juillet 2017

"Tout un été sans Facebook." Romain Puertolas




Vous ne connaissez pas cet auteur, alors précipitez-vous chez votre libraire favori, j'ai lu les trois et j'ai aimé les trois, j'ai ri aux éclats en compagnie de son fakir, j'ai eu la larme à l'oeil en lisant "La petite fille qui avait avalé un nuage...", j'ai beaucoup beaucoup ri en lisant "Tout un été sans Facebook." mais nous ne faisons pas que rire, nous adhérons aussi à l'amour que l'auteur porte aux livres, à la littérature en général, il en parle tellement bien.

Il faut aimer l'humour de l'auteur, décapant, ça fuse, à ne pas lire dans un lieu public, personnellement j'éclatais de rire sans retenue.
Il fait gris dehors, mais vous ne vous apercevrez même pas, vous ne lâcherez pas le bouquin.

Hier, chez Leclerc culture, je disais à la dame qui s'occupe du rayon livres "Vous pouvez le recommander, il est formidable." elle a répondu qu'il se vendait très bien, un vrai succès littéraire.
J'ai lu sur internet que ce livre était un "poilar". Exactement.

L'histoire :

Agatha Crispies est une policière qui a été mutée dans un commissariat perdu dans le Colorado, New-York Colorado, une mutation disciplinaire, elle exerçait au coeur du vrai New-York. Elle s'ennuie, il ne se passe jamais rien, elle mange des donuts au chocolat à longueur de journée, a une paire de fesses d'une ampleur incroyable, elle est noire et les habitants de ce coin oublié du reste du monde sont plutôt racistes. "Il n'y avait même pas un Zara dans ce patelin." c'est dire ! Pas de Zara mais des membres du K.K.K, vous apprendrez ce que veut dire K.K.K, encore une fois avec humour malgré la gravité du moment...

Pour tromper son ennui elle a monté un club de lecture fréquenté par deux personnes, la femme de ménage mexicaine qui n'a pas de papiers et qui a trouvé malin de bosser pour la police pour ne pas se faire arrêter et Franck un membre du groupe opérationnel.
Des moments hilarants, faire lire "Autant en emporte le vent."à Rosita, n'était pas une bonne idée, elle a vu le film et cite Clark Gable au lieu de Rhet Buttler, pourquoi lire un livre quand le film existe. "Tu te crois sur Allociné ou quoi !"

J'ai beaucoup aimé le passage où Agatha explique pourquoi elle aime les livres "Je lis tout. Il n'y a pas de sous-littérature, de sous-culture. On commence par dire qu'il y a des sous-livres, et après, on dit qu'il y a des sous-hommes. Le snobisme littéraire et culturel est une plaie aussi néfaste que l'illettrisme."
Agatha a un truc bien à elle, elle déchire les pages des livres qu'elles trouvent mauvaises. Exemple, il n'y a plus une seule page dans les livres de James Joyce. Qui a lu Ulysse ?


"Ecrivain irlandais (1882-1941) qui fut notamment l'auteur d'Ulysse et dont l'écriture savante, exploitant notamment les ressources du monologue intérieur, exprime une vision universaliste d'une profonde originalité."

Ne pas oublier que  ce roman est un polar, il y aura brusquement des crimes à élucider, trois crimes qui se suivent. Agatha sera débordée. "Décrispez-vous, Crispies." lui dit son chef.

Agatha a horreur des séries à la télé, tout est faux, "Les meurtriers de la vraie vie ne sont pas les meurtriers intelligents et élégants qui peuplent les séries."

J'allais oublier de vous dire le principal, New-York Colorado n'a pas de couverture internet, pas de réseau pour le portable, rien, pas de Facebook, c'est terrible...Des réflexions tellement vraies sur Facebook, à l'heure où nous pouvons défiler dans la rue pour défendre notre vie privée, nous affichons tout sur notre mur Facebook, le plat mangé à midi, l'endroit où nous sommes, l'endroit où nous irons, etc...

La fin de ce livre est complètement immorale mais pas choquante ! 

J'ai refermé ce bouquin avec regret, il y a toujours une fin aux meilleurs moments..

Lisez-le, même si vous lisez très peu, ce livre risque de vous faire aimer la lecture. Je crois que c'est un peu le but de Romain Puertolas.

Bye MClaire.





samedi 22 juillet 2017






Un écrivain informaticien de formation. Il écrit aussi des séries sur le web, Né à Madrid en 1979.
Ce livre est un prêt de Michelle, je crois qu'elle ne l'a pas encore lu, je vais lui rendre très vite et lui dire qu'elle a très bien fait de l'acheter. J'ai beaucoup aimé ce conte philosophique, pour moi c'est un conte, l'enfant Ionah est un personnage de conte.
Dès les premières pages nous ne pouvons pas nous empêcher de penser au Petit Prince de St-Exupéry, avec raison.

L'histoire :

Le désert, deux palmiers, un puits, un jardin potager minuscule, une bicoque, Ionah et sa maman vivent là depuis des années. La mère a été obligée de fuir un monde que nous devinons disparu, la folie des hommes a détruit ce qui existait. Elle est enceinte et accouchera de Ionah dans cet endroit perdu, le père est mort.
Désert, Ionah ne connaît que le désert, sa mère non, elle racontera, elle évoquera la musique, le piano, des gens qui écrivent sur du papier, l'odeur du café, mais Ionah pense qu'une chose ne peut pas nous manquer si nous ne l'avons pas connue."Je ne peux pas détester le désert. Je n'ai rien connu d'autre."
Les palmiers ont des racines très profondes, il y a forcément de l'eau là où ils poussent, la mère creusera un puits et trouvera de l'eau, il ne pleut jamais. Un petit potager, des dattes, des lézards séchés les feront vivre. La vie s'écoule.
La mère meurt, Ionah a douze ans, il restera seul, il ne se parlera qu'à lui même jusqu'à vingt et un ans, jusqu'à ce qu'il trouve Shui mourant dans le désert, Shui est chinois, il transporte avec lui un sac à dos. D'où vient Shui ? Quel est son secret ? Il sera celui qui obligera Ionah à partir vers autre chose, à abandonner cet endroit où il a vécu, à traverser le désert pour atteindre un lieu qu'il ne soupçonnait pas...

J'ai aimé, j'ai même un peu pleuré, Ionah parle à sa maman, pense qu'elle est là, au moment de partir, au moment où il abandonne sa bicoque, il est certain de voir sa mère qui lui parle une dernière fois :
"Je m'arrête et j'essaie d'étouffer un sanglot dans ma gorge.
Car l'espace d'un instant j'ai senti que mère mourait encore une fois.
-Je te reverrai ?
-Bien sûr.
-Quand ?
-Avant que tout se termine.
-Adieu, mère.
Mère s'approche et m'embrasse sur la joue. Je sens le frôlement de ses lèvres et je frémis.
-Adieu, Ionah. Ma petite colombe.

Un très beau livre qui nous fait prendre conscience que nous pouvons nous contenter de peu, un livre sur la survie, transmettre ce que nous savons, sur la solitude. nous faire prendre conscience que chacun de nous peut améliorer le monde et pas le détruire.
Ionah a un regard innocent qui nous bouleverse.

"Les enfants grandissent et deviennent des hommes. Les hommes grandissent et se détruisent eux-mêmes. (...)

Tous les enfants ne grandissent pas pour devenir des hommes, et tous les hommes ne vieillissent pas pour devenir des vieillards"


La pluie, je suis certaine que vous l'aimerez après avoir lu ce bouquin.

Que dire d'autre ? Rien, vous découvrirez ce roman qui est pour moi un vrai coup de coeur.

Bye MClaire.