jeudi 25 août 2016

"Le nouveau nom" Elena Ferrante



Je l'ai terminé aujourd'hui, avec regret, 554 pages dévorées par tranche de 100, je ne voulais pas en lire  plus chaque jour, c'était une limite, sinon je risquais de ne pas le quitter, là j'ai savouré ce roman magnifique, j'ai pris mon temps.
Si vous n'avez jamais lu "L'amie prodigieuse." n'attaquez pas celui-ci, vous risquez de ne rien comprendre, il faut déjà être imprégné des prénoms et des noms des personnages napolitains. Il y aura un troisième volume, je suis impatiente.
Il paraît qu'il est déjà sorti en Angleterre, nous devons attendre la traduction en français.

L'histoire : Lila qui a seulement 16 ans s'est mariée avec Stephano. Fantasque Lila, elle découvre le jour même de ses noces qu'elle ne l'aime pas, elle a fait une énorme bêtise à choisissant cet homme un peu rustre mais à l'aise financièrement. Elle la cérébrale est enchaînée pour la vie à un homme qui va la battre parce qu'elle se rebelle, résiste, toujours insolente, capricieuse et  observant de loin Elena qui poursuit ses études, des études qu'elle aurait tant voulu faire. Lila avance dans la vie qu'elle s'est choisie, sans épargner personne, détestée par toutes les filles de son quartier, désirée par les hommes. En toile de fond, il y a toujours l'amitié dévorante des deux femmes, Elena qui veut se débarrasser de l'emprise de Lila  sans pour autant pouvoir l'ignorer.
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En me relisant ce matin, j'ai failli effacer tout ce que j'avais écrit , il me semble que mes mots sont anodins, sans force, j'ai l'impression de ne pas trouver ceux qui vont vous inciter à lire les deux livres, écrite de cette façon l'histoire semble banale, une jeune femme qui se trompe et qui va tromper son mari épicier sans culture avec un intello qu'elle choisit, rien de plus courant de nos jours, mais dans les années 60, dans l'Italie de cette période ce n'était pas banal, les hommes possédaient le pouvoir, ils dominaient et gare à ceux qui résistaient, les coups pleuvaient.
Tout sentait la misère dans ces appartements, les murs suintaient la misère. 
il fallait travailler beaucoup pour gagner peu. Les enfants devaient reverser leur salaire aux parents, ne rien garder pour eux.
Mariée, Lina habite un bel appartement, elle s'est éloignée de ce quartier sans trouver le bonheur mais elle aura la force et surtout l'audace de quitter Stephano, retourner à ses origines ne l'effraie pas,
.
L'indécise Elena finit pas imposer ses choix, elle réussit ses études, revient chez elle pour des courtes vacances, sans joie, elle n'a plus sa place, ses parents l'admirent mais ne comprennent pas, ils ne savent pas bien pourquoi
"A bien y regarder, je ne faisais que leur compliquer la vie, prenant de la place dans leur petit appartement déjà plein comme un oeuf, rendant encore plus compliquée l'installation des lits pour la nuit et dérangeant un train-train qui désormais ne me prévoyait plus.".
Il est aussi question de la différence de classe, cette société qui est très cloisonnée, la peur de paraître ignorante en présence de gens à l'aise, cultivés. Elena a obtenu des diplômes mais ses racines restent dans ce vieux quartier de Naples, et cela transparaît, elle essaie de tout gommer avec beaucoup de mal, l'accent, les manières. Elle a besoin d'échapper à ce qui était son quotidien par l'écriture, réussir enfin pour à son tour éblouir Lila, même si Lila est en position de faiblesse, elle domine toujours Elena, son ascendant ne faiblit pas.

J'ai trouvé l'écriture magistrale, nous nous identifions aux personnages, nous nous  les approprions et c'est la raison pour laquelle j'ai eu tant de peine à les laisser, j'ai aimé et détesté Lila, à la fin du livre j'ai versé quelques larmes en espérant la revoir triomphante, j'ai si peur que le pire arrive....
Mais entre Lila et Elena, laquelle est la plus forte ?
J'ai de la tendresse pour Enzo, le doux, le fidèle Enzo qui sait attendre Lila. 
"Il est bon et généreux, dit-elle, il n'a peur de rien, il est très intelligent et étudie toute la nuit, il sait un tas de choses!"...
"Tu aimes vivre avec lui ?" demande Elena.
"Oui."
"Vous voulez des enfants ?"
"Nous ne sommes pas ensemble."
"Ah bon ?"
"Non je n'ai pas envie."
"Et lui ?"
"Il attend."
Lila est vide, elle ne croit plus en rien. 

Et Nino Sarratore, ancien amant et père de l'enfant de Lila, que deviendra t-il ?

La fascination mutuelle des deux femmes sera t-elle encore le sujet du troisième tome ?

Bye MClaire.








dimanche 14 août 2016

"Désolée, je suis attendue" Agnés Martin-Lugand.



Il fait tellement chaud aujourd'hui, je suis mieux dans la maison, un peu de courant d'air, c'est supportable. Je n'ai même pas envie de lire, c'est rare mais le livre me tombe des mains. J'ai fini "Désolée je suis attendue", je l'avais commencé avant d'acheter la suite de "L'amie prodigieuse". Un prêt de Michelle qui a beaucoup aimé, personnellement je l'ai lu facilement, le livre parfait pour l'été, inutile de se creuser les méninges pour comprendre, c'est une histoire d'amour.
J'avais l'impression de relire du Janine Boissard en plus moderne, des scènes un peu plus "hard", enfin un peu, mais le style est le même, J.Boissard aurait pu écrire cette histoire d'amour; Lorsque mes enfants étaient petits, j'aimais bien la lire, je pouvais laisser le livre, le reprendre, je n'avais pas perdu le fil de l'histoire. Pas facile de lire lorsque nous sommes des jeunes mamans, maintenant plus personne ne me dérange.

L'histoire :

Yaël est une jeune fille qui a fini ses études, elle fréquente une petite troupe d'amis, sa soeur en fait partie, ils font la bringue, s'amusent, elle est le boute-en-train de la bande, des couples se forment et il y a le beau Marc qui est aussi célibataire. Yaël rêve de partir faire le tour du monde, sac sur le dos, elle parle parfaitement anglais et à la fin de ses études fait un stage dans une société comme interprète, pour gagner un peu d'argent, et là son destin basculera, travail et chagrin, Marc disparaît de son horizon sans prévenir, elle ne le reverra pas pendant dix ans et le retrouvera par hasard. Elle aimait Marc en silence, elle l'a beaucoup cherché, elle a beaucoup pleuré, et ils se rencontrent dans une brocante dix ans plus tard, elle était rentrée dans la boutique pour s'abriter de la pluie.
Pas de tour du monde, son rêve n'était vraiment qu'un rêve, Yaël est devenue une femme d'affaires pleine d'ambition, dure, sa vie privée est inexistante, elle bosse pour un patron exigeant et elle accepte cette autorité. Marc ne reconnaîtra pas cette Yaël, qui néglige sa famille, ses amis, entièrement tendue vers un seul objectif, réussir, toujours perchée sur ses escarpins Louboutin, habillée strictement, elle domine et elle aime ça.

Ce n'est pas trop difficile de deviner la suite mais je vous laisse découvrir.

J'ai aimé la fluidité de l'écriture, c'est un roman pour les femmes, un peu guimauve dans certains passages, j'ai aimé cette ambiance vacances, encore une fois cette bande d'amis réunis dans une maison de vacances à Lourmarin me faisait penser à un film de Claude Sautet, on discute, on parcourt les marchés, on prépare les repas ensemble, on se taquine, il fait chaud, siestes, piscine, j'aime beaucoup les récits de ces réunions d'amis. Nous avons eu une bande d'amis lorsque nous étions dans le Berry, c'était des moments agréables, nous nous étions connus jeunes et nos enfants grandissaient ensemble.

J'ai été beaucoup plus touchée par la Yaël fragile qui perd tous ses repères et qui finit par comprendre que dans la vie d'une femme il n'y a pas que la carrière. J'ai beaucoup aimé Marc et son flegme, sa sensibilité, allez, je cherche des acteurs pour un film tiré de ce roman, Léa Seydoux jouerait Yaël


Raphaël Personnaz jouerait Marc, je pensais à Guillaume Canet, mais il serait trop âgé, il aurait pourtant été parfait.

Si vous êtes en vacances, c'est le livre qui vous fera passer un bon moment, il ne sera pas inoubliable, c'est mon avis.
Je vais me plonger dans "Le nouveau nom" d'Elena Ferrante, une autre ambiance.

Bye MClaire


 

dimanche 7 août 2016


Pas de visage à mettre sous cette couverture de livre, Elena Ferrante est un ou une écrivain mystère, elle ne donne jamais d'interviews, elle serait née ou il serait né à Naples et vivrait en Grèce.
Je ne suis pas arrivée à deviner si l'écriture était celle d'un homme ou d'une femme, je penche pour la femme ou l'homme a une grande sensibilité féminine. Peu importe, le livre est réussi, j'avais du mal à le laisser sur un coin de table pendant plus d'une  heure, je lisais.
Dés les premières pages nous sommes plongés dans l'ambiance de Naples, les années 50, quartiers pauvres, immeubles bruyants, on parle fort, on s'interpelle, les enfants jouent dans la rue, deux petites filles s'observent, Lila et Heléna, elles vont dans la même école, deviennent amies et ne se quitteront plus, Héléna la plus timide est en admiration devant l'assurance de la maigrichonne Lila, Lila qui travaille bien à l'école, qui apprend vite, qui a une soif de savoir que lui envie Héléna, seule solution l'égaler pour ne pas souffrir de la supériorité de son amie, elle deviendra aussi une élève que les instituteurs félicitent, encouragent pour faire des études. Elle fera tout pour s'émanciper de l'emprise de son amie, c'est Lila qui provoque, Lila la frondeuse, Lila qui règne sur tout ce petit monde qui habite le quartier, Héléna suit mais souffre et pourtant cette amitié résiste, elles ne se perdent jamais très longtemps de vue.
La rivalité s'installera lorsque Lila qui aime tant apprendre sera obligée de quitter l'école pour aider sa famille alors qu'Héléna au prix de gros sacrifices continuera d'étudier et de brillante façon.
Elles grandissent, les garçons qui les entourent se transforment en petits mâles machos, il y a les rivalités entre ceux qui voudraient tant conquérir Lila, elle est à leurs yeux fascinante mais elle résiste.
Il y a les haines ancestrales entre les familles, la Camorra en toile de fond, ceux qui réussissent, ceux qui végètent, les jalousies et surtout Naples qui est toujours là présente.

Ce que j'ai aimé :

J'avais toujours des images du cinéma italien en tête, j'imaginais Sophia Loren, Anna Magnani enfants, enfants pauvres élevés dans les rues de Naples ou de Rome, tous les cinéastes de cette époque, ceux qui ont filmé l'Italie avec un immense talent, ce beau cinéma italien qui n'existe plus.

J'ai été élevée dans un pays méditerranéen, je retrouvais cette façon de vivre dans un milieu ouvert, les portes n'étaient pas closes, les familles se connaissaient, s'aimaient ou se détestaient, les enfants jouaient dans la rue, ils ne jouent plus dans les rues à notre époque. La photo de la couverture du livre est très parlante.

L'amitié si bien décrite, il y en a toujours une qui domine l'autre, une qui est prête à faire des bêtises pour éblouir l'autre, pour fasciner l'autre, des bêtises ou l'éblouir par son savoir, avec un brin de méchanceté, j'apprends, toi non, tu ne peux plus aller au lycée. Lila restera sur le bord de la route pendant qu'Héléna sera félicitée au lycée. Lila se vengera d'une autre façon, mais sera t-elle heureuse ?
La précocité des amours, Lila se marie à 16 ans, les filles se mariaient jeunes dans les pays méditerranéens. Les familles ne plaisantaient pas avec ces choses là, les frères surveillaient les soeurs, La sensualité est là, au fil des pages, les filles se transforment, les garçons aussi.
Il y avait de la violence dans les quartiers populaires de Naples. On se battait pour défendre l'honneur de la famille.

Un beau livre sur l'amitié, sur la condition des femmes, sur la société italienne,  sur le boum économique de cette époque,
Un bouquin très très attachant. 

Je vous incite à lire ce roman, il y a une suite que je vais m'empresser d'acheter. "L'amie prodigieuse" est en poche.

Bye MClaire.

mardi 2 août 2016

Yann Moix "Une simple lettre d'amour."



Je n'avais pas du tout l'intention d'acheter ce bouquin, je ne savais même pas qu'il existait. Je connais Yann Moix en tant que réalisateur, officiant chez Ruquier, sniper de service, le cerveau bien musclé, je savais qu'il écrivait.
Je suis allée à la Fnac pour acheter un livre de Maurice Pons "Les saisons" que je n'ai pas trouvé, il faut le commander et je n'aime pas commander un bouquin, l'envie de le lire peut me quitter avant qu'il arrive, c'est la raison pour laquelle je ne vais jamais à la Médiathéque, il faut souvent attendre, s'inscrire sur une liste, ce n'est pas pour moi, je ne suis pas patiente !
Je parcourais le rayon et la couverture du bouquin a fait mouche, je l'ai acheté, il est en poche. 
Il se lit très vite, deux heures sur le relax. Si vous n'aimez pas Yann Moix, passez votre chemin, il vous horripilera, il le sait très bien, il provoque et il dit peut être la vérité.
Personnellement, il m'intéresse, une énorme culture, la réponse à tout, le genre de type avec qui nous n'oserions pas nous colleter si nous ne possédons pas toutes ses références aux grands écrivains ou des réparties cinglantes.
Physiquement il plaît, il en joue, tantôt un regard tueur, tantôt un regard enjôleur, petit sourire en coin, il captive ses proies, comme un chat avec une souris, il joue et dévore ou la dépose comme un trophée, s'en désintéresse, il aime chasser, tout au long du livre il chasse.
Je suppose que ses proies ont tout fait pour qu'il change, les femmes pensent toujours qu'elles peuvent faire changer les hommes, pour l'instant c'est un fiasco, il reste le même, il est infidèle, il n'a pas envie d'être aimé..
Il adore choquer, c'est sa carte de visite, on l'invite sur les plateaux télé pour cette raison, je ne suis pas certaine qu'il soit aussi méchant dans la vraie vie, sale gosse oui.

"Dès qu'une femme aime un homme, elle fabrique un infidèle."Y. M. 

L'histoire du livre : Un homme de 27 ans, est-ce lui ? écrit une lettre d'amour à celle avec qui il a vécu pendant quelques mois. Je n'ai pas ressenti le texte comme un lettre d'amour, l'aveu des infidélités, très peu de tendresse, beaucoup de sexe, le rejet de la femme qui voudrait construire quelque chose, le rejet du désir d'enfant, il considère l'enfant qui arrive dans un couple comme une bouée de secours :
"Il n'est pas vrai que les gens procréent pour juguler l'ennui :
c'est pour que jaillisse, tel un gisement de pétrole, une source nouvelle de problématiques, de thématiques. C'est pour que le débat trouve une vitalité neuve. Avec l'enfant qui vient, des formulations jaillissent, inédites, fraîches : le dialogue est temporairement sauf. Cet artifice s'épuisera comme les autres, et régnera de nouveau un silence vitreux, jusqu'à l'échéance d'une autre naissance.."

"Je ne suis pas capable d'aimer ; figé dans la stupeur de donner."
"Un homme, quand il aime, aime toujours déjà ailleurs."

Les dernières pages sont différentes, un peu inattendues, presque dérangeantes après avoir lu ce bouquin.

J'ai aimé l'écriture, parfaite, pour le reste je n'ai pas envie de recommander ce livre à des personnes encore jeunes qui attendent tout de l'amour, de la vie à deux. J'ai 55 ans de mariage avec le même homme, je sais que la vie peut être très agréable avec un seul amour, sans regrets, mais mettre ce livre entre les mains d'une personne en plein désarroi amoureux, non.
En refermant le bouquin j'ai dit "Il écrit bien, il est intéressant lorsqu'il parle littérature, mais quel tordu dans sa vie amoureuse, amoureuse ? Même pas, le mot amour n'a pas sa place dans ce roman, il n'y a que du mépris, le mépris de la femme et ça je n'aime pas du tout."

Je vais quand même continuer à le regarder et à l'écouter chez Ruquier, j'aime sa façon de nous faire aimer ou pas aimer un livre, une chanson, un politique, il pose toujours les bonnes questions, il m'intéresse et ne pensez pas "Mais, elle est tordue."  C'est peut être le talent de Yann Moix, se faire aimer alors qu'il n'aime personne. Quel tordu talentueux.

Bye MClaire.



dimanche 24 juillet 2016

"Le secret du mari" Liane Moriarty




J'ai eu ce livre entre les mains, à la Fnac ou chez Leclerc, je l'ai feuilleté, je ne me décidais pas à l'acheter mais il me tentait ; je craignais que cela soit un roman de gare, à lire pour passer le temps en attendant..Une copine scrabbleuse a passé un message en me recommandant de le lire, j'allais certainement aimé ce roman, j'ai aimé.
Il vient de paraître en poche après avoir été vendu à des millions d'exemplaires dans le monde entier, la vendeuse de la Fnac m'a dit qu'il était encore en tête des ventes. Il devrait être adapté au cinéma, sans risques, le film aura aussi du succès s'il est bien adapté.

L'histoire :

Trois femmes, Tess, Cécilia, Rachel, on devine très vite que des liens vont se former, leurs vies vont se croiser dans une école catholique, Rachel meurtrie par la vie, sa fille a été assassinée à 17 ans, le crime n'a jamais été élucidé, Rachel travaille dans cette école, elle a l'occasion de rencontrer Cécilia et les trois filles du couple qu'elle forme avec John-Paul, un bel homme strict, dévoué pour les bonnes oeuvres de l'école, Cécilia est hyper organisée, reine de la vente des boîtes Tupperware, elle sait aussi recevoir les enfants de ses amis pour des goûters, la femme irréprochable qui fait mille choses à la fois et apparemment sans problème.
Tess qui habite à Melbourne avec Will son mari et sa cousine
Félicity, son double, elles ne sont jamais quittées, ces trois là travaillent ensemble dans une société qu'ils viennent de créer. Félicity ancienne obèse s'est transformée après un régime en une superbe jeune femme, tout roule, jusqu'au moment de la révélation...Tess s'enfuit chez sa mère à Sydney en amenant Liam son petit garçon, elle l'inscrira à l'école où officie Rachel.
Dans cette école travaille Connor, professeur de sports, ancien amoureux de jeunesse de Tess.
La vie semble tranquille, jusqu'au moment où Cécilia range le grenier et découvre une lettre écrite par John-Paul "A n'ouvrir qu'après ma mort."
Curieuse, elle ne sait pas quoi faire, elle n'ouvrira pas la lettre tant que son mari ne rentrera pas de voyage. Elle ne veut pas croire à son infidélité, ce sera pire..
Au moment de l'ouverture de la lettre, le livre tournera au polar. Un genre de polar que j'aime lire, très psychologique, pas de sang, pas de meurtres en série.

Ce bouquin pose un cas de conscience, est-ce qu'une terrible erreur, un geste funeste peut briser une vie, des vies.
La culpabilité peut elle s'estomper au fil des années, peut-on se décharger sur l'autre de ce qui nous encombre. Quel cap tenir dans ce déferlement de haine, de chagrin ?

J'ai bien aimé le personnage de Tess, une femme timide qui ose tout. Lucy sa mère est aussi sympathique, compréhensive. Tess et Will dans les tourments d'un couple qui se croyait solide jusqu'à ce que Will découvre dans le miroir du coiffeur qu'il perd ses cheveux, une tonsure, bon sang, il vieillit... Que dire de Félicity ? Et le beau Connor, pauvre Connor. Vous lirez.

Quant à Rachel, elle est émouvante, meurtrie, elle tient grâce à l'amour qu'elle porte à son petit fils. Elle veut savoir qui a tué sa fille, malgré toutes les années son chagrin ne faiblit pas, sa rage aussi.

La fin de ce livre est, j'ai envie de dire apaisante, après quelques rebondissements.

Un beau livre pour votre été, je l'ai lu sur mon transat dans le jardin, je ne voyais pas passer le temps. Un livre pour les femmes, j'ai un doute en ce qui concerne les hommes, ils risquent de ne pas aimer.

Je suis en train de lire "Une simple lettre d'amour." de Yann Moix. Les hommes ne savent pas aimer, un petit livre, intéressant. Lu en quelques heures, je l'ai presque fini. En poche.

Suivra celui que Daniel Pennac offre à tous ses amis "L'amie prodigieuse." Beau bouquin d'après la vendeuse de la Fnac, elle vient de le terminer. Il est en poche.



Bye MClaire.







dimanche 17 juillet 2016


J'en ai lu deux cette semaine, ils n'étaient pas épais, c'était possible, je suis en train de lire le troisième "Le secret du mari";
Deux livres complètement différents, très différents.

"Tout paradis n'est pas perdu" de Jean Rouaud.

"Mémé dans les orties" d'Aurélie Valognes.

Commençons par celui de Jean Rouaud.



Jean Rouaud a réuni dans un livre toutes ses chroniques écrites pour un journal "L'Humanité."
Ces chroniques ont été écrites avec une totale liberté de ton, il n'a jamais été censuré.
La loi 1905, séparation de l'Eglise et de l'Etat, jusqu'en 2015.
Il s'interroge sur la laïcité, sur les religions, sur les croyances,
sur les vêtements portés par ceux qui veulent imposer leur religion, que ce soit la religion catholique ou les autres, l'Islam, le judaïsme, le bouddhisme, mais je ne considère pas le bouddhisme comme une religion, c'est mon avis.

Jean Rouaud est Breton, il a été élevé dans une famille profondément croyante, mais il a évolué et se pose des questions sur ce calendrier où les Saints figurent chaque jour, sur le poisson du vendredi, les jours fériés dus aux fêtes religieuses, sur les menaces "Le péché c'est l'enfer.", sur les Sept péchés capitaux qui nous laissent bien peu de liberté.

Les religions se conduisent comme des tyrans, la laïcité aussi. Alors ?
A notre époque la religion et la politique se mélangent, au nom de la religion on combat, mais en toile de fond il y a la politique. Les guerres sont souvent liées et ont été de tout temps souvent liées à la religion.

J'ai beaucoup aimé ce livre, il me semble qu'après l'avoir lu nous ne pouvons que ressortir un peu plus intelligent sur ce sujet, la religion. Il nous oblige à la réflexion. De qui doit-on avoir peur ? Comment le Christianisme a t-il pu nous influencer autant ? La laïcité a t-elle des limites ? Elle peut devenir une terrible machine à exclure, le FN pratique très bien cette exclusion.

Un livre écrit avec intelligence et pouvant être lu par tous, pas obscure du tout. Je vous le recommande, mais je reconnais que la lecture de certains passages peut heurter ceux qui ont la foi absolue. A vous de décider.
J'avais vu et écouté Jean Rouaud au "Salon du livre" à Vannes l'an dernier. Un homme profondément humain, une immense culture. Il avait obtenu le Goncourt en 1990  avec "Les champs d'honneur." Je ne l'ai jamais lu puisque c'est un Goncourt !!!


"MEME DANS LES ORTIES"

Alors là rien d'identique avec le précédent, la religion, l'auteure n'en parle pas, mais le livre est mignon, plein d'humanité, nous pouvons faire le bien autour de nous sans y mêler la religion. S'occuper de ceux qui sont si près de nous et qui eux ne veulent pas que nous nous intéressions à eux, enfin dans la première partie du livre.


J'ai été attirée par la couverture du livre, ce vichy me plaisait bien, le titre aussi et il y avait une recommandation de Gérard Collard, vous connaissez tous Gérard Collard, libraire à St-Maur et chroniqueur à la télé, un passionné.
Je l'ai lu, j'ai souri, j'ai bien aimé, plein de bons sentiments.
L'auteure me fait penser à Barbara Constantine qui avait écrit "Et puis Paulette." Même genre d'écriture.

Aurélie Valognes avait publié ce livre en autoédition, elle comptait en vendre quelques uns, une centaine, jusqu'à ce l'éditeur Michel Lafon s'intéresse à ce roman, 200.000 livres vendus, c'est beaucoup.

L'histoire :

"Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie ... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son coeœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !"

L'auteure décrit les personnes du troisième âge avec humour, sans aucune méchanceté, cet escalier où vivent Ferdinand, Béatrice, le père de Juliette, la petite fille surdouée qui se mêle de tout et surtout la terrible Madame Suarez la concierge, cet escalier regorge d'anecdotes, on ne s'ennuie pas. Il y les méchants et les grognons, ce n'est pas pareil.
Ces mamies qui ont les cheveux colorés au point de lui faire penser à une défilé de la  Gay Pride, lui semblent insupportables, Ferdinand ne veut surtout pas les fréquenter, et pourtant...

Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais un livre bon pour le moral, pas de refus en ce moment, nous en avons besoin, et il finit bien. Un livre pour l'été. 

Bye MClaire.



samedi 9 juillet 2016

Didier Van Cauwelaert "Un aller simple."



Si vous lisez ma Gazette forcément vous connaissez le visage de Didier Van Cauwelaert, j'ai souvent commenté ses livres, j'apprécie ce qu'il écrit.
Mais là, surprise, je n'en reviens encore pas, je n'avais jamais lu ce livre "Un aller simple" qui date de 1994, il avait eu le Goncourt, c'est peut être la raison, en général je fais une allergie au Goncourt, sauf celui des lycéens. Là, j'ai eu tort de l'ignorer.
J'ai adoré ce livre trouvé chez Easy-Cash, 1euro 99, un livre lu sans une seconde d'ennui, avec un plaisir inouï, je riais aux éclats surtout au cours de la première partie, très émue vers la fin.
Un film a été tiré de ce roman, je ne savais pas et je suis très heureuse de ne pas l'avoir vu, les acteurs ne me convenaient pas du tout, j'aurais imaginé d'autres visages, comme souvent il vaut mieux voir le film sans avoir lu le livre.

L'histoire de ce roman :

Volé dans une voiture enfant par des manouches, une Ami 6 de race Citroën, appelé Ami 6, le petit garçon grandira dans la banlieue nord de Marseille, pour simplifier, Mamita qui est née en Roumanie l'appellera Aziz et il aura des faux papiers, pays de naissance le Maroc. Aziz ira à l'école jusqu'en 6ème, il quittera le collège avec un peu de regret, un prof de géo était adorable avec lui, Monsieur Giraudy, ce prof lui offrira un atlas de trois kilos "Légendes du monde", pour le remercier Aziz lui enverra plus tard par la poste son premier autoradio volé en se promettant que plus tard lorsqu'il aura l'âge de conduire il lui offrira la voiture pour aller avec. Mais, il n'aura pas le temps, une incroyable aventure lui tombera dessus.

Aziz fera partie de ces immigrés qu'il faudra reconduire chez eux, après une descente de police dans le restaurant où il fêtait ses fiançailles, on l'accuse d'avoir volé la bague alors que c'était bien la seule chose qu'il avait payée depuis longtemps. Ses papiers sont faux, mais la Police s'en contrefiche, il faut des exemples.
Il devra retourner au Maroc accompagné d'un attaché humanitaire, il ne connaît pas le Maroc mais il s'invente toute une histoire grâce à l'atlas de Monsieur Giraudy, il fait partie des hommes gris d'Irghiz. Suivra le périple au Maroc...Burlesque et émouvant à la fois.

La suite vous la découvrirez...Il faut absolument que vous lisiez ce livre, il doit être en poche.

J'ai tout aimé, rien à jeter.
Dialogue entre Aziz et son pote Pignol qui est policier, ils se sont connus au collège. J'ai vraiment explosé de rire en lisant.

"Il faut que tu comprennes une chose, Aziz : ça fait trois jours que la Brigade a ces types sur le dos, qu'ils réclament des clandestins. Ils sont dans un état; on n'en peut plus..Ils ont foutu le bordel au centre de rétention : ils veulent pas comprendre que les gusses qu'on chope sans papiers ne disent jamais de quel pays ils viennent, comme ça on peut pas les expulser; ils font huit jour en se foutant de notre gueule et on les relâche, c'est la loi.
-Et pourquoi moi j'ai pas droit aux huit jours ?
-Le seul qu'ils ont trouvé à reconduire avant toi, c'était un Noir de Basse-Terre. Ils lui avaient déjà pris son billet. Il a fallu qu'on leur rappelle que la Guadeloupe, c'est français. Tu te rends compte ?

C'était en 1994 et cela reste un sujet très actuel qui s'est amplifié.

J'ai aimé la tendresse qui jaillit entre Aziz et Jean-Pierre son attaché humanitaire. Une amitié vraiment improbable s'établit. Le personnage féminin est un peu secondaire mais attachant, d'ailleurs les deux hommes s'attacheront à cette jeune fille, sans aucune jalousie.

Et que dire du personnage d'Aziz, adorable petit voleur, naïf et débrouillard à la fois, gentil, un enfant élevé sans parents dans une communauté qui n'est pas la sienne, des nomades immobiles. Son physique ne correspond pas du tout à celui de Matéo. 
"La tendresse qui me manque un peu , à Vallon Fleuri, est remplacée par la fraternité dans l'action." 

J'arrête, il y a tant de beaux passages, tant d'humour, tant de tendresse...

Bye MClaire.