samedi 22 juillet 2017






Un écrivain informaticien de formation. Il écrit aussi des séries sur le web, Né à Madrid en 1979.
Ce livre est un prêt de Michelle, je crois qu'elle ne l'a pas encore lu, je vais lui rendre très vite et lui dire qu'elle a très bien fait de l'acheter. J'ai beaucoup aimé ce conte philosophique, pour moi c'est un conte, l'enfant Ionah est un personnage de conte.
Dès les premières pages nous ne pouvons pas nous empêcher de penser au Petit Prince de St-Exupéry, avec raison.

L'histoire :

Le désert, deux palmiers, un puits, un jardin potager minuscule, une bicoque, Ionah et sa maman vivent là depuis des années. La mère a été obligée de fuir un monde que nous devinons disparu, la folie des hommes a détruit ce qui existait. Elle est enceinte et accouchera de Ionah dans cet endroit perdu, le père est mort.
Désert, Ionah ne connaît que le désert, sa mère non, elle racontera, elle évoquera la musique, le piano, des gens qui écrivent sur du papier, l'odeur du café, mais Ionah pense qu'une chose ne peut pas nous manquer si nous ne l'avons pas connue."Je ne peux pas détester le désert. Je n'ai rien connu d'autre."
Les palmiers ont des racines très profondes, il y a forcément de l'eau là où ils poussent, la mère creusera un puits et trouvera de l'eau, il ne pleut jamais. Un petit potager, des dattes, des lézards séchés les feront vivre. La vie s'écoule.
La mère meurt, Ionah a douze ans, il restera seul, il ne se parlera qu'à lui même jusqu'à vingt et un ans, jusqu'à ce qu'il trouve Shui mourant dans le désert, Shui est chinois, il transporte avec lui un sac à dos. D'où vient Shui ? Quel est son secret ? Il sera celui qui obligera Ionah à partir vers autre chose, à abandonner cet endroit où il a vécu, à traverser le désert pour atteindre un lieu qu'il ne soupçonnait pas...

J'ai aimé, j'ai même un peu pleuré, Ionah parle à sa maman, pense qu'elle est là, au moment de partir, au moment où il abandonne sa bicoque, il est certain de voir sa mère qui lui parle une dernière fois :
"Je m'arrête et j'essaie d'étouffer un sanglot dans ma gorge.
Car l'espace d'un instant j'ai senti que mère mourait encore une fois.
-Je te reverrai ?
-Bien sûr.
-Quand ?
-Avant que tout se termine.
-Adieu, mère.
Mère s'approche et m'embrasse sur la joue. Je sens le frôlement de ses lèvres et je frémis.
-Adieu, Ionah. Ma petite colombe.

Un très beau livre qui nous fait prendre conscience que nous pouvons nous contenter de peu, un livre sur la survie, transmettre ce que nous savons, sur la solitude. nous faire prendre conscience que chacun de nous peut améliorer le monde et pas le détruire.
Ionah a un regard innocent qui nous bouleverse.

"Les enfants grandissent et deviennent des hommes. Les hommes grandissent et se détruisent eux-mêmes. (...)

Tous les enfants ne grandissent pas pour devenir des hommes, et tous les hommes ne vieillissent pas pour devenir des vieillards"


La pluie, je suis certaine que vous l'aimerez après avoir lu ce bouquin.

Que dire d'autre ? Rien, vous découvrirez ce roman qui est pour moi un vrai coup de coeur.

Bye MClaire.




vendredi 14 juillet 2017

"Le tour du monde du roi Zibeline." Jean-Christophe Rufin.



Premier livre lu de J.C Rufin "Rouge brésil." je m'en souviens très bien, il a eu le Goncourt et en général je ne lis pas les prix Goncourt, une exception. Ensuite "Le léopard sur le garrot." je l'ai dans ma bibliothèque,  le magnifique "Collier rouge.", j'avais écrit une gazette sur "Check-Point.", aimé moyennement "Immortelle randonnée."
Je viens de terminer "Le tour du monde du roi Zibeline." j'ai retrouvé le grand J.C Rufin, passionnant, à l'aise dans l'écriture de ce roman qui est une épopée historique, un grand voyage à travers le monde, Auguste son héros est attachant, j'ai adoré, je n'avais pas envie de poser le livre.
J'ai acheté le bouquin au Salon du Livre à Vannes, dédicacé par l'auteur "Pour Marie-Claire et Christian en leur souhaitant un beau voyage littéraire."
Le voyage fut beau.

L'histoire :

Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle, Auguste et Aphanasie se retrouvent devant un Benjamin Franklin vieillissant pour lui raconter leur histoire qui peut paraître invraisemblable, ils racontent à tour de rôle leurs aventures. Ils font la connaissance de Jefferson.
Auguste est né en Hongrie, fils d'un seigneur, élevé par un père très dur qui veut faire de lui un guerrier, un précepteur français lui enseignera la philosophie, la langue française, lui fera connaître Voltaire, Diderot, connaître et aimer, Auguste est passionné par cet enseignement qui lui donnera plus tard beaucoup d'humanité.
Aphanasie est russe, Auguste fera sa connaissance en Sibérie où il est prisonnier, elle est la fille du gouverneur, ils sont amoureux, s'évadent ensemble, font escale au Japon, à Formose, se retrouvent à Paris et plus tard à Madagascar. Auguste sera couronné roi de Madagascar, le roi Zibeline.Un fabuleux voyage.
Une histoire d'amour intense et surtout de belles pages sur la colonisation, les rêves de liberté des peuples que les dirigeants des pays de l'Europe ou des Amériques veulent soumettre à l'esclavage, en faire de la chair à canon, exploiter toutes les richesses de ces pays, piller à leur profit.
Madagascar sera la perte d'Auguste qui s'élève contre ces pratiques. Madagascar à notre époque est un des pays les plus pauvres du monde.

Aphanasie ne tient pas le rôle de la femme soumise, elle sera celle qui tout au long du roman fera comprendre à Auguste qu'il doit toujours agir comme un humaniste, elle aura une influence majeure sur Auguste. Une femme qui fait preuve d'une extraordinaire liberté pour cette époque. Un très beau personnage du livre.

J'ai aimé l'écriture de J.C Rufin, il se glisse à merveille dans la peau d'Auguste et dans celle d'Aphanasie. Un livre instructif, vous pourrez consulter les cartes des voyages du couple à la fin du livre.
Auguste Benjowski a vraiment existé, mais ce livre est un roman en grande partie inventé par l'auteur, le récit des voyages est fidèle, quant à Aphanasie personne ne sait ce qu'elle est devenue après la mort d'Auguste. La postface est très intéressante à lire.

Vous avez compris, j'ai dévoré ce livre, je l'ai terminé dans mon transat, je l'ai posé sur moi et j'ai repensé à cette histoire en regardant le ciel, je n'avais pas envie de le quitter.

Bye MClaire.







mercredi 5 juillet 2017

Marie Sizun "La gouvernante suédoise." - "Vous n'avez pas vu Violette."



J'ai découvert Marie Sizun en lisant "La femme de l'Allemand." Elle participait au Salon du Livre de Vannes au mois de juin et j'ai eu le plaisir d'échanger avec elle. Je voulais acheter "Vous n'avez pas vu Violette." elle est arrivée à me convaincre de lire aussi "La gouvernante suédoise." j'ai eu raison de l'acheter.
Marie Sizun est très douce lorsqu'elle parle, son écriture l'est aussi, jamais violente même dans des situations insupportables pour les femmes, les femmes sont les personnages les plus importants dans ses livres, les plus fragiles et les plus fortes.

"La gouvernante suédoise."

L'histoire est en partie celle de la famille de l'auteure qui a des racines en Suède, son arrière grand-mère était suédoise.
Elle s'est plongée dans le passé, y a découvert des secrets.
Chaque année elle se rendait au cimetière avec sa mère sur la tombe de son arrière- grand-père, son arrière-grand-mère,ses grands-oncles et tantes, sa grand-mère maternelle, elle n'avait jamais connu personne. Sur la tombe figurait le nom de Sézeneau mais Hulda la Suédoise, épouse Sézeneau, morte à vingt-sept ans reposait là.
Après le divorce des parents de l'auteure vient s'installer chez elle une vieille tante de sa mère, Alice, Alice est une conteuse, la dernière née d'Hulda et de Léonard et qui peu à peu révélera l'histoire de la famille en montrant des photos couleur sépia, racontera mille anecdotes. "Il y a des histoires étranges, des choses inavouables, inavouées, quelquefois terribles, sur lesquelles les adultes se taisent, comme si le silence pouvait étouffer la réalité, et, qui sait, la faire disparaître."
Un jour Alice prononcera un prénom jamais entendu Livia, qui est Livia ? La gouvernante suédoise.
Après la découverte d'un petit livret de maroquin noir, dont les dernières pages ont été arrachées, l'auteure veut comprendre ce qui s'est passé.
Je n'en dis pas plus...

J'ai beaucoup aimé ce livre, je l'ai dévoré en deux jours.
Marie Sizun a le don de nous transporter dans l'atmosphère feutrée de la maison de Stockholm, les parquets blonds, le rai de lumière, les cris joyeux des enfants, les bougies sur les fenêtres pour Noël, ce qui rend plus triste la grande maison de Meudon.

J'ai quelquefois eu l'impression en lisant de regarder une peinture.
La ville de Stockholm est bien décrite.
Nous avons eu la chance d'y aller, c'est exactement ça, une ville qui regarde la mer, qui plonge dans la mer.

Tout m'a plu, l'histoire, la description d'une certaine bourgeoisie, les non-dits, le style d'écriture, les chapitres courts, je ne peux que vous inciter à le lire.

"Vous n'avez pas vu Violette." 

Un petit livre, un recueil de nouvelles.
L'amour et le désamour chez les couples.
On s'aime, on se sépare, lui aime, elle n'aime plus, elle aime, lui n'aime plus. L'amour peut se transformer en violence, en haine.
"Elles s'appellent Claire, Sophie, Fanny, Marion ou Violette.", une chose en commun, un absolu besoin de liberté."

J'ai beaucoup aimé Violette qui passe ses vacances sur une plage bretonne, Ile-Tudy sans doute, là où Marie Sizun possède une maison. Violette a vécu toute sa vie entre un mari et un amant qui était marié, ce trio s'entendait bien, le mari savait et permettait, le monsieur avait aussi une maison de vacances et les rejoignait quelquefois pour prendre un café, ils avaient tous les trois plus de quatre-vingts ans.
Violette vivait cette situation en toute liberté depuis plus de quarante ans, elle aimait beaucoup son mari, plus comme un frère. En septembre, tout le monde repartait pour Bordeaux, l'amant habitait près de chez Violette, et un jour l'Alzheimer a eu raison de leur relation, le monsieur se perdait, la famille ne voulait plus qu'il la rencontre, ils se téléphonaient. Violette
est triste mais veut ignorer "l'implacable menace du Temps."

Bye MClaire.







lundi 26 juin 2017

Les mille talents d'Euridice Gusmao -- Martha Batalha



La couverture attire le regard, colorée, exotique, sur l'étal du libraire le livre ne peut pas vous échapper. 

"L'histoire d'Euridice Gusmao, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne, celle de toutes les femmes à qui on explique qu'elles ne doivent pas trop penser et qui choisissent de faire autrement."
Le titre aurait pu être "Histoire de l'invisibilité" le livre qu'essaie d'écrire Euridice jour après jour, l'invisibilité des femmes dans ce Brésil des années 50.

J'ai beaucoup aimé ce roman, simple à lire mais faut-il absolument écrire compliqué pour que les lecteurs aiment ? Avec des mots simples, nous pouvons exprimer tant de choses et ça a au moins le mérite d'être compris par la majorité des gens...

C'est l'histoire d'une famille portugaise qui s'est exilée à Rio dans un quartier populaire, Tijuca, le père Manuel, la mère Ana, la très belle Guida et l'intellectuelle de la famille Euridice, la douée pour tout, mais qui ne doit pas trop montrer qu'elle est supérieure aux autres.
Les parents tiennent une épicerie qui les fait très bien vivre, 
Guida ensorcelle les garçons, très surveillée par ses parents, Euridice est une excellente élevé, elle rêve de devenir musicienne, mais jouer de la flûte dans cette famille c'est perdre son temps.

Marcos fils de très bonne famille fait son apparition, il fait des études de médecine, enfin pas tout à fait, il ne va jamais aux cours mais tombe amoureux de Guida, une mésalliance pour cette famille qui procrée en toute consanguinité depuis des années, il ne faut pas éparpiller l'héritage...Autant dire que Guida n'est pas la bienvenue. Elle fugue avec Marcos, qui achète son diplôme de médecin et perd toute sa clientèle, il ne sait prescrire que de la pénicilline !! Des années de galère pour Guida...
Guida est un beau personnage du bouquin, une force de caractère peu commune pour sortir la tête de l'eau.

Euridice se marie avec Anténor, un futur banquier, mais catastrophe le soir de la nuit de noce Euridice ne saigne pas, Anténor est certain qu'elle a eu déjà une relation, chose impensable dans ce Brésil des années 50, ce sera un reproche continuel, il lui fera deux enfants, ne la comprendra jamais dans son désir d'évoluer, l'aimera à sa façon. Pour les saignements, nous saurons plus tard....
J'ai adoré le personnage d'Euridice, elle résiste à sa façon au pouvoir des hommes, laisse tomber ce qui la passionne et ne passionne pas du tout Anténor, elle est maligne Euridice, elle rebondit d'une autre façon. Tac, Tac, Tac, ce sera le bruit de la machine à écrire qui terminera le livre, la machine à écrire succédera à la machine à coudre.

Tous les personnages secondaires du roman sont intéressants.
J'ai souvent ri, la scène qui décrit les envies de meurtre de Guida envers sa belle-mère est irrésistible, une belle-mère envahissante, qui menace de mourir à tout instant et qui finalement s'étranglera avec des bonbons confectionnés par Guida, sans aucune arrière-pensée !!
Les livres achetés par Antenor "qui achetait des livres comme on achète des ampoules , il était bon d'avoir les plus grands penseurs chez soi, au cas où on en aurait besoin un jour."
J'ai eu la larme à l'oeil lorsque Guida se décide enfin à revoir sa famille et demande des nouvelles de sa mère. Sa mère est morte et elle ne l'a pas su.

J'ai aimé l'autodérision de l'auteure, une brésilienne qui aime son pays mais qui connaît tous les défauts de son peuple.
J'ai toujours beaucoup aimé l'autodérision, se moquer de soi-même est la meilleure façon de désamorcer les conflits.

Voilà, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman, c'est un livre "bonbon." qui pourtant soulève des questions sur la force des conventions, sur la place des femmes dans notre société.

Bye MClaire.

lundi 19 juin 2017


Claudia Pineiro, écrivaine argentine, 57 ans, j'aime lire les écrivains argentins, je ne la connaissais pas, un de ses livres "A toi." a eu un gros succès, il doit être en poche.

"Une chance minuscule." est un très bon roman, l'histoire d'un acte involontaire, la mort d'un enfant dans une voiture qui traversait la voie ferrée, une barrière qui ne fonctionnait jamais, les automobilistes traversaient et un jour arrive l'impensable, une tragédie, l'histoire d'un remords éternel qui fera basculer toute la vie d'une famille.

"Cette douleur intense. Elle deviendra chronique. Chronique, c'est à dire durable, même si elle ne sera peut-être pas permanente.Cela peut aussi signifier que tu n'en mourras pas. Tu ne t'en libéreras pas mais elle ne te tuera pas..."Alice Munro. Ecrivaine canadienne.

"La barrière était abaissée. Elle freina, derrière deux autre voitures. Le signal d'alarme brisait le silence de l'après-midi. Un feu rouge clignotait au-dessus du signal ferroviaire. La barrière abaissée, l'alarme et le feu rouge annonçaient l'arrivée d'un train. Pourtant, le train n'arrivait pas. Deux, cinq, huit minutes et aucun train n'arrivait. La première voiture contourna la barrière et passa. La seconde avança et pris sa place."

Ce passage revient souvent dans le livre, chaque fois un peu plus long, jusqu'à la révélation, ce qu'il s'est vraiment passé.

L'histoire :

Mary Loran vit à Boston, depuis 20 ans, elle a fui son pays l'Argentine, elle est condamnée socialement, abandonne son enfant qui a six ans, le père directeur de clinique ne veut pas le laisser partir avec elle, pour le bonheur de l'enfant elle se sacrifie. Marilè Lauria devenue Mary Loran enseigne dans un collège célèbre de Boston, elle a retrouvé l'amour auprès de Robert qui disparaît des années plus tard, victime d'un cancer, et par le plus grand des hasards, elle doit retourner en Argentine pour évaluer le collège de sa jeunesse, qui a demandé d'être établissement partenaire du Garlic Institute.

Elle redoute cet instant, se transforme pour qu'on ne la reconnaisse pas mais elle a une envie très forte de revoir le quartier de sa jeunesse et surtout espère rencontrer son fils, cet enfant qui est devenu un homme. Qu'est-il devenu ? Quel métier exerce t-il ? Est-il marié ? Une si longue absence, tant d'années perdues, a t-il oublié sa mère ?
Le destin sera t-il au rendez-vous ? Il y aura t-il une chance minuscule pour qu'ils se rencontrent ?

C'est un très beau livre sur la culpabilité, sur l'amour qu'une mère porte à un enfant, sur les liens du sang, la blessure ne s'est jamais cicatrisée, un enfant ne peut pas oublier sa mère mais peut-il continuer à l'aimer ?

Mary a écrit un texte, Fédérico son fils a écrit une lettre, ils attendaient plein d'espoir le moment de les échanger pour que chacun comprenne l'autre.

Cette chance minuscule pourra t-elle réparer cette femme brisée ou plutôt rompue. La rencontre se fera sous le signe de la pudeur, pas d'embrassades mais des regards "Mon fils me sourit et me présente sa femme "Voici Ariana." puis "Voici Amelia" La petite fille qui se trouve dans les bras de sa femme.

J'ai réécouté la musique de Piazzolla après avoir lu son nom dans le bouquin, j'adore le tango, le bandonéon, la maman de Mary aimait aussi. 

https://www.youtube.com/watch?v=VTPec8z5vdYhttps://www.youtube.com/watch?v=VTPec8z5vdY

Bye MClaire.






dimanche 11 juin 2017





J'ai refermé ce livre avec regret, il m'a fallu du temps pour le lire, ce n'est pas un roman, Sylvain Tesson publie son journal écrit entre 2014 et 2017.
Pour apprécier, il faut déjà avoir lu cet auteur, cet homme si particulier qui a pour domicile le monde entier, il peut passer d'un continent à l'autre très vite, son goût de l'aventure, de l'escalade, de la solitude quelquefois lui a fait parcourir le monde. J'ai lu quelques bouquins écrits par lui et j'ai toujours aimé, il a une si grande culture, nous apprenons forcément avec lui.
J'avais écrit une gazette, après avoir lu "Sur les chemins noirs.", livre publié après son grave accident, une chute de 10 mètres.
Cet accident l'a certainement fait réfléchir sur le brièveté de la vie, en même temps il l'avait bien cherché, on ne boit pas lorsqu'on grimpe !

Il nous livre des aphorismes qui m'ont fait souvent sourire ou réfléchir.
"Le problème de cette planète, c'est qu'entre les enfants et les bêtes il y a l'homme."
"Tout attachée", m'a t-elle dit en me donnant son adresse. Mais c'était une adresse mail."

Il grogne souvent contre les nouvelles technologies qui envahissent la vie des enfants et des grands.
"Etant donné l'état d'abrutissement dans lequel la fréquentation de la télévision plonge l'humanité, il est heureux que l'invention du petit écran soit advenue après des conquêtes telles que l'aiguille à coudre ou l'imprimerie, dont les découvertes respectives n'auraient pas été possible si la télé leur avait pré-existé !"
J'ai appris que le nom "Yahoo" ce serveur sur internet voulait dire en arabe "Dernier degré de l'esclavage."

S'insurge contre les touristes qui passent leur temps à photographier les endroits qu'ils devraient admirer oeil nu. Il a raison. Nous manquons peut-être un moment intense en photographiant.

Un passage sur les arbres :
"Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s'éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances..."

Cite des écrivains complètement inconnus pour la majorité d'entre nous, j'ai appris.
Une belle page consacrée aux bouquinistes de Paris.
Ecrit beaucoup sur l'Islam, souvent avec un ton rageur.
Pleure sur le sort des Yazidis avec raison.

J'ai regretté son adhésion à certains actes de Poutine, il ne le critique jamais.

Une lueur d'espoir, il reste encore des endroits à découvrir sur notre planète, il y a encore des sommets et des gouffres inconnus.

J'ai beaucoup aimé ce livre, je me répète, lisez d''autres livres de Sylvain Tesson avant d'arriver à celui-ci. Vous comprendrez mieux ce journal.

J'ai passe quelques heures pendant deux jours au Salon du Livre à Vannes, j'étais heureuse de rencontrer les écrivains, Marie Sizun, Grégoire Delacourt, Daniel Pennac, J.C Rufin, Didier Decoin, Iréne Frain, J.L Debré (politique et écriture)
Bernard Werber. Michel Bussi et bien d'autres...

Bye MClaire.








vendredi 2 juin 2017




J'ai connu F.A Niquille au scrabble, à l'occasion des festivals, il m'a fait connaître cette auteure en me prêtant son dernier livre "Mort sur la Jogne", une écrivaine suisse.
Je jouais beaucoup au scrabble pendant cette semaine, le temps pour lire était compté et pourtant dès que j'avais quelques minutes je lisais, j'ai fini le bouquin en voiture, preuve que je voulais absolument connaître la fin.

Je vais être sincère, j'ai aimé le tout début du roman et d'un seul coup beaucoup moins, l'histoire s'étirait sans vraiment me captiver, jusqu'à la page 40 exactement. Je n'aime pas laisser un livre, j'ai persisté et j'ai eu raison, Je n'apprécie pas les romans policiers, j'en lis très peu "Mort sur la Jogne." est un policier historique, il y a du suspense mais pas que ça.
Je ne sais pour quelle raison l'écriture de Madame de Sévigné s'imposait à moi, l'histoire d'un jeune homme insouciant, sa grand-mère, un château, le récit fluide, une écriture simple mais très agréable. Peu à peu nous rentrons dans un autre univers, celui de Vidocq, des hommes à la mine patibulaire, des auberges, des rues inquiétantes, des crimes, un coupable que nous ne soupçonnions pas.

L'histoire se déroule au XVIIIè siècle :

L'auteure nous fait voyager de Paris au Val de Charmey en Suisse.
Le corps de Jacques Aragnin a été découvert sans vie, sans doute noyé dans le Jogne. A l'annonce de sa mort, sa femme qui est enceinte, met au monde un enfant mort-né et meurt à son tour après cet accouchement douloureux. La famille était appréciée par tous les habitants de la région, et comme si cela ne suffisait pas la maison des Aragnin brûle, cet endroit devient maudit, la mort de Jacques semble suspecte.

Beaucoup plus loin, à Paris, la grand-mère de Célestin; Thomasine de Wépion, décide d'expédier son petit-fils loin de Paris, dans cette vallée suisse qu'il ne connaît pas, sous prétexte qu'il risque le pire en ayant séduit la femme de Monsieur de Pignole, Isabelle. Elle l'envoie vivre chez l'abbé Currat qui rédige un ouvrage sur la faune de la région, Célestin est un très bon dessinateur, il l'aidera. 
Thomasine élève Célestin depuis qu'il est bébé, sa mère est morte, elle lui porte une immense affection.
Célestin obéit à contre-coeur, il part, pensant à l'ennui qui le guette..Joseph le fidèle domestique l'accompagnera.
L'ennui ne sera pas au rendez-vous, bien au contraire....

J'ai aimé découvrir le Val de Charmey, les coutumes, le vocabulaire de cette région, les armaillis, Antoinette Bourquenoud nous tient en haleine tout au long de l'histoire en nous faisant parcourir les alentours de Féguières, je me suis fait avoir, moi qui n'aime pas les romans policiers. J'ai aimé la jeune Luce, la filleule de l'abbé, spontanée elle ne pouvait que séduire Célestin, mais nous ne le saurons pas, l'histoire aura sans doute une suite.
"Tant que le blé n'est pas moissonné, il ne sert à rien de compter les sacs de farine. Bien des choses peuvent survenir durant l'été."

J'ai aussi aimé les très jolis dessins de Corentin qui illustrent le livre tout au long de notre lecture.

Ce livre est en vente sur internet, vous pouvez le commander. 

Bye MClaire.