mardi 13 février 2018

"Les oubliés du dimanche" Valérie Perrin




Valérie Perin, photographe, dialoguiste, scénariste, compagne de Claude Lelouch, une jolie plume, son premier roman est une réussite, elle doit en publier un nouveau fin février, à suivre.

Nanou a prêté ce roman en me disant "Tu verras en le lisant tu penseras à ta petite fille qui travaille dans une maison de retraite" Points communs entre Laura et Justine l'héroïne du roman : la disponibilité, la gentillesse, la tendresse pour les personnes âgées, la bienveillance. Laura travaille aux "Magnolias" Justine aux "Hortensias" Laura rend visite à sa grand-mère Odette qui a l'Alzheimer et qui vit aux Magnolias, Justine a une tendresse particulière pour Hélène qui elle a toute sa tête..
Ce livre est tendre, mélancolique, drôle, j'ai eu beaucoup de plaisir en le lisant, l'écriture est moderne, Justine s'exprime comme tous les jeunes, elle a vingt-et-un ans, vit encore chez ses grands-parents avec son cousin Jules, leurs parents sont morts dans un accident de voiture, Christian et Alain étaient jumeaux, Annette la femme d'Alain était suédoise, elle était blonde, lumineuse et sans scrupules..Jules est son fils.

Justine s'occupe d'Hélène, une vieille dame qui a quatre fois son âge, elle lui raconte sa vie et Justine l'écrit dans un cahier bleu pour le faire lire à la famille d'Hélène lorsqu'elle ne sera plus là. Deux histoires cohabitent dans le roman, celle de Justine et celle d'Hélène.

Hélène : elle ne sait pas lire, personne n'avait jamais détecté sa dyslexie, elle sait coudre, confectionnera la robe de mariée d'Angèle, ira à son mariage et à cette occasion fera connaissance de Lucien qui tombera immédiatement amoureux de cette femme surprenante qui prie pour que Dieu lui apprenne à lire "LIRE, MOI, LIRE, MOI..A LIRE, APPRENDS-MOI A LIRE, APPRENDS-MOI A LIRE"
Lucien connaît l'écriture braille, son père est aveugle, il apprendra le braille à Hélène.Lucien est très amoureux, Hélène un peu moins mais elle lui est tellement reconnaissante de faire des efforts pour qu'elle apprenne à lire, elle lui donnera de la tendresse, ils vivront ensemble après un simulacre de mariage, ils n'auront pas d'enfant, tiendront un bistro à Milly (Bourgogne) jusqu'à la guerre...Leur monde explose, le monde explose.

Justine : Justine a sauté une case, elle a grandi avec le troisième âge, elle danse au "Paradis" la discothèque du coin, roule des pelles alcoolisées au sexe opposé, couche de temps en temps avec un garçon dont elle ne connaît pas le prénom, veut vivre insouciante, elle a perdu cette insouciance le jour où ses parents se sont tués sur la route.
Elle passe ses dimanches au cimetière du village pour mettre des fleurs propres sur les tombes.
Sa mémé s'occupe bien d'elle mais elle n'a jamais su montrer sa tendresse, fille de ferme, aînée de sept enfants, elle savait tout faire, tout sauf embrasser.
"Mais à la naissance de ses petits-enfants, quelque chose d'amoureux s'était passé, une certaine magie avait opérée. Pour un peu, elle les aurait caressés."
Et il y a Armand, le grand-père qui roule les R, taciturne, assis toujours à la même place lorsqu'il est à table, Armand qui a choisi Eugénie parce qu'elle était de ces femmes qui ne posent pas de questions, "De ces femmes qui n'emmerdent pas les hommes".
Dans les familles les plus simples se cachent quelquefois des lourds secrets, des secrets que Justine découvrira sans les révéler à Jules...
"Il faut toujours mettre de la vérité dans ses rêves ou le contraire"

Justine écoutera les doléances des anciens, les injures quelquefois, le réfectoire est une cour de récréation, c'est là que les résidents règlent leurs problèmes, le dimanche il y a ceux qui repartent dans leur chambre en attendant des visites ou pour ne pas rater Michel Drucker et il y a ceux qui n'ont jamais de visites, les oubliès du dimanche, jusqu'au jour où des mystérieux appels téléphoniques avertissent la famille que leur mère ou père est mort, mensonge, ils arrivent aussitôt et découvrent qu'il est bien vivant. Qui passe ces coups de téléphone ?

Justine attend la visite de Roman, le petit-fils d'Hélène, le beau Roman..

Je n'en raconte pas  plus...

J'ai aimé cette histoire pleine d'humanité, sensible, j'ai aimé l'humour de Justine lorsqu'elle se moque gentiment de sa grand-mère, une maison surchauffée où les toasts de Noël qu'ils devraient manger froids sont chauds etc...
Les anecdotes des Magnolias
"Ce qui me désole, c'est quand je les vois s'entasser à l'accueil dès 10 heures du matin et fixer les deux portes principales de l'entrée qui s'ouvrent et se referment.
Ils attendent." C'est vrai.

J'ai essayé de comprendre Armand, sans l'aimer vraiment.
-Elle était lumineuse.. J'aulais pu m'en selvil pour m'éclailer..Elle aimait les gens qui font des phlases coultes."

J'ai aimé Hélène et sa mouette, Lucien qui a perdu la mémoire à la guerre mais qui continuera à l'adorer "comme si une sous-couche émotionnelle de son cerveau l'avait gardée en mémoire"

Je sus sûre que vous aimerez ce bouquin qui est publié en poche, un très beau moment de lecture.

Bye MClaire.


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