mardi 3 octobre 2017

Karine Tuil "Quand j'étais drôle."




J'ai découvert Karine Tuil en lisant "L'invention de nos vies."
J'avais aimé, je l'ai prêté à une amie qui n'a pas du tout aimé,.
"Quand j'étais drôle." pourrait provoquer le même effet. J'ai aimé l'écriture, l'histoire, l'humour de certains passages.
Ce livre était offert, deux livres de poche achetés, un offert, je l'ai choisi.


L'histoire commence lorsque Jérémy est en prison, c'est
celle d'un loser. Jérémy Sandre est un humoriste sous son nom de scène, Jerry Sanders. Il fait partie d'un trio, il y a Alain et Thomas, ses compères. Ils ont un certain succès, sont connus, reçus dans le milieu people, tout roule, jusqu'au jour où Jérémy décide de conquérir l'Amérique seul.
Il décide de partir avec son amoureuse du moment, une russe, Natalia, qui rêve elle aussi d'un avenir au cinéma.
Jérémy avait déjà fait un séjour aux U.S.A lorsqu'il était plus jeune, il avait connu une jeune fille, lui avait fait un enfant, une fille Eve, enfant non souhaité, mais le mariage avait eu lieu, le divorce avait suivi et il était revenu en France.
Pension alimentaire versée lorsque tout allait bien, mais il n'avait jamais assuré le rôle de père traditionnelle, sa fille ne le voyait jamais. Elle a 15 ans, lorsqu'il décide de la revoir.

Retour à New-York, un contrat dans une salle qui tourne au fiasco, les français n'ont plus la faveur du public, la guerre d'Irak est passée, Bush est réélu, une blague court :
"Comment appelle-t-on un avion français qui vient en aide aux troupes américaines et anglaises en Irak ? Un mirage."
Boycott sur tout ce qui est français, Jérémy subit le bouche- à-oreille qui fonctionne mais à l'envers, il cumule les handicaps. N'importe quelle personne sensée serait retournée en France avant d'être oubliée, lui non, il persiste et touchera le fond de la misère financière et morale.
Il fait croire à ses parents et à ses frères qu'il a du succès, n'ose pas avouer ses échecs, un vrai affabulateur qui vivra dans l'imposture, il sera découvert lorsque son père se rendra à New-York, à la fausse adresse, celle d'un ami fortuné. Son père a fait le voyage pour lui annoncer qu'il quitte sa mère, veut vivre une nouvelle vie avec une autre femme  et il a besoin d'argent...
"Une histoire d'adultère, voilà ce qui t'a fait venir jusqu'ici ?" ai-je demandé.
"Non, m'a t-il corrigé, une histoire d'amour."
J'étais abasourdi. "Qu'est-ce que cette femme à de plus que maman ?"
"Cinq ans" a t-il répondu.

Il rentrera en France, retournera vivre chez sa mère, Eve sa fille le rejoindra, une Lolita qui use de son pouvoir sur les hommes, le pire se produira et Jérémy se retrouvera en prison...

Je ne raconte plus, vous lirez la suite si vous arrivez à vous procurer ce bouquin qui est en poche.

J'ai aimé :

Rien de plus horrible pour un humoriste d'entendre de la bouche d'une femme qu'il pense aimer "Tu ne me fais plus rire." Le rire est important dans une relation qui débute sur ce critère "Tu me fais rire.".
L'humour de certains passages, il a des allergies "Avez-vous des antécédents familiaux." "Je n'ai que cela."
Ses relations avec son père "Longtemps, je me suis cherché un père, un père alors que le mien était vivant..."
Ce père s'invente une maladie neurologique et profite de toutes sortes d'aides.
"Comme les escrocs milliardaires s'installent dans des édens fiscaux, il s'était choisi un paradis social, la France, pour y vivre une retraite paisible."

La description du milieu artistique, être au sommet, gâté, et le jour d'après plus personne ne vous connaît, le téléphone ne sonne plus, on ne vous rappelle plus. C'est très justement décrit.

Cet homme est lâche, il geint sans arrêt, menteur et mauvais fils, cynique, mais nous finissons par nous attacher à son personnage. L'auteure a réussi à se mettre dans la peau d'un homme, ce qui n'est pas toujours évident pour une femme..

Un bouquin plaisant à lire.

Bye MClaire.














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