Cela m'arrive rarement, je n'avais plus rien à lire, ma pile de livres était épuisée, enfin presque, il me reste à lire un bouquin de poche écrit très petit, j'attends ma visite chez l'ophtalmo début avril, enfin, cela fait six mois que j'attends, bon je m'égare, je cherchais un bouquin à relire, j'ai trouvé celui d'Amélie Nothomb, il est à Michelle, je vais lui rendre, je n'aime pas lire cette auteure, j'ai souvent essayé mais non, je n'accrochais pas, je l'avais posé sur une étagère et je l'avais oublié, lorsque nous sommes affamés nous arrivons à manger ce que nous n'aimons pas, je l'ai lu et je me suis délectée.
Amélie Nothomb. J'ai eu la curiosité de regarder son âge, 52 ans, on ne voit que son chapeau qui fait oublier son âge et il faut bien avouer, elle est marrante à écouter, originale Madame la Baronne..
Belle surprise, j'ai dévoré le bouquin, plein de drôlerie, j'ai souvent ri.
Riquet à la Houppe a inspiré l'auteure, ce conte écrit par Charles Perrault que nous connaissons tous. La trame est respectée, j'ai relu le conte.
Deodat, fils d'Enide et d'Honorat, né sur le tard, est très laid mais supérieurement intelligent, il se passionne pour l'ornithologie. Il n'a pas besoin de draguer, les plus belles filles lui tombent dans les bras, mais cela ne dure jamais trop longtemps, les filles lui disent "Tu t'en fiches de ce que j'éprouve" les filles sont compliquées, finalement il aime mieux les oiseaux.
"Voici comment il théorisa son constat : si la caractéristique masculine était la vulgarité, la caractéristique féminine était l'insatisfaction "
Les oiseaux. "Le plaisir qu'il éprouvait à observer le tichodrome échelette ou le bec-croisé des sapins lui donnait le plaisir de les approcher en vrai. "Hélas, si je le faisais en vrai, que me resterait-il? Quel désir peut succéder à un désir ?"
Sur l'autre bout de la Seine vit un couple, le père s'appelle Lierre, la mère Rose, elle met au monde une petite fille d'une grande beauté, Trémière, belle mais sotte, l'enfançonne est élevée par sa grand-mère Passerose qui l'aime sans conditions, Passerose est particulière, j'imagine que l'auteure a dû beaucoup s'amuser en écrivant sur elle. Trémière ira au lycée mais n'aura pas d'amies, trop belle mais sotte, au point de rester assise par terre dans la cour, un cercle de craie tracé autour d'elle avec l'interdiction de franchir le trait, les filles se moquent d'elle "Maité a dit que si j'en sortais, ma mère mourrait"
Les enfants sont cruels.
Les pages qui décrivent les rencontres entre la kiné et Déodat sont savoureuses. Déodat souffrait de gibbosité, il a fallu le redresser, il appelle la kiné "la pinsonne" La pinsonne est infidèle.
Evidemment, il y aura la rencontre entre Déodat et Trémière. Je vous laisse lire la suite...Le livre est de 2016, il est sans doute en poche.
Voilà, j'ai tout aimé, rien à jeter. C'est vrai, nous avons tous remarqué l'attirance des uns pour une personne sans doute moins belle qu'une autre mais tellement plus intéressante.
"C'est comme si Balzac disait que, dans cette cette guerre sanglante et périlleuse qu'est l'amour, on pouvait aussi, parfois, connaître le triomphe"
J'ai beaucoup aimé Déorat. Déorat qui serait très malheureux s'il pouvait entendre que les oiseaux disparaissent, moins d'insectes, moins d'oiseaux.
"La liberté des oiseaux ne repose sur aucune insouciance. Ce que l'oiseau nous apprend, c'est qu'on peut être libre pour de bon, mais que c'est difficile et anxiogène. Ce n'est pas pour rien que cette espèce est toujours sur le qui-vive : la liberté c'est angoissant"
Bye MClaire.
Père français, Joël de Rosnay, mère britannique. Le livre a été écrit en anglais et traduit. J'avais beaucoup aimé "Elle s'appelait Sarah" "Boomerang" "Le coeur d'une autre" "Moka", j'ai vraiment été déçue en lisant ce dernier roman, je me suis ennuyée, je ne voulais pas le refermer sans connaître la fin mais tout était tellement prévisible, l'histoire s'éternisait, j'ai lu les dernières pages en diagonale.
J'ai souvent eu l'impression de lire un bouquin écrit par une guide qui voulait nous faire parcourir Paris en nous apprenant les noms des rues, découvrir des quartiers sous les eaux. Il pleut, il pleut, il pleut beaucoup.
L'histoire : Linden vit à San-Francisco avec son compagnon Sacha, photographe célèbre, il se rend à Paris pour célébrer avec ses parents l'anniversaire de son père Paul, il est seul, sa soeur aussi, tous les quatre s'apprêtent à vivre quelques jours en famille, la mère a tout préparé, théâtre, restaurant. Rien ne se passera comme prévu, la pluie incessante s'est invitée, la Seine monte, monte, mon ennui montait aussi, Paris risque d'être inondé et Paul, le père, aura un gros pépin de santé, AVC.
Paul taiseux, n'a jamais voulu questionner son fils, n'a jamais voulu connaître sa vie privée. La mère sait, le père veut ignorer.
La fille Tilia est mariée avec un anglais alcoolique, qui malgré l'eau qui tombe et qu'il n'apprécie pas vraiment, viendra lui gâcher la fête. Tillia a eu dans sa jeunesse un grave accident de voiture.
L'auteure se noie dans les détails, j'avais quelquefois l'impression de lire une rédaction écrite par un élève de 6ème, écriture laborieuse, sans aucun intérêt. Les clichés s'additionnent, c'est plat, rien ne manque, un enfant homo, un suicide, des tromperies, un AVC, un secret dans une boite, un alcoolique, un accident horrible.
Je ne sais pas si les éditeurs font signer des contrats avec l'assurance que l'auteur publiera au moins une fois par an ou tous les deux ans, si l'écrivain est obligé d'écrire pour honorer le contrat, c'est possible, mais il faut quelquefois savoir s'abstenir si les idées manquent.
Si, j'ai aimé une chose, Paul voue un amour sans limite aux arbres, quelques lignes intéressantes.
L'auteure aurait pu écrire un beau livre sur la difficulté de communiquer dans une famille, c'est raté. J'attends le prochain livre, je vais considérer ce bouquin comme un accident de parcours
Une bonne surprise, je n'aime pas lire Amélie Nothomb, ma pile de bouquins était pratiquement épuisée, j'ai retrouvé ce livre posé sur une étagère, prêté, je l'avais oublié "Riquet à la houppe", je ris, pas mal, original comme l'auteure et vite lu, je ne m'ennuie pas.
Bye MClaire.
Drôle de semaine en ce qui concerne la lecture. J'ai commence deux livres, Lola Lafon qui s'intéresse à la vie de Patty Hearst, cette héritière enlevée en 1974 par un parti d'extrême gauche, le titre "Marcy, Mary, Patty", j'ai refermé le livre après quelques pages, pas captivée du tout.
J'ai lu la moitié du livre de Philippe Besson "Arrête avec tes mensonges" publié début 2017. J'aime lire Besson mais là je n'ai pas pu aller plus loin, trop cru et pas intéressant du tout, il parte de son homosexualité dans tous les détails, je sais qu'il est homo, agréable, sympathique, chaleureux, bon écrivain, sa vie très privée ne m'intéresse pas. J'ai refermé le livre, je l'ai rangé.
J'ai lu en quelques heures "Tout va très bien Madame La Comtesse" écrit par un Italien que je ne connais pas Francesco Muzzopappa, j'ai ri en lisant les déboires de cette comtesse ruinée et toujours pas compris pourquoi j'avais acheté ce livre de poche, mais puisqu'il m'a fait rire...
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Ma pile à lire diminuait,
J'avais "Entre mes doigts coule le sable", je ne l'ai pas acheté, il n'y a pas le nom de la prêteuse, il était là, il attendait. Lu très vite, ce n'est pas un chef-d'oeuvre, ça se lit facilement, un roman d'amour, un peu à l'eau de rose, l'écriture est vraiment simple.
L'histoire se déroule à Brest, l'auteure est médecin, elle décrit le milieu médical avec précision, Marie-Lou l'héroïne est interne en neurologie, Matthieu aussi, elle exerce à la Cavale Blanche, le CHRU de Brest, à Bohars, hôpital psychiatrique, les terribles addictions à l'alcool sont présentes, apparemment l'auteure maîtrise bien le sujet.
En lisant, je repensais aux romans de Slaughter que j'aimais tant lorsque j'avais la vingtaine.
Je voulais être infirmière et hier je disais "Si tout était à refaire, ce sont les études de médecine qui me tenteraient" Paroles en l'air, puisque rien n'est à refaire ! J'ai trouvé mon Matthieu mais pas dans un service de neurologie....C'était un service mais militaire..
Marie-Lou est amoureuse de Matthieu, un beau ténébreux qui ne se remet pas de l'abandon du père et qui pense ne jamais pouvoir aimer toute sa vie. Matthieu est coincé entre son métier et sa mère qui est atteinte de la Parkinson, mère exigeante, Marie-Lou aura t-elle sa place ?
La vie des carabins, des professeurs de médecine, tout y est.
J'ai aimé les passages "médicaux" moins l'histoire d'amour qui est prévisible.
J'ai aimé la description de l'île de Groix, j'ai tout reconnu de Brest, j'ai toujours préféré cette ville à Quimper.
Brest n'est pas une belle ville, presque complètement détruite pendant la guerre, elle a été reconstruite avec des rues parallèles, seul quartier qui a échappé aux bombes Recouvrance, ce quartier populaire a été le témoin du coup de foudre entre M.Morgan et J.Gabin, ils tournaient un film de M.Carné, lorsque nous aimons le cinéma nous y pensons. La ville est chaleureuse et ouverte sur la mer, son port reçoit tous les marins. Quimper joue à la bourgeoise, plus fermée, belle mais froide, nous avons vécu quatre ans à Quimper et nous allions souvent à Brest. Quatre de mes petits-enfants sont nés à Brest.
Roman charmant, roman de gare. J'ai le dernier livre de Tatiana de Rosnay à lire, j'espère qu'il me plaira.
Bye MClaire.
Premier roman. L'auteure s'était fait un nom dans le monde du cinéma, elle réussit son entrée dans le monde littéraire, magnifique premier roman.
J'aurais pu passer à côté de ce livre, nous ne pouvons pas tout lire, un livre voyageur, prêté par Anne à Michelle, il est chez moi. Je suis allée faire un tour au Furet, il était bien en vue sur l'étal, mais je ne l'avais pas remarqué à la Fnac.
La parabole du cheveu, un cheveu qui va relier trois femmes qui ne se connaissent pas, Smita vit en Inde, Giula en Sicile, Sarah au Canada.
Trois vies qui se tressent. Trois femmes qui ne se rencontreront jamais.
Smita est une Intouchable, caste maudite en Inde, vouée aux tâches les plus dégradantes, Smita est chargée d'évacuer les déjections humaines, il n'y a pas de tout à l'égout, son mari chasse les rats dans les champs pour protéger les récoltes, les rats seront mangés le soir, la petite fille de six ans Lalita observe ses parents mais Smita ne veut pas que sa vie ressemble à la sienne, elle tentera ce qui paraît impossible, soustraire sa fille à son destin. Vishnou leur Dieu doit les protéger, elles sacrifieront leur chevelure pour lui plaire, attirer ses grâces.
Giula, jeune fille sicilienne, 20 ans travaille dans l'atelier de son père, des cheveux ramassés chez les coiffeurs sont triés, teints pour être revendus sous forme de perruques, mais la matière première se fait de plus en plus rare, le père a un accident de Vespa, Giula ne peut que constater avec surprise que l'entreprise va fermer, elle se confie à Kamal, un Sikh rencontré dans une bibliothèque, Giula lit beaucoup, Kamal et Giula s'aimeront en secret, jusqu'au jour où tout s'écroule autour de la jeune fille, mais....
Sarah Cohen, divorcée deux fois, trois enfants, avocate de renom, ambitieuse, veut tout mener de front, son rôle de mère et son travail, jusqu'au jour où les médecins découvrent qu'elle a un cancer gros comme une mandarine, la malédiction des femmes ashkénazes, le BRCA2, son caractère de battante lui dicte encore une fois de tout mener de front, le traitement et son travail, elle perdra ses cheveux et décidera de porter une perruque...Elle perdra aussi son travail, mais....
Trois femmes éprises de liberté, trois femmes qui doivent se battre pour être reconnues.
J'ai aimé les trois mais pour des raison personnelles j'ai suivi Sarah dans son combat contre le cancer d'une façon plus attentive, les mots de l'auteure sont exacts, les sentiments de Sarah au cours de son traitement sont bien décrits, les effets secondaires aussi, tout correspond.
La phrase "Tant qu'on en parle pas ça n'existe pas" est aussi vraie.
L'annonce de la maladie peut provoquer différentes réactions, j'ai très bien compris celles de Sarah..
"Ne vous en faites pas, ça ira"
J'ai eu peur pour Smita et Lalita, Smita est incroyablement forte, pour sa fille elle brave tout.
Et comment ne pas aimer Giula, touchante, courageuse, amoureuse d'un homme qu'elle devra imposer, un homme doux, si dissemblable des Siciliens. Un homme qui lui redonne confiance et qui l'aidera lorsqu'elle aura besoin de lui, un homme qui ne méprise pas les femmes.
J'ai refermé ce livre avec regret, je voudrais savoir si les trois femmes de ce roman sont arrivées à réaliser leurs rêves, je pense que oui, elles sont si fortes.
Il faut absolument lire ce roman, vous l'aimerez. Je compte sur vous ?
Bye MClaire.
Jean Teulé, auteur de bandes dessinées, chroniqueur à la télé, scénariste, romancier et pour la petite histoire il est depuis quelques années, le compagnon très discret de la comédienne Miou-Miou
J'ai lu quelques livres de J.Teulé, le premier "Darling" et deux ou trois autres, mon préfèré "Le Montespan" j'avais adoré l'histoire de ce cocu magnifique, la couverture du livre raconte l'histoire
Lire Jean Teulé c'est accepter de rentrer dans l'histoire sans être choqué, sinon il vaut mieux éviter, le langage est quelquefois cru, il n'aime pas les curés, une écriture originale. Une culture extraordinaire, on apprend beaucoup.
Pour écrire "Entrez dans la danse" il s'est inspiré d'une histoire vraie, la folie s'empare des habitants des quartiers pauvres, les gens dansent, se trémoussent sans arrêt dans les rues, nous sommes en 1518, la famine règne à Strasbourg, plus d'eau, Enneline noie son enfant tout juste né, elle n'a plus rien pour le nourrir, l'infanticide rentre chez elle complètement accablée et son mari lui dit :
"Enneline, en ces temps où le malheur et le poil poussent davantage que l'herbe, tu n'avais plus de lait. On n'aurait pas pu le nourrir. Et puis c'est mieux que de l'avoir mangé comme d'autres le font" Top, top, top, top...
"Enneline ne répond rien. Les fesses sur un banc, près d'une presse de graveur, elle tapote longuement en rythme, du bout des ongles, le rebord de l'appareil à imprimer -top, top, top -puis se lève..."
La danse commence dans la rue, ils sont de plus en plus nombreux à danser jour et nuit, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la mort.
Le maire de Strasbourg ne sait plus à quel saint se vouer, il demande à l'évêque d'ouvrir ses greniers, de ne plus s'enrichir sur le dos des pauvres, en vain..L'évêque est plein de morgue, méprisant, comme ces bourgeois bien gras qui ne supportent pas les affamés qui dansent.
"Allez-vous, vider vos couvents regorgeant de victuailles, bière, blé, et enfin les offrir pour assurer la subsistance de la population, Monseigneur ?"
Il raconte aussi l'arrivée de Luther, annonciateur du protestantisme, l'évêque ne veut pas y croire.
Cinquante quatre-ans plus tard, c'était la Saint-Barthélémy.
La force de Teulé est de toujours mettre une touche d'humour dans le récit, de raconter cette "teuf" géante avec ses mots, sans que nous n'ayons jamais envie de refermer le livre. Un vrai talent de conteur pour nous faire revivre cette tragique période du début de la Renaissance. J'entendais les sabots battre les pavés de Strasbourg, top, top, top, top.
Enneline et Melchior sont vraiment émouvants, ils s'aiment, la dernière phrase de Melchior à la fin du livre :
"Plus de rythme Enneline. Je ne sais pas comment on va s'y prendre mais on s'en sortira"
Il a enfin plu sur Strasbourg.
J'ai aimé lire ce roman qui n'est pas tout à fait un roman, l'érudition de J.Teulé est éblouissante;
Je ne peux pas le conseiller, c'est à vous de juger, il peut vous irriter, vous pouvez ne pas y croire, c'est pourtant ce qui est arrivé aux habitants de Strasbourg en 1518.
Bye MClaire.
Valérie Perin, photographe, dialoguiste, scénariste, compagne de Claude Lelouch, une jolie plume, son premier roman est une réussite, elle doit en publier un nouveau fin février, à suivre.
Nanou a prêté ce roman en me disant "Tu verras en le lisant tu penseras à ta petite fille qui travaille dans une maison de retraite" Points communs entre Laura et Justine l'héroïne du roman : la disponibilité, la gentillesse, la tendresse pour les personnes âgées, la bienveillance. Laura travaille aux "Magnolias" Justine aux "Hortensias" Laura rend visite à sa grand-mère Odette qui a l'Alzheimer et qui vit aux Magnolias, Justine a une tendresse particulière pour Hélène qui elle a toute sa tête..
Ce livre est tendre, mélancolique, drôle, j'ai eu beaucoup de plaisir en le lisant, l'écriture est moderne, Justine s'exprime comme tous les jeunes, elle a vingt-et-un ans, vit encore chez ses grands-parents avec son cousin Jules, leurs parents sont morts dans un accident de voiture, Christian et Alain étaient jumeaux, Annette la femme d'Alain était suédoise, elle était blonde, lumineuse et sans scrupules..Jules est son fils.
Justine s'occupe d'Hélène, une vieille dame qui a quatre fois son âge, elle lui raconte sa vie et Justine l'écrit dans un cahier bleu pour le faire lire à la famille d'Hélène lorsqu'elle ne sera plus là. Deux histoires cohabitent dans le roman, celle de Justine et celle d'Hélène.
Hélène : elle ne sait pas lire, personne n'avait jamais détecté sa dyslexie, elle sait coudre, confectionnera la robe de mariée d'Angèle, ira à son mariage et à cette occasion fera connaissance de Lucien qui tombera immédiatement amoureux de cette femme surprenante qui prie pour que Dieu lui apprenne à lire "LIRE, MOI, LIRE, MOI..A LIRE, APPRENDS-MOI A LIRE, APPRENDS-MOI A LIRE"
Lucien connaît l'écriture braille, son père est aveugle, il apprendra le braille à Hélène.Lucien est très amoureux, Hélène un peu moins mais elle lui est tellement reconnaissante de faire des efforts pour qu'elle apprenne à lire, elle lui donnera de la tendresse, ils vivront ensemble après un simulacre de mariage, ils n'auront pas d'enfant, tiendront un bistro à Milly (Bourgogne) jusqu'à la guerre...Leur monde explose, le monde explose.
Justine : Justine a sauté une case, elle a grandi avec le troisième âge, elle danse au "Paradis" la discothèque du coin, roule des pelles alcoolisées au sexe opposé, couche de temps en temps avec un garçon dont elle ne connaît pas le prénom, veut vivre insouciante, elle a perdu cette insouciance le jour où ses parents se sont tués sur la route.
Elle passe ses dimanches au cimetière du village pour mettre des fleurs propres sur les tombes.
Sa mémé s'occupe bien d'elle mais elle n'a jamais su montrer sa tendresse, fille de ferme, aînée de sept enfants, elle savait tout faire, tout sauf embrasser.
"Mais à la naissance de ses petits-enfants, quelque chose d'amoureux s'était passé, une certaine magie avait opérée. Pour un peu, elle les aurait caressés."
Et il y a Armand, le grand-père qui roule les R, taciturne, assis toujours à la même place lorsqu'il est à table, Armand qui a choisi Eugénie parce qu'elle était de ces femmes qui ne posent pas de questions, "De ces femmes qui n'emmerdent pas les hommes".
Dans les familles les plus simples se cachent quelquefois des lourds secrets, des secrets que Justine découvrira sans les révéler à Jules...
"Il faut toujours mettre de la vérité dans ses rêves ou le contraire"
Justine écoutera les doléances des anciens, les injures quelquefois, le réfectoire est une cour de récréation, c'est là que les résidents règlent leurs problèmes, le dimanche il y a ceux qui repartent dans leur chambre en attendant des visites ou pour ne pas rater Michel Drucker et il y a ceux qui n'ont jamais de visites, les oubliès du dimanche, jusqu'au jour où des mystérieux appels téléphoniques avertissent la famille que leur mère ou père est mort, mensonge, ils arrivent aussitôt et découvrent qu'il est bien vivant. Qui passe ces coups de téléphone ?
Justine attend la visite de Roman, le petit-fils d'Hélène, le beau Roman..
Je n'en raconte pas plus...
J'ai aimé cette histoire pleine d'humanité, sensible, j'ai aimé l'humour de Justine lorsqu'elle se moque gentiment de sa grand-mère, une maison surchauffée où les toasts de Noël qu'ils devraient manger froids sont chauds etc...
Les anecdotes des Magnolias
"Ce qui me désole, c'est quand je les vois s'entasser à l'accueil dès 10 heures du matin et fixer les deux portes principales de l'entrée qui s'ouvrent et se referment.
Ils attendent." C'est vrai.
J'ai essayé de comprendre Armand, sans l'aimer vraiment.
-Elle était lumineuse.. J'aulais pu m'en selvil pour m'éclailer..Elle aimait les gens qui font des phlases coultes."
J'ai aimé Hélène et sa mouette, Lucien qui a perdu la mémoire à la guerre mais qui continuera à l'adorer "comme si une sous-couche émotionnelle de son cerveau l'avait gardée en mémoire"
Je sus sûre que vous aimerez ce bouquin qui est publié en poche, un très beau moment de lecture.
Bye MClaire.
J'ai lu le nom d'Anne Bert pour la première fois sur Internet, elle venait de mourir en Belgique, elle avait choisi le jour de sa mort, Atteinte de la maladie de Charcot, maladie inguérissable, tous les jours la maladie emmurait son corps un peu plus, elle voulait mourir dignement, la Belgique autorise l'euthanasie, des "passeurs" s'occupent de vous quelques mois avant la date choisie, vous téléphonent régulièrement pour vous dire que vous avez toujours la liberté de changer d'avis, ils vous accompagnent jusque la fin.
" Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter.
Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme. »
Je connaissais très peu cette maladie, jusqu'au jour où une joueuse de mon club a annoncé que son mari était atteint, j'ai appris au cours des mois tous les ravages qu'elle provoquait jusqu'à l'issue finale. Une maladie terrible qui vous rend complètement dépendant des autres.
En lisant ce livre l'émotion nous étreint sans cesse mais Anne Bert paraît tellement sereine, ce n'est pas du tout larmoyant, tout nous amène à nous poser des questions sur la fin qui est inéluctable, faut-il nous faire soigner sans espoir? Faut-il autoriser la médecine décider à notre place?
Anne Bert a juste voulu nous faire partager ses derniers mois, ses dernières joies, une femme qui adorait la vie, aimait l'amour, ceux qui l'entouraient, son mari, ses enfants, ses amis, la douceur de la Charente Maritime, sa ville, Saintes. Elle décrit merveilleusement la nature, les petits matins, Ce n'est pas une sainte, il lui arrive d'être très en colère intérieurement lorsqu'elle voit les autres bouger, jouer au ping-pong, faire du vélo, elle a des impatiences. Le goût des dernières fois
Elle sait qu'après elle tout continuera d'exister, nous disparaissons, mais rien ne disparaît.
Le passage où elle décrit "le grand ménage" dans son bureau, dans sa chambre, est très émouvant, elle ne veut pas obliger ses proches à le faire, rentrer dans son intimité "elle prépare un voyage sans valise"
"Je n'ai pas pu me payer le luxe de me gaver de vie. Mes incapacités et ma dépendance me bouffent. Mon corps me boulotte...
Alors je baisse les bras, au propre comme au figuré, et ma douleur existentielle est indicible."
Elle restera digne jusqu'à la fin, à aucun moment elle ne critique la législation française qui interdit l'euthanasie. Nous pouvons militer pour le droit de mourir dans la dignité, nous pouvons choisir un pays qui l'autorise.
Un très beau livre lu en quelques heures mais qui restera longtemps présent dans notre mémoire. J'avais le ventre noué en le refermant. J'ai écouté "Anne wants to dance", je ne connaissais pas, elle l'écoutait en boucle.
Bye MClaire.