mercredi 8 août 2018

"Un secret" Philippe Grimbert.

"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère..."







Ce livre vient d'être réédité en poche. Je ne l'avais pas lu à sa sortie en 2006 et je n'ai jamais vu le film, tant mieux, cela m'a permis d'apprécier pleinement le roman, me permettre d'imaginer les personnages sans avoir en mémoire les acteurs.

Un livre autobiographique, Philippe Grimbert est né en 1948, il raconte l'histoire de sa famille, une famille un peu imaginaire dans la première partie, il arrive aux enfants de rêver, de penser que leurs parents ne sont pas leurs parents, il est arrivé à Philippe Grimbert de s'inventer un frère athlétique, lui qui était plutôt malingre. Ses parents étaient sportifs, beaux, il était aimé mais voyait passer un peu de pitié dans les yeux de son père lorsqu'il était regardé, l'enfant ne répondait pas aux attentes.
Son frère imaginaire est né à partir de la découverte d'un jouet, un chien enfermé dans une malle du grenier. Il y avait donc eu un enfant avant lui.

L'enfant franchit souvent le palier qui le sépare de Louise, une amie de ses parents qui soigne ses bobos et lui fait faire différents exercices pour le rendre moins fragile. Il se confie à Louise, chez lui trop de non-dits. Les enfants perçoivent des choses que les adultes veulent cacher.

Tania et Maxime ses parents ont repris la boutique fermée pendant la guerre, le secret de ces années est bien gardé, rien ne filtre, que s'est-il passé? Louise dira tout lorsque Philippe aura 15 ans, elle le sait trop malheureux de ne pas savoir, il viendra la voir après une bagarre avec un camarade de classe qui s'était permis des mauvaises plaisanteries sur les camps d'extermination, sa première bagarre. L'enfant Simon a bien existé....Le nom de Grinberg a été transformé en Grimbert..
Je ne dis rien de plus sinon ce ne serait plus un secret..

Ce livre est bouleversant, je l'ai refermé en pleurs. Tout est décrit, l'horreur, la culpabilité, la vérité enfin qui délivrera Maxime, la fin de ce couple qui décidera de partir ensemble et surtout l'amour du fils pour un père devenu un vieil homme, fragile, il le prend dans ses bras "son corps m'a paru frêle...Me sentant étrangement fort je n'ai pas versé une larme....Je venais de délivrer mon père de son secret."

J'espère que nous ou les jeunes générations ne revivront jamais cette période noire, les rafles, l'extermination. Je sais qu'il y a des pays qui ne rêvent que de ça, exterminer ceux qui ne sont pas de leur race, de leur religion, il y en a même qui pratiquent sous l'oeil indifférent des nations. C'est grave.

Je ne peux que vous conseiller de lire "Un secret". Il est en poche. 

Bye MClaire.

mercredi 1 août 2018

"Re-VIVE L'EMPEREUR" Romain Puertolas.




Et voilà, avec son sourire craquant, ses yeux bleus malicieux, il est arrivé à me refiler un livre au prix fort, salon du livre à Vannes, alors qu'il était en poche. Si je n'avais pas aimé, Romain aurait pu être ostracisé pour toujours, mais ce n'est pas le cas, j'ai aimé et j'ai ri, beaucoup ri et je ne peux pas résister aux gens qui me font rire.
J'ai pratiquement tout lu de lui, nous pouvons l'aimer ou le détester, il divise les lecteurs.

Dans ce roman, il a décidé de faire revivre Napoléon Bonaparte qui était congelé dans les eaux glaciales de la mer du Nord, décongelé dans le réfrigérateur d'un marin pêcheur qui l'a péché dans un de ses filets au milieu des cabillauds, mais N.B a connu la Bérézina en plein hiver, alors ...
L'Empereur se retrouve transporté au XXIe siècle, quel choc!
On l'habille avec des Converses, un teeshirt de Shakira, un jean slim, il doit prendre l'avion pour retrouver le chef de la CGT, attention la Confrérie des grognards tristes, tristes d'avoir perdu leur chef, mais avant ils font appel à Serge Lama pour certifier que cet homme est bien Napoléon. Le professeur Bartoli doit le ramener en Corse, tout ne sera pas facile, Napoléon jouera la fille de l'air mais avant il fera provision de champagne noir, du Coca light, il a découvert que cette boisson calmait ses douleurs d'estomac.

La France connaît à ce moment là une vague d'attentats et Napoléon décide de combattre sans violence les djihadistes, il ira se confronter à Daech, accompagné d'une petite troupe composée de membres disparates. Il ira à la rencontre du sanguinaire Mohamed Mohamed qui connaît "Fred" (Freud) mange tout ce qu'il ne permet pas à ses hommes, regarde du foot en cachette, alors qu'il décapite pour moins que ça.. Mais avant, il traversera de multiples aventures plus drôles les unes que les autres.

Attention, nous apprenons aussi beaucoup en lisant ce roman, des passages intéressants, profonds sur les religions
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C'est burlesque, loufoque, déjanté, désopilant, inventif, R.Puertolas a un talent fou pour ridiculiser notre monde, je ne me suis jamais ennuyée. N'oublions pas Charlotte qui ressemble tant à son grand amour Joséphine, beau personnage de ce roman.

Et si les enseignants décidaient de faire lire ce bouquin aux enfants pour qu'ils apprennent l'histoire de ce grand homme qui mesurait 1m68 et qui paraît-il avait un tout petit sexe, cela ne l'empêchera de faire des conquêtes. L'histoire serait plus amusante..

Vive l'humour dans une société qui en manque quelquefois.
Mais où va t-il chercher tout ça? 

Bye MClaire.



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vendredi 27 juillet 2018

"Un jour par la forêt" Marie Sizun






Marie Sizun-Salon du livre 2018 Vannes -

Une écrivaine qui a l'art de décrire les blessures familiales -
Je l'ai découverte en lisant "La femme de l'allemand". J'avais aimé "La gouvernante suédoise" "Vous n'avez pas vu Violette?" et j'ai aussi aimé "Un jour par la forêt" je l'ai acheté au salon du livre, nous avons bavardé. Elle passe du temps en Bretagne, à Ile-Tudy plus exactement.

"Aux enfants solitaires"

"Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps..."


Ce poème de Victor-Hugo bouleversera la vie de Sabine, petite fille solitaire, mauvaise élève depuis que sa mère l'a inscrite dans un lycée loin de son quartier populaire, pensant bien faire, une mère inculte, une maman grosse qui se laisse aller, femme de ménage, elle voudrait pour Sabine une vie meilleure que la sienne. Le papa de Sabine est parti rejoindre une autre femme, elle adorait son père, les visites se sont interrompues depuis que cette autre femme attend un bébé, Sabine ne veut plus retourner chez son père.
Les notes au lycée sont catastrophiques, Sabine décroche et sa prof de français n'essaie pas de comprendre. Les professeurs devraient toujours connaître l'histoire des enfants difficiles.
Sabine n'a pas d'amis, son seul moment de bonheur est le moment où elle quitte le lycée pour rejoindre le petit appartement, le moment où tout peut arriver, où elle observe, où elle est libre.
Arrive le jour où madame Lemagre, prof de français, quinquagénaire à cheveux gris, prononciation distinguée, lui dit que ça ne peut plus durer, elle veut rencontrer les parents de Sabine "Papa est divorcé" "Maman travaille, aura t-elle le temps de venir". La petite fille est paniquée, elle a honte de sa mère, si différente des autres parents. Elle a de la tendresse pour sa maman mais ne peut s'empêcher de la juger.
« Ce n’est pas tant de sa mère qu’elle a honte, mais pour elle, pour sa mère. Honte que sa mère ait honte devant elle. Honte qu’elle soit humiliée. […] Il faut que tout change, que cette injustice cesse ».

Le rendez-vous est pris pour la rencontre et Sabine décide de faire l'école buissonnière ce jour- là, ne pas être au lycée à l'heure du rendez-vous, surtout pas.

Une rencontre dans Paris avec un couple d'Anglais transformera la vie de la fillette. Elle comprendra qu'elle aussi peut accéder à la culture, combien la poésie tient une grande place dans sa vie, Sabine est douée en dessin, la culture pour elle est :
"La culture, éclate Sabine à travers ses larmes, dans un sursaut de révolte -et vraiment, ce mot elle le maudit doublement, d'être et surtout de resurgir maintenant-, la culture, toutes ces petites histoires inutiles qu'il faut savoir? Et elle pense au professeur d'histoire, aux Sabines, au désarroi qui l'avait accablée devant son ignorance et le savoir des autres. La culture! Que des conneries!.."
Et John le mari de Kate lui répond :
".. La culture ce n'est pas seulement l'instruction, les choses qu'il faut savoir...C'est beaucoup plus et beaucoup moins à la fois ; c'est attraper tout de ce qui permet de devenir soi-même. Par exemple approcher la peinture, la musique, la littérature. Tout ce qui fait la poésie de la vie!... Et la poésie de la vie c'est -you know that, darling!" le contraire de la fausse vie, la vie imbécile, que la publicité par exemple propose aux gens, tu comprends?"

J'espère vous avoir donné l'envie de lire ce petit livre si bien écrit, si délicat, plein de tendresse, qui fait découvrir à une enfant fragile qu'il y a de si jolies choses à vivre, au bout de cette journée Sabine comprendra qu'elle peut espérer...

Bye MClaire.






vendredi 20 juillet 2018

"Les larmes noires sur la terre" Sandrine Collette.





En découvrant le visage de l'auteure j'ai pensé "Comment peut-on écrire un roman aussi noir en ayant une apparence aussi lumineuse" Une imagination débordante, une histoire poignante, Moe, jeune femme de 26 ans hantera longtemps ma mémoire.

Moe habite une île du Pacifique, là où nous rêvons tous de passer quelques semaines, elle pense le contraire, son rêve : connaître Paris, une ville pleine de promesses. Elle vit avec une famille aimante, simplement. Sa grand-mère disait "Faut pas regretter. Pas de regrets, pas de remords, puisque de toute façon c'est trop tard. Une fois que tu as cassé une barre en fer sur la gueule d'un type, tu vas pas aller t'excuser, hein, Moe. C'est pas que tu pourrais pas, remarque. Mais voilà, pour quoi faire? Autant aller de l'avant. Regarder en arrière, écoute moi bien : ça sert à rien." ..Elle disait aussi : faut réfléchir avant, y'a que ça."

Moe n'a pas suivi les conseils de sa grand-mère, elle a connu Rodolphe qui travaille sur l'île pour une durée de six mois et qui doit retourner chez lui dans la banlieue parisienne. Avant de s'envoler pour Paris, elle se doute bien que l'avenir ne sera sans doute pas aussi rose qu'elle le voudrait mais elle part. La réalité sera pire. Rodolphe se révélera goujat, il la traitera comme une domestique, lui imposera une grand-mère malade, elle devra soigner cette femme acariâtre, et puisque Rodolphe ne la touche plus elle sort, va dans les bals et se retrouve enceinte, Rodolphe ne dira rien, elle pourra garder l'enfant. Une amie lui proposera de quitter cet homme et de l'héberger avec l'enfant en attendant qu'elle trouve du travail, cela tournera très vite au cauchemar, Moe se retrouvera à la rue avec un bébé et quelques jours plus tard dans un endroit appelé "La Casse" un cimetière de voitures où vivent des miséreux, une prison en plein air, une sorte de camp de concentration, on lui attribue une épave, elle doit travailler pour payer son loyer, mais là vivent des femmes qui deviendront ses compagnes d'infortune, une vraie solidarité règne, son bébé Côme sera cajolé, des moments de tendresse incongrus dans ce quartier poubelle où la violence règne, il faut survivre..  
Vous lirez la suite.

Un roman futuriste? C'est possible. Un monde où les exclus n'auront plus leur place. La société déshumanisera des êtres, il faudra arriver tard dans le roman pour connaître le prénom de l'enfant. Un roman qui doit nous faire réfléchir.

Nous le lisons avec la boule au ventre, la misère, nous tremblons pour Jaja, M.Thérèse la douce, Nini qui ne veut pas renoncer aux plaisirs de la vie quitte à la perdre, Ada l'Afghane qui soigne à l'aide des herbes, Poule qui s'occupera beaucoup de l'enfant. Elles veulent quitter cet enfer, elles y croient, se soutiennent. L'enfant gazouille, sourit, de la lumière au milieu de la noirceur. Il faudra payer le prix pour être heureuses, elles le savent, mais quel prix?

J'ai adoré ce livre, il ne ressemble à aucun autre, il n'y a pas d'histoire d'amour dans ce roman, le seul amour de Moe est celui qu'elle porte à son enfant. Il est vendu en poche et a obtenu le prix des lecteurs 2018. Un scénario pour un film?

Bye MClaire.


dimanche 17 juin 2018

"Un arbre, un jour..." Karine Lambert



« LE ROMAN QUI CACHE UNE FORÊT D’ÉMOTIONS. »
Pascal Laurent, librairie Filigranes Corner

Karine Lambert. Je ne la connaissais pas mais je sens que je vais avoir très envie de la fréquenter longtemps.
250 pages parcourues sans une seconde d'ennui, j'ai aimé l'histoire de cet arbre qui est condamné par un arrêté du maire, cela fait plus d'un siècle qu'il trône au milieu de la place, qu'il donne de l'ombre aux habitants du village, qu'il abrite les hirondelles, les enfants grimpent le long de son tronc pour s'asseoir sur ses branches, des amoureux dessinent des coeurs sur son écorce, il entend tout, participe aux joies et aux peines et un matin François l'employé communal cloue un arrêté sur son tronc, par décision municipale l'arbre haut de 32 mètres sera abattu le  21 mars, la cause : il devient dangereux.

A partir de là les habitants du village (pas tous) vont s'organiser pour la survie de l'arbre. Nous ferons la connaissance de Clément 11 ans, petit garçon très attachant, de Fanny amoureuse d'Aurélien, de Suzanne qui a lâché son poste d'instit pour prendre la succession de sa tante, un bar PMU abrité par le platane, des deux soeurs Adeline et Violette, elles ont perdu leurs fiancés à la guerre et ne s'en sont jamais remises, deux vieilles filles, plus de 90 ans, elles observent la place, l'arbre fait partie de leur univers, de Manu qui est là par hasard, libre comme le vent Manu vit de petits boulots, il dort dans son camion, il parcourt les routes, vend des artichauts sur le marché, il ne veut surtout pas vivre comme ses parents, de Raphaël le dentiste qui a besoin d'un psy.... C'est Clément qui entraînera tout le monde dans son sillage pour essayer de sauver l'arbre...

L'arbre parle, c'est lui qui raconte son histoire. Vous ne regarderez jamais plus un arbre de la même façon indifférente, les plantes, les arbres vivent, l'arbre a souvent des sentiments "à fleur d'écorce".

Christian étant provençal, j'ai beaucoup fréquenté les petits villages de Provence, j'ai tout reconnu, les volets de couleur, les hommes qui attendent que le marché soit parti pour jouer à la pétanque, les tables des bars sous les platanes. Les vieilles dames qui épient. 

J'ai aimé cette idée de vivre ensemble, un projet commun qui rapproche. Vivre cette expérience ensemble leur permettra d'aborder leur vie différemment.

Nous avons tous appris à l'école, des poèmes d'Emile Verhaeren, un extrait cité dans le livre :

Mais quels que soient les souvenirs
Qui, dans son bois, persistent,
Dès que janvier vient de finir
Et que la sève, en son vieux tronc, s’épanche,
Avec tous ses bourgeons, avec toutes ses branches,
– Lèvres folles et bras tordus –
Il jette un cri immensément tendu
Vers l’avenir.


Ce livre est du pur bonheur. 

Bye MClaire.

lundi 11 juin 2018

"J'aime le sexe mais je préfère la pizza" Thomas Raphaël.


J'ai lu l'extrait d'une de ses interviews, il cite Nora Ephron, scénariste du film "Quand Harry rencontre Sally"  -"Quand vous glissez sur une peau de banane, on se moque de vous. Mais quand vous racontez que vous avez glissé sur une peau de banane, le rire vous appartient. Vous n`êtes plus la victime de la blague, mais le héros."
Tout est dit.

Je l'ai acheté en poche, je n'ai pas mis un cache-livre pour le lire, le titre est un brin provocateur mais ça s'arrête là. 
J'ai ri aux éclats et je l'ai lu en quelques heures.
Des petites histoires personnelles écrites sans tabou, nous ne sommes jamais heurtés, pleines d'autodérision, Thomas est un antihéros. Un livre drôle et tendre, écrit par un jeune homme de son temps.

L'histoire commence à Prague, il est avec son ami Mike, Mike ose tout, Thomas n'ose rien, Mike l'appelle "Poppy" ce qui veut dire "Petit caca". Thomas veut apprendre à danser le Hip-Hop, mais son prof lui dit qu'il a plutôt l'impression qu'il danse la rumba, il n'est pas plus doué pour le rugby.
Thomas a une tante qui s'appelle Jeannine mariée avec Jeannot, ils attendent l'automne dans leur petite maison du Périgord, Jeannot est un cueilleur de champignons. Qui n'a pas eu une drôle de tante "Jeannine" dans sa famille. Des petites histoires familiales à savourer. 

Thomas a une cousine Karine, très mauvaise influence sur lui "Karine n'était pas un modèle, je le voyais bien. Elle avait des façons étranges de s'habiller, notamment avec des velours, des dentelles et du maquillage partout..elle savait des choses que moi je ne savais pas"

Thomas construit un abri pour des poules qu'il n'aura jamais, il l'appelle "Le poule-aillée" Sa mère a serré les lèvres, hoché la tête, avant de se pencher sur le côté, comme quand on se souvient qu'on doit aimer ses enfants inconditionnellement"
Il aimait beaucoup Laurent Romejko "Présenter la météo venait avec mon projet de devenir Laurent Romejko...Ce que je voulais, c'était la même personnalité que Laurent Romejko Qui a déjà entendu dire du mal de Laurent Romejko?"
Personne.

Et Thomas annonce à sa mère son homosexualité...

Les dernières pages du livre sont vraiment amusantes, passer quelques jours de vacances à Procida, avec une copine anorexique qui se goinfrera le dernier jour avec deux pizzas.

Ce petit livre est un bijou d'humour, de tendresse, de bienveillance. Thomas aime tout le monde, nous ne pouvons pas ne pas aimer Thomas. J'ai adoré.

Bye MClaire.







dimanche 3 juin 2018

"Les nouvelles aventures du Fakir au pays d'Ikea" Romain Puertolas.




La suite cinq ans plus tard, j'avais aimé et ri en lisant "L'extraordinaire voyage du Fakir.." Original, simple, nous ne nous prenions pas la tête en le lisant, un divertissement. Ce n'était  pas l'avis d'autres lecteurs, il ne faisait pas l'unanimité, ce livre a pourtant été un énorme succès d'édition. Le film sort en salles, nous irons le voir.

Nous retrouvons notre Fakir Ajatashatru et Marie qui est devenue son épouse, ils vivent dans l'aisance, Aja est devenu "un peu mou des clous" son livre a été traduit dans le monde entier, il essaie d'en écrire un autre, l'inspiration n'est plus là, le confort et le bonheur ne sont pas des moteurs pour écrire, son éditeur lui demande de repartir dans des aventures malheureuses qui intéresseront les lecteurs.
Marie travaille dans une entreprise qui fabrique des machines à café à capsules, son patron la charge de se rendre en Suède pour négocier l'achat de Nespressé, belle promotion pour Marie.
Aja lui est aussi parti en Suède, sans savoir que Marie y allait, pour enfin faire construire chez Ikéa ce fameux lit à clous qui lui permettra ou qui l'aidera à écrire son roman. Vêtu du pull tricoté par Marie (voir la couverture).

Une grande première partie du livre est consacrée à Aja jeune, enfant il avait été pris en main, hélas au propre et au figuré, par Baba Orhom son maître Fakir, un sale bonhomme qui profitait de l'innocence de l'enfant pour berner son entourage. Tous les tours du Fakir sont faux évidemment, nous apprenons qu'il est très facile de se faire passer pour mort, vous pressez une balle de tennis sous l'aisselle, là où passe l'artère axillaire, le flux du sang est interrompu , le pouls disparaît comme par magie, conduisant les gens à penser que vous êtes mort. Ce tour sauvera la vie d'Aju.
Suivent les aventures d'Aja en Suède...

Le livre est truffé d'aventures rocambolesques, de personnages qui portent des noms improbables, Gustave Palourde le chauffeur de taxi gitan, Shrinkshrankshrunk (j'ai mis mon doigt au hasard dans un livre de conjugaison anglaise raconte celui qui porte ce nom), Klaydedouzh...Amélie Nos-Tombes..

De l'humour absurde, j'aime les blagues pourries, je ne me suis pas ennuyée. Un sujet sérieux est abordé, l'émigration. Le livre se termine sur une réflexion "Pourrions nous être un jour des migrants, rejoindre l'Arabie qui serait devenue le nouveau pays de la liberté, les passeurs seraient toujours des arabes, comme avant, il n'y a que la direction qui aurait changé"
"Les clandestins sont blancs. Ils s'appellent Marcel, Roger, Bernard, Pierre, Léo. Ils payent mieux que les Noirs et les Arabes, pensent les Arabes. C'est bon pour les affaires. Ils y ont gagné au change. En revanche, ils sont moins résistants. Un Togolais peut ne pas manger pendant plusieurs jours. Un Français, non. Les Arabes s'en foutent. Ils sont payés"

Si vous n'avez jamais lu Romain Puertolas, je vous conseille "Un été sans Facebook" après avoir lu le Fakir. Des livres pour l'été. Nous demandons quoi à un bouquin pour l'été, nous divertir, c'est gagné, tant pis pour les grincheux..

Bye MClaire.