jeudi 6 octobre 2016

Jean-Paul Dubois "La succession".



Très, très beau roman, l'auteur est au mieux de sa forme.

J'ai découvert Jean-Paul Dubois en lisant "Une vie française" que j'avais adoré, si vous ne l'avez jamais lu, il ne faut pas hésiter. Depuis je le suis, c'est le sixième roman lu;
Il s'était fait plus rare depuis quelques années, il revient avec un bouquin éblouissant mais noir, la couverture est noire, l'humour est noir, l'histoire est noire, il faut croire que le noir peut éblouir.

L'histoire :

Paul, l'auteur emploie souvent ce prénom dans ses livres,
Paul est le fils d'un médecin de Toulouse, une grande maison, un père fantasque qui reçoit ses patients en short et même en slip, une mère insaisissable, horlogère qui entretient des relations un peu particulières avec son frère qui habite chez le couple, incestueuses ou non ? Un grand-père qui a connu Staline, un nom qui sent plus la Grèce que la Russie, Katrakilis, le grand-père qui a assisté à l'autopsie de Staline a découpé une lamelle de son cerveau qu'il conserve dans du formol.
Drôle de famille, on se suicide de génération en génération,
Le grand-père avec une arme à feu, l'oncle en jetant sa moto contre un mur, la mère avec les gaz d'échappement de la voiture, c'est Paul enfant qui la trouve, et plus tard le père en se jetant du huitième étage le visage entouré de scotch pour ne pas crier.
Paul décide d'échapper à cette malédiction en partant pour la Floride après avoir obtenu son diplôme de médecin. Il ne veut pas prendre la succession de son père.
Il est amoureux du Pays Basque et surtout de la pelote basque, il devient pelotari dans un Jaï-alaï de Miami. Il a mis un océan entre lui et cette famille toxique.
Il laisse son père seul à Toulouse, mais le destin terrible de cette famille continu, un matin il reçoit un message énigmatique de son père sur son portable 77777, et le lendemain il apprendra son suicide, il doit rentrer en France, retrouver cette maison hantée par les disparus, le bocal de formol et son morceau de cerveau, s'occuper des obsèques, des papiers.
Il laisse derrière lui cette vie légère, choisie, insouciante, son vieux bateau, sa vieille voiture, son appartement où il était heureux, son meilleur copain Joey, compagnon de jeu. Il reviendra.

La suite vous la découvrirez et je vous assure que vous aurez du mal à lâcher le livre.

Tout ce que j'ai aimé :

Si vous ne connaissez pas le monde de la pelote basque, vous apprendrez, les quinielas, la main d'osier, le monde des frontons. La mafia règne à Miami dans les années 80, il y a des paris.

L'amour inconditionnel entre l'homme et le chien, Paul a récupéré un chien dans l'océan, il l'a sauvé de la noyade, il a été jeté à la mer pour s'en débarrasser, le chien ne le quittera plus.

Jean-Paul Dubois est imprégné par la littérature américaine, de nombreuses références ponctuent le livre. Hemingway faisait aussi partie d'une famille suicidaire.

Le glissement de l'écriture, de l'humour noir au très noir, on peut sourire quelquefois mais j'ai pleuré en lisant la fin du livre, un peu surprise, je ne pensais pas pleurer; La mélancolie du roman.

Les lignes consacrées à la profession de Paul, médecin, les malades qu'il faut soulager ou aider, les difficultés d'appuyer sur le piston de la seringue, des belles pages très touchantes.

L'amour des vieilles voitures, l'auteur aime les vieilles voitures, il fait circuler Paul dans une Triumph Vitesse MK2 de 1969.

Le très riche vocabulaire de ce bouquin, vous connaissez les hespérophanes ? Le fluide caloporteur ?

Nous nous attachons à Paul, à ses failles, son envie désespérée d'échapper à son hérédité, à la malédiction familiale. Ce bonheur qu'il ne peut pas atteindre. Il tombera amoureux d'une femme magnifique qui a 26 ans de plus que lui, une histoire d'amour assez brève, un soir elle le renverra chez lui sans raison, il y avait une raison mais il l'apprendra plus tard.
"Le chat ouvrit les yeux / Le soleil y entra / Le chat ferma les yeux / Le soleil y resta."

J'ai tout aimé, un roman remarquablement réussi, envoûtant, je pense ne jamais l'oublier.

Bye MClaire.









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