lundi 8 mai 2017

"La femme de l'Allemand." Marie Sizun.











Un grand merci à Géraldine et à Roland qui m'ont fait découvrir ce livre et son auteure et qui en prime ont mis un très gentil mot au début du livre qu'ils m'ont offert. Je vais le garder précieusement, ce mot sera peut être lu un jour par mes petits-enfants, ils sauront combien leur mamy aimait les livres et essayait de les faire aimer aux autres..

Le roman a été publié en 2007, il est en poche.

Marie Sizun n'est pas bretonne, elle a choisi le nom d'un cap célèbre dans le Finistère, elle aime la Bretagne.

Un livre qui ne peut que vous émouvoir, un roman douloureux, une très belle histoire entre une mère et sa fille, un grand roman sur la folie.

L'histoire :

La guerre est terminée, nous sommes dans les années 50.

Fanny est maniaco-dépressive, Marion sa fille vit avec elle, elles habitent un modeste appartement dans Paris, les parents de Fanny habitent avenue de Suffren dans les beaux quartiers, il n'y a aucune relation entre les parents et leur fille, les ponts sont coupés, seule la tante de Fanny entretient des liens avec la jeune femme, elle connaît sa fragilité. La faute de Fanny, avoir aimé un allemand pendant la guerre, enceinte de lui l'histoire s'est arrêtée, elle élève Marion seule avec des petits moyens et de fréquents séjours en hôpital psychiatrique.

La fillette assiste à ces bouffées délirantes, partagée entre l'amour qu'elle lui porte et sa peur. A chaque séjour de sa maman à l'hôpital elle vivra chez ses grands-parents dans l'atmosphère glacée de ce grand appartement, et pourtant il y a la tendresse de son grand-père, mal exprimée, maladroitement.
Adolescente elle éprouvera de l'amour et de la répulsion pour cette mère si particulière. Elle doit la protéger, mais une enfant n'est pas préparée à ce rôle, c'est trop lourd, pour survivre elle doit s'éloigner sous le poids de la culpabilité.
"Bonheur de la fuite et honte de la fuite."

Elle apprendra des bribes de l'histoire de Fanny, saura que son père est allemand, cherchera à se rapprocher de lui en apprenant l'allemand, fera un séjour dans une famille à Munich, sa mère lui a dit que son père était mort en Russie, est-ce la vérité ? 

Je m'arrête de raconter cette histoire, je vous laisse la découvrir.

J'ai aimé :

L'écriture à la deuxième personne, l'auteure a choisi le TU comme pour mettre une distance entre Marion adulte  et les moments terribles vécus en compagnie de cette mère folle.

Pas de sensiblerie, beaucoup d'émotion oui, des sentiments très bien décrits, amour et détestation, culpabilité, moments de joie lorsqu'elle se retrouve loin de ce petit appartement.

Personnellement, j'ai travaillé avec une collègue dans un bureau à Paris, sa mère était hospitalisée à Ste-Geneviève dans un hôpital psychiatrique, elle me racontait les moments qui avaient précédé son internement, terribles, la peur lorsque sa mère se levait la nuit et rentrait dans sa chambre pour lui dire qu'il y avait des lions dans l'appartement , ses cris, ses tentatives de suicide, la camisole chimique. Elle éprouvait les mêmes sentiments que Marion, j'ai tout reconnu. Elle continuait à lui rendre visite chaque week-end à l'hôpital.

Je vous encourage vivement à lire ce livre. Je vais sans doute lire d'autres romans de cette auteure, une belle découverte.

Bye MClaire.







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