dimanche 20 novembre 2011


J’avais décidé d’écrire une gazette en début d’après midi, en attendant de me décider j’ai saisi le livre de Véronique Ovaldé que j’étais entrain de lire « Ce que je sais de Vera Candida » et il a absolument fallu que je le finisse.
Je ne connaissais pas du tout cette auteure, enfin de nom oui, mais je n’avais jamais rien lu d’elle, une magnifique découverte. J’ai passionnément aimé chaque description, si bien écrite que j’avais l’impression d’y être, chaque phrase, chaque mot, les couleurs de cette île imaginaire Vitapuna où vit Rose Bustamente, ancienne prostituée reconvertie en pêcheuse de poissons volants, elle vit dans une cabane au bord de l’eau, cabane qui semble déranger Jéronimo qui construit une magnifique villa sur la colline, personnage mystérieux, ambigu, Elle résiste longtemps à cet homme, ne veut pas lui vendre sa cabane, jusqu’au jour où elle cède en lui livrant des poissons volants, elle devient sa maîtresse, se retrouve enceinte à plus de 40 ans, devant l’indifférence de son amant à l’annonce de la venue d’un enfant, elle repart vivre dans sa cabane et accouche d’une petite fille « différente » à partir de là une sorte de fatalité s’abat sur une lignée de filles sans père. Monica Rose l’arrière petite fille de Rose échappera à ce destin, pour sans doute commencer à construire une lignée de filles non soumises, qui refuseront l’humiliation.
« Les vies se transforment en trajectoires. Les oscillations, les hésitations, les choix contrariés, les déterminations familiales, le libre arbitre réduit comme peau de chagrin, les deux pas en avant trois pas en arrière sont tous gommés finalement pour ne laisser apparaître que le tracé d’une comète.. »
L’amour fou d’une femme pour sa fille :
« C’est très difficile, pensait Vera Candida, d’oublier que votre enfant est un organe siamois de l’un des vôtres, c’est très difficile de ne pas le considérer tout le temps comme un membre supplémentaire et parfait de votre propre corps. »

Ce qui m’a surprise dans le style d’écriture, l’absence de guillemets, une virgule à leur place.
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La fatalité des familles pauvres, des filles livrées aux hommes violeurs, ne pas se plaindre, ne pas croire à l’amour d’un homme doux et attachant, admirer sa fille qui semble s’élever au dessus de sa caste sociale, ne pas espérer le bonheur et toujours attendre le moment où le malheur les rattrapera si elles étaient enfin heureuses.
Chacun interprétera ce livre à sa façon, personnellement j’ai été submergée par sa beauté, j’ai versé quelques larmes en lisant le dernier tiers du livre, le moment où elle raconte ses souffrances physiques m’a vraiment touchée..
Vous avez le droit de ne pas aimer ce livre, mais si c’est le cas ne m’en parlez pas, je ne comprendrai pas.

La fatalité. J’ai repensé aux femmes qui sont nées à la fin du 19ème siècle, qui appartenaient à une catégorie sociale soit disant inférieure, des femmes qui venaient d’un monde où on ne faisait pas d’études et qui ne pouvaient imaginer aimer un homme qui avait le savoir, « Il n’est pas pour toi, tu n’es pas de son monde », mon arrière grand-mère ne savait ni lire ni écrire, ce qui ne l’empêchait pas d’être très intelligente, mais je pense que jamais elle n’aurait imaginé épouser un autre homme qui comme elle n’aurait pas eu comme origine une famille espagnole pauvre implantée en Algérie, je ne sais pas si elle aimait « d’amour » son mari avec qui elle a eu 8 enfants, elle n’en parlait pas beaucoup, c’était comme ça, les tantes de maman ont épousé des hommes qu’elles aimaient, pas ma grand-mère qui était l’aînée, un mari plus ou moins imposé, une fatalité qui s’est arrêtée à la génération de maman, les femmes se sont libérées. Mon arrière grand-mère a eu le temps de voir sa famille évoluer avant de partir, elle avait toujours ce regard malicieux en nous regardant vivre, si elle était née un siècle plus tard, je suis persuadée qu’elle aurait eu une vie indépendante. Elle a été veuve assez tôt et elle a su s’autogérer, ne pas dépendre de ses enfants. Elle a même recueilli ses petites filles à la mort de leur mère. En lisant « Vera Candida » j’ai beaucoup pensé à ces femmes qui prenaient leur vie en main..

Passons à autre chose.

Le nucléaire. J’en ai assez d’entendre parler du nucléaire. La majorité d’entre nous ne comprend rien à cette énergie, j’en fais partie, et pourtant on nous demande notre avis. Imaginons un référendum, on répondrait « NON » évidemment, qui a envie de voir un jour la planète sauter ? En réfléchissant bien, nous dirions « Non » pourquoi ?
Est-ce que ce qu’on nous raconte est vrai ? Depuis Tchernobyl et Fukushima nous savons bien que le nucléaire est dangereux, mais avons-nous vraiment une autre alternative dans les prochaines années, comme les écologistes le clament. Je n’ai pas les compétences pour le dire, et puis il y a le lobby qui a bien plus de fric que les écolos, ce lobby aurait vite fait de nous prouver le contraire de ce que nous entendons, nous serions alors hésitants, lorsqu’on ne maîtrise pas bien son sujet, on hésite, on ne peut pas argumenter.
Alors halte à la polémique, et passons aux choses sérieuses, la crise qui est entrain de nous dévorer est pour l’instant bien plus préoccupante que le nucléaire, l’astuce est pourtant bien connue, pendant qu’on focalise l’attention du peuple sur un sujet, on lui fait oublier le reste, enfin on essaie…Je ne pense pas que les milliers de gens qui vont se retrouver au chômage oublient la misère qui les attend. Si le nucléaire leur permet de payer leur facture d’électricité moins chère, pourquoi pas pour l’instant, lorsque dans quelques années les choses iront mieux, je l’espère, nous pourrons alors nous attaquer à la fermeture et au démantèlement des centrales puisque nous en aurons peut être les moyens, regardez la carte, il y aura du boulot. Ce qui m’énerve, c’est que tout ça est que de la politique, nous sommes en période électorale, il y a quelques mois ce n’était pas le sujet préféré de nos gouvernants, toutes formations confondues.

Les dessins :




Les affiches de Benetton : Il a choqué, c’était le but, tout le monde en parle.






DSK : J’avais dit que c’était fini, plus de dessin, mais là je ne résiste pas. .Bye MClaire.

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