samedi 2 janvier 2016

Philippe Claudel "L'arbre du paysToraja"


J'avais en attente le livre de Marc Levy "Elle et lui", prêté, je me suis décidée à l'ouvrir. Je l'ai refermé après avoir sauté des dizaines de pages, j'ai lu consciencieusement la première moitié du bouquin, j'ai commencé à sauter des pages, j'ai lu la dernière page et je l'ai remis sur une pile de bouquins que je dois rendre. Je pense que définitivement, je n'aime pas cet auteur, l'homme est très sympathique mais ce qu'il écrit ne me plaît pas. J'aimais ce genre de romans à 15 ou 16 ans, l'âge où nous attendions l'amour, nous étions sentimentales et les personnages des livres de Delly ou de Max du Veuzit nous faisaient rêver. 
Marc Levy a repris la même recette mais mise au goût du jour, internet, sites de rencontres etc. Cela doit plaire puisqu'il est l'un des plus gros vendeurs de livres. Voilà, je n'ai plus quinze ans..

Plus tard, j'ai lu en une heure "Neige" de Maxence Fermine, Michelle l'avait trouvé et elle me l'a fait parvenir. Merci.
J'avais lu "Zen" du même auteur, j'avais beaucoup aimé, j'avais écrit une gazette.
Un tout petit livre, agréable, une histoire d'amour qui se passe encore au Japon, entre une funambule qui se nomme Neige et un poète, peintre. L'art d'écrire des haïkus. J'ai bien aimé, mais j'avais mieux apprécié "Zen". Une découverte.

"Il y a deux sortes de gens.
Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent.
Il y a ceux qui ne font jamais rien d'autre que se tenir en équilibre sur l'arête de la vie.
Il y a les acteurs.
Et il y a les funambules."

Je suis allée fouiner à la FNAC, j'ai mis la main sur le dernier roman de Philippe Claudel qui venait d'être mis en place dans les rayons, la couverture est splendide. Aucune hésitation, j'adore cet auteur depuis longtemps, le premier livre lu de lui a dû être "Le café de l'Excelsior", mon préféré "Le rapport de Brodeck" magnifique.

Philippe Claudel est aussi cinéaste. 

En Indonésie l'arbre de Toraja est aussi un tombeau, on renferme dans son tronc les corps des jeunes enfants qui viennent de mourir et peu à peu l'écorce se ressoude sur le corps. L'auteur a l'impression que depuis quelque temps la mort l'encercle, comme l'arbre.
Le début du livre donne le ton à tout le roman, c'est une réflexion sur la vie, la mort, l'âge, très philosophique mais fluide, j'étais happée par sa lecture.
Le livre est sombre, la fin est porteuse d'espoir.
Les sujets évoqués sont tristes.
Le narrateur cinéaste raconte le départ de son grand ami, son producteur atteint d'un cancer. Lui même est vieillissant, il a passé 50 ans, l'âge des premières interrogations "Qu'avons nous fait de notre vie?". 
Les corps qui se flétrissent, l'amour d'une jeune femme qui semble un décalage "qui n'est pas seulement horaire".
Les visites à Eugéne qui se trouve en soins intensifs, les longs moments passés à ses côtés, Eugène qui était si vivant, amoureux éternel et qui se compare à E.T. qui veut une dernière fois que son ami le sorte de l'hosto sur sa chaise roulante pour aller boire dans un vrai bar, là il y aura une rencontre incroyable qui ravira Eugène, une dernière fois. De belles pages. 
La préparation d'un film dans la maison de son enfance.
Les brèves et rares visites à sa mère qui ne le reconnaît plus dans une maison de retraite de l'Est de la France, là où Claudel est né, un passage poignant, il essaie d'avoir une conversation avec elle, mais cela devient très vite une fausse-conversation, alors il regarde sa montre.

Kundera, Picoli, Godard s'invitent dans ce livre.

Un beau passage :
"Poursuivre sa vie quand autour de soi s'effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte c'est savoir survivre et recomposer."

La fin est lumineuse, une vie est attendue, hymne à la vie qui va apparaître.
"Il me semble désormais que je n'aurai plus d'autre âge que le sien, et qu'oubliant mon corps, oubliant qui je suis, oubliant mes maux et mes hésitations, mes erreurs, mes blessures, je serai tout à elle, afin qu'elle puisse vivre, aimer, rire, s'éblouir et grandir jusqu'au ciel."

Je n'ai pas lu ce livre comme un roman, c'est plutôt une interrogation sur la vie, la mort, la jeunesse qui s'enfuit, mais rester vivant tout en sachant que tout aura une fin pour ne pas être surpris. Nous avons tous en nous une capacité de vivre même lorsque celui ou celle que nous aimions est parti, la vie est souvent très forte.

J'ai beaucoup aimé, l'écriture est tellement belle, je vous encourage à le lire, il nous oblige à réfléchir. 

Bye MClaire.







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