dimanche 20 janvier 2019

"La vraie vie" Adeline Dieudonné




Inoubliable. J'ai posé ce livre sur ma table de salon il y a trois jours, il va être temps de le ranger ou de le prêter, mais pas à n'importe qui, âmes sensibles s'abstenir. Ce roman peut vous bouleverser, un uppercut dans l'estomac. Il ressemble à un conte dans certains passages mais ne le lisez pas aux enfants.

Vous serez tout de suite plongé dans l'atmosphère glauque d'un pavillon construit dans une cité la Demo, derrière il y a le bois des Petits Pendus, une vallée en forme de V et une légende qui disait qu'un dragon avait creusé la vallée avec sa griffe parce que le chagrin l'avait rendu fou, les hommes avaient tué sa compagne...
Dans ce pavillon vivent un homme violent qui a une passion, la chasse aux grands fauves, sa femme soumise qui attend les coups et deux enfants, une petite fille lumineuse de 10 ans et son petit frère Gilles, elle le protège et a des trésors d'imagination pour lui épargner les mauvais moments de la vie dans ce pavillon. Jusqu'au jour où un siphon de chantilly explose au visage du glacier qui s'arrête dans leur rue, Gilles ne sera plus jamais le même après avoir vu de la viande hachée à la place d'un nez, d'une bouche et des yeux. Il gardera le silence pendant des journées entières, s'éloignera de sa soeur et passera ses journées dans la pièce où son père entrepose ses trophées de chasse, sous le regard de la hyène. Il deviendra inquiétant, sa mère "l'amibe" sera impuissante, incapable de s'occuper de ses enfants alors qu'elle s'occupe si bien de ses biquettes ...Le père toujours plus violent. Les repas :
"Chez nous, les repas familiaux ressemblaient à une punition, un grand verre de pisse qu’on devait boire quotidiennement. Chaque soirée se déroulait selon un rituel qui confinait au sacré."

La petite fille grandira dans ce monde complètement fou, elle se planquera, s'inventera une vie, voudra être Marie Curie...
Le père dira avec un mouvement bizarre à sa mâchoire "Tiens, on a une intello dans la famille..." Ce mouvement qui disait qu'il avait envie de frapper.

J'arrête, je ne vous raconte plus rien...

Je n'arrivais pas à poser le livre, l'auteure a une écriture qui ne faiblit jamais. Pour la première fois en lisant un passage j'ai parlé à haute voix  "Ah non, pas ça." Adeline Dieudonné sait traquer le lecteur autant que le père qui traque les fauves et sa famille.

Lisez la vie de cette gamine qui plongera très vite dans "La vraie vie". Ce livre est le premier roman de l'auteure, elle avait déjà écrit des nouvelles. Une question me taraude "Comment fera t-elle pour écrire un autre roman aussi fort?"

Bye MClaire.



dimanche 13 janvier 2019





Serge Joncour, physiquement j'imagine un colosse un peu impressionnant mais au regard bienveillant. 
Son livre est beau, une seule envie tourner les pages pour connaître la suite de ce bouquin qui parle d'amour avec les mots d'une sensibilité féminine. J'ai dévoré ce livre.
Christian me disait "Il doit être bien ce livre, tu ne le quittes pas." Je répondais "Attends, il faut absolument que je sache ce qui va se passer, ils en sont aux premiers baisers dans un endroit pas fait pour ça."
Pour moi le roman est toujours décalé, jamais au bon endroit, deux êtres qui n'étaient pas destinés à se rencontrer, deux mondes différents, lui issu d'un milieu d'agriculteurs, elle issue de la bourgeoisie. Ludovic est monté à Paris après avoir perdu sa femme emportée par un cancer, il travaille dans le recouvrement des dettes, elle est une styliste célèbre qui possède sa propre marque Aurore Dessage, mariée avec un homme riche avec qui il ne se passe plus rien, deux enfants, un appartement luxueux, une fenêtre donne sur l'appartement de Ludovic beaucoup plus modeste, une cour arborée sépare les deux immeubles. 
Les soirs d'hiver chacun peut voir ce qui passe dans l'appartement de l'autre. 
Aurore a la phobie des corbeaux installés dans la cour, la rencontre se fera là, Ludovic se chargera de la disparition des corbeaux.. S.Joncour doit aimer Hitchcock "Fenêtre sur cour" et "Les oiseaux".
La suite est un peu ambiguë, Aurore a compris que Ludovic est un homme fort, se servira t-elle de lui pour solutionner ses problèmes professionnels, pour la débarrasser de ceux qui veulent s'emparer de son affaire? Aurore est-elle une jeune femme fragile? Aurore osera t-elle quitter son mari?
"Quitter c'est se redonner vie à soi, mais c'est aussi redonner vie à l'autre, quitter c'est redonner vie à plein de gens, c'est pour ça que les hommes en sont incapables, donner la vie est une chose qu'ils ne savent pas faire.."

Vous le saurez en lisant ce livre qui ne ressemble pas du tout à un roman de la collection Arlequin..Ce livre ne se résume pas à une histoire d'amour.

Ce que j'ai aimé :

L'amour que Ludovic porte à sa vallée, quelque part au sud de l'Auvergne, là où les carderies existaient, ce monde paysan qui disparaît, une ferme qui ne peut plus faire vivre plusieurs familles, le père, la mère qui peu à peu s'éloigne du monde réel, le frère vivent là. Ludovic parcourt souvent les 600 km qui le séparent de sa famille, il n'aime pas Paris, cette ville l'étouffe, sa violence l'agresse, la solitude est vraie au milieu de la foule qui envahit les rues. Son travail ne lui plaît pas.
J'ai aimé la sensibilité de Ludovic lorsqu'il se présente pour recouvrer des dettes, une sensibilité qu'il ne doit pas montrer mais qu'il ressent à la vue des pauvres gens enfoncés dans leurs problèmes, arriver à percevoir les entourloupes, les vrais désargentés des charlatans. Ce boulot n'est pas facile et même dangereux. Ludovic est un vrai affectif, son physique imposant de joueur de rugby cache un sensible.

J'ai aimé les pages qui parlent de Mathilde, la femme de Ludovic, ce cancer qui ne sera pas vaincu, les trajets de Ludovic entre la ferme et l'hôpital, chaque soir il lui apportera de la soupe faite avec les légumes du jardin, ceux de la vallée du Célé, la seule chose qu'elle mangeait et de moins en moins. Son chagrin "l'espoir que ces voyages durent le plus longtemps possible ou qu'ils s'arrêtent, il ne savait plus".

J'ai aimé cet amour avec Aurore, qui unit et qui peut détruire, ces rencontres jamais programmées, cette ignorance du numéro de téléphone de l'autre.

Les personnages de ce roman sont forts et quelquefois faibles, comme dans la vie.

J'ai aussi appris que le montant des dettes des particuliers qui n'est pas payé est de 600 milliards d'euros, un chiffre vertigineux.

Ce livre a de vraies qualités d'écriture. C'est vraiment un beau roman qui pourrait être adapté au cinéma. Je l'ai trouvé chez Easy-Cash pour 2euros99, il existe certainement en poche.

Bye MClaire.





samedi 5 janvier 2019

"Pardonnable, impardonnable" Valerie Tong Cuong






Le lecteur a tous les droits et surtout celui de lire le très beau roman de Valérie Tong Cuong. J'ai beaucoup aimé ce livre publié en janvier 2015, il existe en poche, je l'ai acheté chez "Easy-Cash" en version originale 1euro99, beaucoup moins cher que chez Amazon. 

Le livre s'ouvre sur une citation d'Albert Camus, carnets III.
"Comment être pardonné jamais, si on ment, puisque l'autre ne sait pas qu'il y a quelque chose à pardonner. Il faut donc dire la vérité au moins une fois avant de mourir -ou accepter de mourir sans être jamais pardonné. Quelle mort plus solitaire pourtant que celle de celui qui disparaît, refermé sur ses mensonges et ses crimes."

Une histoire qui pourrait arriver à ceux qui s'amusent en vélo sur un chemin de campagne "On fait la course?" ou "Qui fera le meilleur temps?" et l'accident se produit, Milo le jeune garçon tombe dans un virage, sa tante Marguerite assiste impuissante à la chute. L'enfant était censé réviser des cours d'histoire avec elle, toute une vie vole en éclats, sa vie, celle de sa tante, les parents et Jeanne la grand-mère ne sortiront pas indemnes de ce drame. 
Milo, fils de Céleste et Lino, plongé dans le coma devra se battre pour retrouver un peu d'autonomie, mais il aura besoin de l'amour de tous. Il y aura "Le temps de la colère" "Le temps de la haine" "Le temps de la vengeance." "Le temps de l'amertume." et "Le temps du pardon." Il y aura aussi les non-dits, les secrets de famille qui étaient bien enfouis et qui seront dévoilés.
Et avant tout, l'histoire de Céleste qui a accouché d'un premier enfant mort, un drame qui a déjà provoqué un séisme dans son couple, Milo a été l'enfant inespéré, un enfant solaire que tout le monde a aimé et qui aura permis à son couple d'être de nouveau soudé. L'impardonnable sera révélé...
Un roman a plusieurs voix, les chapitres sont "écrits" par Marguerite, Céleste, Lino, Jeanne, chacun livre son histoire personnelle, chacun dévoile ses secrets, sa part d'ombre et de lumière.
Marguerite est le personnage le plus attachant, elle est fantasque, souffre de l'indifférence de sa mère, cherche à se faire aimer, veut trouver sa place dans cette famille où règne Jeanne sa mère, fusionnelle avec Céleste, dédaigneuse envers Lino, il n'est pas de son rang. Seul Milo, l'enfant, a créé un lien d'amour fort avec elle, il lui a permis de retrouver de la légèreté, lui a offert une enfance. Ils jouaient à "Pardonnable- impardonnable". Lui pardonnera t-il de le l'avoir fait pédaler sur un chemin de campagne?

Je ne vais pas tout vous raconter...

J'ai aimé :
Le chapitre de Lino. Le hasard, je disais un moment avant de lire que nous sommes responsables de notre vie, ce pays nous offre des possibilités pour progresser si nous en avons envie, non pas du tout, je me trompais un peu, il faut beaucoup de volonté pour sortir de sa condition. Lino raconte son enfance dans une famille pauvre du Nord, cinq enfants, un père qui s'épuisait à travailler dans une usine à chaussures, une mère débordée :
"On apprend à travailler sur un coin de table dans le bruit incessant, les pleurs, les repas, les jeux des plus petits, les conflits des plus vieux, les crises maternelles. On apprend à rester le nez collé à un problème de maths la nuit entière si nécessaire, parce qu'aucun de ses parents n'a dépassé la troisième, que les aînés se débattent avec leurs propres difficultés et qu'il est évidemment hors de question de payer un professeur particulier- sans compter qu'à cette époque, Internet n'existe pas, et quand bien même, on n'aurait pas les moyens d'avoir un ordinateur chez soi.
A ce compte-là, personne ne s'en sort naturellement, Milo."

Lisez ce roman, vous aimerez sans aucun doute. J'ai tout aimé, pas une seconde d'ennui. Magnifique roman.

Bye MClaire.





jeudi 27 décembre 2018

"Noël à la petite boulangerie" Jenny Colgan.



Je viens d'apprendre un mot pour désigner des livres écrits par des femmes pour les femmes "Check Lit", je ne savais pas.

J'avais lu "La petite boulangerie du bout du monde" avec énormément de plaisir, c'était mignon, plein de bons sentiments, j'avais écrit une gazette pour dire ce que j'en pensais ICI. Je devrais me méfier des livres écrits à la suite d'un succès, il y en a eu deux, je n'ai pas lu le deuxième mais j'ai acheté le troisième en poche. La couverture est attirante, période de Noël, j'espérais passer un aussi bon moment qu'avec le premier.
Je l'ai lu jusqu'à la dernière page mais sans réel plaisir, sans suspense, j'ai vite deviné la suite, guimauve à souhait, le style d'écriture est plat, rien de comparable avec le premier. Déçue, pas du tout le livre "bonbon" que j'aime, je venais de terminer celui de F.O.Geisbert, j'avais besoin d'un livre facile à lire, j'ai beaucoup pensé à celui de F.O.G. J'aime tout lire mais pas n'importe quoi !!

L'histoire :

Nous retrouvons Polly, Neil le macareux et Huckle l'apiculteur amoureux de Polly. 
Des pages pour nous décrire les hésitations de Polly lorsque Huckle parle de mariage, ses difficultés à surmonter une enfance sans père, sa mère a été abandonnée enceinte.

Des pages pour nous décrire les états d'âme de Kerensa, amie de Polly, Kerensa est enceinte et redoute que l'enfant soit le fruit d'une aventure d'un soir avec un danseur Brésilien immense, bien brun et poilu alors que Reuben son mari est roux, plein de tâches de rousseur et de taille moyenne. La situation aurait pu être décrite avec un peu d'humour, rien.. Il paraît qu'un bébé sur dix est élevé par un père qui ne se doute pas qu'il n'est pas son père, évidemment sous certaines conditions..

Des pages pour nous décrire les dépenses somptuaires ou somptueuses de Reuben, complètement irréelles à mon avis, les riches ne dépensent plus leur argent au nez des pauvres, ils font ça entre eux.

J'avais beaucoup aimé la description de cette petite île de Cornouailles dans le premier roman, une vraie envie de la visiter, là rien n'est arrivé.
Neil le macareux reste sympathique, bien installé dans son rôle d'animal de compagnie qui normalement est incompatible avec une vie de macareux. Il prend du poids, tout à fait normal puisqu'il ne bouge pas ou si peu.

Disons le tout net, le charme est rompu. L'auteur a prévenu qu'il n'y aurait pas un quatrième tome, bonne résolution.

Bye MClaire. 


mardi 18 décembre 2018

Franz Olivier Giesbert "La dernière fois que j'ai rencontré Dieu."




Nous connaissons tous l'auteur, figure incontournable du journalisme, un journaliste qui aime provoquer, j'aime l'écrivain, il est aussi l'auteur de nombreux essais politiques, j'avais lu "François Mitterrand ou la tentation de l'histoire".
Mon livre préféré écrit par F.O.G "La cuisinière d'Himmler", comment survivre? Ses romans sont toujours très documentés, "La dernière fois que j'ai rencontré Dieu" aussi, j'ai beaucoup appris, ne jamais être découragé(e) par les nombreuses références, au contraire.

Ce livre aurait été écrit au XVIIème siècle, l'auteur aurait certainement subi l'excommunication et aurait été brûlé en place publique, le pape Clément VIII n'aurait pas du tout aimé. Giordano Bruno avait subi ce sort, il avait osé écrire "Il est donc d'innombrables soleils et un nombre infini de terres tournant autour de ces soleils." L'Eglise prétendait que nous étions seuls dans l'univers "La terre est immobile, au centre d'un monde fini, et tout le reste tourne autour d'elle."
Copernic a prouvé que la terre tournait autour du soleil qui est au centre de l'Univers. Cela n'arrangeait pas du tout l'Eglise.

Avertissement de l'auteur:

""Autant vous prévenir tout de suite : ceci n'est pas un ouvrage de théologie. Si c'est ce que vous attendez, débarrassez-vous-en sans tarder. J'ai un grand respect pour elle mais, à haute dose, il me semble qu'elle peut tuer la foi. Or, mon sujet, c'est précisément la foi. La foi du charbonnier, celle qui vous donne un sourire stupide du lever au coucher, celle qui vous porte vers les autres, les fleurs, les enfants, les bêtes, celle qui ne s'apprend pas dans les livres. 
L'existence de Dieu ne se prouve pas, elle ne se prouvera jamais. Elle se sent. Dieu est une chose trop importante pour être confiée aux religions. J'ai écrit ces pages pour vous raconter le roman vrai de mon Dieu tout en partageant avec vous les moments où je l'ai rencontré. J'ai aussi écrit ces pages pour vous convaincre des bienfaits de la réconciliation entre le cosmos et soi, qu'on appelle le panthéisme.
Il est temps d'en mettre dans toutes les religions. Il les apaisera, les embellira".


Dans ce livre les philosophes sont souvent cités mais c'est aussi le récit de son histoire intime. L'amour de la nature, des fleurs, des animaux, de la marche à pied à travers la montagne, des pays visités, des endroits où il sent que Dieu le visite, il vagabonde sur les traces de Giono.
Il y a de tout dans la foi de F.O Giesbert, du bouddhisme, du judaïsme, du soufisme et de l'antispécisme, l'auteur est végétarien, il aime trop les animaux pour les manger.
Ne croit pas du tout à la résurrection telle qu'elle est décrite dans la religion chrétienne. Il a parfois l'impression que sa mère l'accompagne mais sait très bien qu'à sa disparition sa mère disparaîtra aussi. "Ce qui est perdu est perdu. Je ne crois pas à la résurrection. Quand on meurt, c'est pour la vie."
Un vocabulaire recherché, des mots que je ne connaissais pas, lantiponner, soleiller etc..

Après avoir lu une première version de ce livre, Michel Onfray lui a dit :
"Es-tu bien sûr que le nom de Dieu ait une place dans ton éloge du panthéisme? Retire-le, il est de trop. Spinoza accolait ce nom à celui de la nature pour ne pas avoir d'ennuis avec la police de la pensée de son époque. Toi, tu n'as pas besoin. Le mot de nature suffirait." 
F.O Giesbert ne voulait pas, pour lui le mot Dieu ne pouvait pas être isolé du mot nature."Dieu, c'est-à-dire la faune, la flore, l'amour, le cosmos."
Il nous fait prendre aussi conscience de la fragilité de notre planète. Nous en avons conscience, mais que faisons-nous pour qu'elle aille mieux? Rien ou si peu.
J'aime son empathie pour les autres.
Un bel éloge de l'optimisme, l'optimisme aide à vivre, mais en plus il favorise la réussite.
La marche "Il faut marcher, rien ne résiste à la marche furent les conseils de son oncologue "L'effort déstabilise le cancer. Contre lui, il n'y a rien de mieux qu'une longue marche."

Sa devise signée Confucius: "On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une."
"La vie est un plat qu'il vous faut manger avant qu'il refroidisse ou que l'assiette vous soit retirée, ce qui peut arriver à tout moment."

Que vous soyez croyants ou pas, lisez ce livre, je l'ai trouvé passionnant et touchant.

Bye MClaire



vendredi 14 décembre 2018

"Face à la mer" Françoise Bourdin.




"Face à la mer" le roman "bonbon" une histoire agréable qui se lit vite, une écriture fluide, nous n'avons pas besoin de revenir en arrière pour essayer de comprendre. 
Françoise Bourdin est une auteure qui écrit beaucoup et qui vend, Aurélie Valognes, Agnès Martin-Lugand etc. sont les héritières de ce genre de littérature. 
J'ai toujours en tête le stand d'Aurélie Valognes au salon de livre de Vannes, une queue de lecteurs, et d'autres auteurs qui s'ennuyaient, qui attendaient.

L'histoire de ce livre :

Mathieu est à la tête d'une grande librairie au Havre, il travaille beaucoup, ce qui lui a coûté un divorce. La quarantaine bien avancée, bel homme, il est l'amant de la séduisante Tess, une commerçante. Ils s'aiment et ce qui ne gâche rien Angélique la fille de Mathieu qui vit aussi au Havre apprécie Tess. Tout va bien, jusqu'au matin où il est incapable d'aller travailler, le burn-out, une dépression qu'il sera difficile d'expliquer aux personnes qui travaillent pour lui, à Tess et à Angélique. Il se renferme dans la maison de Saint-adresse, une maison qui appartenait à son grand ami César, achetée en viager. Face à la mer, il essaie de se reconstruire sans y arriver, jusqu'au jour où des neveux de César essaient de récupérer cette maison qu'ils jugent leur appartenir, le viager a été court, ils soupçonnent Mathieu de malhonnêteté. Leur irruption dans sa vie permettra au libraire de reprendre goût à la vie, de retrouver sa combativité et de régler ses problèmes familiaux, sa mère voulait une fille après trois garçons, déçue elle ne s'est jamais vraiment occupée de lui...Il décidera de régler ses problèmes d'enfance, ses blessures, n'hésitant à pas à se confronter à sa mère.... A vous de lire la suite.

Ce que j'ai beaucoup aimé, la description de la ville du Havre, son atmosphère, les gros cargos qui défilent sur cette mer qui fait partie de la ville. Je ne connais pas Le Havre, le livre de F.Bourdin est une invitation à visiter cette ville complètement détruite pendant la guerre et reconstruite selon les plans d'Auguste Perret, des rues larges et rectilignes.
L'atmosphère d'une librairie, ces livres que nous touchons, que nous feuilletons, lire quelques lignes, les petits cartons attachés aux rayons avec des critiques, échanger avec d'autres lecteurs. Reposer le livre, en reprendre un autre, nous pouvons passer un temps infini dans une librairie.

Les rapports familiaux si compliqués. Une mère placée en maison de retraite qui a encore toute sa tête mais incapable de s'assumer chez elle. Les conversations avec elle sont amusantes et agaçantes, elle est sourde :
"Tu peux marcher? Tu veux mon bras? Au moins, es-tu prise en charge par un confrère?
-Arrête de me parler de ton frère.
-Un con-frère, maman. Un kiné, quoi!
Son audition baissait de plus en plus, mais elle refusait toute prothèse. Sylvain estima que leur repas allait être cauchemardesque."

Les rapports amoureux si fragiles.

La dépression, le burn-out, ce moment où se lever, se laver, se nourrir, ce moment impossible, et les autres qui veulent que vous alliez mieux. J'ai vu une voisine sombrer, cela fait peur.

Une bonne lecture mais ce n'est pas un grand roman.

Je suis en train de lire le dernier bouquin de Franz-Olivier Geisbert, différent, très différent. Un essai plus qu'un roman "La dernière fois que j'ai rencontré Dieu" Une culture immense.

Bye MClaire.




vendredi 7 décembre 2018

Anne Quéméré "L'homme qui parle juste."



Vous avez aimé lire Jack London "L'appel de la forêt" "Croc-Blanc." vous devriez aimer "L'homme qui parle juste", j'étais captivée par ce récit.
Anne Quéméré est une navigatrice de l'extrême. Finistérienne, de Quimper.

"La première fois que j'ai posé le pied sur le sol dénudé des Territoires du Nord-Ouest, je ne savais pas ce que j'allais trouver. Alors que je déambulais dans le hameau de Tuktoyaktuk, j'arrivais devant un étonnant bateau en bois, à ses pieds une sépulture où un nom était inscrit, Father Robert Le Meur 1920-1985. Ma curiosité était piquée..Un Breton enterré à Tuktoyaktuk, il fallait que j'en sache plus.."

Aidée par la famille de Robert Le Meur, ses neveux, par Sister Faye qui lui a ouvert la mission de Tuktoyaktuk, par Charles Arnold spécialiste des sociétés inuites, Anne Quéméré a pu écrire ce bouquin, la vie du Père oblat Robert Le Meur parti vivre dans le Grand Nord à l'âge de vingt-cinq ans. Evidemment, elle a dû combler des blancs.

Robert Le Meur quitte sa Bretagne natale à la fin de la guerre, en juillet 1946, il traverse l'Atlantique à bord de l'Oregon, arrive à New-York, descend le fleuve Mackenzie à bord du Sant'Anna, d'autres étapes, il arrivera deux mois plus tard à Tuktoyaktuk sans avoir la moindre idée de ce qui l'attend, mais il reste serein, il va vivre ce qu'il souhaitait, conscient d'avoir laissé une vie derrière lui, sa famille, sa terre bretonne à laquelle il était profondément attaché. Il voulait vivre ailleurs, un ailleurs qui l'attendait.
Il découvrira la langue, la construction des mots interminables, les enfants inuvialuits et en particulier An'ngik, un enfant qui a "le regard empreint de la tristesse qui ne le quitte jamais." Cet enfant le ne quittera pas, nous le retrouverons beaucoup plus tard dans le livre, à Vancouver.

J'espère vous avoir donné l'envie de lire ce livre, vous découvrirez la vie rude de ce peuple, leur hospitalité, la nature impitoyable, les Inuits doivent l'affronter pour vivre. Leur dépendance aux animaux pour survivre. Les femmes et les hommes ont ou avaient des rôles bien définis. Un peuple pacifique et doux.
J'avoue une chose, leur façon de se nourrir n'est pas tout à fait de mon goût, mais lorsque nous avons faim....


"Et parce qu'en Arctique on n'a pas d'autre choix que "d'être ce que l'on est", ceux dont il partageait la vie le nommeront Oqayuyualuk, "l'homme qui parle juste". Un bel hommage à celui qui a défendu un des peuples les plus isolés de notre planète. 

J'ai trouvé ce livre chez Easy-Cash, pour un prix dérisoire, il a été édité chez Arthaud en février 2018, il ne doit pas exister en poche.
J'ai beaucoup aimé ce livre.

Bye MClaire.