vendredi 5 juillet 2013

Famille modèle.

Je ne connaissais pas du tout Eric Puchner, l'auteur de "Famille modèle". Il a écrit des nouvelles mais c'est son premier roman. Une réussite.
J'ai accroché dès le départ, je me suis trompée en pensant que c'était un livre amusant, beaucoup d'humour au début, un humour léger sans cynisme. J'ai pensé que c'était bien pour l'été, un livre de plage, pas du tout, un livre profond qui m'a même mis un peu mal à l'aise tant l'histoire est émouvante, actuelle.

 
C'est un livre typiquement américain, l'histoire d'une famille américaine, les parents, trois enfants, Dustin, Lyle et Jonas. Le père Warren avait décidé de bâtir un lotissement en plein milieu du désert de Mojave en Californie, des maisons bon marché, accessibles à la classe moyenne, cette opération immobilière devait se révéler juteuse, il avait englouti toutes les économies de la famille sans le dire à sa femme. Il achète une maison luxueuse bien au dessus de ses moyens dans une "gated community" ce genre de lotissement sécurisé conçu pour les riches. Il loue ses meubles en attendant la fortune, achète une voiture luxueuse jusqu'à ce qu'un matin elle disparaisse, il fait croire à sa famille qu'elle a été volée, en réalité elle a été saisie, Warren ne peut plus assurer le train de vie de sa famille, son rêve s'est transformé en cauchemar.
La construction en plein milieu de son lotissement d'une décharge de boues toxiques fait qu'aucune maison ne se vend. Il est ruiné et doit faire l'aveu aux siens.
Face à cette situation chaque membre de la famille va devoir trouver des ressources pour vivre, simplement vivre.
Le livre atteint son moment le plus touchant lorsque cette famille après avoir perdu sa maison dans une explosion, brûlant gravement Dustin, doit habiter une de ses maisons invendables, tout près de la puanteur de la décharge. Ce sont les passages les plus tragiques et pourtant l'humour n'est jamais loin
La famille se désintègre. L'auteur rend parfaitement les tourments des adolescents, j'ai aimé Jonas cet enfant obsédé par la mort, qui s'habille en orange, victime d'un quiproquo, on le croit responsable des souffrances de son frère défiguré par les brûlures et du coup on ne l'aime plus, il est rejeté, c'est très bien décrit, j'avais envie de le prendre dans mes bras pour le consoler.
J'ai aimé et détesté Dustin, ce grand ado amoureux d'une fille modèle de jeune fille américaine et qui couche avec la petite sœur punk qui a 15 ans, attiré par cette fille un peu trash qui le provoque et qui le fera souffrir. Je l'ai aimé vers la fin du livre lorsqu'il fera preuve d'humanité et qu'il comprendra qu'il lui faudra vivre avec son drôle de visage abîmé par les brûlures. Un être qui se reconstruit dans la douleur.
J'ai aimé tendrement Lyle, une fille qui ne peut pas bronzer tant elle a la peau blanche, attirée par une copine dévergondée beaucoup moins intelligente qu'elle, comme ça se produit dans la vraie vie.
Finalement l'épouse, Camille, laisse assez peu de souvenirs, elle est plutôt effacée malgré son côté olé-olé, elle semble ne pas dominer la situation, ne pas prendre conscience de la déliquescence de sa famille jusqu'au moment où enfin elle prend une décision radicale, qu'elle aurait pu éviter à mon avis si elle avait fait preuve de plus de fermeté et de compréhension. Le fiasco de sa famille n'est peut être pas dû qu'à Warren.
Que dire de Warren le père ? On ne peut avoir que de la compassion pour lui, je ne suis pas arrivée à le mépriser, bien au contraire, comme un enfant qui aurait fait une grosse bêtise et qui n'aurait pas osé l'avouer, alors que tout aurait plus simple si dès le départ il avait assumé, mais là c'est mon côté maternel qui parle.

Puchner a le souci du détail, j'ai ri lorsqu'il décrit la façon qu'ont les parents de se coucher dans leur lit lorsqu'ils se sont fâchés, chacun au bord du lit avec le souci de ne pas se toucher, tomber du lit plutôt que le frôler, c'est vrai ou pas vrai ?
J'ai ri lorsqu'il décrit les nids des chenilles processionnaires dans les arbres, ces nids qui ressemblent à des barbes à papa. C'est vrai, il y en a dans un jardin pas très loin de chez nous, dans les grands pins. Des barbes à papa, c'est bien trouvé.
J'ai presque pleuré en lisant "Warren contemplait le dos de son fils, recevant son mépris en plein visage" Il retournait à la case départ, il n'avait jamais vu que le dos de son fils, le dialogue était impossible entre ce père un peu lâche mais aimant et ce grand ado méprisant.
Au fait, est-ce que cette famille qui semblait modèle était aussi soudée qu'elle le paraissait au départ ? Le chaos était sans doute sous-jacent, elle ne pouvait qu'exploser comme leur maison.

C'est une de mes meilleures lectures de cette année. C'est drôle malgré une situation dramatique, intelligent, tendre, bien écrit, rien ne manque. J' ai aimé, beaucoup aimé, un beau chemin parcouru avec cette famille américaine qui représente si bien "le rêve américain" qui tourne quelquefois au fiasco, à la débâcle.

Je vais attaquer "Demain j'arrête" et j'ai acheté aujourd'hui un tout petit livre "La mise à nu des époux Ransome" d'Alan Bennet. J'avais beaucoup aimé "La reine des lectrices", il semble que ce bouquin soit aussi amusant.
Bye MClaire.









mardi 25 juin 2013

Je n'aurais pas dû commencer à lire "Hôtel Lutetia" après avoir terminé le bouquin de F.O.G "La cuisinière d'Himmler", j'ai trop aimé ce dernier et celui de Pierre Assouline me semble plus fade, intéressant sur le plan historique, bien écrit, mais il n'a pas le peps de l'autre. L'histoire est évidemment complètement différente.

 
C'est l'histoire d'un homme Edouard Kiefer, ancien flic des RG, détective chargé de la sécurité du Lutetia. Nous sommes en 1938, le Lutétia est l'unique palace de la rive gauche, il a ses habitués, Edouard Kiefer connaît tout de leur vie, leurs petites habitudes, leurs secrets, leurs manies, il est discret, il observe depuis son bureau qui domine le hall d'entrée. L'hôtel voit défiler Picasso, Roger Martin du Gard qui vient de recevoir le Nobel, Samuel Beckett, le général de Gaulle y a passé sa nuit de noces.
Certains viennent passer leurs dernier moments dans un hôtel, il paraît que c'est plus rassurant de mourir à l'hôtel que chez soi ou dans un hôpital.
Il y a lui le "flic" et le concierge aux clés d'or qui est un Etat dans l'Etat. Les revenus du concierge sont souvent supérieurs à ceux du directeur, il a un vrai pouvoir.
 
La guerre arrive et avec elle la clientèle du palace change, les allemands s'installent dans ses murs, l'Abwehr s'y installe. E.Kiefer sait tout, les tortures dans les chambres, le marché noir, il peut devenir résistant, un peu collabo, il a des doutes, il obéit, mais peut-on obéir longtemps sans perdre notre conscience ? Jusqu'où peut-on aller sans trahir sa conscience ?
Je me suis très souvent posé la question, qu'aurions nous fait pendant cette période si troublée ? Un tel aurait fait un parfait collabo, l'autre un résistant, mais je me trompe peut être, les circonstances peuvent révéler des caractères tout à fait différents de ce que nous pensons connaître d'eux.

La troisième partie du livre est très émouvante, le retour des déportés, ils sont reçus dans ce palace qui accepte de les héberger, sans doute une façon de se faire pardonner l'hébergement des occupants. Les enfants qui viennent chaque jour assister à l'arrivée de ceux qui rentrent avec l'espoir de retrouver leur mère, un panneau dans les mains et un jour ils abandonnent ce fol espoir. Cette rescapée qui fait preuve d'aucune compassion pour répondre aux questions de ceux qui espèrent retrouver un des leurs, complètement accaparée par sa propre douleur. Ces ombres qui parcourent les couloirs, légères, émaciées, édentées

J'ai lu beaucoup de livres qui parlaient de la guerre, j'ai vu de nombreux films qui en parlaient aussi, c'est sans doute ce qui justifie mon manque d'enthousiasme pour ce livre, bien qu'il y ait aussi une trame romanesque.
J'ai tout de même appris, il y a toujours quelque chose à apprendre dans un bouquin.
L'originalité de cet ouvrage est que tout se passe dans un hôtel, un espèce de huis-clos.
L'histoire d'un grand hôtel peut s'écrire à la seule vue des chaussures devant les portes. Le Lutécia a vu  des Oxford noires, les bottes de l'occupant et les paires de chaussures d'un autre âge données aux déportés.

Les retrouvailles avec sa maman qu'il croyait disparue sont aussi émouvantes, retrouvailles assez brèves puisqu'elle se suicide. Lui qui avait passé sa vie à fouiller la vie des autres, n'avait pas fait de recherches pour retrouver sa mère, son père l'avait fait interner.

A la fin du livre E.Kiefer dit "Il paraît qu'on se provincialise au fur et à mesure que l'on avance en âge. Qu'importe après tout puisque quand on s'éloigne du monde, on croit aller là où il fait bon vivre alors qu'on se rend là où il fait bon mourir. Heureux ceux qui trouvent le pays pour finir et pour commencer ! Ceux qui mourront pas très loin de là où ils sont nés."
Dans notre monde moderne, c'est de plus en plus difficile, mourir là où nous sommes nés, pour certains c'est même impossible.

Nous connaissons le Lutétia, le repas de mariage de mon frère a eu lieu dans cet hôtel. Je ne connaissais pas son histoire, si j'avais su, j'aurais été plus attentive. Nous avons eu aussi, grâce à mon fils qui y travaillait, l'occasion de dormir dans un palace quelques nuits. L'atmosphère de ces hôtels est bien particulière, c'est une expérience à vivre à condition qu'elle soit offerte comme dans notre cas, le prix prohibitif des chambres a de quoi nous effrayer, mais il paraît qu'il y a des périodes où les chambres sont "soldées", il suffit de se renseigner, je n'aurais jamais su le faire.

C'est un beau livre, mais n'attendez pas qu'il vous transporte comme de nombreux bouquins dans une ambiance qui vous fait oublier le quotidien. C'est un livre historique qui revient sur une période si souvent racontée avec des détails que nous ne connaissons pas, très documenté.
Belle écriture comme toujours chez Pierre Assouline. J'ai aimé sans me passionner.

Bye MClaire.




jeudi 13 juin 2013

Je suis orpheline, orpheline d'un livre "La cuisinière d'Himmler". J'ai terminé ce livre tout à l'heure et pourtant j'ai freiné mes envies de le lire parce que je n'avais pas envie de le finir.
Un bouquin à lire ou à offrir sans modération. Vous ne pouvez pas être déçus, c'est impossible. Franz Olivier Giesbert signe là un grand roman, une épopée à travers le siècle, un siècle traversé par Rose, personnage truculent, elle aime sa vie, la vie, et décide à 105 ans d'écrire ses mémoires.

Je disais à mes copines lectrices que nous devrions apprendre l'histoire à travers un roman, je suis certaine que les enfants y prendraient beaucoup plus de plaisir. J'ai appris des faits de l'Histoire avec un grand H que je ne connaissais pas, des anecdotes sur des personnages célèbres tels que Sartre et Beauvoir. F.O.G a une culture extraordinaire et il partage.
Ce livre pourrait ressembler "Au vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" mais non, c'est autre chose, la même trame certes, beaucoup plus passionnant, je m'étais un peu ennuyée en lisant "Le vieux..." là pas une seconde, c'est gai, un antidote à la morosité qui règne actuellement. La vie de Rose n'est pourtant pas tranquille, elle est traversée de drames, mais sa joie de vivre et sa sensualité font qu'elle survit à tout, le génocide arménien, le nazisme, le maoïsme. Son moteur la vengeance.
Petite fille arménienne, elle a vu toute sa famille assassinée par les turcs, elle seule est sauvée grâce à un musulman qui lui demande de se cacher dans une charrette de fumier. Elle est faite prisonnière et pour sauver sa vie doit se convertir à l'Islam avant d'être vendue à un riche arabe qui fait d'elle un objet sexuel sans jamais la déflorer, lassé il la cède à un autre poussah, marchand qui possède un bateau, elle deviendra sa maîtresse à 11 ans, lui fera croire qu'elle l'aime jusqu'à l'arrivée à Marseille, où elle s'évadera. Elle vivra de rapines, dans la misère, et arrive le moment où elle sera adoptée par un couple de provençaux qui l'éduqueront et lui donneront de l'amour, mais la vie sera de nouveau cruelle, Rose n'est pas faite pour vivre dans la douceur et le bonheur, le sort s'acharne, Rose devra faire face sa vie durant à l'horreur des hommes. Elle garde sur elle la liste des hommes qu'elle doit éliminer, juste pour ne plus avoir cette boule au ventre.
Pourquoi Himmler ? Himmler vient manger dans son restaurant "La petite Provence." Elle deviendra sa maîtresse, enfin pas tout à fait, rien n'ai jamais consommé, elle veut se servir de lui pour retrouver son mari et ses enfants qui ont été déportés. Elle cuisinera pour Hitler dans son repaire de Berchtesgaden, Hitler syphilitique, souffrant de maux d'estomac violents. Elle quittera Himmler sans avoir retrouvé ses enfants, morts dans les wagons de la déportation.

Vous lirez la suite en achetant le livre. Un livre jubilatoire, captivant, quelquefois cru et souvent très drôle,  malgré toutes les horreurs traversées.
"....On peut considérer sans crainte de se tromper, comme l'une des périodes les plus affreuses de l'histoire de l'humanité : Le siècle des assassins. Il a fait tellement de morts, dis-je, qu'on n'est même pas foutu de les compter."
"Si l'Enfer, c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie."
"Un discours, c'est comme une robe de femme. Il faut qu'il soit assez long pour couvrir le sujet et assez court pour être intéressant. Le mien tiendra en une phrase : on n'a jamais que la vie qu'on mérite."

Bye MClaire.


jeudi 6 juin 2013


Le beau temps ne favorise pas la lecture, sauf sur une plage. J'avais un bouquin en cours "Le confident" je lisais quelques pages et le jardin m'appelait. Je m'asseyais pour admirer et une mauvaise herbe m'attirait, il fallait que je l'enlève, ce n'est pas ce qui manque, le jardin

 
ne sera jamais un jardin à la française, j'aime mieux les jardins anglais, un peu fouillis. Le gazon fleuri n'a pas encore de fleurs, ça vient, la chaleur va favoriser la floraison. C'est l'arrière de la maison, l'endroit où nous sommes bien les jours de vent.

 
Pour une fois, je vous mets une photo de Christian sur un transat, c'est tellement rare !!

Aujourd'hui il a fait chaud, je n'avais pas envie de bosser, je me suis donc installée sous le parasol pour finir mon livre, ce que j'ai fait, j'avais l'intention de monter, m'installer devant l'ordi pour écrire ma gazette et je me suis laissée entraîner dans une autre lecture "Comment j'ai vidé la maison de mes parents". Petit livre que j'ai lu d'un trait, sans relever le nez.

Ce bouquin n'est pas récent, il date de 2004, il est édité en poche depuis peu.
J'ai beaucoup aimé. Lydia Flem est psy. Fille unique, elle perd sa mère deux ans après son père et elle doit vider la maison de ses parents.
"La mort d'une mère doit être quelque chose de singulier qui ne peut se comparer à rien d'autre et doit éveiller certainement en nous des émotions difficiles à concevoir." Sigmund Freud. Le livre commence par cette citation.
Toute l'histoire nous touche au cœur. A tout âge nous nous sentons orphelins lorsque nos parents disparaissent :
"Il se peut que les liens d'alliance et ceux de l'amitié ne soient pas moins puissants que les liens de filiation, et peut-être sont-ils bien plus heureux, mais il n'empêche qu'après la mort de nos grands-parents puis celle de nos parents, il n'y a plus personne derrière nous....En disparaissant, nos parents emportent avec eux une part de nous-mêmes."
Vient le moment où il faut s'attaquer au déménagement de tout ce qui constituait l'univers des parents, surtout lorsque la maison est habitée depuis longtemps, fouiller dans leurs papiers, découvrir des petits secrets, se séparer des choses qui encombrent. L'héritage n'est pas une donation, les gens héritent de leurs parents tout naturellement, la donation c'est différent, ce sont les parents qui décident de donner de leur vivant tel objet de valeur, des bijoux :
"Tout ce qui dans mon enfance ou mon adolescence m'avait fait rêver, que j'avais souhaité recevoir, que j'avais espéré, convoité et demandé sans succès, ou qu'il m'avait interdit de toucher, tout ce qu'on m'avait empêchée d'utiliser ou de porter m'était soudain échu."

Nos parents sont en même temps très proches mais quelquefois inaccessibles, nous ne connaissons pas leurs pensées secrètes, il y a des moments de leur vie que nous ne soupçonnons pas. En vidant leur maison nous pouvons découvrir des aspects d'eux que nous ignorons et qui nous surprendront.

Je dis nous, mais pour moi ce ne sera pas le cas, les miens ont souvent déménagé leurs affaires, mon père jetait beaucoup, pas d'accumulation, à sa mort nous avons juste découvert une lettre qu'il conservait précieusement, il voulait récupérer ses meubles restés en Algérie et la réponse se trouvait dans cette lettre, aucun espoir. Cette lettre avait 48 ans. Nous ne connaîtrons jamais les actes qui constituent le fait de vider une maison, puisque lui se chargeait de faire disparaître tout ce qui l'encombrait et ma mère finit sa vie dans un petit appartement qui ne recèle aucun endroit secret, rien n'échappe à l'oeil.

En lisant nous découvrons les différentes phases du deuil, elles peuvent être différentes d'une personne à l'autre. Nous faisons avec l'auteure un bout de route douloureux mais en même temps traité avec des petits moments d'humour. 
Je vous le conseille.

"Le confident" d'Hélène Gremillon.

Livre dérangeant, très bien écrit, original, surprenant par les rebondissements. C'est le premier roman de cette auteure, pour l'anecdote elle est mariée à Julien Clerc.
L'histoire se déroule pendant la seconde guerre mondiale et un peu plus tard.
Une jeune femme Camille perd sa mère brutalement alors qu'elle attend son premier enfant, elle est éditrice, a un amant Nicolas qui lui ne veut pas d'enfant, elle décide de garder ce bébé malgré l'abandon du papa. Un mardi, un courrier arrive sur son bureau écrit par un dénommé Louis, la lettre est écrite comme un roman, il faut attendre l'autre mardi pour connaître la suite, plusieurs mardis. Camille pense que c'est une personne qui a trouvé cette manière originale pour se faire publier, mais au fur et à mesure s'insinue dans l'esprit de Camille l'idée que ces lettres sont pour elle, que quelqu'un veut lui faire connaitre une vérité, elle n'est pas l'enfant de celle qui l'a élevée, Elizabeth.
Elizabeth qui menait une existence bourgeoise avec Paul journaliste, découvre qu'elle ne peut pas avoir d'enfant, elle est stérile. Avoir un enfant tourne à l'obsession, elle essaie par tous les moyens de tomber enceinte, fait les choses les  plus folles écrites dans des livres pour devenir féconde. Tout le malheur des femmes stériles est décrit dans ce bouquin. Jusqu'au moment où lui vient une idée, qu'Annie la jeune fille qui vient peindre chez elle, qui lui tient compagnie, devienne la mère porteuse de cet enfant.
Elle demande à son mari d'avoir une seule relation avec Annie, une seule c'est promis, lui surpris refuse puis se laisse convaincre. Il est si convaincu qu'il s'éprend de la jeune fille, bien sûr la première fois n'a pas été concluante, ils recommencent, jusqu'à ce qu'Elizabeth découvre cet amour. Annie tombera enceinte. Je ne vous raconte pas la suite. C'est un roman bien maîtrisé qui nous entraîne dans une histoire à tiroirs sur fond de guerre mondiale. Joli style, j'ai bien aimé l'alternance, les lettres de Louis et les chapitres Camille. A quand le deuxième roman ?

A l'heure où les mères porteuses sont le sujet d'émissions à la télé ou sujet des infos, ce bouquin nous fait découvrir toutes les souffrances de certaines femmes qui ont promis de donner leur enfant mais qui n'arrivent pas à se détacher de lui. Je ne pense pas que cela soit simple de faire ce cadeau, son bébé et dans le roman c'est encore plus compliqué puisque la mère porteuse et le géniteur tombent amoureux, ce qui n'est pas impossible dans la vie.

Je vous le conseille vivement, vous serez pris dans l'intrigue, pas une seconde d'ennui.

Je vais commencer celui de F.O Geisbert "La cuisinière d'Himmler". Je vous donnerai mon avis dans une prochaine gazette, il vient juste de paraître.

Bye MClaire.



dimanche 26 mai 2013

Le festival de Vichy, heu! non, le festival de Cannes est fini. J'ai un peu suivi, mais surtout aujourd'hui , c'était la distribution des prix. Je suis toujours fascinée par le cinéma, les actrices, les beaux acteurs, les jolies robes qui traînent par terre, des robes de princesse, les bijoux ne sont pas pour moi essentiels. Un peu suffoquée en voyant la robe d'Emmanuel Seigner, elle aurait été nue cela n'aurait pas été pire, elle était au bras du sulfureux Polanski, son mari.
Il fut un temps, c'était le cinéma américain qui était le plus récompensé à Cannes, bizness oblige, depuis l'émergence des pays asiatiques ce sont eux qui reçoivent des récompenses, bizness oblige.
 
Kim Novak, 80 ans, la belle Kim qui a dû faire rêver des millions de garçons au temps de sa splendeur, était là. Liftée, une silhouette de jeune femme, mais il a fallu l'aider pour descendre deux marches, difficile de tricher.
Après quelques hésitations, j'irai sans doute voir le film "Le passé" avec Bérénice Béjo, ça doit être très triste, mais puisqu'elle a obtenu le prix de la meilleure actrice, il doit valoir le coup. Les films récompensés ne sont pas toujours des films qui font des entrées, c'est bien connu, souvent trop cérébraux. Je vais au cinéma pour passer un bon moment, pas pour m'ennuyer et essayer de comprendre où le metteur en scène veut arriver. En même temps, les films de Dany Boon ne m'ont jamais fait rire !
Vive le cinéma, dernier bastion du rêve à notre époque, avec les livres.

 
En voyant ce dessin sur internet, dessin de Jacques Ferrandez pour une adaptation de "L'étranger" de Camus, j'ai eu un pincement au cœur en voyant le car rouge sur la route.
Cela me rappelait exactement les cars qui circulaient sur les routes d'Algérie. Mon premier souvenir aussi net, j'étais toute petite 4 ans peut être et ma mère m'amenait à Alger, nous n'habitions pas si loin d'Alger, mais nous n'avions pas de voiture et nous ne nous déplacions pas facilement. Assise sagement au début, je commençais à ne pas tenir en place, j'étais dans l'allée du car, chaque main posée sur les accoudoirs et d'un seul coup la mer, j'ai crié "Maman, la mer, regarde." et j'ai fait quelques galipettes dans le car. Je revois la scène comme si c'était hier. Ma mère essayait de me calmer, cette petite fille était décidément insupportable. Je ne me souviens plus du nom de la compagnie des cars en Algérie.
Pour revenir à l'adaptation de 'L'étranger" il paraît qu'elle est très réussie, une rencontre entre un auteur et un dessinateur. J'ai relu "L'étranger" il n'y a pas longtemps. Camus est fascinant.

Journée magnifique aujourd'hui, ciel bleu, soleil, seul un petit vent un peu frais pouvait nous déranger, il suffisait de se mettre à l'abri, j'avais chaud, je changeais sans arrêt mon transat de place. Je lisais, complètement conquise par "Mort d'un berger" de Franz-Olivier Giesbert.
Une vraie pépite ce petit livre publié en 2002.
Je connais Giesbert en tant que journaliste, animateur d'émissions politiques ou autres, il a du talent. J'avais lu un seul livre de lui, une biographie de François Mitterrand.
Sylviane du club de Vernon avait amené des livres à Vichy, merci, mille fois merci pour m'avoir donné un si beau moment de lecture.
Si vous aimez les livres de Barjavel, Clavel et Giono, des écrivains du terroir vous aimerez ce bouquin.
L'histoire se passe dans le Mercantour, la limite entre les Alpes et la Provence, un vieux berger Marcel Parpaillon vit là, dans une bergerie, aidé par Mohamed, appelé Mohamed VI, muet, dévoué, le fils de Marcel est revenu chez son père, mais un jour Patrick est retrouvé mort sur un sentier de montagne, une vilaine morsure au cou, il est tombé en arrière sur des pierres. Qui est l'auteur du crime? Parce que c'est un crime. Le voisin tant haï qui possède un molosse?
Une jeune femme fait son apparition dans le village Juliette Benamou, un peu nymphomane, elle tombe amoureuse de Mohamed. Qui est Juliette?
L'histoire se corse lorsque des brebis sont tuées, sans doute par un loup, les loups commencent à être introduits dans le Mercantour, le grand malheur de Marcel Parpaillon qui décide de l'éliminer alors que la loi l'interdit.
J'ai été éblouie par le vocabulaire et la façon d'écrire de Giesbert, chaque page recèle un mot que je ne connais pas, pour l'anecdote, il y a PIAPIATER, le grand prix à Pougues, mais attention, il y a de nombreux mots qui ne sont pas admis au scrabble, il faut vérifier.
Il y a la montagne si belle et si secrète, celle des touristes et celle des bergers. La montagne écrasée de chaleur, propice aux ébats amoureux de Juliette et de Mohamed, la chaleur exacerbe les sens, ils s'en donnent à cœur joie, mais tout est décrit avec des jolies phrases "Ils étaient trop occupés à se tripoter, derrière lui, avec quelque chose qui ne cessait de grandir en eux, une mer qui venait, tandis que leurs chairs frissonnaient sous les mains qui passaient."
Le monde de la télé est décrit en quelques phrases, l'auteur connaît bien :
"Y a tellement d'imbéciles, là-dedans, qui passent leur temps à se congratuler en se faisant dessus et par-derrière. Tout ça, en circuit fermé. Vous imaginez les odeurs là-dedans ! Non, vous n'imaginez pas, parce qu'elles sont inimaginables."
Un conseil aussi "Les ennuis arrivent toujours quand on commence à parler. C'est rassurant, d'ouvrir son cœur, et puis ça fait du bien partout. On se sent la tête légère. La respiration devient plus facile. Le sang circule mieux. On transpire moins. Mais ça finit par tuer l'amour, la parlote, car l'amour n'aime rien autant que le silence."
Bon, je suis mal barrée, mais depuis tant d'années il m'aurait bien dit de me taire !!!
Ce livre est aussi un hymne à la femme :
"Si Dieu avait été une femme, le monde n'en serait pas là."
Une note optimiste, la mort n'est pas triste, nous sommes tous des poussières d'étoile, un petit tas d' acides aminés qui pantelle dans l'infini.
C'est un livre un peu policier, pas trop, écolo oui, disons éco-policier. Après Dieppe que j'avais envie de connaître, voilà que le Mercantour m'attire aussi, je connais un peu, mais après avoir lu le bouquin j'ai très envie d'y séjourner. J'adore la montagne, j'irai même voir "Belle et Sébastien" lorsqu'il sortira en décembre.

Ce livre est un régal, si vous ne l'avez jamais lu, allez-y, il doit bien encore se vendre. Je vais me mettre à la recherche d'autres livres de Giesbert.

J'ai lu aussi "La mort de Napoléon" écrit par Simon Leys. Un tout petit bouquin amusant. Que serait devenu Napoléon s'il n'était pas mort aussi tôt. L'auteur imagine Napoléon évadé de St-Héléne en laissant un sosie sur l'île. Napoléon en vendeur de melons, ou visitant Waterloo, puis amoureux d'une femme 'l'autruche" dont il ne connait même pas le nom, c'est vraiment surprenant, j'ai beaucoup souri. Les situations sont cocasses, un homme qui a été l'homme le plus puissant du monde, qui retourne à un destin qu'il n'avait pas imaginé.

Bye MClaire.









vendredi 17 mai 2013

"Comme un avion sans elle". Comme il m'arrive très souvent, j'ai acheté ce livre à l'instinct, je savais qu'il me plairait et en lisant la quatrième de couverture j'ai découvert qu'il était recommandé par Gérard Collard, ce célèbre libraire qui officie dans le "Magazine de la santé", petites lunettes rondes et mèche gominée sur le crâne. Il a toujours un goût très sûr et sait vous donner l'envie de lire.

Je l'ai commencé à Baden, il est resté en plan, la cause : le festival de Vichy qui me prenait tout mon temps, et j'avoue que je n'avais pas très envie de lire deux ou trois pages, c'est un livre plein de suspens, on ne peut plus le lâcher, je ne pouvais pas lire tard et jouer au scrabble le lendemain matin, ce n'étais pas possible. J'ai besoin de mes heures de sommeil.

En rangeant la caravane avant de partir de Vichy je l'ai mis dans la voiture avec la ferme intention de le lire. Ce que j'ai fait. Un peu plus de deux heures de route, avec des pauses, il fallait bien regarder les panneaux pour la direction à prendre, je suis le GPS, et si je ne fais pas mon travail nous risquons de nous retrouver dans le sens inverse ou très loin de notre destination, je me méfie du sens de l'orientation de Christian.

Ce livre  est écrit par un monsieur que je ne connaissais pas du tout, Miche Bussi, un petit air à la Jean-Luc Anglade et beaucoup de talent.

L'histoire : Un crash d'avion dans le Jura, tous les passagers sont tués, un bébé de sept mois échappe miraculeusement au crash, la petite fille est éjectée loin de l'avion. A qui appartient ce bébé? Dans l'avion deux jeunes couples avaient un bébé du même âge, Emilie Vitrac ou Lyse-Rose de Carville? Un milieu modeste et un milieu très riche, la vie de ce bébé ne sera pas la même si la justice décide de la confier aux grands-parents Vitrac ou aux Carville.
Il faut dire que l'histoire se déroule en 1980, pas encore de tests ADN.
L'enquête est confiée à Crédule Grand-Duc, un détective grassement payé par les Carville. Il travaillera pendant 18 ans sur cette affaire sans la résoudre..
Si vous commencez à lire ce bouquin, vous ne le lâcherez plus, tellement l'histoire est bien ficelée. Pas un instant je n'ai réussi à deviner la fin, ou juste quelques pages avant de finir. Un suspens d'enfer.
Marc le petit-fils des Vitrac qui n'était pas parti en voyage avec ses parents et qui a échappé à l'accident pourra t-il aimer Emilie ou Lyse-Rose sans remords? Il a été élevé avec elle mais un très fort sentiment amoureux se développe au fil des années, la relation est ambigüe. S'agit-il d'un chaste amour fraternel, ou s'agit-il d'un brûlant amour charnel ?
Les tests ADN seront utilisés lorsque ce sera possible, que donneront-ils?
Crédule Grand-Duc est-il un détective de confiance?
Crédule a laissé un cahier à Emilie ou à Lyse-Rose, le livre est donc en partie consacré à la lecture du cahier, et à l'enquête de Marc à qui Emilie a confié le cahier;.
 
Je ne vais pas révéler toute l'intrigue, lisez ce livre et je suis certaine que vous aimerez.
En général je n'aime pas trop les romans policiers mais celui-ci n'est pas tout à fait un policier.

Un passage pour les footeux, j'avais oublié le nom de ce joueur Didier Six, le traumatisme d'une génération de footeux, celui qui a tiré dans les bras du gardien le pénalty tiré à Séville en 1982, il était parti jouer en Turquie et les turcs l'avaient baptisé Dündar Siz, l'ailier gauche de Galatasaray.

Il y a de très belles descriptions de la côte qui part de Dieppe, je ne connais pas, mais cela peut donner envie d'y aller.

J'ai refermé ce bouquin et j'ai commencé "La mort de Napoléon", il est bien avancé, c'est un petit livre pas très épais mais amusant, Napoléon ne serait pas mort à Saint-Héléne, enfin dans l'imagination de l'auteur, ce serait un sosie qui aurait pris sa place. Un petit détail fera chavirer l'histoire du retour de St-Héléne. Je n'ai pas encore fini, mais je prends beaucoup de plaisir à le lire.
Je vais peut-être pouvoir le rendre à Sylviane qui vient jouer à Pougues.

A bientôt pour de nouvelles lectures.  Bye MClaire.

lundi 13 mai 2013

Ma gazette est en pause en ce moment, je n'ai vraiment pas le temps de lire, j'ai joué toute la semaine au scrabble à Vichy, aujourd'hui j'étais très occupée, courses, le frigo était vide, repos, envie de buller.
Je suis en train de lire "Un avion sans elle", j'en parlerai dans ma prochaine gazette.
Sylviane scrabbleuse de Verson (qui sera aussi à Pougues) avait des livres pour moi :

"Lutetia" de Pierre Assouline , hôtel qui a abrité des écrivains, des artistes, des officiers nazis et des trafiquants pour laisser place à des déportés de retour des camps.

"La mort de Napoléon" de Simon Leys, un conte philosophique. Il paraît que ce bouquin est vraiment amusant.

"Mort d'un berger" de Franz-Olivier Giesbert. J'aime bien le journaliste, j'avais lu la biographie de Mitterrand.

Nous ne serons pas de retour chez nous avant la semaine prochaine, alors à bientôt pour vous faire part de mes impressions sur un, deux ou trois bouquins. En attendant vous pouvez toujours lire mon bloc-notes sur le site.