lundi 25 avril 2016
Je l'ai lu jusqu'à la dernière ligne et pourtant j'ai souvent eu envie de l'abandonner, pas toujours, il y a des beaux passages. Ce livre me mettait mal à l'aise, je n'ai jamais côtoyé ce genre de personnages, un monde tellement différent du mien.
Vous allez rétorquer que lire c'est ça, se plonger dans un univers que nous ne connaissons pas, je suis d'accord, mille fois d'accord, un livre doit nous faire réfléchir, rêver, pleurer, mais là ça ne me faisait vraiment pas rêver, la coke, le sexe, la misère humaine, je sais que cela existe mais je n'ai vraiment pas envie de lire un roman qui ne parle que des mauvaises choses de la vie.
L'addiction à la drogue n'est pas belle, à l'alcool pas mieux, ne jamais toucher à ces poisons, ce sont des pièges mortels.
Ce qui m'a plu dans ce roman, c'est l'évolution du personnage de Myriam, ce que j'écris est un peu paradoxal, Myriam ne pouvait évoluer qu'en passant par la coke, l'alcool, le sexe, le mal de vivre, c'est le squelette du bouquin, sans ça tout s'effondre.
L'histoire :
Une famille qui se décompose, la mère est partie, a abandonné son mari et ses enfants, sans explication. Ils vivent dans une maison, un lieu indéfini, il y a là Myriam, Nathan qui partira très vite et le père, figure pas très sympathique qui s'occupe très peu de sa fille. Myriam, très jeune, rencontrera un producteur de cinéma, Yann, qui l'épousera. Elle ne connaît rien de la vie, n'a jamais rien appris, elle traîne une mélancolie carabinée, fait l'amour avec Yann mécaniquement puisqu'il faut. Elle se donnera à d'autres assez facilement.
Il y a Maria, la soeur de Yann, qui apprendra tout à Myriam, elle écrit dans un magazine, la coke circule, Myriam y goûte et ne pourra plus s'en passer, l'alcool aussi sera souvent son soutien. Elle évoluera dans ce monde de "bobos".
Une petite fille, Caroline naîtra, là encore rien, aucun sentiment, l'amour maternel n'est pas au rendez-vous. Cela viendra beaucoup plus tard, mais on peut comprendre, Myriam n'a pas connu l'amour de ses parents, elle n'arrive pas à aimer son enfant.
L'indifférence au monde l'habite.
"Quand il rentrait, Yann prenait Caroline dans ses bras et elle cessait de pleurer aussitôt. Il ne disait rien, mais je savais ce qu’il pensait. Il disait Myriam, tout va bien. Or je n’y arrivais pas. Quelque chose me manquait. Ce fameux instinct maternel, cette attirance naturelle que j’étais censée éprouver. Et j’étais si horrifiée, si honteuse de moi que je le cachais. C’était une vraie souffrance. Je devais me forcer avec elle, lui parler, la prendre, lui sourire quand je n’en avais pas"
Tout est sec. Tout est triste. Lugubre.
La mère de Myriam resurgit, Nathan aussi, les liens familiaux sont vraiment délabrés, il faudra faire face à l'Alzheimer du père qui est hospitalisé.
Bon, ça va, vous ne pleurez pas devant toute cette misère. Je n'ai pas pleuré, moi aussi j'avais le coeur sec en lisant ce bouquin, sauf lorsque Caroline apparaît, les enfants sont toujours touchants..
Dans ce roman, P.Djian se perd un peu, j'ai dû quelquefois retourner en arrière pour reprendre le fil de l'histoire.
La fin du livre est pleine de promesses, ouf !
Je l'ai fini, je voulais aller jusqu'au bout. Est-ce que ce livre fera l'objet d'un film ? 37°2 le matin avait été une réussite, le livre et le film.
J'ai le casting pour ce film :
Luc Besson sera le producteur, Maïween sera Maria (elle avait épousé Luc Besson à 16 ans) - Jean Dujardin aura un contre-emploi, il interprétera le personnage de Yann, je vois bien une jeune comédienne un peu sauvageonne dans le role de Myriam, Lou Roy Lecollinet pourrait tenir ce rôle (Trois souvenirs de ma jeunesse.)
Bye MClaire.
samedi 16 avril 2016
Annie Ernaux "Mémoire de fille."
On peut facilement tirer tant de livres de la vie et l'on peut tirer si peu, si peu des livres.
Kafka.
Un livre, cela se dévore et se hume, c’est un parfum qui est une nourriture, une odeur qui est un incendie. Hubert Juin.
(Le double et la doublure.)
Annie Ernaux a tiré de nombreux livres de sa vie, j'en ai lu quelques uns, j'avais beaucoup aimé "Les années", et comme le dit la citation, j'avais dû le humer avant de l'acheter, je fais toujours ça.
Dans son dernier roman, j'hésite un peu à écrire "roman", ce n'est pas un roman, c'est autobiographique comme souvent dans son oeuvre, c'est l'histoire d'une fille de 18 ans qui est elle mais qu'elle appelle sans cesse "la fille de 58", un dédoublement souhaité.
Ce livre devrait être lu par toutes les ados, elles sont si précoces maintenant, ce que nous étions à 18 ans, elles le sont à 14 ans, elles connaissent presque tout de ce qui se passe lorsque l'amour est là, des choses que nous avons longtemps ignorées, nous nous doutions bien que les bébés ne naissaient pas dans des choux et des roses, mais les choses de l'amour restaient un grand mystère, à 14 ans évidemment, nous étions prêtes à croire que nous pouvions avoir un bébé en embrassant un garçon. Je me souviens très bien de l'instant, de l'endroit, où j'ai posé la question à ma mère " On fait les bébés comment ?" Je devais avoir 10 ou 11 ans, ma mère n'a pas évité la question, mais les explications restaient très évasives, la petite graine rejoignait une autre graine.
"Oui, d'accord, mais comment ?" Je pense que je savais mais je voulais qu'elle le dise, qu'elle m'explique. Elle a expliqué brièvement, mais elle n'était pas gênée, ma mère lisait beaucoup, je ne sais pas si elle avait lu "Le deuxième sexe" de Simone de Beauvoir.
Annie Ernaux est née en 1940, elle est de ma génération, je ressens tout ce qu'elle écrit si justement, les interdits, la surveillance maternelle, les amies, les années de pensionnat, les bals où nous pouvions nous rendre qu'accompagnées par un des parents, assis sur une chaise, le cou dressé pour ne rien perdre, si ma mère avait osé mettre trois chaises l'une sur l'autre, elle l'aurait fait. Son désir d'être amoureuse, sa soif de liberté.
Plus tard elle répondra ceci à un journaliste :
Ma mère était une femme extraordinaire qui admirait les livres, la littérature. Quand j'ai écrit des horreurs sur elle dans Les armoires vides, elle n'a rien dit mais elle a dû souffrir. J'en traîne une grande culpabilité. Moi, en écrivant, je sais que j'ai détruit des choses, des gens. Je ne peux pas m'en empêcher... J'ai écrit un roman qui ne fut jamais publié, et j'en ai parlé à ma mère. Je me souviens de sa réaction: «Si j'avais su, j'aurais bien aimé écrire. Si j'avais su. Et aussi, aller à l'école.»
"Moi, mes parents ne m'ont jamais empêchée de lire, j'ai toujours eu accès à tous les livres que je voulais."
Combien de filles se mariaient pour échapper à la domination familiale ? Pas moi, je vous rassure, je me suis mariée à 18 ans par choix, je l'aimais et cela fait 55 ans que cela dure, et je jouais sur deux tableaux puisque nous étions souvent chez mes parents, c'était pratique. Je ne fuyais pas mes parents.
Annie Ernaux oui, elle en avait même un peu honte, un sentiment gênant, ils étaient modestes, les parents de ses amies étaient des notables, elle avait une bourse, ils ne pouvaient pas lui payer ses études. Ses amies ne venaient pas chez elle.
Une occasion se présente, être monitrice dans une colonie de vacances, gagner un peu d'argent et surtout connaître enfin la liberté, ne plus subir le regard de sa mère.
J'ai tout de suite été happée par les premières lignes du livre "Il y a des êtres qui sont submergés par la réalité des autres, leur façon de parler, de croiser les jambes, d'allumer une cigarette. Englués dans la présence des autres. Un jour, plutôt une nuit, ils sont emportés dans le désir et la volonté d'un seul Autre. Ce qu'ils pensaient être s'évanouit. Ils se dissolvent et regardent leur reflet agir, obéir, emporté dans le cours inconnu des choses. Ils sont toujours en retard sur la volonté de l'Autre. Elle a toujours un temps d'avance. Ils ne la rattrapent jamais."
L'Autre est un chef-moniteur, il ne la violera pas, elle était consentante, mais pour une première fois, ce ne sera pas une belle expérience, mais incroyablement elle se mettra à aimer cet homme qui n'a eu aucun respect pour elle, elle a été l'objet d'un plaisir sexuel brut, il ne s'encombrera pas de préliminaires, elle avait été choisie, elle qui ne se trouvait pas belle.
Cette première fois la poursuivra toute sa vie, jusqu'à l'écriture de ce livre.
C'est la raison pour laquelle j'écris plus haut que ce livre doit être lu par les ados qui veulent sauter le pas. La première fois est tellement importante pour une fille, ne pas se donner à n'importe qui, vite fait et mal fait. "Il vous abandonne avec le réel, par exemple une culotte souillée. Il ne s'occupe plus que de son temps à lui."
Suivent les sarcasmes, les moqueries des autres, toute la colonie est au courant. Heureusement, l'auteure se sent au dessus de tout ça. La lecture du "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, lui donnera les clés pour sortir de ses tourments, elle cessera d'être boulimique, anorexique et ses règles reviendront, l'absence de ce sang lui faisait honte.
Ce livre décrit très bien l'aliénation des femmes qui existe toujours dans certains pays, le pouvoir des hommes sur les femmes.
J'ai beaucoup, vraiment beaucoup aimé ce livre, si bien écrit, si émouvant, si vrai. Annie Ernaux écrit des livres autobiographiques qui se confondent avec notre vie à nous.
Une lecture très forte, j'ai pris mon temps pour lire, chaque phrase est importante. Elle écrit des mots qui sont généralement tus par les femmes, ils sont quelquefois crus mais nécessaires.
Bonne lecture. Bye MClaire.
Plus tard elle répondra ceci à un journaliste :
Ma mère était une femme extraordinaire qui admirait les livres, la littérature. Quand j'ai écrit des horreurs sur elle dans Les armoires vides, elle n'a rien dit mais elle a dû souffrir. J'en traîne une grande culpabilité. Moi, en écrivant, je sais que j'ai détruit des choses, des gens. Je ne peux pas m'en empêcher... J'ai écrit un roman qui ne fut jamais publié, et j'en ai parlé à ma mère. Je me souviens de sa réaction: «Si j'avais su, j'aurais bien aimé écrire. Si j'avais su. Et aussi, aller à l'école.»
"Moi, mes parents ne m'ont jamais empêchée de lire, j'ai toujours eu accès à tous les livres que je voulais."
Combien de filles se mariaient pour échapper à la domination familiale ? Pas moi, je vous rassure, je me suis mariée à 18 ans par choix, je l'aimais et cela fait 55 ans que cela dure, et je jouais sur deux tableaux puisque nous étions souvent chez mes parents, c'était pratique. Je ne fuyais pas mes parents.
Annie Ernaux oui, elle en avait même un peu honte, un sentiment gênant, ils étaient modestes, les parents de ses amies étaient des notables, elle avait une bourse, ils ne pouvaient pas lui payer ses études. Ses amies ne venaient pas chez elle.
Une occasion se présente, être monitrice dans une colonie de vacances, gagner un peu d'argent et surtout connaître enfin la liberté, ne plus subir le regard de sa mère.
J'ai tout de suite été happée par les premières lignes du livre "Il y a des êtres qui sont submergés par la réalité des autres, leur façon de parler, de croiser les jambes, d'allumer une cigarette. Englués dans la présence des autres. Un jour, plutôt une nuit, ils sont emportés dans le désir et la volonté d'un seul Autre. Ce qu'ils pensaient être s'évanouit. Ils se dissolvent et regardent leur reflet agir, obéir, emporté dans le cours inconnu des choses. Ils sont toujours en retard sur la volonté de l'Autre. Elle a toujours un temps d'avance. Ils ne la rattrapent jamais."
L'Autre est un chef-moniteur, il ne la violera pas, elle était consentante, mais pour une première fois, ce ne sera pas une belle expérience, mais incroyablement elle se mettra à aimer cet homme qui n'a eu aucun respect pour elle, elle a été l'objet d'un plaisir sexuel brut, il ne s'encombrera pas de préliminaires, elle avait été choisie, elle qui ne se trouvait pas belle.
Cette première fois la poursuivra toute sa vie, jusqu'à l'écriture de ce livre.
C'est la raison pour laquelle j'écris plus haut que ce livre doit être lu par les ados qui veulent sauter le pas. La première fois est tellement importante pour une fille, ne pas se donner à n'importe qui, vite fait et mal fait. "Il vous abandonne avec le réel, par exemple une culotte souillée. Il ne s'occupe plus que de son temps à lui."
Suivent les sarcasmes, les moqueries des autres, toute la colonie est au courant. Heureusement, l'auteure se sent au dessus de tout ça. La lecture du "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, lui donnera les clés pour sortir de ses tourments, elle cessera d'être boulimique, anorexique et ses règles reviendront, l'absence de ce sang lui faisait honte.
Ce livre décrit très bien l'aliénation des femmes qui existe toujours dans certains pays, le pouvoir des hommes sur les femmes.
J'ai beaucoup, vraiment beaucoup aimé ce livre, si bien écrit, si émouvant, si vrai. Annie Ernaux écrit des livres autobiographiques qui se confondent avec notre vie à nous.
Une lecture très forte, j'ai pris mon temps pour lire, chaque phrase est importante. Elle écrit des mots qui sont généralement tus par les femmes, ils sont quelquefois crus mais nécessaires.
Bonne lecture. Bye MClaire.
dimanche 10 avril 2016
Denis Lachaud écrit pour le théâtre et le cinéma. Il publie ses romans chez Acte-Sud. J'aime la présentation des livres chez cet éditeur, la largeur du livre, nous reconnaissons tout de suite et les romans ne sont jamais trop épais pour ceux qui aiment lire vite.
Ce livre a été publié en 2009, il ne doit pas exister en livre de poche.
Il était sur une pile de livres à lire, j'avais fini celui de Marc Trévidic, j'ai saisi le bouquin, lu deux pages et je l'ai tout de suite refermé, ce n'était pas le bon moment. Nous allions prendre l'avion, vraiment pas la peine de me filer des angoisses, et cerise sur le gâteau, sur la 5 comme souvent, il y avait un documentaire sur un accident d'avion. Je l'ai reposé en me promettant de le lire en revenant de Lisbonne. C'est fait.
Je l'ai lu avec plaisir, c'est un roman vraiment original qui aurait pu tomber dans la mièvrerie. L'auteur a réussi l'exploit de nous passionner avec l'histoire de deux personnages qui échappent à un accident d'avion, le Boeing est tombé dans la forêt équatoriale, ils sont les seuls survivants, autour d'eux l'horreur des corps mutilés, les chairs brûlées par le kérosène, les cris et ensuite le silence et surtout l'incapacité d'aider les autres à s'en sortir lorsqu'on est soi-même blessé, sauver sa peau, marcher loin de ce brasier, essayer de fermer les yeux pour ne pas voir, ne pas avoir de souvenirs.
Lindsay voit surgir un homme blessé qui l'aidera à atteindre un endroit où des secouristes viendront leur donner les premiers soins. Emmanuel s'effondrera et se réveillera beaucoup plus tard, partiellement amnésique.
"D'où nous vient toute cette énergie, d'où tirons-nous notre énergie, toi et moi, l'énergie de progresser sous la canopée, si ce n'est de l'amour ?"
Le mot AMOUR est écrit, ce livre est un roman sur l'amour qui va lier les deux survivants. L'auteur arrive à nous faire douter sur l'identité sexuelle de Lindsay, est-ce une femme ?
Est-ce un homme ? J'ai longtemps cru que c'était une femme, puis j'ai eu un doute, l'idée que c'était une femme est revenue, on ne le sait qu'à la fin. Il faut être adroit dans l'écriture pour faire douter, ne jamais révéler. Emmanuel était amoureux de Camille, Camille, une fille ? Un garçon ?
J'ai beaucoup aimé l'idée que l'amour était évident entre deux êtres, ce n'est pas démodé d'aimer, j'ai aussi aimé l'amour de la vie lorsque celle-ci risque de nous échapper, les mots sont tellement fluides, précis, beaux.
Lyndsay ne peut qu'aimer cet homme qui a vécu les mêmes moments. On ne sort jamais indemne d'une catastrophe qui a failli nous coûter la vie, les autres ne peuvent pas comprendre, les autres hésitent à poser des questions. On peut difficilement expliquer les névroses qui suivent.
Rencontre complètement improbable, c'était écrit.
Emmanuel l'indécis, le désabusé, le tourmenté qui cherche l'amour à travers des sites de rencontres rencontrera Lindsay qui dans la vie joue la comédie sur des scènes de théâtre, où ? en tombant du ciel. De l'horreur surgira l'amour, une renaissance.
Le blog d'Emmanuel est écrit comme un poème, on ne peut pas parler d'haïku mais ça y ressemble. C'est très beau à lire.
Je ne peux absolument pas dire que vous aimerez tous ce roman, cela m'est impossible. Personnellement j'ai aimé le style, l'histoire, il peut vous surprendre.
Bye MClaire.
lundi 28 mars 2016
Michelle ma copine scrabbleuse et lectrice du club de Plouharnel m'avait prêté une pile de livres récents, je ne connaissais pas Anna Enquist, j'avais mis le livre de côté, j'ai lu les autres, elle m'avait dit "Tu me diras ce que tu en penses, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, après quelques chapitres ça allait mieux." Je n'étais donc pas pressée de le lire. J'avais tort.
Dés les premières pages j'ai aimé, j'étais captivée. Nous ne ressentons pas tous les mêmes sentiments en lisant et pourtant je suis souvent d'accord avec elle lorsque nous parlons d'un livre. Il m'arrive de m'enflammer pour un livre, pas elle, et le contraire, mais c'est rare.
Je qualifie ce roman de petit chef d'oeuvre.
La musique, l'amitié, l'amour, un chagrin dévastateur, la politique, la corruption, tous les maux de nos sociétés sont dans les mots écrits tout au long des pages. Seule la fin est un peu surprenante, ce n'est pas le meilleur du livre, un peu rocambolesque, j'ai pardonné tellement le livre est beau pendant 250 pages sur 300 pages.
L'histoire :
Nous reconnaissons Amsterdam, cette ville n'est jamais citée.
Hugo (premier violon) vit sur une péniche, sur le canal, il est séparé, papa de Laura qui a un peu plus de trois ans.
Caroline médecin (violoncelle) est mariée avec Jochem (alto) il est luthier, elle essaie de réparer les corps, lui répare les instruments de musique.
Helen (deuxième violon) est infirmière, la meilleure amie de Caroline, elles travaillent dans le même cabinet médical.
Ils se réunissent pour jouer du Haydn, le quatuor de Mozart,
du Schubert, du Bach. Ils jouent et plus rien d'autre n'existe.
Et il y a Reinier, 80 ans, ancien soliste virtuose. Caroline était son élève lorsqu'il était plus jeune, ils ont été amants, elle continue à prendre des leçons chez lui, une fois par semaine. Reinier est devenu un vieillard, il souffre beaucoup d'un genou, se déplace difficilement, vit dans une maison crasseuse qui sent le vieux, il ne veut pas se faire aider, il a peur du monde qui l'entoure, il craint que les services sociaux l'envoient en maison de retraite, ne comprend pas que son corps qui était si vaillant le lâche, la machine a des ratés et il est impuissant. La vieillesse.
Un jour, un jeune garçon Djamil lui demande ;
"Vous voulez que j'aille porter votre sac à la poubelle ? "
Il se méfie de tant de gentillesse, il ne sait que répondre, l'enfant va peut être lui planter un couteau dans la gorge, il a peur, il est si démuni. Il accepte.
Une histoire d'amitié se créera entre Djamil qui aime la musique et Reinier. De très belles pages. L'amitié.
Le chagrin. Le chagrin que rien ne peut effacer, la perte des deux petits garçons de Caroline et de Jochem, morts dans un accident d'autocar à l'occasion d'une sortie avec leur classe.
La déliquescence d'un couple.
"C'est leur pagaille que je voudrais, leur pagaille et leurs mauvaises odeurs de gamins, se dit-elle. Le désordre, c'est un signe de vie, un présage de rangement, l'annonce de projets et d'entreprises à venir."
J'ai lu que quatre-vingts pour cent des couples qui avaient perdu un enfant se brisaient. Divorce, suicide, maladie qui s'installe, le système immunitaire devient défaillant.
Ils cherchent un dérivatif dans la musique, un pansement sur leurs blessures qui ne veulent pas se refermer. Caroline ne peut pas oublier, elle est devenue imperméable à tous les sentiments. Jochem se renferme dans son atelier, seul endroit de paix pour lui.
Hugo se débat dans son travail, tout lui échappe, le centre culturel où il travaille va fermer, l'adjointe au maire si antipathique lui téléphone un jour, il est viré, la culture n'intéresse plus personne, il n'y a que le profit. Le centre culturel qui a coûté si cher, les élus étaient corrompus, deviendra une espèce de salle des fêtes qui recevra des congrès, finalement ce sont les chinois qui se rendront acquéreurs.
Helen a une occupation en dehors de son travail et de la musique, elle fait partie d'un atelier d'écriture, elle correspond avec des détenus, des assassins, un peu naïvement elle pense les ramener à des meilleurs sentiments, certains d'entre eux sont des psychopathes.
A vous de lire la suite. Vous ne regretterez pas.
J'ai tout aimé.
Après avoir refermé le roman, j'ai appris que l'auteure avait perdu un enfant. Elle est aussi musicienne, elle a su trouver les mots qui nous touchent, trouver n'est pas le mot exact, elle n'avait pas besoin de chercher, tout est encore là, à fleur de peau.
Idem pour la musique, je regrette de ne pas savoir jouer d'un instrument, erreur de jeunesse, j'aime la musique mais je ne suis pas une experte. Anna Enquist arrive à nous intéresser au fonctionnement d'un archet, des cordes, de l'âme d'une viole de gambe, du chevalet, ce n'est jamais ennuyeux, au contraire.
Elle décrit très bien notre société si individualiste, repliée sur elle même:
"Dans la société d'aujourd'hui, l'altruisme et le sens de l'équité sont de sérieuses entraves."
La solitude des vieillards, ces maisons de retraite où les vieux attendent leur arrêt de mort, dans leur fauteuil roulant, ils sont alignés contre un mur ou grabataires
Voilà tout ce que j'avais à dire sur ce livre. J'ai aimé le lire, beaucoup aimé.
Bye MClaire..
mercredi 23 mars 2016
Marc Trévidic "Ahlam".
Cette semaine j'ai lu deux bouquins, complètement dissemblables.
Celui de Frédéric Lenoir "Coeur de cristal." qui est un conte gentillet, pour les enfants et les adultes, il nous raconte une histoire et nous lisons, pour les enfants de 9-10 ans c'est parfait, pour les adultes, c'est juste un bon moment, retomber un peu en enfance, croire encore aux légendes, oublier le sujet du livre de Marc Trevidic, la montée de l'intégrisme en Tunisie, sujet beaucoup plus préoccupant, angoissant. L'actualité est là pour nous le rappeler.
J'avais à la maison "Terroristes, les 7 piliers de la déraison" du juge antiterrorisme Marc Trevidic. Il tient davantage du "documentaire", le juge se mettait dans la peau des apprentis terroristes, il essayait de comprendre ce qui poussait ces jeunes à partir dans les montagnes afghanes. La difficile tâche des juges : un islamiste est-il nécessairement un terroriste potentiel ? Un jihadiste est-il déjà un terroriste ?
Dans "Ahlam" l'auteur mêle une histoire d'amour à la montée de l'intégrisme, les périodes avant et après Ben Ali. La Tunisie en toile de fond.
J'ai lu ce livre avec beaucoup d'intérêt, aucun ennui. C'est le premier roman de l'auteur, les premières maladresses en lisant certains chapitres, ceux qui parlent de l'amour sont inégaux, il y a de belles pages et d'autres un peu trop "appliquées", il s'agit d' un premier roman, c'est pardonnable.
Nous sentons que M.Trévidic est beaucoup plus à l'aise dans la description de ce qui s'est passé en Tunisie, très documenté, pas une fausse note, tout est bien écrit, les enchaînements sont parfaits.
L'histoire :
Paul est un peintre célèbre, 38 ans il décide de s'installer quelques mois en Tunisie, sur l'île de Kerkennah, en face de Sfax. Il a visité cette île avec ses parents lorsqu'il avait 9 ans et en a gardé un magnifique souvenir. Paul est orphelin, ses parents, deux artistes sont morts dans un accident lorsqu'il était enfant.
Il sort d'une histoire d'amour, un chagrin qu'il veut oublier, l'île lui semble le bon endroit pour recommencer à peindre.
Il s'installe à l'hôtel, puis décide d'acheter une grande maison qu'il fait rénover. Il a fait la connaissance d'un pêcheur qui le promène sur sa felouque, il devient l'ami de toute la famille, de Farhat, de la belle Nora sa femme, des deux enfants Issam et Ahlam, et de Fatima la grand-mère.
Les enfants fréquentent beaucoup la maison de Paul après la mort de leur maman, une leucémie foudroyante, Paul décèle des talents chez les enfants, la musique chez Ahlam la fille, la peinture chez Issam. Il s'occupera d'eux sans relâche, pendant des années, né en lui un fol espoir, une oeuvre unique où nous retrouverions la peinture et la musique. Des récitals dans le monde avec les deux enfants qui se transforment en adultes sous ses yeux.
Son rêve ne se concrétisera pas, Issam entraîné par un ami d'enfance basculera dans l'intégrisme, il deviendra l'ennemi de Paul.
Vous lirez la suite.
Ce que j'ai aimé :
La connaissance parfaite des rouages de l'embrigadement des jeunes, M.Trévidic emploie les mots justes, les mots arabes. La description de ce printemps arabe plein d'espoir pour une certaine jeunesse et qui peu à peu s'est transformé en prison, en intolérance, en barbarie. La Tunisie voulait montrer un autre visage, un exemple de démocratie, rien n'a fonctionné comme prévu. Les terroristes agissent, frappent les femmes qui n'obéissent pas, sèment la terreur, détruisent tout ce qui est l'art,
L'auteur nous raconte l'histoire de ce pays.
Il y a ces moments de pure beauté, les paysages, le visage d'Ahlam qui ne se soumet pas, elle fait face à l'obscurantisme, pleine de désespoir en constatant la folie de son frère qu'elle adore, il est embrigadé. Les moments passés sur la felouque, la bonté de Farhat, la preuve qu'un musulman peut être ami avec un "infidèle" en sirotant du rosé sur son bateau, loin des autres qui le croient sobre.
Enfin, il y a l'art et la cruauté du monde qui s'opposent.
J'ai un peu moins aimé :
J'ai eu un peu de mal à croire aux scènes d'amour décrites, même si Ahlam semble affranchie, je sais que les coutumes sont plus fortes que tout, elles se renforcent. Les filles de ces pays ne sont pas prêtes de vivre libres ou il faut qu'elles partent loin de la famille. Très difficile de se débarrasser du joug familial.
J'ai quitté l'Algérie à l'indépendance, j'avais 20 ans mais je suis sûre que rien n'a changé, au contraire.
Conclusion, un livre à lire, malgré quelques maladresses.
L'auteur a tout le temps de se perfectionner pour être un bon romancier, les racines sont là, il ne reste plus qu'à agir en bon jardinier pour que l'arbre produise des beaux fruits, les livres. Bonne chance.
Bye MClaire.
lundi 14 mars 2016
Brigitte Kernel est écrivaine, journaliste, elle anime aussi une émission littéraire sur France-Inter. Elle a publié différents romans, le premier en 2001 "Un animal à vif.".
"Agatha Christie, le chapitre disparu." elle a voulu imaginer les dix jours de la disparition d'Agatha Christie, un chapitre manque dans sa biographie, qu'a t-elle fait pendant ces dix jours de l'année 1926 ? Personne ne le sait, un mystère jamais élucidé.
Agatha, allez appelons là par son prénom, Agatha venait d'apprendre que son mari adoré Archie avait une maîtresse,
une dactylo, Nancy Neele, plus jeune qu'elle, plus mince qu'elle, son mari en est fou, il veut divorcer, mettre fin à la vie conjugale, partir.
Agatha vient de perdre sa mère, qu'elle chérissait par dessus tout. Sale période, elle déprime, et ce traître d'Archie veut l'abandonner, les malheurs ne sont plus supportables. Elle décide de mourir, laissant sa petite fille Rosalind, et son chien qu'elle adorait.
A partir de l'aveu d'Archie, son infidélité avec "cette autruche au cou de poulet" Brigitte Kernel imagine ce qui a pu se passer pendant ces dix jours.
Le voyage vers la maison de Newland Corner, retrouver l'étang de Silent Pool pour y précipiter la voiture. Se noyer, disparaître dans cet étang boueux, sa souffrance est si grande, mais elle a quand même pris une grosse somme d'argent avec elle, on ne sait jamais. Évidemment, le suicide tournera au fiasco. Il va falloir construire un autre scénario pour inquiéter Archie, le faire revenir.
Son amie Nan va l'aider, elle échafaudera un projet de disparition qui devrait fonctionner. Agatha se déguisera en homme pour rejoindre un lieu où personne n'ira la chercher.
Une grande amitié lie ces deux femmes.
Vous lirez la suite.
J'ai aimé ce livre, agréable, de l'humour, une écriture assez vive, qui ne laisse pas place à l'ennui. Il ne sera pas inoubliable, même si Agatha Christie est inoubliable en tant qu'écrivaine. J'ai lu cette auteure lorsque j'étais jeune, plus du tout après.
J'ai surtout aimé les sentiments de cette femme trompée, qui passe par tous les états d'âme. Elle sombre, se relève, l'aime, le déteste, mais elle déteste surtout sa maîtresse, bizarre, c'est toujours la faute des femmes, jamais celle du mari aux yeux des femmes trompées, j'ai quelquefois entendu "Cette garce, cette salope, elle a tout fait pour me le prendre." mais rarement le contraire. Les hommes sont si faibles, ils n'ont pas su résister.
"Ah les hommes. Ils sont toujours plus souffrants que nous, n'avez vous pas remarqué ? Sous leur apparence de combattants, ce sont des enfants et nous les aimons pour cela."
Ce n'est pas pour ça qu'il faut tout leur pardonner, c'est mon avis.
J'ai souvent ri en lisant les excentricités d'Agatha qui redevient une sorte d'adolescente, perturbée, prête à toutes les bêtises pour reconquérir son amoureux.
Finalement, Agatha perd Archie dans la vraie vie, il épousera son autruche sans cervelle, et un matin Agatha se réveillera guérie, elle ne l'aime plus, elle se remariera avec un archéologue, sera heureuse jusqu'à la mort de son second mari.
C'est amusant, lorsque les femmes n'aiment plus, c'est toujours le matin en se réveillant, brusquement elles réalisent qu'elles n'aiment plus. C'est absolument vrai. Les hommes sont plus hésitants, ils ne savent pas quitter, ils attendent d'être quittés.
Elle a écrit "Quand je repense aux douleurs vécues, ces déchirements insupportables qui furent les miennes, comme celles de beaucoup de femmes trompées, puis abandonnées, je me dis que l'amour est un voyage, il faut en accepter la fin pour repasser ensuite dans un autre périple."
"La douleur est un mur. On ne peut le franchir, ni le contourner, ni le percer ; il faut réussir à en prendre la forme, se couler dans l'acceptation et croire en l'éloignement, déchirer les photos, jeter les cadeaux, les lettres, les symboles, pleurer la nuit et hurler le matin, réussir à sentir à nouveau la douceur de la brise sur la peau, à aimer le pourpre et le rose de certains couchers de soleil..."
Il faut savoir tirer un trait sur une vie qui ne sera plus là, revivre avec un autre homme, ou accepter d'être seule, être de nouveau heureuse, c'est la morale de ce bouquin.
Bye MClaire.
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dimanche 6 mars 2016
Olivier Adam "La renverse."
Olivier Adam, je serais incapable de dire "Je n'aime pas son livre." Je suis une inconditionnelle, j'ai dû lire une dizaine de romans de cet auteur, jamais très gais, souvent très sombres mais toujours passionnants.
"La renverse" est un livre que je qualifie de furieux, la colère d'un adolescent embarqué dans une histoire qui le dépasse. Un scandale qui va ébranler M. la petite ville où Antoine habite, le sénateur-maire, un queutard, disons les choses crûment, va provoquer un séisme dans la vie de cet ado. Comme toujours Olivier Adam n'a pas son pareil pour nous donner l'impression d'avoir le souffle coupé, le coeur en miettes lorsqu'il écrit, nous découvrons page après page tous les dommages collatéraux que la mauvaise conduite des parents peut causer dans leur famille. La destruction d'une famille.
L'histoire :
Antoine et Camille vivent dans une banlieue de Paris, le père travaille, rentre tard, peu bavard, froid, lâche, ne s'intéresse à ses enfants que pour les réprimander. Une existence tranquille rythmée par la tonte de la pelouse le week-end, les courses au centre commercial, une existence tranquille mais sans chaleur. Sa mère toujours impeccable, lointaine, mais qui veut sembler parfaite aux yeux des habitants de M. Antoine passe du temps chez son copain Nicolas, là où rien n'est pareil, une famille qui semble unie, un peu fantaisiste, j'ai bien écrit qui semble unie.
Un jour, le sénateur-maire jette son dévolu sur sa mère, elle devient sa maîtresse, son adjointe, la vie de la famille explosera lorsque le scandale éclatera, deux employés de la mairie portent plainte pour viol. La mère d'Antoine et de Camille est mêlée à ce scandale, son nom apparaît dans les journaux, aux infos à la télé. La vie devient impossible pour les ados, montrés du doigt au lycée, insultés, obligés d'effacer les graffitis qui salissent leur maison chaque nuit. Toute cette violence est impossible à gérer, Camille fuit chez son oncle à Bordeaux, fragile, il vit moins en retrait que son frère, il entend, voit, tout devient insupportable. Antoine reste encore un peu, mais il fuira aussi, en Bretagne, la Bretagne est toujours omniprésente dans les romans d'Olivier Adam..
Stop, je n'en dis pas plus.
Evidemment malgré l'avertissement au lecteur, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à l'affaire Georges Tron et à DSK, aux scandales politiques et sexuels, le sénateur-maire est un mélange de ces deux hommes.
J'ai été infiniment touchée par le personnage d'Antoine, par son enfance sacrifiée. Ecoeurée de la duplicité des adultes, de leur perversité, révoltée par la communication des médias, toujours un peu corrompus, une race de journalistes prompte à s'emballer, à semer le doute puis à passer à autre chose sans s'inquiéter des dommages, le lynchage médiatique, j'ai peu de considération pour cette profession. Le chantage de ceux qui se considèrent puissants, tu obéis ou tu es viré, la turpitude des politiques. Du manque de tendresse des parents qui sont toxiques dans cette histoire, très toxiques. Quel bonheur d'avoir des parents "normaux", bien que nous ne soyons jamais des parents idéaux, nos enfants nous reprocheront toujours quelque chose.
Et il y a les doutes, les interrogations d'Antoine, et s'il s'était trompé sur l'attitude de ses parents, arrive la période des remords :
"J'étais son fils. J'avais grandi auprès d'elle. Elle m'avait élevé...J'en venais à penser que dans toute cette affaire, c'était moi le plus dérangé, le plus brutal, le plus insensible. Le plus inhumain. Je me disais : même les animaux. Même les animaux ont plus le sens de la famille, plus d'attachement à ceux qui les ont fait naître et les ont élevés que toi."
"Ma mère était-elle seulement coupable ? Et si oui, de quoi ?
Il ira chercher des réponses auprès de la famille de sa mère, qui confirmera plus ou moins ce qu'Antoine pensait de son attitude envers eux, sa mère était bipolaire, malade, elle avait fait plusieurs séjours en clinique. Antoine n'avait aucun souvenir de tout ça, comme souvent il vivait en retrait, il ne voulait pas voir, il se protégeait, il ne connaissait pas ses parents.
Une poignante description de son enfance, de la destruction de tous les liens familiaux. Antoine cherchera la paix de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec : Il était temps de commencer à vivre.
J'ai aussi aimé le personnage du libraire qui emploie Olivier en Bretagne, peu bavard mais perspicace. La description de ce morceau de Bretagne, l'odeur d'iode, c'est évidemment la région de St-Malo.
J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre très bien écrit, émouvant, comme du Olivier Adam souvent lu.
Bye MClaire.
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