dimanche 22 mars 2015
"Tu me trouveras au bout du monde" Nicolas Barreau
Mais qu'est-ce qui m'a pris d'acheter ce bouquin? Je cherchais "Je viens" il n'était pas encore dans les rayons, j'ai regardé celui-ci, un titre accrocheur, un bandeau "Best-seller", publié chez Héloïse d'Ormesson, un signe de qualité habituellement, je n'avais plus rien à lire, pourquoi pas?
Dés les premières pages j'ai su qu'il n'était pas pour moi, je m'ennuyais, je n'ai jamais rien lu écrit par Barbara Cartland mais j'imagine que ce sont à peu près les mêmes histoires. Je me suis trompée en faisant cet achat, j'avoue, ça m'arrive assez rarement.
Un célibataire J.Luc Champollion, galeriste et don-juan papillonne, les femmes ne sont pas difficiles à séduire, elles le quittent aussi, jalouses. Il est souvent seul chez lui avec son chien Cézanne, a de nombreux amis, la vie s'écoule dans ce quartier célèbre de Paris, St-Germain, jusqu'au jour où il reçoit une lettre qui le chamboule, une femme lui fait une déclaration d'amour en signant Principessa, elle lui donne son mail et un échange s'installe, elle le titille, il se prend au jeu jusqu'à la découverte, elle était là tout près mais il ne la voyait pas.
Ce livre est d'une platitude, rien, il ne se passe rien, j'ai sauté des lignes, cette correspondance me faisait rire plus qu'elle m'émouvait. Je lisais des passages à Christian à haute voix pour qu'il sache pourquoi je n'aimais pas ce bouquin, je voyais bien que son oeil pétillait, il sait que ce n'est pas mon genre les déclarations d'amour d'un autre siècle. Chacun son style.
A mon avis c'est du sous-sous-sous Eric-Emmanuel Schmitt, un auteur que j'adore et qui décrit beaucoup mieux le marivaudage.
Je me suis arrêtée sur une phrase :
"Les femmes sont très sensibles aux mots ; les hommes aux images".
Je n'ai pas du tout aimé vos mots Monsieur Nicolas Barreau, mais d'autres personnes ne resteront pas insensibles à votre prose, c'est possible, je n'ai peut être rien compris.
J'ai quand même aimé une chose, le guide touristique de Paris, il décrit très bien ce quartier de St-Germain qui ressemble un peu à un village, tout le monde se connaît, ils sont entre eux.
Je vais vite oublier, j'ai acheté "Je viens" hier, un autre genre, l'histoire de trois générations de femmes.
Bye MClaire.
samedi 14 mars 2015
"Le gang des dentiers fait sauter la banque"
J'ai mis quelques jours pour lire ce roman, il m'amusait, je souriais mais je ne riais pas aux éclats, j'ai pris mon temps parce qu'il ne me passionnait pas, il se lit bien mais il ne restera pas un souvenir impérissable.
En général j'aime beaucoup les écrivains nordiques, l'auteure est Suédoise Catharina Ingelman Sundberg, j'ai vu après l'achat du livre qu'il y avait eu un premier tome qui racontait les aventures de ces retraités braqueurs, mais cela ne nuisait pas du tout à la compréhension du roman. J'ai tout compris!
L'histoire :
Un groupe de retraités fait des braquages pour améliorer la vie des pensionnaires des maisons de retraite, au passage ils se gâtent un peu mais pas trop, il leur faut juste assez d'argent pour ne pas retourner dans ces maisons sinistres, ils versent l'argent sur le compte de leur fond de pension, font des cadeaux aux pensionnaires, mènent une vie assez agréable, consomment pas mal d'alcool, mangent des bons petits gâteaux confectionnés par Martha, Anna-Greta ou Stina, très appréciés par leurs deux compères hommes Le Génie et Le Râteau.
En apparence ce sont des "vieux" pas dangereux, ils se déplacent avec des déambulateurs bien utiles pour leurs braquages.
Martha est la chef du gang. Elle décide de tout, c'est le cerveau de la bande, Le Génie est bricoleur, les autres obéissent.
Tout ne se passera pas comme ils voudront, ils se feront arnaquer, mais leur imagination n'aura pas de limite pour se sortir des situations embarrassantes, surtout lorsqu'ils achèteront une jolie maison à côté d'émules des Hells Angels, ces motards qui n'ont peur de rien.
Je m'arrête là pour le récit.
J'ai aimé la description de la maison et son point de vue magnifique sur la mer, villa située dans l'archipel de Stockholm. Ces maisons typiques de la Suède, la tranquillité qui règne dans les quartiers, tout est feutré, nous avions loué en Suède pour des vacances, j'ai retrouvé certaines sensations, à cette époque c'était un pays où tout semblait tranquille, trop tranquille pour nous et pour nos enfants, c'était une découverte mais nous n'avons jamais dit "Nous y retournerions bien", Nous avions bien aimé Stockholm et toutes ses îles, une ville originale, la ville à la campagne et la mer est partout.
J'ai aimé cette bande de vieillards braqueurs, ils sont très bien décrits, la vieillesse n'est pas toujours la fin de la vie, ils tombent amoureux, s'aiment et font la nique à ceux qui pensent qu'ils ne sont plus en mesure d'avoir encore des sentiments, même la jalousie fait partie de leurs relations.
Je n'aime pas les polars, c'est sans doute la raison qui fait que je n'ai pas adoré ce roman, c'est un peu un polar et l'histoire ne me bouleversait pas, j'attends toujours d'un livre qu'il me donne des émotions, ce n'était pas le cas. L'humour de l'auteure m'a fait quelquefois sourire, sans plus, il y a quelques situations cocasses.
C'est mon avis, ce ne sera peut être pas le vôtre, la lecture d'un roman est une histoire personnelle, nous aimons, nous n'aimons pas, nous aimons un peu. Bye MClaire.
mardi 3 mars 2015
"Trompe-la-mort" de J.Michel Guenassia.
C'est le troisième roman de cet auteur, j'ai lu les trois avec autant de plaisir mais ma préférence va au premier "le club des incorrigibles optimistes", à mon avis c'est le meilleur.
L'auteur est né en Algérie en 1950, il a été avocat avant de devenir scénariste pour la télé puis écrivain, il a fait un bon choix, il est talentueux, il sait nous embarquer dans ses histoires.
"Trompe-la-mort" se lit sans ennui. C'est l'histoire d'un jeune homme Thomas métissé Anglais et Hindou, il est né à New-Dhéli, sa mère était ingénieur dans une société, son père Anglais exerçait le même métier, ils se côtoyaient sans cesse, mais il était interdit d'avoir des relations intimes entre Hindous et Anglais, c'était une source d'ennuis et de difficultés et cela pouvait justifier un licenciement, il fallait absolument conserver une distance de cinquante centimètres entre les deux sexes. Un soir, alors que tous les autres employés étaient partis, ils se sont retrouvés devant l'ordinateur sans respecter cette sacrée distance de cinquante centimètres, une histoire d'amour commençait.
Thomas est né sans que les parents de sa mère veuillent le voir, Fulvati sa mère avait été rayée de leur vie, disparue, comme si elle n'avait jamais existée. Elle ne reverra jamais ses parents, elle mourra jeune sans les avoir revus.
Thomas est élevé par sa nounou Indienne qu'il adore et qui lui apprend le maniement des cerfs-volants, jusqu'au jour où le père décide de rentrer en Angleterre pour faire soigner Fulvati qui est tombée malade. Un déchirement pour l'enfant qui quitte cette terre qu'il aime tant.
Il apprendra à jouer au cricket, apprendra à aimer l'Angleterre mais un jour il a un grave accident, une chute qui ne sera pas mortelle. A partir de là il sera "Trompe-la-mort" il survivra toujours à des événements terribles dans sa vie...
Un incendie, blessé en Irlande après l'explosion d'une bombe, un accident d'hélicoptère alors qu'il est engagé dans le Royal Marines.
Une journaliste fera un reportage sur sa vie alors que l'armée va se séparer de lui, handicapé il ne peut plus servir le Royal Marines, ne peut plus mourir pour Sa Gracieuse Majesté. Helen grand reporter et Thomas tomberont amoureux.
Un jour il devra retourner en Inde après tant d'années, un milliardaire lui a confié une mission, retrouver son fils qui est parti sans donner d'adresse.
J'arrête là mon récit, vous devez découvrir la suite de l'histoire, je ne peux pas tout dévoiler.
J'ai aimé :
L'auteur est un vrai conteur, il sait mêler ses personnages à l'histoire, la grande, celle qui est universelle.
Je pense que chaque lecteur découvrira l'histoire à sa façon, les relations entre un fils et son père, entre des fils et des pères, Thomas ne verra pas son père pendant vingt-cinq ans, un lourd contentieux entre eux, ils ne se sont pas compris. Il reverra son père malade, presque en fin de vie, est-ce qu'ils rattraperont le temps perdu? Je pense que non, ils leur restent trop peu de temps.
L'Inde est aussi un des grands "personnages" de ce roman, nous sommes si loin de leurs coutumes, comment pourrions-nous nous comprendre? L'Inde moderne et l'Inde ancestrale.
Ce pays est certainement fascinant, mais il doit falloir y vivre longtemps pour comprendre son fonctionnement, ce n'est pas un voyage organisé de 15 jours qui doit nous éclairer sur ce qu'il s'y passe.
La guerre en Afghanistan, c'est notre époque. Il y a ce passage qui est terriblement d'actualité :
« Ils vont gagner parce qu’ils se fichent de mourir. Nous, nous avons peur de disparaître, nous essayons de nous protéger par tous les moyens et nous accordons à nos vies une valeur incommensurable. Pour eux, c’est une guerre de religion. Leur sacrifice sera un honneur et une gloire pour leur famille, et l’entrée garantie au paradis. »
L'histoire du couple aussi, Hélen la journaliste grand reporter et Thomas. Hélen qui analyse tout, qui veut toujours une histoire d'amour au zénith, une femme qui voudrait qu'un couple évolue dans le même sens sans faire de concessions, qui ne supporte pas de voir Thomas redevenir un simple humain, il n'est plus ce soldat courageux qu'elle a aimé. Helen rêve de transformer le reportage sur l'histoire de Thomas en un grand film tourné par Coppola, Thomas ne veut pas, lui ne se sent pas un héros, lui veut faire un job qui lui convienne, s'occuper des autres et s'occuper de sa petite fille Sally, Thomas est une âme généreuse, Helen est carriériste.
"Les vrais amants sont des voleurs, quand ils ont trouvé la clé du coffre, ils prennent tout ce qu'il y a dedans et le dépensent sans compter, sans rien mettre de côté en prévision des jours de disette amoureuse. Ils dérobent sans vergogne tout et tout de suite, et s'arrêtent seulement avant de mourir d'épuisement"
L'amour ne peut donc pas durer éternellement dans l'esprit des femmes modernes? Dommage de ne pas essayer, c'est un combat de tous les jours mais il vaut le coup, c'est tellement beau d'être des "vieux amants" !!
L'auteur fait une très bonne analyse des relations entre un homme et une femme de notre époque.
Voilà, que dire de plus, j'ai aimé ce livre bien rythmé, j'ai aimé découvrir certains aspects de l'Inde, j'ai aimé voyager virtuellement, je ne me suis pas ennuyée. Beau roman qui n'est pas tout à fait un livre d'aventure, pas tout à fait une histoire d'amour, pas tout à fait une histoire de liens filiaux..... C'est juste un beau roman.
Bye MClaire.
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mercredi 25 février 2015
"Le réveil du coeur" François l'Eperoux"
Je pense souvent que je suis née trop tôt, j'ai envie de connaître l'évolution du monde, ça m'effraie beaucoup et ça m'attire, j'aurais peut être été grand reporter, grand photographe, j'aurais connu les nouvelles technologies qui changeront tout, je n'y comprends pas grand chose mais je suis curieuse, en même temps je suis tellement contente d'avoir connu l'arrivée du progrès dans les maisons, je peux dire "de mon temps..." je suis heureuse d'avoir connu une planète propre, je sais que cela a existé et que l'homme peut encore inverser cette effrayante course à la consommation. C'est tout le paradoxe de notre époque, nous voulons que tout soit simplifié et nous voulons aussi moins consommer ces objets fabriqués pour durer 5 ou 6 ans qui polluent les décharges, manger rapidement de mauvais produits. Le véritable enjeu est là, éduquer nos enfants et nos petits-enfants.
C'est en partie le sujet de ce livre. Ce n'est qu'une partie. L'histoire est surtout celle d'un grand-père un peu misanthrope qui refuse tous les progrès de notre société et celle de son petit-fils Malo qui naît à l'époque des DVD, du téléphone portable, de Skype, des jeux vidéo, des burgers, de la malbouffe.
Le "vieux" comme il est appelé dans ce livre a un fils Jean qui travaille dans la pub, il faut donner aux gens l'envie de consommer, un monde cruel la pub, tout ce que n'aime pas "le vieux".
Jean est amoureux de Léila photographe franco-marocaine, elle lui annonce qu'elle est enceinte, il n'y était pas du tout préparé, la panique, devenir père c'est accoucher aussi de soi-même, l'accouchement de Léila se passera bien, pas celui de Jean, il adore son fils mais n'aime plus son couple. Malo sera l'enfant d'un couple qui se sépare, ils n'ont plus les mêmes idées de la vie. Léila enceinte avait mis en photo son ventre sur sa page Facebook sans l'accord de Jean, une belle colère et un passage sur ce réseau social qui peut faire réfléchir :
"Ces gens qui montrent leur tronche et font la promotion de leur petite existence à longueur de pages, ça donne la nausée. Facebook sous couvert de simplicité, c'est le canal mondial de la vantardise autoconcentrée.....Moi je, moi je! Bientôt, ils filmeront leurs crottes..." "Des "like"...."Un "wall"! Quel cauchemar! J'avais oublié le gage indispensable d'appartenance au village global, la caution "hype" de l'échangisme verbal : l'anglais ! L'anglais obligatoire dont nous abreuvent tous ces reporters de leur propre destin, tous ces petits Pulitzer de leur propre cul, tous ces Albert Londres du Moi. Comme ils sont fiers, mon Dieu, de nous montrer qu'ils savent manier le grand espéranto des modeux! Regardez comme je parle bien l'anglais. Yes, mais on s'en fout toujours autant! "
Après avoir lu ce passage, j'avais presque envie de fermer mon compte Facebook, mais en y réfléchissant bien, non, je n'écris jamais en anglais et je ne suis pas prête de filmer mes crottes !!
"Le vieux" sera heureux d'être grand-père à plus de 70 ans, mais il manifestera ce sentiment avec un peu de réticence, il n'aime pas du tout sa presque belle-fille, le courant passe mal entre eux, il verra donc très peu Malo jusqu'au jour où son fils lui demandera de le garder tout le mois d'août dans la maison du "vieux" à Lacanau, plutôt une vieille baraque sans trop de confort, sans télé, construite au bord du lac de Lacanau dans un endroit pas trop touristique. Malo et "le vieux" feront connaissance, une rencontre magique, ils vont faire la conquête l'un de l'autre, "le vieux" lui apprendra à jouer avec des jeux d'un autre siècle, le diabolo, le jeu de la grenouille, il lui apprendra la nature, la pêche, le fera monter dans sa vieille 203 qui sent encore le cuir mais sans ceinture de sécurité, la belle-fille sera furieuse, il en fera installer.
Il apprend à l'enfant à manger des spaghettis, on ne coupe jamais les spaghettis "mieux vaut couper la parole à un facheux que de couper des spaghettis" même si la sauce éclabousse tout.
Malo donnera de l'énergie à ce grand-père qui découvre les liens puissants qui lient les petits-enfants et les grands-parents, enfin liens puissants jusqu'à un certain âge ou un certain point, lorsque Léila vient récupérer son fils, Malo oublie d'embrasser son grand-père en partant tellement il est heureux de retrouver sa mère (J'ai connu ça, après avoir gardé mes petits enfants pendant deux mois, mais c'est normal!).
J'ai adoré la description de la maison de vacances à Lacanau, de l'endroit, je nous voyais en vacances sous les pins, je sentais l'odeur de la résine et les rayons chauds du soleil sur la nuque. J'ai aimé les réflexions sur ce monde en sursis, l'auteur est un très bon témoin de notre siècle. Tout est savoureux chez "Le vieux", ses colères, son amour du passé, sa vieille télé à coins arrondis qui trône dans le salon à Garches, son vieux téléphone, ses DVD, oui il a cédé à la mode des DVD pour regarder de très vieux films encore et encore. Gina ou Sophia, quelle est la plus belle? Lui préfère Sophia.
"Ne jamais avoir à regretter de ne pas avoir tout tenté. Ne pas réussir, ce n'est rien, tant qu'on n'a pas essayé."
J'ai apprécié cette réflexion pleine de bon sens, ne pas baisser les bras.
Evidemment il y a une fin....
C'est vraiment un livre plein de sensibilité, de tendresse, c'est doux et quelquefois mordant, j'ai même cru un instant qu'il avait été écrit par une femme "Françoise et pas François" non c'est bien François.
J'espère vous avoir donné l'envie de lire ce roman, vous ne regretterez pas son achat.
Merci aussi à ceux qui sont venus me dire à Biarritz qu'ils aimaient beaucoup ma gazette, ça m'a vraiment fait plaisir, redonner le goût de lire à ceux qui avaient un peu abandonner la lecture, un bel apostolat. Pour écrire des commentaires il faut ouvrir un compte Google, c'est indispensable.
Bye MClaire.
dimanche 8 février 2015
Un livre qui vient juste d'être publié. Je n'avais pas lu le précédent "L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea", il a eu beaucoup de succés mais bizarrement je n'arrivais pas à l'acheter, je regrette, ce n'est que partie remise.
Il est beau garçon Romain Puértolas, doué. Il paraît qu'il
n'écrit que sur son smartphone. A 38 ans il a eu plusieurs vies, il est ou était lieutenant de police, le succès de ses livres lui permettra certainement de se consacrer à l'écriture ou de mener une autre vie, chercher l'île qui est sur le globe entre les Galapagos et l'île de Pâques, après tout elle peut exister, elle n'est peut être pas qu'un moucheron collé sur le globe, l'Ile du Point Némo existait et n'était pas signalée sur les atlas..Bon, je divague, c'est contagieux..
J'avais à peine fini "L'Ile du Point Némo" complètement farfelu, je me suis aussitôt retrouvée dans un livre aussi extravagant, plein d'imagination qui nous fait retrouver notre âme d'enfant, une histoire qui ressemble à un conte où les choses les plus incroyables arrivent.
Providence Dupois est une jeune factrice à qui il arrive une aventure extraordinaire. Elle ne peut pas avoir d'enfant, un cancer de l'utérus a fait envoler son rêve de maternité. Elle se rend au Maroc en vacances et une crise d'appendicite l'obligé à fréquenter l'hôpital de Marrakech, elle fait connaissance d'une petite fille marocaine qui a la mucoviscidose (d'où le nuage), une grande affection, puis un véritable lien d'amour va les lier, elle veut adopter cette petite fille pour la ramener en France. Elle viendra souvent la voir avant d'avoir enfin le droit de l'adopter.
Hélas, le jour tant attendu est aussi celui de l'explosion du volcan irlandais, elle ne peut pas décoller d'Orly pour ramener Zahéra. A partir de là tout devient incroyable, il faut y croire, je vous assure qu'il faut y croire, elle va apprendre à voler en bikini pour être moins lourde, elle fera des rencontres avant d'arriver à voler, et ces rencontres sont vraiment amusantes, j'ai beaucoup ri lorsqu'elle rend visite aux moines du temple tibétain de l'Humble Caste des Mantes tricoteuses. Ils tricotent des vêtements en fromage et le temple est à Versailles, ils écoutent aussi Julio Iglésias "Pauvre diable", ils jouent à la pétanque avec des tomates vertes, tout est vraiment bizarre.
"Le Maître Suprême, reprit le moine, m'a avisé de votre visite par télé...
-..pathie? compléta la jeune femme.
-...phone, corrigea le sage, intrigué. Par téléphone.
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Elle veut décoller d'Orly comme un avion et ramener Zahèra, elle fera la connaissance de Léo Machin, contrôleur aérien...
Léo racontera toute cette histoire à un coiffeur qui n'est peut être pas aussi étranger que l'on peut penser à ce qui est arrivé à Providence, lui aussi a eu un énorme chagrin...
C'est une belle histoire, la fin est surprenante, nous rions un peu moins, même plus du tout, mais ce n'est qu'un conte et les contes ne finissent pas toujours bien. Il y aussi de la gravité dans ce livre, la maladie de Zahéra, les souffrances des enfants qui ont avalé un gros nuage qui envahit leurs poumons.
J'ai lu ce livre presque d'une traite, emportée par l'imagination de l'auteur, charmée par cette histoire improbable. L'auteur invente un monde cocasse et ça fait du bien de lire en riant, nous ne sommes pas obligés d'aimer que des romans trop en phase avec la triste réalité.
C'est un livre bonbon, une belle récréation.
Au fait, j'ai passé un message à Romain Puértolas pour lui dire qu'il n'y a pas que le drapeau du Népal qui est carré, celui de la Suisse aussi.
Bye MClaire.
samedi 31 janvier 2015
Jean-Marie Blas de Roblès "L'Ile au point Némo"
Je l'ai terminé, j'ai lu ce livre avec passion, en éclatant de rire quelquefois, époustouflée par l'imagination de l'auteur, un livre magnifique, la petite fiche agrafée sous le livre dans les rayons de chez Leclerc disait que c'était un chef-d'oeuvre, j'approuve.
J'avais quelquefois l'impression d'avoir 12 ans ou 13 ans, l'époque où je lisais Jules Verne, Alexandre Dumas ou plus tard Agatha Christie, emportée dans un tourbillon d'aventures, transportée dans un monde de fiction mais pas tant que ça, je vérifiais sans cesse si ce que l'auteur écrivait était vrai, merci internet.
J'ai aussi apprécié le fait de jouer au scrabble, si nous aimons les mots nous ne jouons pas au scrabble sans connaître le sens des mots, peut être pas tous, c'est presque impossible, mais jouer NEOTENIE sans vérifier le sens me semble anormal, je me souviens beaucoup plus du mot en sachant ce qu'il veut dire. Les bons joueurs sont des matheux, je ne suis pas une matheuse mais je me défends avec mon vocabulaire.
Là j'étais comblée, un vocabulaire éblouissant, j'ai appris.
Je pense souvent qu'il doit y avoir une vraie alchimie entre un livre et son lecteur pour que le bonheur soit complet, sinon c'est raté, nous sortons frustrés de notre lecture. Là, j'étais subjuguée, je n'arrêtais pas de lire des passages à Christian, comme dans le livre j'étais la liseuse à haute voix, je partageais. Je disais "ça y est, ils sont dans le dirigeable, mais il va amerrir et flamber, ou ils sont arrivés sur une île qui n'est pas signalée, sur aucune carte, une île faite de déchets en plastique" ou
"Le capitaine Némo est toujours dans son Nautilus".
Revenons au livre.
J.M Blas de Roblès est né en Algérie en 1954 et comme nous ses parents ont été obligés de s'installer en France à l'indépendance. Il a été professeur de philosophie à la Sorbonne et d'histoire au Collège de France, il a abandonné l'enseignement pour satisfaire ses passions l'archéologie et l'écriture.
L'histoire de ce roman est faite de trois intrigues :
Un diamant hors de prix qui disparaît du coffre-fort d'une lady qui a aimé M.Canderel lorsqu'elle s'appelait Clawdia Chauchat. Les protagonistes partiront à la poursuite du diamant au tour du monde et par tous les moyens de locomotion, nous sommes au XIXe siècle. Ils partiront aussi à la poursuite de l'Enjambeur Nö qui assassine et dépèce ses victimes. Clawdia ne se séparera pas de sa fille Vanity qui est plongée dans le sommeil depuis des années, M.Canderel apprendra qu'elle est sa fille, elle ne lui avait jamais dit. Que d'aventures!
Il y a aussi cette brave Mademoiselle Sherrington qui est la gouvernante de M.Canderel, elle a conçu un engin terrible, une trappette anti-viol, un espèce de fourreau en vélin, à
l'intérieur duquel elle avait cousu six rangées de petits harpons, un marin maori a voulu la violer, cela a été terrible pour lui, elle ne se débattait pas, le laissait faire, il ne pouvait plus ressortir...J'ai encore ri parce que ce n'est jamais vulgaire.
Deuxième intrigue : Arnaud et Dulcie. Arnaud a essayé d'implanter une usine de cigares dans le Périgord, les grottes sont parfaites pour la conservation des cigares. Dulcie était cigarière dans les Caraïbes, amoureuse d'Arnaud, elle s'installe avec lui dans le Périgord mais les aléas de la vie font qu'Arnaud échoue dans sa tentative de fabriquer des cigares de luxe. Il revend son usine à Monsieur Wang qui fabriquera des liseuses électroniques, monsieur Wang est un voyeur, il se sert de toutes les nouvelles technologies pour épier ses employés dans tous leurs gestes intimes. Arnaud devra avouer à Dulcie qu'il a tout perdu, elle fait un AVC qui la laissera inanimée pendant des années, sans aucun signe de vie, il s'en occupera avec amour et se souviendra de l'histoire des liseurs dans les usines de tabac de Cuba, pour gagner sa vie il lira à haute voix dans l'usine de Monsieur Wang, il lira Dumas, Stendhal, Flaubert et tant de beaux auteurs, il lira aussi des histoires inventées par lui, lues à Dulcie le soir, en pensant qu'elle l'entendait dans son coma..
De très belles pages sur la lecture qui ouvre l'esprit des ouvriers occupés à des tâches répétitives, le rendement est paraît-il meilleur lorsqu'ils écoutent
"Il n’y avait que la lecture à voix haute pour nous rassembler toutes dans une seule intrigue, mettre nos rêves à l’unisson".
Il y a eu une tentative d'implantation d'usine de cigares, vraiment, c'était dans la Drôme et pas dans le Périgord.
Paradoxalement Castro n'a jamais interdit cette pratique dans les usines, elle aurait pu inciter à la révolte. Les gens ne savaient pas lire, ils n'étaient pas dangereux, en sachant ce qui se passait ailleurs la donne était changée.
Charlotte travaille dans l'usine de Monsieur Wang, Fabrice aussi et le soir chez lui il devient un hacker redoutable, un amour pur finira par jaillir entre eux après toutes les "cochonneries" de monsieur Wang qui finira par être puni...
Troisième intrigue : Interdite aux bien-pensants, mais j'ai beaucoup ri. L'histoire d'un couple en panne sexuelle, c'est vraiment hilarant, très cru mais je n'ai pas été choquée du tout, cela fait partie de l'écriture..En même temps je me demande toujours ce que ces chapitres venaient faire dans le livre, je n'ai pas compris, mais j'ai ri, les tentatives d'érection de Monsieur Bonacieux orchestrées par Carmen sont incroyables, je ne vous en conseille aucune.
C'est aussi un roman sociétal, l'auteur met en garde contre les dérives de notre système, nous allons vers la destruction de notre société, inéluctablement.
"Les français ne comprenaient rien à rien de ce qu'était devenu le monde. Tant que la Méditerranée était restée le centre de l'univers, l'alliance de leur tempérament latin et d'une certaine rigueur nordique avait fait merveille pour imposer leur prédominance économique. Aujourd'hui que ce centre s'était déplacé vers l'est, cette même latinité les desservait. Oui, songe-t-il, voilà comment on en arrivait à délocaliser chez eux des usines chinoises, et c'était bien fait pour leur morgue légendaire. Or et jade à l'extérieur, ouate pourrie au-dedans..." C'est ce que dit Monsieur Wang.
"Nous vivons une Atlantide lente, Monsieur Sanglard, un enfoncement si discret qu'il n'est perceptible que par les plus vulnérables d'entre nous Ni tsunami ni cataclysme d'aucune sorte, mais une imprégnation ténue, quotidienne, qui alourdit chaque jour l'éponge du monde. Cet univers est invivable..."
Est-ce que vous aimerez? Je vous le conseille si vous voulez être embarqué dans une histoire qui n'a pas de limites, l'imagination de l'auteur n'a pas de limite "nous sommes dans un monde d'uchronie".
J'ai repensé à ces vieux livres offerts en premier prix de français qui étaient je ne sais plus où, chez mes parents je crois ou chez mes beaux-parents, Jules Verne, ces grands livres avec des couvertures en carton, de couleur rouge.
La lecture est une de nos dernières libertés, personne ne sait ce que nous lisons, ce que nous pensons en lisant si nous ne partageons pas, mais la lecture avec un vrai livre en papier, surtout pas une liseuse. Encore une chose, le point Némo existe vraiment, c'est le point le plus lointain de toutes terres émergées.
Je vais m'empresser d'aller acheter ses précédents romans qui doivent être en poche, en premier "Là où les tigres sont chez eux" Prix Médicis.
Bye MClaire.
r
vendredi 23 janvier 2015
"Peine perdue" Olivier Adam.
Je l'ai terminé et je suis triste. Je n'avais pas envie de le finir, je lisais doucement, chapitre après chapitre, je le posais, le reprenais, j'avais souvent les yeux humides, il fallait sans doute que je digère chaque chapitre du livre, on ne peut pas le lire comme un roman d'amour, d'un trait..
Il m'énerve Olivier Adam, pas parce que je ne l'aime pas, bien au contraire, il a trop de talent à rendre jalouse une blogueuse qui écrit comme elle parle et qui écrit tout ce qui lui passe par la tête. Lui a une tête bien faîte mais pleine d'idées noires dans ses romans, lire Olivier Adam n'est pas une garantie de gaieté, même pas du tout, ces romans sont toujours très en phase avec la réalité de la vie et la vie n'est pas toujours gaie en ce moment pour une grande majorité des gens, vous savez bien que 1% de la planète est plus riche que les 99% restants.
Olivier Adam s'intéresse dans ce livre à ceux que la société actuelle broie, il s'adresse aux invisibles, ceux qui rasent les murs pour se fondre dans la masse, les chômeurs, les pauvres, les enfants qui sont élevés par un seul parent parce que l'autre est parti, la cellule familiale qui se fissure. Un petit garçon qui attend son père le week-end, ce père qui est Antoine et qui ne viendra pas un jour, l'enfant ne parlera plus jusqu'à ce qu'il sache ce qu'est devenu son père.
La famille est un sujet récurrent dans les romans d'Olivier Adam.
Ceux qui pètent les plombs parce que leur vie ne leur convient pas, ce n'est pas la vie dont ils rêvaient, celle qui rêve d'être un jour une "nouvelle star".
Un couple fusionnel à la retraite et Hélène tombe malade, il ne supporte pas de la voir doucement partir, il ne supporte pas de se voir vieillir, tout se bloque, se grippe, le corps, l'esprit, il s'enfonce avec une certaine délectation dans la vieillesse, il ne lutte pas, il surjoue sa vieillesse, ne conduit plus, ne veut plus voyager, il érige sa vieillesse autour de lui comme un rempart. Pour moi, c'est un des plus beaux chapitres, les mots sont justes mais nous sommes aux antipodes de ce couple, l'âge, ah! l'âge, c'est quoi l'âge?
Il y a aussi Léa, cette jeune fille élevée dans un milieu aisé mais qui n'aime pas sa vie entre ses parents trop bourgeois, trop traditionnels, elle disparaîtra après avoir trop aimé un jeune homme perdu, drogué...Une jeunesse en désarroi.
Le livre est fait d'une vingtaine de personnages, un chapitre pour chacun mais il y a un lien Antoine un paumé divorcé qui adore son gamin et qui aurait pu avoir une carrière formidable dans le foot, il joue dans l'équipe locale, trop instable, trop colérique, aucun club de prestige ne veut le mettre sous contrat malgré son talent indiscutable. Il y a le coach Eric et le patron mafieux du club Pérez, il possède des hôtels, le casino, des restaurants, un yacht, il peut faire penser à certains patrons des clubs de foot.
Antoine si attachant, même pour les lecteurs, on voudrait qu'il ne lui arrive que de bonnes choses à Antoine. Il a perdu sa mère et ne s'en remet pas, c'était le pilier de la famille. Il a eu un môme et ne peut pas vivre avec lui, l'enfant vit avec sa mère, elle est gentille Marion, mais elle ne pouvait plus supporter l'instabilité d'Antoine, elle a mis Nino à l'abri dans le couple qu'elle forme maintenant avec Marco, un couple trop raisonnable mais qui rassure la jeune femme, toujours un peu amoureuse d'Antoine, c'est compliqué tout ça.
La vie des personnages se déroule dans un coin de la Côte d'Azur, là où les villas des riches perchées sur les hauteurs dominent les H.L.M, la misère. Quel contraste ! Tout est trouble dans cette région malgré le ciel bleu limpide.
Vous avez compris, j'ai beaucoup aimé ce nouveau roman d'Olivier Adam, je pense avoir tout lu de cet auteur :
"Il cite l'ex-ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui demandait, après avoir démissionné de son poste, fin août: «Doit-on s'excuser d'être à gauche? Qui portera la voix des démunis si on ne le fait pas?»
«Je me pose la même question pour le roman, dit Olivier Adam. Si la littérature ne fait pas ce récit, qui le fera?»
Il a raison, il décrit très bien toutes les blessures des invisibles. Il m'a profondément touchée.
Bye MClaire.
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