jeudi 26 avril 2018

Laurent Gounelle "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi"



J'ai lu trois livres de cet auteur, ils doivent être sur une étagère, j'aimais puisque j'ai acheté les trois, je n'ai pas hésité une seconde lorsque celui-ci est sorti en poche. Ai-je aimé? Oui et non. Je l'ai lu jusqu'à la dernière page, des passages m'intéressaient et d'autres pas du tout. Ce n'est pas tout à fait un roman, plutôt un essai et à mon avis Frédéric Lenoir est meilleur dans ce genre d'exercice.

L'histoire :

Alice est cadre dans une importante agence de conseils. Elle travaille beaucoup, un mari avocat, un fils et un père veuf qui habite à Cluny, elle lui rend fréquemment visite et rencontre pendant ses séjours, son ami d'enfance Jérémie, prêtre de la paroisse. Alice est athée, ne fréquente jamais l'église.
Une église de plus en plus déserte, désespoir de Jérémie, il déprime un peu et Alice va se faire un devoir de lui redonner le sourire en cherchant des moyens pour faire revenir les habitants dans cette magnifique église de Cluny. Après tout, c'est son métier. Comment va t-elle y arriver?
Elle achète la Bible et étudie les textes, elle voudra aussi comprendre la taoïsme, comparer le Tao-te-king de Lao-Tseu et la Bible, les paroles de Jésus et celles de Lao Tseu, les paroles sont à certains moments complètement similaires..
Elle convaincra Jérémie d'assister à un séminaire de Toby Collins, un homme qu'elle connaît et qui essaie de faire prendre conscience aux gens qui sont là que le bonheur peut se trouver en changeant la façon d'aborder les problèmes et en retrouvant l'estime de soi. Apprendre à s'aimer.

Je n'en dis pas plus.

Ce que j'ai aimé et ce que je n'ai pas aimé :

La différence entre les différentes religions, lire ce que je savais déjà, le christianisme tel que nous le vivons à notre époque n'est pas exactement ce que Jésus prêchait, au fil des siècles l'Eglise a déformé les paroles. Les remords, le péché, des paroles passées sous silence par les religieux au fil des siècles. Les églises se vident.
J'ai aimé le chapitre qui décrit la rencontre entre Alice et Duvernet spécialiste des spiritualités orientales. Chapitre très intéressant.
"Jésus parlait araméen et, des années plus tard, ses apôtres ont rapporté ses paroles en écrivant les Evangiles. Sauf qu'ils les ont écrits en grec ancien, donc en traduisant de l'araméen vers le grec les paroles prononcées par Jésus. On a ensuite traduit le grec ancien vers nos langues modernes. Aujourd'hui, plusieurs spécialistes en langues anciennes pensent que le mot employé par Jésus et traduit par "péché" n'évoquait pas une offense à l'égard de Dieu, mais une erreur, un comportement inapproprié, ce qui n'a rien à voir.."

Laurent Gounelle est avant tout un philosophe, il ne cherche pas à nous convaincre mais essaie de nous faire comprendre qu'il faut donner un sens à sa vie, se débarrasser de son ego.

Je n'ai pas aimé certaines phrases, lues ici et là dans d'autres bouquins de ce genre, Laurent Gounelle transforme avec rapidité Alice athée en une Alice qui devient une spécialiste des religions, je pense qu'il doit falloir des années d'études des religions pour pouvoir prétendre au rôle de guide ! Jérémie est sans saveur. Les bigotes et la bourgeoise qui fréquentent l'église avec assiduité sont un peu caricaturales et n'ont pas du tout l'esprit chrétien.

Mon avis, nous ne pouvons pas lire ce bouquin avec les mêmes idées, selon nos croyances, athée il deviendra très vite un peu agaçant, croyante il peut intéresser.
L'écriture est fluide, un brin d'humour mais qu'un brin.


Bye MClaire.





jeudi 19 avril 2018

Asli Erdogan "L'homme coquillage"



Asli Erdogan est turque. Opposante au régime, elle défend les minorités kurdes, emprisonnée pendant quelques mois, elle a été relâchée mais pas disculpée, elle risque toujours l'emprisonnement à perpétuité. Pour l'instant, elle vit à Francfort, son passeport est confisqué. Elle a fait des études de physicienne à Genèvre, mais sa passion reste l'écriture. 

J'ai lu ce livre troublant, une chose me gênait, j'avais fréquemment l'impression de lire un texte très appliqué, des mots choisis qui n'arrivaient pas à m'émouvoir. Cela manquait de spontanéité, les défauts d'un premier roman.
En recherchant sur internet j'ai compris pourquoi, c'était son premier roman écrit en 1993, traduit en 2017, elle a écrit quelques livres plus tard.
"L'homme coquillage" est en partie autobiographique.

L'histoire -

Un séminaire pour physiciens est organisé sur une île des Caraibes. Elle y participe sans grand enthousiasme.
Elle partage sa chambre avec Maya, une amie célibataire.
Les deux femmes se font très vite remarquées, les physiciens ne plaisantent pas, ils sont ennuyeux, centrés sur leurs recherches.
Il fait chaud, très chaud, la mer est là, tout près, la tentation est grande. Elle sèche quelques cours, visite les alentours et rencontrera Tony, l'homme coquillage, il est laid, effrayant, il porte un béret jamaïquain, deux colliers, deux coquillages, son moyen de subsistance est la pêche des coquillages qu'il revend aux touristes. Très vite s'établira entre eux une complicité, ils se reconnaissent, ont-ils subi les mêmes traumatismes? Les cicatrices de Tony sont physiques et psychiques, comme chez l'héroïne du roman. L'histoire de deux solitudes. Tous les deux sont des opprimés.
La chaleur des tropiques, la danse corps contre corps, les balancements des corps, tout à l'odeur du sexe; Ce voyage sur cette île va t-il lui permettre de se reconnecter avec la vie, d'aimer à nouveau? Cet immense amour platonique qu'elle porte à Tony va t-il l'aider?
Vous aurez peut être envie de lire ce roman, je n'en dis pas plus.

J'ai aimé la description de l'île, ce qui de loin nous semble paradisiaque ne l'est pas autant que nous le pensons. La violence, les trafics, tout ce qui permet à la population des ghettos de vivre. Les hôtels de luxe sont tout près. 
La narratrice passe de l'exaltation à la lassitude de vivre, Elle a dû beaucoup souffrir, son enfance et sa vie de jeune femme ont été marquées par la violence, la vie en Turquie est difficile pour les femmes. L'enfance est l'élément fondateur d'une vie, nous sommes à jamais marqués par l'enfance.
Tony offrira un de ses coquillages, Tony n'était pas un intellectuel mais il savait mieux qu'un autre sentir le désespoir de l'autre. J'ai aimé le personnage de Tony, c'est lui que je trouvais le plus émouvant.

Je n'ai pas lu d'autres livres de cette écrivaine, un jour peut être...

Bye MClaire.








mardi 10 avril 2018

Grégoire Delacourt "La femme qui ne vieillissait pas"



J'ai eu la chance de rencontrer Grégoire Delacourt à l'occasion du salon du livre à Vannes. Sympathique, accessible, je lui avais dit que j'avais un peu moins aimé son dernier livre "Danser au bord de l'abîme" ou plutôt quelques passages de ce livre, il savait, il comprenait et avait répondu qu'il reverrait sa copie pour la sortie en livre de poche, si une autre rencontre se présentait, je pourrais lui dire "J'a adoré votre dernier roman".
Ce livre raconte le temps qui passe ou plutôt qui ne passe pas sur le visage d'une femme, Martine, à partir de ses trente ans elle ne vieillit plus, son allure reste la même, sa peau ne flétrit pas, aucune ride. Pour de nombreuses femmes ce serait un bonheur, le rêve, pour Martine, à partir d'un certain moment de sa vie ce sera un cauchemar.
"La vieillesse est une victoire"

L'histoire :

Martine est née dans le Nord dans les années 50, un père handicapé, il est rentré de la guerre d'Algérie avec une jambe en moins, une maman pleine de charme qui veut profiter de sa jeunesse, souvent seule, avec des amies ou des amis, loin de ce mari qui est quelquefois violent après avoir bu, il supporte mal son infirmité, la petite fille observe ce couple, sa maman est sa princesse, elle apprend à différencier les moments où son père est celui qui lui raconte des contes et ceux où il devient colérique. Un jour, sa maman ne rentrera pas, renversée par une voiture en dansant sur la chaussée après avoir vu un film "Une homme et une femme", la petite fille devra apprendre la vie seule.

L'auteur nous raconte toutes les étapes de la vie de Martine (Betty), il y aura la rencontre avec André, l'homme qui sera l'amour de sa vie, mais il y aura aussi ce qui sera pour elle une malédiction, elle ne vieillira pas, toutes les photos prises par Fabrice photographe et fiancé d'Odette sa meilleure amie, la montrent inaltérable, trente ans, quarante ans, cinquante ans, soixante ans, rien ne change. André change, leur fils Sébastien aussi, Martine qui se fait appeler Betty reste la même. Odette vieillit. elle ne peut pas arrêter le temps qui passe, elle livrera son corps à la chirurgie esthétique...

Ce que j'ai aimé :

Des passages "Je désirais une histoire simple, une de celles qui ne font pas les livres mais la vie ; je rêvais de paix et de temps, je rêvais de lenteur, je voulais grandir encore, m'épanouir auprès d'un compagnon comme à l'ombre tiède d'un arbre, je voulais des enfants, des odeurs de chocolat chaud, des toises plus tard aux chambranles des portes des chambres, des dessins maladroits ; je voulais vieillir auprès d'un homme bon, patient, et puis un jour être grand-mère, devenir ces deux petits vieux que l'on croise parfois dans un parc, sur un banc, qui se tiennent la main et dont les beautés ont déteint l'une sur l'autre..."
J'ai aimé l'amour qui unit ce couple.
J'ai aimé André, un homme de la terre qui a appris à connaître le bois, à travailler le bois jusqu'à la perfection. Un homme vrai.

J'ai aimé "On peut mentir aux autres ; à soi c'est plus difficile"

"Il faut que les choses meurent pour que nous ayons la certitude de les avoir possédées"

Les passages sans concession sur la chirurgie esthétique
"La chirurgie était une drogue, un espoir sans fin, après le visage, les lèvres, après les lèvres, les paupières, après les paupières, les seins, après les seins, le ventre, après le ventre, les genoux, et le temps passe et on recommence pour faire passer le temps, on se voit de plus en plus jeune et belle, de plus en plus parfaite, alors qu'on est vue comme une misère"

J'ai aimé le personnage de Françoise, celle qui prendra la place de la maman de Betty (Martine), sa patience, son amour sans faille pour un homme qui finira par confondre Betty et Paule, celle qui s'est fait renverser en dansant sur la chaussée, après avoir vu J.L Trintignant et Anouk Aimée danser après leurs retrouvailles.

"La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps (...°
Et c'est son coeur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure."  Georges Moustaki  Cité dans le roman.

Je ne peux que vous recommander ce livre qui se lit trop vite.

J'avais lu juste avant celui-ci, le dernier bouquin d'Eric-Emmanuel Schmitt, 119 pages pour nous raconter ses leçons de piano avec Madame Pylinska, j'ai aimé, toujours plein de sensibilité, j'ai souri.
Je sais, j'emploie souvent le mot AIMER, mais il n'y en a pas d'autres à mon avis, c'est le plus beau.

Bye MClaire.

mercredi 4 avril 2018

"Par-delà les apparences" Folco Chevallier.









J'ai eu envie d'acheter ce bouquin en découvrant la couverture, le Golden Gate Bridge de San-Francisco, un homme et une femme suspendus à deux lettres du titre le C et le E, c'était original, original comme le bouquin.
Des chapitres courts, une écriture fluide.
Il ne sera pas inoubliable mais je l'ai lu avec plaisir, deuxième roman de l'auteur, l'écriture est pour lui un second métier, il est le pionnier de l'Internet en France et spécialiste de l'écriture numérique.

Un homme, Léopold, a grimpé sur une poutrelle métallique du pont, il se tient à un filin à soixante-sept mètres de hauteur, il cherche désespérément qui peut le retenir de sauter, aucun nom ne lui vient à l'esprit, il est seul, très seul, Léopold est un génie de la Silicon Valley, milliardaire, il a levé des fonds pour dévoiler aux actionnaires sa dernière découverte.
Il saute et sera sauvé dans un état critique, il aura besoin d'un coeur.

Il neige, grosse tempête sur New-York, sortir expose à de graves dangers. Laura Della chanteuse adulée ne tient pas compte des avertissements, elle sort, trouve un taxi jaune qui a beaucoup de mal à trouver son chemin, deux phares surgissent sur leur gauche, le taxi glisse, les deux véhicules se heurtent, s'élèvent brutalement de plusieurs mètres. Laura Della sombre dans le coma, elle sera sauvée.

Léopold a perdu la mémoire, il ne se souvient pas de sa vie, mais lit sur les journaux ce qu'il a été, "un sacré connard", un fieffé salaud. Nouveau coeur mais plus de souvenirs. 

Laura essaie de rechanter mais son coeur n'arrête pas de faire poum-poum-poum, celui de Léopold aussi. La cause ?

La villa de Léopold hi-tech n'a pas de porte d'entrée, la baie vitrée obéit à la voix, cet endroit détient le secret de Léopold, un cube, la prochaine révolution technologique, Eve habite le cube, privée de sentiments, Eve pourra tout faire, remplacera les hommes, en médecine, dans la recherche, sera disponible sept jours sur sept sans jamais se lasser. Intelligence artificielle..

Evidemment, Laura et Léopold se rencontreront ... Vous découvrirez la suite..

Une romance, de l'amour, du suspense, le monde de la technologie qui sera peut être pour demain, un monde où tout semble possible. A la fin qui triomphera? Sept jours pour reprendre le contrôle de leur vie...

J'arrivais à la fin du livre, je l'ai posé en disant à Christian "J'ai bien aimé, mais la fin est bizarre, le roman semble inachevé" En effet, je pensais que les deux ou trois pages à lire étaient des pages de remerciements, écrites en italique, je n'avais pas lu EPILOGUE, zappé. Le lendemain, j'ai rouvert le bouquin, je n'avais peut être pas tout compris, bien sûr, il manquait l'épilogue, j'ai lu et beaucoup mieux compris..

Vous pouvez le lire si l'occasion se présente. Le monde qui se profile avec les robots est inquiétant, quelle sera la place de l'homme dans cette société?

Bye MClaire.













mardi 27 mars 2018

"Minute papillon" Aurelie Valognes















J'ai toujours voulu tout lire, même le journal qui reçoit mes épluchures de pommes de terre, par curiosité. Attention, je ne dis pas que le livre "Minute papillon" ne mérite que des épluchures, pas du tout, je respecte tous les livres. On peut le lire, il peut plaire.
J'avais entendu aux infos pendant le salon du livre à Paris que cette auteure vendait autant de livres que Marc Levy, elle en est à trois millions après quatre publications.
Il me semble, mais je n'ai plus aucun souvenir de ce livre, que j'avais lu "Mémé dans les orties" en poche, je ne sais plus. 
J'ai acheté "Minute papillon" par curiosité. J'avais bien aimé Barbara Constantine, alors pourquoi pas Amélie Valognes ?

Si vous avez aimé Cendrillon, il peut vous plaire;
Rose élève seule Baptiste, un enfant qui a vécu jusqu'à l'âge de dix huit ans avec sa maman, père inconnu.
Rose a renoncé à son désir de devenir infirmière, elle gagne sa vie en effectuant des petits boulots, garde-enfants, ménage.
Mais voilà, les enfants grandissent et le gentil bambin devient un grand ado et presque un homme, ombrageux, difficile, plus de confidences, Rose est malheureuse, elle ne comprend pas. Baptiste a une femme dans sa vie, le ciel tombe sur la tête de cette pauvre Rose, Baptiste fait ses bagages "Bye, bye maman, bonjour Jessica". Sans la connaître Rose n'aime pas Jessica, une femme lui prend son fils, toutes les mamans connaissent ce sentiment, mais elles changent d'avis plus tard, elles se résignent ou se mettent à adorer leur belle-fille.

Un malheur n'arrive jamais seul, Les employeurs de Rose lui donnent son congé, ils déménagent, Rose n'a plus de boulot mais elle a été recommandée à une propriétaire de l'immeuble où habitaient ses ex-employeurs, méchante, très méchante femme, cette Véronique est cruelle (comme les soeurs de Cendrillon), Rose, la gentille Rose, saura t-elle enfin prendre sa vie en main? Un beau prince charmant arrivera t-il au bon moment pour qu'enfin elle oublie ses vilaines chaussures usées pour chausser des escarpins, pas des Louboutin, faut pas exagérer. 

Mon avis :

Je n'ai pas été passionnée, un petit livre que j'aurais dû lire en quelques heures, lu en plusieurs jours, je le prenais, je le posais après quelques pages.
Une écriture simple, "La Véronique" est trop insupportable, ça frise l'irréel, je ne pense pas qu'elle puisse exister, là c'est trop. Rose est immature, enfin à son âge, 37ans, elle devrait connaître un peu la vie, ne pas toujours avoir l'air de s'excuser d'exister. Colette la maman de Véronique veut lui faire prendre conscience qu'elle seule peut décider de son avenir, personne d'autre, c'est vrai..
Il y a des passages où l'auteure la fait vivre dans un monde de bizounours et d'autres où elle frôle la vie dans la rue.
Nous ne pouvons pas y croire, surtout à mon âge !!
Il y a une belle fin, comme dans les contes.

J'ai toujours dit qu'il n'y avait pas de mauvaise littérature, il n'y a que des lecteurs qui sont plus intéresses par Spinoza, d'autres par Stendhal, Dumas, Flaubert etc, d'autres par la littérature à succès et par des bons auteurs, Pennac par exemple, et d'autres par des romans à l'eau de rose qui leur fait oublier une existence terne, qui les fait rêver, Barbara Cartland a vendu plus d'un milliard de romans. Nous sommes libres de nos choix et surtout nous pouvons tout aimer.
Je suis en train de lire "Par-delà les apparences" Un livre sur la Silicon Valley, légèrement polar, les rêves d'aujourd'hui font le monde de demain, il nous plonge dans le monde de la high- tech, un auteur que je ne connais pas, Folco Chevalier.J'aime.

Voilà, vous choisirez...Après réflexion, je suis sûre d'avoir lu "Mémé dans les orties" l'histoire de Ferdinand était émouvante, j'ai lu un résumé du livre;

Bye MClaire.


mardi 20 mars 2018

Amélie Nothomb "Riquet à la houppe"













Cela m'arrive rarement, je n'avais plus rien à lire, ma pile de livres était épuisée, enfin presque, il me reste à lire un bouquin de poche écrit très petit, j'attends ma visite chez l'ophtalmo début avril, enfin, cela fait six mois que j'attends, bon je m'égare, je cherchais un bouquin à relire, j'ai trouvé celui d'Amélie Nothomb, il est à Michelle, je vais lui rendre, je n'aime pas lire cette auteure, j'ai souvent essayé mais non, je n'accrochais pas, je l'avais posé sur une étagère et je l'avais oublié, lorsque nous sommes affamés nous arrivons à manger ce que nous n'aimons pas, je l'ai lu et je me suis délectée.
Amélie Nothomb. J'ai eu la curiosité de regarder son âge, 52 ans, on ne voit que son chapeau qui fait oublier son âge et il faut bien avouer, elle est marrante à écouter, originale Madame la Baronne..
Belle surprise, j'ai dévoré le bouquin, plein de drôlerie, j'ai souvent ri. 

Riquet à la Houppe a inspiré l'auteure, ce conte écrit par Charles Perrault que nous connaissons tous. La trame est respectée, j'ai relu le conte. 
Deodat, fils d'Enide et d'Honorat, né sur le tard, est très laid mais supérieurement intelligent, il se passionne pour l'ornithologie. Il n'a pas besoin de draguer, les plus belles filles lui tombent dans les bras, mais cela ne dure jamais trop longtemps, les filles lui disent "Tu t'en fiches de ce que j'éprouve" les filles sont compliquées, finalement il aime mieux les oiseaux.
"Voici comment il théorisa son constat : si la caractéristique masculine était la vulgarité, la caractéristique féminine était l'insatisfaction "
Les oiseaux. "Le plaisir qu'il éprouvait à observer le tichodrome échelette ou le bec-croisé des sapins lui donnait le plaisir de les approcher en vrai. "Hélas, si je le faisais en vrai, que me resterait-il? Quel désir peut succéder à un désir ?"
Sur l'autre bout de la Seine vit un couple, le père s'appelle Lierre, la mère Rose, elle met au monde une petite fille d'une grande beauté, Trémière, belle mais sotte, l'enfançonne est élevée par sa grand-mère Passerose qui l'aime sans conditions, Passerose est particulière, j'imagine que l'auteure a dû beaucoup s'amuser en écrivant sur elle. Trémière ira au lycée mais n'aura pas d'amies, trop belle mais sotte, au point de rester assise par terre dans la cour, un cercle de craie tracé autour d'elle avec l'interdiction de franchir le trait, les filles se moquent d'elle "Maité a dit que si j'en sortais, ma mère mourrait"
Les enfants sont cruels.

Les pages qui décrivent les rencontres entre la kiné et Déodat sont savoureuses. Déodat souffrait de gibbosité, il a fallu le redresser, il appelle la kiné "la pinsonne" La pinsonne est infidèle.

Evidemment, il y aura la rencontre entre Déodat et Trémière. Je vous laisse lire la suite...Le livre est de 2016, il est sans doute en poche.

Voilà, j'ai tout aimé, rien à jeter. C'est vrai, nous avons tous remarqué l'attirance des uns pour une personne sans doute moins belle qu'une autre mais tellement plus intéressante.
"C'est comme si Balzac disait que, dans cette cette guerre sanglante et périlleuse qu'est l'amour, on pouvait aussi, parfois, connaître le triomphe"

J'ai beaucoup aimé Déorat. Déorat qui serait très malheureux s'il pouvait entendre que les oiseaux disparaissent, moins d'insectes, moins d'oiseaux.

"La liberté des oiseaux ne repose sur aucune insouciance. Ce que l'oiseau nous apprend, c'est qu'on peut être libre pour de bon, mais que c'est difficile et anxiogène. Ce n'est pas pour rien que cette espèce est toujours sur le qui-vive : la liberté c'est angoissant"

Bye MClaire.




mardi 13 mars 2018

Tatiana de Rosnay "Sentinelle de la pluie"




Père français, Joël de Rosnay, mère britannique. Le livre a été écrit en anglais et traduit. J'avais beaucoup aimé "Elle s'appelait Sarah"  "Boomerang" "Le coeur d'une autre" "Moka", j'ai vraiment été déçue en lisant ce dernier roman, je me suis ennuyée, je ne voulais pas le refermer sans connaître la fin mais tout était tellement prévisible, l'histoire s'éternisait, j'ai lu les dernières pages en diagonale.
J'ai souvent eu l'impression de lire un bouquin écrit par une guide qui voulait nous faire parcourir Paris en nous apprenant les noms des rues, découvrir des quartiers sous les eaux. Il pleut, il pleut, il pleut beaucoup.

L'histoire : Linden vit à San-Francisco avec son compagnon Sacha, photographe célèbre, il se rend à Paris pour célébrer avec ses parents l'anniversaire de son père Paul, il est seul, sa soeur aussi, tous les quatre s'apprêtent à vivre quelques jours en famille, la mère a tout préparé, théâtre, restaurant. Rien ne se passera comme prévu, la pluie incessante s'est invitée, la Seine monte, monte, mon ennui montait aussi, Paris risque d'être inondé et Paul, le père, aura un gros pépin de santé, AVC.

Paul taiseux, n'a jamais voulu questionner son fils, n'a jamais voulu connaître sa vie privée. La mère sait, le père veut ignorer. 

La fille Tilia est mariée avec un anglais alcoolique, qui malgré l'eau qui tombe et qu'il n'apprécie pas vraiment, viendra lui gâcher la fête. Tillia a eu dans sa jeunesse un grave accident de voiture.

L'auteure se noie dans les détails, j'avais quelquefois l'impression de lire une rédaction écrite par un élève de 6ème, écriture laborieuse, sans aucun intérêt. Les clichés s'additionnent, c'est plat, rien ne manque, un enfant homo, un suicide, des tromperies, un AVC, un secret dans une boite, un alcoolique, un accident horrible. 


Je ne sais pas si les éditeurs font signer des contrats avec l'assurance que l'auteur publiera au moins une fois par an ou tous les deux ans, si l'écrivain est obligé d'écrire pour honorer le contrat, c'est possible, mais il faut quelquefois savoir s'abstenir si les idées manquent. 

Si, j'ai aimé une chose, Paul voue un amour sans limite aux arbres, quelques lignes intéressantes.

L'auteure aurait pu écrire un beau livre sur la difficulté de communiquer dans une famille, c'est raté. J'attends le prochain livre, je vais considérer ce bouquin comme un accident de parcours

Une bonne surprise, je n'aime pas lire Amélie Nothomb, ma pile de bouquins était pratiquement épuisée, j'ai retrouvé ce livre posé sur une étagère, prêté, je l'avais oublié "Riquet à la houppe", je ris, pas mal, original comme l'auteure et vite lu, je ne m'ennuie pas.

Bye MClaire.