dimanche 25 août 2013

Le flûtiste invisible.


Je venais de terminer le livre de Philippe Labro "Le flûtiste invisible", j'allais monter écrire mes impressions et "Nus et culottés" passait sur la 5, j'ai déjà dit que j'aimais beaucoup cette émission, ça ne se dément pas. Une façon de tester l'hospitalité des gens, la bienveillance, la méfiance, selon les régions l'accueil est plus ou moins chaleureux, mais je pense que les deux jeunes commencent à être connus, l'émission pourra t-elle conserver sa spontanéité ? Si on frappait à votre porte pour demander l'hospitalité comment réagiriez-vous? Nous devenons méfiants, tout nous semble danger. Personnellement je pense que je ne saurais pas résister aux deux "vagabonds", je pourrais les nourrir et leur faire raconter leurs aventures. Ils partent nus sans un sou en poche, évidemment puisqu'ils n'ont pas de poche et tout au long du chemin doivent trouver nourriture et couchage, ils ont un but, hier c'était de voir un ours dans les Pyrénées, aujourd'hui c'était trouver un druide en Bretagne, ils ont trouvé la "druidesse" au bout du Finistère. Si vous croisez deux jeunes avec des baluchons à petits carreaux rouges et blancs sur le dos, ce sont eux, mais méfiez vous il y aura bien des imitations.

 
 
Ces bras poilus ne sont pas les miens !!
 
Revenons à mes lectures :

"Profondeurs" d'Henning Mankell. Enorme déception, je n'ai pas du tout aimé, je me suis ennuyée. J'ai lu des livres de cet auteur dont "Les chaussures italiennes" magnifique roman, je n'ai rien retrouvé de ce qui m'avait fait aimer son écriture. J'ai commencé à m'intéresser un peu à l'histoire à la page 72, le personnage principal est profondément antipathique, menteur, lâche. Il est officier dans la marine suédoise et doit chercher une nouvelle route maritime pour les bateaux qui devront naviguer sans danger à l'aube de la guerre de 1914, il doit sonder les profondeurs. Sur un îlot qui semble désert il découvrira une cabane habitée par une femme qui a perdu son mari au cours d'une sortie en mer pour pêcher, il en tombera follement amoureux et je ne suis pas certaine que c'était de l'amour, du désir plutôt. Sa femme vit à Stockolm, mais son mariage est loin d'être heureux. Le mensonge fera partie intégrale de sa vie, il sonde les profondeurs mais est incapable de sonder son moi profond. Je n'aime pas du tout ce genre de personnage, fuyant sans panache, je n'ai donc pas aimé le livre. J'ai lu jusqu'à la fin selon mon habitude, toujours dans l'attente du moment qui me fera changer d'avis, là non, j'ai même dit "ouf" lorsque j'ai tourné la dernière page.

 
J'ai aussitôt ouvert celui de Philippe Labro "Le flûtiste invisible", livre vite lu mais qu'est ce que j'ai aimé, je n'ai pas dit "ouf" en le terminant, mais "dommage" j'aurais bien voulu une autre nouvelle.
Ce sont trois nouvelles, trois personnages rencontrés par l'auteur, Labro se met en scène dans les trois parties de ce bouquin en compagnie de trois personnages rencontrés par hasard, le hasard, celui qui dirige nos vies.
Citation d'Einstein au début du livre :

« Tout est déterminé par des forces que nous ne contrôlons pas. Tout est déterminé, pour l’insecte comme pour l’étoile. Êtres humains, légumes ou poussière d’étoile, nous dansons tous au rythme d’un air mystérieux joué au loin par un joueur de flûte invisible. »

Trois destins. Le premier personnage rencontré dans les rues de Paris alors que l'auteur sifflotait "Bye, Bye, Blackbird". Il s'approche de l'auteur et tient à lui raconter une histoire qui date de sa vie d'étudiant, la traversée de l'Atlantique sur le "Queen Mary" pour rejoindre New-York. Une aventure très sensuelle qui lui laissera un goût amer, la rencontre avec une jeune femme aux cheveux jaunes, libre, fantasque, qu'il ne reverra plus par la suite. Cette rencontre changera sa vie de jeune homme.
Dans l'écriture de Philippe Labro, il y a toujours cette fascination pour l'Amérique, l'arrivée du paquebot au petit matin dans le port de New-York nous sentons que c'est du vécu. C'est vrai, c'est une ville fascinante qui ne ressemble à aucune autre.

La deuxième nouvelle, celle qui m'a évidemment la plus touchée, le regard d'un homme sur lui alors qu'il mangeait à la terrasse d'un restaurant avec des amis. Il ne le connaît pas, mais l'autre le regarde intensément, l'homme finit par se lever et s'invite à sa table pour lui dire "Je vous ai eu dans ma ligne de mire" C'était à la fin de la guerre d'Algérie, lorsque l'OAS descendait ceux qui n'étaient pas de leur bord, Labro était journaliste, pour l'indépendance de l'Algérie, il était donc dans la ligne de mire de l'OAS. Un jeune garçon avait embrassé leur idéal, il tuait pour leur compte jusqu'au jour où il a renoncé à appuyer sur la gâchette, c'était le tour de Labro, le hasard a voulu qu'il ne tire pas en proie à je ne sais quel sentiment. Il a été arrêté, fait de la prison à Fresnes, et en sortant le hasard encore, a fait qu'il s'est trouvé en face de celui qu'il avait épargné.
La description des plages désertes des environs d'Alger est bouleversante pour moi, j'ai connu ces endroits. J'ai aussi connu des moments où les gens basculaient dans un camp ou dans l'autre.
C'est aussi grâce à Rick ce pied-noir rencontré à la terrasse d'un bar que Philippe Labro fera la connaissance de sa femme, le hasard !
J'ai apprécié que Labro dise "Les pieds-noirs et leur charme..." Nous avons souffert de ce terme en arrivant, mais maintenant j'en suis très fière, l'âge sans doute et la sagesse.

La troisième histoire est celle d'un jeune garçon juif épargné des camps de la mort, une première fois par un orage qui s'abat sur l'endroit où il est terré comme un animal avec sa famille, sa mère change d'endroit,  le lendemain les nazis se rendent à l'endroit qu'ils viennent de quitter. La deuxième fois un train qui amène des centaines de juifs à Auschwitz recule au lieu d'avancer après les ordres d'un fonctionnaire, il faut de la main d'œuvre pour déblayer les rues de Vienne. Ils sont sauvés de la mort.
Toma le personnage aux yeux mélancoliques, des yeux où le noisette se mélange au bleu dit "Je n'exclus jamais que cela pourrait recommencer."

L'auteur cite les 8 piliers de la sagesse à la fin du livre, j'ai beaucoup aimé, avez-vous un ou plusieurs de ces piliers :

-Contrôler ses émotions.
-L'habilité de juger de la valeur des choses.
-Le raisonnement moral.
-La compassion.
-L'humilité.
-L'altruisme.
-La patience.
-La capacité de traiter avec l'incertitude des choses.

J'en ai quelques uns, acquis après des événements de ma vie qui m'ont fait beaucoup réfléchir sur la vacuité des choses qui ne valent pas le coup que nous nous attardions. Un certain détachement, l'habilité de juger de la valeur des choses et la capacité de traiter avec l'incertitude des choses. Nous pensons être heureux pour toujours et brusquement tout s'effondre.

Le destin est le fil conducteur de ce livre. Pourquoi est-ce qu'une force nous propulse là plutôt qu'ailleurs ? Une rencontre, un événement et notre vie est bouleversée.
Pourquoi, oui pourquoi, sommes-nous passés par là alors que nous devions être à un autre endroit ? Essayez de vous souvenir d'un épisode de votre vie qui a fait que rien n'a plus été comme avant. Le hasard est un mystère fascinant.
Je dis souvent à Christian "S'il n'y avait pas eu la guerre d'Algérie, nous ne nous serions jamais connus, je serais devenue quoi ? Quelle vie avec un autre, et toi quelle vie avec une autre? Je ne peux même pas l'imaginer."
Avec Internet qui prend de plus en plus possession de nos vies est-ce que le hasard sera encore de la partie ? Pas de rencontre improbable devant un clavier, sauf si vous vous inscrivez sur un site de rencontres, mais là le hasard n'y sera pour rien, ce sera un choix.

Parce que quoi ? Parce que. C'est tout ce que nous savons répondre quelquefois. parce qu'il y a toujours la petite musique du flûtiste invisible.

Lisez ce livre, je vous le recommande. J'ai beaucoup, beaucoup aimé.

Bye MClaire.





mercredi 14 août 2013

Maine de j.Courtney.Sullivan


 
Ce livre est le roman de l'été.....pour les femmes, je ne pense pas qu'un homme y trouvera de l'intérêt, je peux me tromper.

Cela a été un beau moment de lecture, c'est un pavé, 450 pages, j'ai donc passé quelques heures dehors à le lire, en m'arrachant péniblement de mon transat, j'avais envie de lire la suite des aventures de ces quatre femmes de la famille Kelleher, famille irlandaise installée aux Etats-Unis.
Il y a Alice la grand-mère, Kathleen la fille, Anne-Marie la belle-fille et Maggie la petite fille, les autres ne sont que des personnages secondaires. Le personnage principal est à mon avis la maison de famille construite dans le Maine au bord de la mer et qui abrite ces générations de Kelleher au fil des étés, cette maison sera le sujet de discorde tout au long du livre. Tout se passe là. A la mort du grand-père un planning est mis en place par Pat le fils qui s'attribue le mois de juillet, le plus beau mois de la côte est, laissant juin et août aux autres.

Alice est une grand-mère d'une grande beauté, très égoïste, un peu cruelle dans ses échanges avec ses enfants, son mari Daniel paraît beaucoup plus sympathique, généreux, c'est lui qui a construit cette maison après avoir gagné le terrain au cours d'un pari. Il va mourir d'un cancer assez vite, laissant sa famille se déchirer, c'est lui qui faisait l'unité de la famille. Chez les Kelleher on ne se pardonne rien, il y a des secrets, des faux-semblants, des jalousies, mais si un membre de la famille est attaqué ils se retrouvent vite, enfin de moins en moins, les disputes seront fréquentes et Alice n'est pas la dernière à les provoquer. Elle porte en elle un lourd secret.

Kathleen la fille, ancienne alcoolique, séparée de son mari, père de ses deux enfants, est partie s'installer en Californie très loin de sa famille qu'elle ne supporte pas, surtout loin de sa mère qui ne l'aime pas. Elle vit avec un ancien hippy, ancien alcoolique, adorable, dans une ferme qui fabrique de l'engrais à partir des vers de terre, pas trop portée sur le ménage même pas du tout, mais c'est celle qui me plait le plus, directe, ne cachant pas ses sentiments, vivant sa vie comme elle le souhaite, elle a souffert mais elle sait redresser la barre. J'aime bien ses répliques et elle est vraiment généreuse, elle adorait son père et se remet difficilement de sa perte. Le personnage atypique du bouquin.

Sa fille Maggie est New-Yorkaise, amoureuse d'un homme immature qui la trompe sans arrêt, menteur, elle décide tout de même d'avoir un bébé avec lui, pensant qu'elle le changerait, elle ne change rien, personne n'est jamais comme on le souhaite. Elle est enceinte lorsqu'il la quitte, elle se réfugie dans la maison de famille, près de sa grand-mère qui n'a pourtant aucune affection pour elle, des liens se tisseront doucement, il y aura presque de la tendresse. J'aime bien Maggie, fille qui essaie de devenir indépendante.

Anne-Marie, à mes yeux est la parfaite nunuche qui veut plaire à tout le monde, toujours d'accord, voulant être parfaite avec ses enfants, elle confectionne des scones, mais ne soupçonne pas l'homosexualité de sa fille Fiona, ni les vices de son fils Little Daniel et tout s'effondre lorsque sa fille épouse un juif.
La perfection n'est pas de ce monde, mais elle va mettre un voile sur tout ça pour faire croire aux autres que chez elle ça roule ! Elle se met à boire et à fantasmer sur le meilleur copain de son mari, trop dur d'affronter la réalité lorsqu'elle est sobre. Sa passion, sa maison miniature de poupée. Anne-Marie tenait pour acquis une famille parfaite mais finalement sa famille était comme les autres avec ses failles.
C'est le personnage le plus faible sous des apparences parfaites et fortes.

L'alcool est d'ailleurs très présent dans cette famille.

Mon avis ;

Au fur et à mesure que j'avançais dans la lecture je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ces grandes familles américaines, Kennedy, Bush qui a aussi une maison dans le Maine.
Des familles qui au premier abord semblent unies mais qu'en apparence, leur histoire est en filigrane tout au long du livre, on peut faire des comparaisons.

On peut aussi retrouver des points communs avec notre famille, se reconnaître dans certaines situations, les sentiments sont très bien analysés, je me suis reconnue dans certaines répliques, vous vous reconnaîtrez j'en suis certaine. Je ne sais pas si j'aurais eu envie d'aller voir souvent une grand-mère comme Alice, elle n'attire pas du tout la sympathie.

L'évolution de la condition féminine est très bien traitée par cette auteure qui n'a que 30 ans. Un monde entre Alice catholique fervente, qui ne tolère aucun manquement à la religion, même si l'Eglise s'est souvent trompée et ses enfants et petits-enfants qui ne pratiquent pas. Les peurs que nous avions lorsqu'on nous promettait l'enfer et la difficulté de se débarrasser de ces croyances, Alice y croit toujours. J'ai ri au moment du passage de la confession, raconter n'importe quoi pour se faire pardonner, qui n'a pas fait ça, il fallait bien inventer des péchés.

Il y a aussi le poids des origines, certains des personnages sont issus d'un milieu populaire, il leur faut prouver qu'ils sont à la hauteur.

Le dernier été dans la maison sera celui des confessions, des aveux, des retrouvailles.
Alice a légué sa maison à l'Eglise sans mettre ses enfants au courant, ils l'apprendront au cours de cet été.

J'aurais aimé une fin plus chaleureuse, après tout ce n'est qu'un roman, tout peut arriver dans un roman.

J'ai aimé. Il faut aimer les descriptions, les états d'âme, deviner les pensées cachées de cette famille, les relations entre les générations. 

Il y a quelques années maintenant nous étions allés à New-York en partant de Montréal, tout en voiture, je pense que nous avons traversé une partie de l'état du Maine, je n'en suis pas certaine, j'avais beaucoup aimé les paysages, nous nous étions arrêtés au bord d'un grand lac, sur chaque mât de bateau il y avait une chouette, je ne me souviens plus du tout de l'endroit. Il y régnait une grande tranquillité.

Je vous souhaite une bonne lecture. Bye MClaire.





mercredi 7 août 2013

La première chose qu'on regarde.



J'ai toujours pensé que les critiques de cinéma ou de littérature étaient jaloux lorsqu'ils écrivaient un article féroce sur un film ou un livre. Ce sont souvent des cinéastes ou des écrivains ratés, ils auraient bien voulu écrire le livre, ou tourner le film qu'ils démolissent.
Un film n'est jamais vraiment mauvais à 100 %, un livre non plus. Tout dépend de ce que l'on aime, tous les goûts sont dans la nature. Enfin, c'est ce que je pense lorsque les critiques ne sont pas de mon avis.....
J'ai lu de très mauvaises critiques du dernier livre de Grégoire Delacourt "La première chose qu'on regarde", de très bonnes aussi.
Personnellement, j'ai beaucoup aimé. C'est un livre que vous pouvez dévorer en quelques heures s'il vous intéresse évidemment.
J'avais lu "La liste de mes envies" avec plaisir, l'histoire de cette petite mercière qui gagne au loto était attendrissante. J'ai trouvé "La première chose qu'on regarde" beaucoup plus abouti, un autre style, l'auteur fait des progrès.
Une imagination débordante qui peut déranger, je le concède, de la férocité, des sentiments, de nombreuses références à la musique et au cinéma.

L'histoire :

 
Ce soir là Arthur Dreyfuss vêtu d'un marcel et d'un caleçon (oui, il est tout seul chez lui, il a le droit non ?) regarde un épisode des Soprano, pour mémoire, une des plus grandes séries américaines, des histoires de mafieux, le personnage principal est mort en Italie au mois de juin pour de vrai, Arthur plongé dans sa série entend sonner à sa porte, il ouvre, écarquille
 
les yeux, Scarlett Johansson en personne, pas de doute les nibards sont bien à elle, elle est belle et triste. Arthur n'en croit pas ses yeux, lui qui est fan des grosses poitrines adore Scarlett. Elle demande à entrer dans la minuscule maison, s'installe, parle avec un délicieux accent américain, demande l'asile pour quelques jours, elle en a assez d'être poursuivie par les journalistes, veut la paix. Arthur ne comprend plus rien mais accepte, qui mettrait à la porte Scarlett, surtout pas lui le petit garagiste de vingt ans, pas gâté par la vie, malheureux enfant, il lui arrive un truc incroyable, il ne veut pas gâcher ces instants.
Hélas ! Ce n'est pas Scarlett, juste Jeanine Foucamprez son sosie, une écorchée par la vie, trop belle et qui est tombée amoureuse d'Arthur en le voyant un jour porter secours à un enfant sur son vélo, Jeanine faisait une tournée publicitaire et passait dans ce village du nord de la France.
Commence une histoire d'amour, touchante, bouleversante, mais on sait très vite qu'elle tournera mal.

Lisez la suite, je vous recommande ce bouquin, à condition d'entrer vraiment dans l'univers d'Arthur, de ne pas trouver mièvres les allusions à Céline Dion comme le font ces snobinards de critiques. Céline Dion est aimé par des millions de fans, ils ne sont pas tous idiots tout de même. Il y aussi "Can you see the real me" C.Jérôme, là je connais un peu plus, vous pouvez écouter en cliquant sur le lien, C.Trénet.
Jeanine aime bien la pâte d'amande et les petits nains en plastique avec leurs scies sur les bûches de Noël, et alors, des milliers de gens aiment bien la pâte d'amande, l'auteur décrit juste la réalité, méchant critique qui n'a jamais goûté à la pâte d'amande de la bûche de chez Audiard ou Fauchon, puisqu'il n'y en n'avait pas, servie par ses parents dans les beaux quartiers, pas de petits nains en plastique, pas de petits bouts de meringues qui se transforment en champignons sur la bûche de monsieur Tout le Monde, c'est bien dommage pour lui. J'avais les yeux qui pétillaient lorsque la bûche arrivait sur la table, qui aurait en premier le morceau de pâte d'amande ou le bout de meringue ?

Les petits bols "Elle" et "Lui" il y en a dans plein de cuisines, pas chez moi, j'ai celui à pois et Christian celui avec des rayures, ils sont très beaux nos bols. Faut pas se moquer, vilain critique.

J'aime le cinéma, j'ai aimé les références à des films et à des acteurs, même si certaines de ces références me sont vraiment étrangères, je ne connais pas par cœur le cinéma américain. Que le patron d'Arthur ressemble à Gene Hackman me plaisait bien, il a une belle gueule Gene Hackman, ou il avait une belle gueule, il doit avoir 82 ans maintenant, quel acteur !

 
Ce que j'ai aimé par dessus tout est l'idée de l'apparence , le poids des apparences, on peut être très malheureuse  même en étant très belle, la beauté peut être source de souffrances, Jeanine est souvent confondue avec Scarlett, aimée parce qu'elle ressemble à l'actrice et elle veut absolument être aimée pour elle même. J'ai eu une vraie tendresse pour Jeanine/Scarlett qui ne veut pas perdre son identité.
De nombreux enfants sont malheureux dans leur propre famille, Arthur a vécu une enfance terrible, un père qui disparaît après le drame de la mort de sa petite sœur, sa mère sombre dans la folie, ça arrive aussi dans la vraie vie, des enfants qui meurent tragiquement et des parents qui ne surmontent pas laissant à la dérive celui qui reste et qui devra se reconstruire seul. Les blessures de l'enfance peuvent marquer à jamais, c'est très bien décrit par l'auteur.
Avec la maturité mais beaucoup trop tard, la jeunesse n'est pas toujours synonyme de compassion, j'ai compris les silences de mes beaux-parents qui ont vécu un drame terrible avec leur premier enfant qui est parti à l'âge de 4 ans, ils avaient choisi le silence mais ont été exemplaires dans leur façon de continuer à vivre avec ceux qui sont arrivés après, Christian n'a jamais su lorsqu'il était enfant, il n'a donc pas été perturbé, ses souvenirs d'enfance sont toujours agréables. Vous voyez ça arrive aussi dans la vraie vie monsieur le critique.

Vous avez compris, j'ai beaucoup, beaucoup aimé ce bouquin écrit par Grégoire Delacourt qui est aussi publicitaire, c'est bien ce que les critiques lui reprochent de vendre ses livres comme un produit, moi je ne trouve pas, c'est vrai, je n'ai pas encore lu M.Proust (je radote)

Bye MClaire.








jeudi 1 août 2013

Les morues - Un livre pour l'été.


Ce n'est pas un chef d'œuvre, un livre inoubliable, mais il se lit avec plaisir, c'est bien tout ce que je demande à un livre pour l'été. Avant d'écrire son premier roman, l'auteure écrivait un blog qui avait beaucoup de succès.

J'ai commencé doucement, l'histoire de ces amies qui forment le club "des morues" ne me passionnait pas vraiment, je lisais parce que j'ai horreur d'abandonner la lecture d'un livre dès le départ et j'ai eu raison de persister.
L'histoire semble légère mais elle est bien écrite, très bien écrite et finalement pas si légère que ça. Le mal être d'une génération de femmes qui ont la trentaine ; vient se greffer dans ce club Fred, le bon copain, elles se retrouvent donc à quatre à leur réunion dans le bar d'Alice.
Il y a aussi Gabrielle descendante de Gabrielle d'Estrées, la favorite d'Henri IV, Ema personnage principal du livre, journaliste un peu rebelle et Fred, un jeune homme surdoué qui ne veut surtout pas d'une vie extraordinaire, il veut juste être normal, se fondre dans la masse au point qu'après avoir fait les grandes écoles il décide de prendre un poste de secrétaire dans une grosse entreprise, là où personne ne lui demandera de prendre des responsabilités. Il manque complètement de confiance en lui, c'est certainement pour cette raison qu'il est accepté par les trois copines.
Fred est obsédé par le sexe, l'amour mais il n'arrive pas à garder une nana. Il écrit un blog sous le pseudo de "Persona" titre d'un film d'Ingmar Bergman.
Ces filles, héritière du féminisme voudraient tout, l'amour mais être libres, du travail pour leur indépendance, un homme pour les consoler, elles recherchent l'équilibre parfait au cours de leurs discussions dans le bar d'Alice en sirotant pas mal de vodka.

L'histoire débute par un enterrement, l'enterrement de Charlotte amie d'enfance d'Ema, elle s'est suicidée avec une arme à feu, peu après la soirée consacrée à Kurt Cobain, le chanteur qui s'est aussi suicidé avec une arme à feu. Personne ne comprend le geste de Charlotte, un bon boulot, elle venait de se marier avec "Tout-mou". Peu à peu mûrit dans l'esprit d'Ema l'idée d'un meurtre, Charlotte s'occupait d'un dossier sensible. L'histoire bascule dans le polar, il y a les magouilles politiques, les privatisations qui se préparent.

La mort de son amie va bouleverser la vie d'Ema, elle se déconstruit, pense devenir folle, ne croit plus à son histoire d'amour avec Blister qui est elle aussi en train de basculer dans les habitudes. Elle se fait jarter de son boulot, se retrouve au chômage. Tout est remis en question et encore une fois la vodka est de la partie pour l'aider à surmonter toutes ses interrogations, elle peut aussi manger des tartines de Nutella. L'alcool est hélas trop souvent présent dans la vie des jeunes, ça ne résout rien, bien au contraire.

J'ai bien aimé la fin du livre que je vais vous laisser découvrir. La fin correspond à mes idées.

Ce livre a été adapté au cinéma par Sylvie Testud, j'en n' ai aucun souvenir, le film n'a pas dû être à la hauteur du succès du livre.

Mon avis ;

Je suis vraiment contente de ne pas avoir vécu ma trentaine à notre époque, la mienne a été plus douce. Internet est venu bousculer tous les paramètres de la vie des jeunes. Tous les personnages qui peuplent ce bouquin ne sont certainement pas caricaturaux de notre époque, je suis certaine qu'ils existent en nombre.
En lisant j'ai quelquefois eu l'impression que les femmes de ma génération étaient des extraterrestres, je n'ai jamais eu l'impression d'être une femme soumise, malheureuse, contrairement à ce que pense l'auteure lorsqu'elle décrit ces femmes qui ont mon âge, je suis une femme, lui est un homme, nous ne nous sommes pas semblables mais nous nous accordons.
L'alcool et le sexe sont omniprésents dans ce bouquin, la recherche de l'être parfait en se livrant aux hommes ou aux femmes, les déceptions après les expériences ratées.
C'est un livre de notre époque, écrit avec les mots d'aujourd'hui. Avec internet les rapports des jeunes et des moins jeunes peuvent manquer d'authenticité, tout peut être factice.
Finalement ils recherchent quoi ces jeunes ? Le repos, la sérénité, mais ils s'y prennent mal, ils y arrivent quelquefois après bien des déboires et le pire est que certains n'envisagent pas une vie entière avec la même personne. A mon avis lorsqu'on décide d'entamer une histoire avec quelqu'un, il faut se préparer à des très beaux moments, des engueulades, des moments où l'on pense que tout à échoué, des renaissances. La vie à deux n'est pas toujours un long fleuve tranquille, mais ça vaut le coup d'essayer de vivre toute son existence avec le même être qui nous connaît "presque" par cœur, je ne crois vraiment pas aux couples qui disent "Jamais un mot plus haut que l'autre". Pour moi la chose la plus importante est le respect de l'autre, je n'aurais jamais pu supporter de vivre avec quelqu'un qui ne m'aurait pas respectée ou que je n'aurais pas respecté, c'est l'élément le plus important après l'amour évidemment. 
Il y a un très beau passage de Musset :
"Il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé.
C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui." (On ne badine pas avec l'amour.)

Bye MClaire.


lundi 22 juillet 2013

Deux auteurs différents pour un été.

Je continue à choisir des livres faciles à lire pour l'été, ceux que l'on peut poser, reprendre sans avoir rompu la magie de la lecture. L'hiver j'aime me poser dans un coin de mon canapé pendant des heures, l'été le jardin est trop tentateur, je peux avoir aussi envie de m'endormir dans le transat, la lecture doit être fluide.
Maryvonne m'avait prêté un livre de Marc Levy "Si c'était à refaire", je l'avais posé dans un coin, j'attendais le moment propice pour l'ouvrir. Marc Levy n'est pas mon auteur préféré, loin de là, il vend beaucoup, nous nous défendons tous de l'aimer, mais il vend à qui, puisque les gens prétendent qu'ils ne le lisent pas ? Il aime qu'on dise de lui que c'est un auteur populaire, c'est un auteur populaire sans aucun doute et s'il donne le goût de la lecture à des millions de lecteurs, tant mieux.

Ses histoires se ressemblent toutes à mon avis, j'ai dû lire trois livres de lui, c'est toujours un peu tiré par les cheveux, des résurrections, des retours en arrière, j'ai toujours l'impression que Marc Levy hésite entre un roman d'amour et un roman policier, mais finalement ça se lit, ça se lit très vite et ça ne laisse pas de traces.
Ce que j'ai le plus aimé dans son récit ce sont les passages historiques, la dictature de Videla en Argentine, il y a un vrai travail de recherche, j'ai appris un peu plus que ce que je savais déjà, ces mères de la place de Mai qui attendent toujours qu'on leur rende au moins le corps de leur enfant ou ce qu'il en reste pour qu'il soit inhumé dignement. Les atrocités commises par les tortionnaires de la dictature, le journaliste du roman Andrew Stilman travaille sur des dossiers vraiment sensibles, il nous entraîne dans son travail d'investigation, pour moi c'est le meilleur moment du livre. Le reste c'est de l'écriture un peu facile, mais je le reconnais, on se laisse entraîner dans cette histoire, j'ai tourné les pages parce que j'avais envie de savoir qui avait voulu tuer Andrew Stilman.
Pour finir, un moment agréable, il arrive qu'il y ait de l'humour, mais je n'ai pas eu envie de caresser le livre en le refermant parce que j'étais triste qu'il soit fini. Je l'ai refermé et abandonné jusqu'à ce que je le rende.

 
"Les témoins de la mariée" de Didier Van Cauwelaert.

 
Cet auteur fait partie des auteurs que j'aime le plus, je suis presque une inconditionnelle de son style, de ses histoires, j'ai lu beaucoup de bouquins écrits par lui. Sur la photo ça ne se voit pas, mais il a un très beau regard bleu.
Celui-ci m'a plu, une fois de plus, la preuve, je l'ai commencé et fini sans me relever de mon transat, il n'y a que 185 pages, mais l'histoire est dense et lorsqu'on a entamé la lecture nous avons envie de connaître la fin.
Ce sont quatre copains, une fille et trois garçons qui ont pour ami Marc, un grand photographe, riche, célèbre, ils dépendent tous les quatre de lui, financièrement, amicalement, ils l'admirent et ne font rien sans son accord, sauf qu'un jour Marc annonce qu'il est tombé fou amoureux d'une chinoise, il montre une photo qui laisse les autres pantois, elle est loin de ressembler aux mannequins qu'il a l'habitude de mettre dans son lit et de jeter aussitôt. Il va se marier.
Le destin va décider autrement, Marc se tue dans un accident de voiture, dans le tunnel de St-Cloud, sa voiture de collection prend feu, il ne reste pratiquement rien de lui. La fiancée chinoise arrive à Roissy le lendemain pour son mariage, il va falloir échafauder une histoire pour qu'elle n'ait pas un gros choc, le choc sera pour les copains de Marc qui devront composer tour à tour avec Yun-Xiang, est-elle une manipulatrice ? Une jeune fille vraiment innocente ? Son apparence physique n'est plus du tout celle de la photo, la chirurgie esthétique est passée par là avant son arrivée à Roissy.
En Chine, elle gagnait sa vie comme faussaire, elle peignait des Joconde à la chaîne, est-elle aussi une faussaire dans la vie ?
La mort de Marc va obliger les quatre amis à se révéler à eux-mêmes, il va falloir qu'ils se prennent en main, ce ne sera pas facile, surtout pour Banyuls l'ami de toujours (il s'appelle Banyuls parce qu'il a été abandonné bébé dans ce vignoble). Il y aura des révélations, des  questions sur la façon dont les choses se passent, qui manipule ? sans doute pas celle qu'on pense, Marc avait sans doute pensé à tout avant de mourir...

J'ai trouvé que ce livre était une belle réflexion sur l'amitié, un des liens qui peut être le plus fort au monde. J'ai beaucoup aimé cette histoire sortie de l'imagination d'un très bon écrivain. Allez vite l'acheter en poche et bonne lecture sur un transat si vous avez un jardin, je vous promets que vous ne vous endormirez pas.

Bye MClaire.

lundi 15 juillet 2013

Deux livres pour l'été.

Il fait 30° à l'ombre, les hortensias qui n'aiment pas cette chaleur ont les feuilles en berne, il faudra arroser. Je suis allée acheter une pastèque pour me désaltérer, rien de mieux pour étancher sa soif. Il m'arrive de boire un coca zéro, mais à peine fini j'ai encore soif et ce petit goût désagréable dans la bouche, l'aspartam.
J'ai toujours aimé la pastèque, c'est ma madeleine de Proust, ma seule référence à Proust que je n'arrive toujours pas à lire. J'aime aussi les figues de barbarie, les petits vendeurs en Algérie enlevaient la peau pleine de piquants avec dextérité, les figues étaient tenues au frais dans un seau plein de glaçons, je n'en ai plus mangées depuis que nous sommes partis. Il y a des figuiers de barbarie vers Collioure, l'Espagne etc.. mais les fruits sont rabougris, sans doute même pas mangeables, je n'en sais rien après tout.

En me rendant au rayon fruits je suis passée devant le rayon livres, j'ai acheté "Les témoins de la mariée" de Didier Van Cauwelaert, un petit livre parfait pour l'été, il paraît qu'il est formidable et drôle, c'est exactement ce qu'il me faut en ce moment, court, formidable et drôle. J'ai un contrôle à l'hosto cette semaine, un contrôle de routine mais je suis toujours angoissée lorsque je m'y rends, la lecture chasse les angoisses, nous faisons plein d'efforts pour oublier les mauvais moments et il faut de nouveau entrer dans un service d'oncologie, la chimio derrière chaque porte.

Pendant cette semaine passée dans le Cotentin j'ai pu lire deux livres légers, faciles, marrants, parfaits pour cette saison.

"La mise à nu des époux Ransome" d'Alan Bennett :

J'avais beaucoup aimé "La reine des lectrices" du même auteur, son humour très british, les situations un peu décalées. J'ai aimé aussi celui-ci, peut être pas autant que l'autre, mais il se lit sans ennui, c'est déjà beaucoup.
Je vous raconte l'histoire :
Après une soirée un peu ratée passée à l'opéra, Mr Ransome est fan de Mozart, les époux Ransome rentrent chez eux et découvrent un appartement complètement vide, les voleurs ont tout pris, même le papier toilette, bien embêtant lorsqu'un mal au ventre se déclare et que Mr Ransome doit se servir du programme de la soirée comme PQ, du papier glacé qui ne veut pas s'évacuer, il a fait ses besoins sur Mozart, crime de lèse-majesté, c'est bien raconté, sans vulgarité et j'ai ri.
Ce couple d'anglais mène une vie dans la plus parfaite banalité, elle est un peu nunuche, ne dit jamais rien qui pourrait contrarier son mari, un mari coincé, obsédé par sa chaîne hifi qui vient de disparaître, il est désagréable, très condescendant envers sa femme.
Ce cambriolage assez curieux va bouleverser toute leur vie, ils perdent tous leurs repères, une opportunité pour changer de vie, surtout celle de Madame Ransome qui découvre un monde qu'elle ne connaissait pas, il faut bien acheter des produits de première nécessité, elle fait la connaissance d'un pakistanais épicier, bazar, elle ne savait même pas que ce genre de personnage existait, mais ça lui plaît à Madame Ransome, elle achète une télévision pour passer le temps et découvre la télé-réalité, ce qui permet à l'auteur une critique de ce genre d'émission, elle devient accroc aux histoires de fesses et autres.
Toute la sécurité d'une vie bien programmée vole en éclats, Madame Ransome se découvre un attrait pour le monde extérieur, lui reste étriqué.

Je m'arrête là, vous lirez peut-être ce livre et vous n'avez certainement pas envie de connaître l'histoire du cambriolage et la fin.

J'ai aimé l'humour un peu absurde tout au long du livre, j'ai aimé l'histoire de ce couple qui vit comme de nombreux couples dans les non-dits, les cachotteries, par exemple Mr Ransome teint régulièrement sa petite moustache qui a tendance à virer sur le roux, elle sait et lui croit qu'elle ne sait pas, hélas les voleurs ont aussi emporté avec eux le précieux petit flacon de teinture, les revues coquines cachées, elle sait aussi mais ne dit rien, rien ne doit fendiller les apparences.
J'ai aimé cette femme qui se libère du joug de son époux par petites touches, elle devient intéressante au fur et à mesure que nous avançons dans la lecture.

A lire.

 
Le deuxième bouquin, hilarant, facile et en même temps tellement attendrissant. Je l'ai lu d'un trait, sans pouvoir m'arrêter, j'éclatais de rire sans aucune retenue. Le livre parfait pour vos vacances.
"Demain j'arrête" de Gilles Legardinier. J'ai eu un brin d'admiration pour l'auteur masculin qui écrit la vie d'une fille, les sentiments des filles sans se tromper, ce n'est pas évident de décrypter le comportement des filles.
Je me suis retrouvée avec ce livre dans les mains grâce à la couverture attirante, elle ne peut pas vous échapper. Je suis aussi aveuglément les conseils de lecture de Gérard Collard qui a écrit "400 pages de pur bonheur".
L'histoire débute par "Dis-moi, Julie, c'est quoi le truc le plus idiot que tu aies fait dans ta vie ?"
Julie a 29 ans, elle a donc cinquante réponses à proposer, mais cette question lui fait l'effet d'une gifle. Elle a une vie qui ne lui convient pas, un boulot dans une banque, une relation d'amour loupée, elle a mis à la porte son petit copain qui mène une vie de musicien raté, rien d'excitant et les années filent. Arrive un nouveau locataire dans son immeuble, Ricardo Patatras, un nom de clown, mais ce n'est pas un clown, elle veut absolument savoir à quoi il ressemble ce qui donne la description d'une scène irrésistible de drôlerie.

Il y a toute la vie d'une petite ville qu'elle n'a jamais quittée, la vie d'un quartier, les petits travers de chacun. J'ai adoré.
La fin est un peu tirée par les cheveux, mais il faut bien une fin, nous sommes souvent un peu déçus par la conclusion des livres, nous nous construisons aussi notre roman en lisant et nous voudrions que la fin des bouquins soit conforme à ce que nous attendons, mais dans ce cas ce n'est pas grave, cela ne gâche rien au bonheur d'avoir lu ce livre.
"On peut partager le genre humain entre ceux qui sont faits pour aimer et ceux qui ne comprennent même pas ce que cela veut dire. Les affectifs et les autres."
Cela doit être triste de ne jamais aimer.

Il faut absolument lire ce bouquin si vous voulez un peu de fraîcheur, de la gaieté, ne pas vous torturer l'esprit en tournant les pages, vous aimerez Julie si drôle qui parle avec les mots de son époque, maladroite, gaffeuse, amoureuse à la folie de son Ricardo Patatras.
Je lirai sans aucun doute le dernier livre de Gilles Legardinier "Complètement cramé." il a dû sortir, mais j'attends souvent que le livre de poche soit en vente.

Bye MClaire.








vendredi 5 juillet 2013

Famille modèle.

Je ne connaissais pas du tout Eric Puchner, l'auteur de "Famille modèle". Il a écrit des nouvelles mais c'est son premier roman. Une réussite.
J'ai accroché dès le départ, je me suis trompée en pensant que c'était un livre amusant, beaucoup d'humour au début, un humour léger sans cynisme. J'ai pensé que c'était bien pour l'été, un livre de plage, pas du tout, un livre profond qui m'a même mis un peu mal à l'aise tant l'histoire est émouvante, actuelle.

 
C'est un livre typiquement américain, l'histoire d'une famille américaine, les parents, trois enfants, Dustin, Lyle et Jonas. Le père Warren avait décidé de bâtir un lotissement en plein milieu du désert de Mojave en Californie, des maisons bon marché, accessibles à la classe moyenne, cette opération immobilière devait se révéler juteuse, il avait englouti toutes les économies de la famille sans le dire à sa femme. Il achète une maison luxueuse bien au dessus de ses moyens dans une "gated community" ce genre de lotissement sécurisé conçu pour les riches. Il loue ses meubles en attendant la fortune, achète une voiture luxueuse jusqu'à ce qu'un matin elle disparaisse, il fait croire à sa famille qu'elle a été volée, en réalité elle a été saisie, Warren ne peut plus assurer le train de vie de sa famille, son rêve s'est transformé en cauchemar.
La construction en plein milieu de son lotissement d'une décharge de boues toxiques fait qu'aucune maison ne se vend. Il est ruiné et doit faire l'aveu aux siens.
Face à cette situation chaque membre de la famille va devoir trouver des ressources pour vivre, simplement vivre.
Le livre atteint son moment le plus touchant lorsque cette famille après avoir perdu sa maison dans une explosion, brûlant gravement Dustin, doit habiter une de ses maisons invendables, tout près de la puanteur de la décharge. Ce sont les passages les plus tragiques et pourtant l'humour n'est jamais loin
La famille se désintègre. L'auteur rend parfaitement les tourments des adolescents, j'ai aimé Jonas cet enfant obsédé par la mort, qui s'habille en orange, victime d'un quiproquo, on le croit responsable des souffrances de son frère défiguré par les brûlures et du coup on ne l'aime plus, il est rejeté, c'est très bien décrit, j'avais envie de le prendre dans mes bras pour le consoler.
J'ai aimé et détesté Dustin, ce grand ado amoureux d'une fille modèle de jeune fille américaine et qui couche avec la petite sœur punk qui a 15 ans, attiré par cette fille un peu trash qui le provoque et qui le fera souffrir. Je l'ai aimé vers la fin du livre lorsqu'il fera preuve d'humanité et qu'il comprendra qu'il lui faudra vivre avec son drôle de visage abîmé par les brûlures. Un être qui se reconstruit dans la douleur.
J'ai aimé tendrement Lyle, une fille qui ne peut pas bronzer tant elle a la peau blanche, attirée par une copine dévergondée beaucoup moins intelligente qu'elle, comme ça se produit dans la vraie vie.
Finalement l'épouse, Camille, laisse assez peu de souvenirs, elle est plutôt effacée malgré son côté olé-olé, elle semble ne pas dominer la situation, ne pas prendre conscience de la déliquescence de sa famille jusqu'au moment où enfin elle prend une décision radicale, qu'elle aurait pu éviter à mon avis si elle avait fait preuve de plus de fermeté et de compréhension. Le fiasco de sa famille n'est peut être pas dû qu'à Warren.
Que dire de Warren le père ? On ne peut avoir que de la compassion pour lui, je ne suis pas arrivée à le mépriser, bien au contraire, comme un enfant qui aurait fait une grosse bêtise et qui n'aurait pas osé l'avouer, alors que tout aurait plus simple si dès le départ il avait assumé, mais là c'est mon côté maternel qui parle.

Puchner a le souci du détail, j'ai ri lorsqu'il décrit la façon qu'ont les parents de se coucher dans leur lit lorsqu'ils se sont fâchés, chacun au bord du lit avec le souci de ne pas se toucher, tomber du lit plutôt que le frôler, c'est vrai ou pas vrai ?
J'ai ri lorsqu'il décrit les nids des chenilles processionnaires dans les arbres, ces nids qui ressemblent à des barbes à papa. C'est vrai, il y en a dans un jardin pas très loin de chez nous, dans les grands pins. Des barbes à papa, c'est bien trouvé.
J'ai presque pleuré en lisant "Warren contemplait le dos de son fils, recevant son mépris en plein visage" Il retournait à la case départ, il n'avait jamais vu que le dos de son fils, le dialogue était impossible entre ce père un peu lâche mais aimant et ce grand ado méprisant.
Au fait, est-ce que cette famille qui semblait modèle était aussi soudée qu'elle le paraissait au départ ? Le chaos était sans doute sous-jacent, elle ne pouvait qu'exploser comme leur maison.

C'est une de mes meilleures lectures de cette année. C'est drôle malgré une situation dramatique, intelligent, tendre, bien écrit, rien ne manque. J' ai aimé, beaucoup aimé, un beau chemin parcouru avec cette famille américaine qui représente si bien "le rêve américain" qui tourne quelquefois au fiasco, à la débâcle.

Je vais attaquer "Demain j'arrête" et j'ai acheté aujourd'hui un tout petit livre "La mise à nu des époux Ransome" d'Alan Bennet. J'avais beaucoup aimé "La reine des lectrices", il semble que ce bouquin soit aussi amusant.
Bye MClaire.